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  • Ski alpin : un dimanche de rêve pour la Marseillaise Camille Cerutti

    Ski alpin : un dimanche de rêve pour la Marseillaise Camille Cerutti

    Une performance majeure lançant pour de bon sa saison olympique. La Marseillaise Camille Cerutti a brillé lors du week-end de Coupe du monde de ski alpin, à Val d’Isère (Savoie). Ce dimanche, elle a pris la 5e place du super-G avalin, réalisant le meilleur résultat de sa carrière, à 27 ans. Un déclic pour celle qui a joué yeux dans les yeux durant toute sa course avec des légendes comme Sofia Goggia et Lindsey Vonn, la « Speed Queen » aux 41 printemps. De la joie et une délivrance car son début d’étape en Savoie ne s’était pas bien déroulé. « Maintenant, je peux dire que c’était une très bonne journée mais ça a commencé en dents de scie. J’étais frustrée de ma course d’hier (samedi, 36e de la descente). J’avais à cœur de sauver mon week-end et de prouver que ce n’était pas mon niveau. »

    Cette piste et ce tracé correspondaient aux qualités de l’athlète licenciée à Risoul. « Après la reconnaissance, j’ai commencé à me dire que c’était peut-être pour moi. Les autres nations me le disaient aussi » raconte-t-elle, « vraiment contente » de son dimanche.

    Le slalom géant l’a délivré

    Une performance que la fonceuse des Bleues prend comme une revanche. En effet, elle avait déjà obtenu le meilleur résultat de sa carrière à Val d’Isère, avec une 11e place en 2021. Puis plus rien. « Après ce résultat, je me suis fait le genou et, depuis, je n’avais jamais réussi à accrocher un nouveau top 15. J’avais fait trois fois 16e, une fois 17e, je me suis dit que c’était peut-être un coup de chance ce top 15 à Val d’Isère. »

    Avec le ski affiché depuis le début de saison, fin octobre, la Marseillaise était proche d’obtenir une première référence. Une bourde au départ à Saint-Moritz l’a empêché d’entrer dans un premier top 10, mais elle a marqué ses premiers points en slalom géant (28e). Grâce à cette discipline, elle a repris confiance en ses capacités. Un coup de boost bienvenu avant les JO en février. « En fin de saison dernière, j’ai vraiment senti le besoin de refaire du géant. J’ai eu la chance d’avoir des coaches qui ont cru en mes capacités. Attaquer la saison en géant m’a fait beaucoup de bien. J’ai pris un top 30 alors que je suis meilleure en vitesse. Ça m’a un peu libéré », confie Camille Cerutti.

    La suite ? Justement, un géant, à Semmering (Autriche), le 27 décembre. Puis certaines impasses seront obligatoires avant les JO. « À l’approche des Jeux, je ferai des choix. Ce n’est pas possible de tout faire. L’objectif est d’arriver fraîche aux Jeux. » À Cortina d’Ampezzo, site olympique, Cerutti aura sa carte à jouer.

  • La Marseillaise Camille Cerutti en pleine préparation avant l’hiver

    La Marseillaise Camille Cerutti en pleine préparation avant l’hiver

    Venir de Marseille et dévaler les pistes des plus grandes compétitions internationales de ski, c’est bien possible. Camille Cerutti en a fait son métier. La skieuse de la cité phocéenne est actuellement à Ushuaia, en Argentine, pour préparer au mieux la saison à venir. En point d’orgue de cet hiver, les Jeux olympiques de Milan – Cortina d’Ampezzo (6-22 février 2026). Pour cela, le programme de la préparation estivale était chargé. Un court passage par l’Insep, un stage sur les skis à Zermatt (Suisse) et de la fonte soulevée au centre national d’entraînement, à Albertville. Tout ceci en quelques semaines, avant de s’envoler pour l’hémisphère sud et « s’orienter vraiment sur le ski ». « Nous avons de bonnes conditions. C’est toujours très sympa d’aller en hémisphère sud, car les conditions sont différentes. On se régale tous les jours », raconte la descendeuse de l’équipe de France.

    Les Bleues ne sont pas venues en Terre de Feu pour les couchers de soleils rouge sanguine ou les paysages carte postale, mais bien pour du foncier. Un mois d’entraînement, pas de compétition, pour travailler et se rapprocher progressivement du début de l’hiver.

    Les Jeux olympiques sont, aussi, forcément dans un coin de sa tête. Les précédents, à Pékin (2022), étaient une découverte pour elle, avec des émotions passant d’un extrême à l’autre. « Il y a 4 ans, je n’étais pas prévue pour participer aux JO. C’était une surprise de les faire. Là, c’est différent, parce que c’est vraiment un objectif à part entière. De la revanche ? Complètement. De l’excitation aussi, car je sais que je n’ai pas vécu les premiers de la meilleure des manières. J’ai envie de réécrire l’histoire et rentrer chez moi fière. Et en un seul morceau aussi (rires). » En effet, la Marseillaise avait lourdement chuté lors de la descente des JO chinois. Rupture du ligament croisé antérieur du genou et ménisques touchés, pour sa première expérience mondiale.

    « On est prêt à prendre beaucoup de risques »

    Au cours du mois de septembre, en Amérique du Sud, le ski a malheureusement rappelé qu’il était un sport dangereux. Alors que Camille Cerutti et ses coéquipières se trouvaient à l’entraînement, l’Italien Matteo Franzoso a trouvé la mort plus au nord, à la Parva (Chili), lors d’un accident. Une chute violente, avec un choc à la tête. Il est décédé quelques jours plus tard, à la veille de son 26e anniversaire. « On l’a appris assez vite, raconte la Marseillaise, la gorge nouée. On a su pour la gravité de la chute. C’est quelque chose de terrible, on essaie de se remettre de ça et je ne sais pas si on y arrivera un jour. »

    La Fédération internationale de ski (FIS) tente de prendre des dispositions (airbags, sous-vêtements anti-coupures), mais le risque zéro n’existe pas. Matteo Franzoso est le troisième skieur à mourir sur les spatules, ces douze derniers mois, après Matilde Lorenzi et la Française Margot Simond. Camille Cerutti, 27 ans, témoigne fait de vivre avec ce risque : « C’est compliqué notre sport. On occulte le fait que l’on peut mourir de ça. On est prêt à prendre beaucoup de risques, se faire mal, moi je n’ai aucun problème avec le fait de se blesser. Mais de là à se tuer en faisant ce que l’on aime… »

    Pour la suite de l’automne, le programme est encore flou. Ski à Ushuaia jusqu’au 1er octobre, puis de nouveau de l’entraînement en Europe avant d’attaquer la compétition. Les conditions de neige fixeront les dates de stage. Pour Camille Cerutti, l’objectif est de valider sa place aux Jeux et vivre sa seconde expérience olympique.