Tag: ski

  • Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le bras de fer dure entre les défenseurs du gypaète et la Société d’aménagement touristique de La Grave, la SATG, et cette fois, c’est cette dernière qui y laisse des plumes. Le tribunal administratif de Marseille a jugé ce mardi que son projet de créer un troisième tronçon de téléphérique traversant le glacier de la Girose, dans le massif de la Meije, menace une espèce protégée, le Gypaète barbu. À ce titre, le chantier doit donc faire l’objet d’une demande de dérogation auprès des autorités. Une victoire pour les associations de protection de l’environnement, mais qui n’est pas définitive et ne condamne pas le projet en lui-même. Depuis 2019, La Grave et la SATG projettent de créer un téléphérique entre le col des Ruillans à 3 211 mètres au Dôme de La Lauze à 3 559 mètres, traversant ainsi une zone où le Gypaète Barbu est régulièrement observé.

    En octobre 2023, le site du chantier avait été occupé par des militants des Soulèvements de la Terre. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Marseille avait rejeté le recours contre le permis de construire. Trois mois plus tard, il fait cette fois droit aux demandes des associations, reconnaissant l’insuffisance de garantie de sécurité présentée par les porteurs de projets envers les gypaètes. Les juges estiment que les dispositifs anti-collision prévus sur les câbles du futur téléphérique ne présentent pas des garanties suffisantes pour éviter des impacts avec des gypaètes et des jeunes gypaètons inexpérimentés. Le tribunal a donc enjoint le préfet des Hautes-Alpes à mettre en demeure la SATG de déposer une demande de dérogation espèces protégées, et ordonné la suspension des travaux en cours.

    Les associations

    se réjouissent

    « Cette décision rappelle que les projets d’aménagement en haute montagne doivent respecter le droit de l’environnement et la protection des espèces menacées, a réagi France nature environnement via sa juriste Judith Sébert. Alors que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète, il est urgent de préserver ces milieux déjà extrêmement fragilisés plutôt que de poursuivre une fuite en avant dans l’artificialisation touristique. » Les juges n’ont cependant pas reconnu le même besoin de protection concernant l’androsace du Dauphiné, une fleur très rare, découverte sur le site. De leur côté, commune et porteur de projet affirment qu’il s’agit d’une construction nécessaire pour l’avenir économique de La Grave, alors que les installations actuelles sont menacées par la fonte du glacier. Les services de la préfecture ont dit prendre acte de la décision et « procèdent actuellement à une analyse approfondie de ses conclusions afin de déterminer les suites à lui réserver ».

  • [Hautes-Alpes] La saison d’hiver généreuse jusqu’à la fin

    [Hautes-Alpes] La saison d’hiver généreuse jusqu’à la fin

    Jusqu’à 40 cm attendus au-delà de 1 800 mètres et 10 à 15 cm à 1 000 mètres, Météo France promet de belles tombées de neige sur le sud du département. De quoi prolonger encore un peu la saison sur certaines stations, comme à Pelvoux-Vallouise où le ski de randonnée sera prolongé d’une semaine, jusqu’au 29 mars. « On a déjà eu un très bon hiver avec des quantités de neige astronomiques, ce n’était pas arrivé depuis dix ans », confie Cynthia Rezgui, chargée de communication du côté de l’office de tourisme du Pays des Écrins. « Malgré les incertitudes quant au changement climatique, au final, on voit que l’arrière-saison se prolonge jusqu’à mi-avril dans les stations du Parc », se réjouit-elle.

    Bonne nouvelle pour

    les stations plus basses

    Un événement également très bien reçu du côté des plus petits domaines, plus bas en altitude. Au village-station d’Ancelle, située entre 1 300 et 1 800 mètres d’altitude, une vingtaine de centimètres sont attendus au plus bas du domaine. « La saison était déjà très bonne, mais ça va conforter l’enneigement pour la fin de saison, on aura des conditions de ski idéales », prévoit Anthony Débiage responsable communication de la station.

    Pour les stations en plus haute altitude, la nouvelle est accueillie avec plus de prudence. « On préférerait qu’il neige plutôt le vendredi, confie Muriel Buffière, directrice de l’office de tourisme du Dévoluy. C’est toujours intéressant d’avoir une chute de neige, mais sur un week-end, c’est presque ennuyeux parce que ça veut dire qu’il va faire moche et que les gens ne vont pas venir. » Selon Muriel Buffière, le niveau de neige était déjà suffisant pour garder les pistes ouvertes jusqu’en fin de saison. Les 30 centimètres de neige annoncés sur le domaine ne font donc pas une réelle différence pour elle. « En cumulé sur le haut du domaine skiable, on a atteint les 4 mètres 50 de neige et sur les pistes à 2 400 mètres, on est plutôt à 2 mètres 50. Donc c’est déjà une très belle année en termes d’enneigement », rappelle-t-elle. La station du Dévoluy avait déjà prévu de fermer le 12 avril, cette nouvelle chute vient finalement compromettre un samedi de ski. Muriel Buffière concède toutefois avec un sourire : « On est comme les paysans, on n’est jamais contents. »

    Malgré l’embellie, les saisons exceptionnelles font office d’arbre qui cache la forêt.

    Une belle saison, mais

    des moyennes en baisse

    Dans les Alpes du Sud, les massifs de moyenne et basse altitudes pourraient perdre environ deux mois de neige au sol chaque hiver d’après les projections les plus fiables de Météo France. D’après ces mêmes études, l’enneigement dans les Alpes à l’horizon 2100 se limiterait à un mois et demi à trois mois maximum. Si les activités de ski restent le fer de lance du tourisme dans la région, des plans de diversification des activités de montagne ont été mis en place. À l’échelle nationale, le plan Avenir Montagne lancé en 2021 prévoit de soutenir la diversification des activités dans les territoires montagneux. La région Paca a quant à elle lancé son Plan montagne en 2016 qui comprend 200 millions d’euros d’investissements jusqu’en 2030 pour soutenir la transition d’une économie majoritairement orientée sur le ski à un modèle « quatre saisons ». Des plans qui suscitent encore des doutes parmi les experts scientifiques, qui pointent un soutien trop timide des activités hors ski et des impacts environnementaux sous-évalués ou peu maîtrisés.

  • Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Plus de transparence, développer les infrastructures estivales, investir dans des projets d’avenir… Telles sont les propositions de la jeune candidate de 35 ans Clémentine Marinier à Uvernet-Fours, commune où se trouve la station de ski de Pra Loup. Commerçante à Pra Loup pendant 13 ans, elle s’est entourée d’une équipe de 10 colistiers : une agricultrice, une restauratrice, un charpentier ou encore une enseignante.

    Le maire sortant, « un ancien militaire » à la tête de la commune depuis 2014, « préférait faire des économies plutôt que d’investir sur du long terme », selon Clémentine Marinier. « En 15 ans, j’ai vu Pra Loup stagner, quand les autres stations autour de nous évoluaient et se modernisaient », déplore-t-elle.

    Une liaison entre Pra Loup et la Foux d’Allos

    La candidate regrette notamment que la mairie n’ait « pas son mot à dire », « pas le droit de donner son avis » concernant le projet à 43 millions d’euros de liaison à ski reliant la Foux d’Allos à Pra Loup. Elle souhaite « redynamiser, revaloriser le patrimoine, avoir des emplacements plus verts ».

    Concertation citoyenne vendredi à 8h à l’office de tourisme.

  • Avec ZOU ! Neige, les sommets alpins sont à portée de train

    Avec ZOU ! Neige, les sommets alpins sont à portée de train

    Le dispositif ZOU! Neige propose des trajets train + bus à partir de 2,10 euros. Pour permettre au plus grand nombre de profiter pleinement des Alpes du Sud, les offres de transports se démultiplient en direction des pistes. Les animations également avec la Tournée Neige qui fait étape dans les stations d’Orcières-Merlette, Montgenèvre, Pra Loup, Serre Chevalier et Auron, du 15 au 25 février.

    « En renforçant les transports, en soutenant les stations et en investissant pour l’accès à la pratique sportive, nous faisons le choix d’une montagne accessible, vivante et durable », a déclaré Renaud Muselier, président de la Région Sud. Le Train des Neiges, en progression de 70% de réservations par rapport à 2025 avec un taux de remplissage proche de 100%, permet de rejoindre directement les stations depuis Marseille, Aix-en-Provence ou Manosque pour 20 euros aller-retour, navette incluse.

    Les trains ZOU! quotidiens complètent cette offre avec des correspondances vers les stations. Des réductions de 30 à 50% sont proposées aux groupes et peuvent atteindre 90% pour les revenus modestes, avec la gratuité pour les détenteurs du Pass ZOU! Études. Et le Pass Sud Montagne permet aux lycéens de bénéficier d’une aide jusqu’à 100 euros par an pour pratiquer les sports de montagne hiver comme été (forfait, location de matériel, cours, licence).

    Avec la Tournée des Neiges 2026, la Région et le comité régional du tourisme repartent à la rencontre du public dans cinq stations des Alpes du Sud. Au programme : animations, concerts, DJ sets, dégustations et spectacles de drones, dans l’esprit des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030.

    Toutes les infos sur le site : https://zou.maregionsud.fr

  • Le grand JT des territoires du 29 novembre

    Le grand JT des territoires du 29 novembre

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    La saison de ski arrive à grand pas ! Dans cette édition immersion dans la station de Tignes en Savoie pour les derniers préparatifs, avant l’arrivée des premiers vacanciers.

    LVMH met à l’honneur ses métiers de l’artisanat. À l’occasion d’une soirée exceptionnelle, le groupe a salué les métiers d’excellence qui font la renommée de ses marques de luxes.

    Un cachalot échoué dans l’Aveyron ? Les habitants de Villefranche-de-Rouergue se sont réveillés avec un cétacé de 15 mètres sur les berges de la commune. Comment cela est-ce possible ? Réponse dans ce journal.

  • La Marseillaise Camille Cerutti en pleine préparation avant l’hiver

    La Marseillaise Camille Cerutti en pleine préparation avant l’hiver

    Venir de Marseille et dévaler les pistes des plus grandes compétitions internationales de ski, c’est bien possible. Camille Cerutti en a fait son métier. La skieuse de la cité phocéenne est actuellement à Ushuaia, en Argentine, pour préparer au mieux la saison à venir. En point d’orgue de cet hiver, les Jeux olympiques de Milan – Cortina d’Ampezzo (6-22 février 2026). Pour cela, le programme de la préparation estivale était chargé. Un court passage par l’Insep, un stage sur les skis à Zermatt (Suisse) et de la fonte soulevée au centre national d’entraînement, à Albertville. Tout ceci en quelques semaines, avant de s’envoler pour l’hémisphère sud et « s’orienter vraiment sur le ski ». « Nous avons de bonnes conditions. C’est toujours très sympa d’aller en hémisphère sud, car les conditions sont différentes. On se régale tous les jours », raconte la descendeuse de l’équipe de France.

    Les Bleues ne sont pas venues en Terre de Feu pour les couchers de soleils rouge sanguine ou les paysages carte postale, mais bien pour du foncier. Un mois d’entraînement, pas de compétition, pour travailler et se rapprocher progressivement du début de l’hiver.

    Les Jeux olympiques sont, aussi, forcément dans un coin de sa tête. Les précédents, à Pékin (2022), étaient une découverte pour elle, avec des émotions passant d’un extrême à l’autre. « Il y a 4 ans, je n’étais pas prévue pour participer aux JO. C’était une surprise de les faire. Là, c’est différent, parce que c’est vraiment un objectif à part entière. De la revanche ? Complètement. De l’excitation aussi, car je sais que je n’ai pas vécu les premiers de la meilleure des manières. J’ai envie de réécrire l’histoire et rentrer chez moi fière. Et en un seul morceau aussi (rires). » En effet, la Marseillaise avait lourdement chuté lors de la descente des JO chinois. Rupture du ligament croisé antérieur du genou et ménisques touchés, pour sa première expérience mondiale.

    « On est prêt à prendre beaucoup de risques »

    Au cours du mois de septembre, en Amérique du Sud, le ski a malheureusement rappelé qu’il était un sport dangereux. Alors que Camille Cerutti et ses coéquipières se trouvaient à l’entraînement, l’Italien Matteo Franzoso a trouvé la mort plus au nord, à la Parva (Chili), lors d’un accident. Une chute violente, avec un choc à la tête. Il est décédé quelques jours plus tard, à la veille de son 26e anniversaire. « On l’a appris assez vite, raconte la Marseillaise, la gorge nouée. On a su pour la gravité de la chute. C’est quelque chose de terrible, on essaie de se remettre de ça et je ne sais pas si on y arrivera un jour. »

    La Fédération internationale de ski (FIS) tente de prendre des dispositions (airbags, sous-vêtements anti-coupures), mais le risque zéro n’existe pas. Matteo Franzoso est le troisième skieur à mourir sur les spatules, ces douze derniers mois, après Matilde Lorenzi et la Française Margot Simond. Camille Cerutti, 27 ans, témoigne fait de vivre avec ce risque : « C’est compliqué notre sport. On occulte le fait que l’on peut mourir de ça. On est prêt à prendre beaucoup de risques, se faire mal, moi je n’ai aucun problème avec le fait de se blesser. Mais de là à se tuer en faisant ce que l’on aime… »

    Pour la suite de l’automne, le programme est encore flou. Ski à Ushuaia jusqu’au 1er octobre, puis de nouveau de l’entraînement en Europe avant d’attaquer la compétition. Les conditions de neige fixeront les dates de stage. Pour Camille Cerutti, l’objectif est de valider sa place aux Jeux et vivre sa seconde expérience olympique.