Tag: sexisme

  • À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    C’est « un dossier sensible » qui arrive sur la table de la direction locale de La Poste, ce mercredi. La CGT de l’entreprise appelle à un rassemblement devant son siège marseillais pour soutenir Aurore, une factrice du 7e arrondissement, qui est convoquée pour un entretien potentiellement préalable à sanctions dans le cadre d’une instance, la commission consultative paritaire. Mais on ne parle pas ici d’une simple mobilisation en soutien à une militante syndicale qui aurait trop élevé la voix à l’encontre de sa direction. Car selon le syndicat, la factrice en question a en effet dénoncé un ensemble de « comportements à caractère sexiste et sexuel » de la part d’encadrants qui officiaient sur son site, ceux-ci étant liés à cette procédure engagée à son encontre…

    « Elle a dénoncé une situation de harcèlement sexiste et sexuel vis-à-vis de deux de ses cadres : remarques sur son physique, blagues graveleuses, atteintes à la dignité… », relate Karim Bouzana, délégué syndical. Avant de développer : « La convocation à un entretien est basée sur un dossier monté par les cadres qu’elle a dénoncés ! ». Notons tout de même que la procédure à l’encontre d’Aurore a débuté avant qu’elle ne monte au créneau.

    Une victime sanctionnée ?

    « Elle avait déjà été convoquée à un entretien préalable à sanction en mai, il n’y avait pas eu de suite. Mais elle a finalement reçu une nouvelle convocation », explique le syndicaliste. En clair, si la direction lui reprocherait officiellement ses états de service, cette situation serait bien en lien avec la dénonciation des comportements desdits cadres. En tout cas, la CGT est sûre d’elle et ne compte « pas lâcher Aurore ». « On a 3 témoignages d’agents du même site qui relatent ces propos sexistes et graves. Il y a eu une enquête interne de La Poste qui reconnaît les faits mais en les minimisant. Pour la direction, ce n’est pas officiellement du harcèlement mais pour nous c’est bien une victime », martèle Karim Bouzana. Avant de rappeler que la factrice reçoit un soutien qui dépasse le cadre de la CGT : « Ce lundi, il y a eu une délibération votée en CSE extraordinaire et adoptée à 30 votes favorables sur 31 pour la reconnaître comme lanceuse d’alerte ».

  • Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    « On trouve insupportable que les femmes se sentent restreintes dans leurs activités quotidiennes », lance Marianne Bernede, adjointe à la ville de Nîmes pour l’égalité et contre les discriminations. Alors, face au harcèlement de rue, un groupe d’élus principalement composé de femmes a tenu à prendre le problème à bras-le-corps. Le 27 juillet dernier, une enquête concernant ces comportements a été lancée, appelant les femmes nîmoises à témoigner. En seulement deux jours, l’enquête a atteint les 700 entrées, « ce qui n’était jamais arrivé pour une enquête sur le site de la ville », explique l’adjointe.

    Élaborée par plusieurs élus, cette enquête vise avant tout à mettre la lumière sur ce fléau. « L’idée, c’est qu’on en parle, sourit Marianne Bernede. Parce qu’avant d’être un problème de sécurité, c’est un problème de société. »

    Selon les données fournies par l’application anti harcèlement de rue, Umay, la période estivale est propice à une augmentation du nombre de ces atteintes. L’application en enregistre 30% de plus à l’approche des chaleurs de l’été, « lorsque les femmes ont l’outrecuidance de porter des petites robes légères », ironise l’élue. L’enquête vise donc également à faire le point à Nîmes, avant d’envisager de « répondre localement », ajoute-t-elle.

    Rentrer sans crainte

    Grâce aux réponses données dans le cadre du questionnaire, l’équipe municipale compte mettre en place un dispositif de raccompagnement, permettant aux femmes de ne plus avoir peur de sortir le soir.

    Des bus à horaires fixes en soirée ou encore des taxis collectifs, les modalités d’un tel dispositif ne sont pas encore fixées. La municipalité compte d’ailleurs sur les Nîmoises volontaires pour prendre part à des ateliers de réflexion autour de la question. « Nous, ce qu’on veut, c’est écouter les gens », complète l’élue.

    Après l’instauration du dispositif Angela en 2021, la Ville de Nîmes souhaite élargir la protection des femmes sur son territoire. « On veut que ça puisse aider les femmes au quotidien à se sentir plus à l’aise dans leur ville », conclut l’élue. L’enquête est disponible sur le site je-participe.nîmes.fr et se poursuit jusqu’au 27 septembre prochain.

  • Sur tous les plateaux

    Sur tous les plateaux

    Dans un article paru en 2020, dans le New York Times, suite à la diffusion de la série désormais célèbre Le jeu de la Dame, la championne d’échecs hongroise, Judit Polgar, considérait que les hommes étaient bien trop gentils dans cette fiction, comparés à ceux « qui refusaient de lui serrer la main lorsqu’ils perdaient » contre elle…

    Décidément, il n’y a pas de petit combat, ni de petite victoire contre le machisme. Et là encore, le jeu ne change pas, seuls le regard et les postures évoluent. Et pour cela, comme le dit le président de la Ligue Paca, la mise en avant de « modèles féminins », au sens d’exemples inspirants est crucial. Ils sont d’autant plus importants que, pendant des années, les comptes rendus des exploits sur un échiquier se résumaient à la rivalité entre Anatoly Karpov et Garry Kasparov.

    Une nouvelle jeunesse

    L’apparition – et la victoire – de Deep(er) blue, le superordinateur d’IBM, sur le champion du monde au milieu des années 90, semblait sonner le glas d’une quelconque humanité derrière le mouvement de chaque pièce… Circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à faire, à moins d’appartenir à une très petite élite capable de rivaliser avec l’engin.

    L’accent mis ces dix dernières années sur l’apprentissage dès le plus jeune âge en milieu scolaire et les effets du confinement, où les plateaux d’échecs sont ressortis des armoires et ont connu un nouveau souffle en ligne, a bouleversé cette donne. S’inscrivant dans la très forte dynamique des jeux de société, offrant une parenthèse ludique et conviviale à ces protagonistes, les échecs se démocratisent et connaissent une nouvelle jeunesse. De bon augure.

  • À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    Burnout, divorce, sexisme… Les raisons qui poussent une femme à tout reconstruire sont multiples, mais le chemin, lui, est souvent solitaire. C’est pour briser cet isolement que deux associations marseillaises, ForceFemmes et L’Éveil des mots, ont décidé de collaborer le temps d’une journée, baptisée « Reprendre son élan ». Au programme, des ateliers pour retrouver de la confiance, gérer son stress et trouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. L’entrée était entièrement gratuite.

    Autour des tables, les parcours se ressemblent sans se confondre. Aïcha, 51 ans, était professeure de technologie. Elle suit aujourd’hui un CAP boulangerie. Marine, 40 ans, a traversé un burn-out, changé de travail et de conjoint. « Je suis les ateliers Motivées pour créer, depuis mars, et c’est vrai qu’ils m’aident au niveau de la concrétisation de mes projets et de mon épanouissement personnelle », explique-t-elle. « Je n’étais plus alignée dans mes valeurs, donc j’acceptais tout », confie-t-elle. Cathy, 56 ans, cherche un poste dans la communication et suit trois ateliers par semaine qui la « boostent » afin de ne jamais laisser tomber son objectif. « On s’enrichit de nos expériences et de cette force féminine pour se remettre plus rapidement en course », assure-t-elle.

    Trois associations, un but commun

    Créée en 2005, ForceFemmes accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi ou leur projet de création d’activité. « Ce sont des femmes de plus de 45 ans, donc elles subissent une double discrimination à l’embauche », explique Caroline Galland, responsable du développement en région Paca. L’association suit entre 150 et 180 femmes par an sur toute la région, avec un accompagnement mensuel personnalisé par un bénévole, avec des travaux de création de CV, de préparation aux entretiens… « Notre plus grand succès, c’est quand elles sont à nouveau autonomes et qu’elles ont retrouvé leur dynamisme », affirme-t-elle. La moitié des femmes accompagnées s’en sortent positivement.

    De son côté, L’Éveil des mots est né en 2022 d’une expérience personnelle. Laetitia Oudinot, sa co-fondatrice, a traversé un burn-out doublé d’une hyperthyroïdie dans un environnement professionnel qu’elle décrit comme toxique. « J’ai voulu transmettre les outils qui m’ont aidée à me reconstruire », raconte-t-elle. Son approche encourage les femmes à « Oser être, oser faire et oser dire ». L’association accompagne aujourd’hui 90 femmes, de 18 à 86 ans. Parfois même des demandeuses d’asile ou des mères célibataires. « On essaye de les sécuriser, administrativement aussi », précise Laetitia Oudinot qui profite de l’occasion pour lancer un appel au bénévolat.