Tag: Services publics

  • Le PCF à la rencontre des Cuersois en vue des élections

    Le PCF à la rencontre des Cuersois en vue des élections

    Alors qu’aucune liste de gauche n’avait été présentée en 2020, la section PCF de Cuers, menée par Alain Bolla, son responsable, et Amaryllis Cimbron, tous deux membres de la direction de la Fédération du PCF Var, comptent y remédier en 2026. Sur un territoire où la gauche a une « légitimité importante » puisqu’« aux législatives, le NFP est arrivé deuxième derrière le RN », rappelle Alain Bolla, l’idée n’est pas d’imposer un programme, mais de le construire avec les forces de gauche et les citoyens partageant la volonté d’ériger « un projet nouveau pour Cuers, alternatif aux projets libéraux du national au local, une alternative de gauche, sociale, écologique et démocratique. »

    Les deux meneurs se disent ainsi « convaincus que face à la droite et à l’extrême droite, un autre chemin est possible. » Un chemin qui doit passer par l’échelon communal : « la commune est le cœur de la démocratie de proximité, mais elle est asphyxiée par les coupes budgétaires et les transferts de compétences. Les citoyens sont de plus en plus éloignés des décisions et des pouvoirs financiers », constatent les communistes. « Pour autant, elle peut être un pôle de résistance, de construction d’une alternative par des projets novateurs, solidaires, écologiques, répondant aux besoins sociaux et aux enjeux sociétaux. »

    Dans cette optique, de nombreuses questions se posent : « Comment la commune pourrait rendre du pouvoir d’achat aux citoyens ? Comment la repenser dans sa transition écologique et solidaire ? Comment aborder les questions liées à la santé ? Comment développer les services publics et reprendre la main sur les biens communs ? » Une liste non exhaustive à laquelle les Cuersois sont invités à réfléchir mardi 30 septembre à 18h30.

    Informations par mail : gauchecuers2026@gmail.com

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • À Arles, « le PCF a construit un pré-programme »

    À Arles, « le PCF a construit un pré-programme »

    La Marseillaise : Des citoyens ont lancé l’Appel d’Arles pour présenter une candidature unique à gauche en vue des municipales. Où en est-on du travail mené pour établir un programme commun ?

    Jean-Frédéric Déjean : La semaine prochaine, on va se revoir pour affiner notre méthode et définir rapidement une tête de liste, avoir un accord politique sur la constitution d’une liste qui intègre toutes les formations progressistes mais aussi des citoyens, des personnalités du monde associatif ou du monde syndical et construire un programme commun qui allie propositions citoyennes issues du travail mené par l’Appel d’Arles et propositions des partis. Au sein de la section du PCF, ça fait des mois qu’on travaille à construire un pré-programme qu’on souhaite mettre à disposition pour échanger. C’est pas quelque chose qui se veut définitif, il n’y a pas de ligne rouge. Pour les municipales de mars il y a un enjeu : qu’on mette un terme à cette crise démocratique dans notre ville, que ce soit dans le respect des élus d’opposition, ou dans celui des syndicats et des associations.

    Quelles sont vos propositions les plus emblématiques ?

    J.-F.D. : Celle qu’on portait déjà en 2020, c’est la gratuité des transports. On a aussi axé notre travail sur le fait d’avoir une démarche pour être au plus proche des habitants. On constate quand même qu’il y a une fracture entre la mairie, les services municipaux et les quartiers et villages éloignés du centre-ville. On propose de créer une direction spécialement dédiée à cette question pour renforcer ce lien. On a aussi tout un panel de propositions sur les services publics de proximité. On préconise de développer des régies publiques là où c’est possible, notamment à l’échelle de l’intercommunalité avec la gestion de l’eau qui mérite d’être une compétence non plus déléguée mais entièrement dans le giron public. On souhaite aussi travailler à la mise en place d’une gratuité pour les premiers mètres cubes consommés. Je crois aussi qu’il est important dans cette période rythmée par les guerres et les conflits de porter un message et une culture de paix. Pour les écoles, on préconise de sanctuariser a minima un budget annuel d’investissement de 2 millions d’euros, soit deux fois plus qu’actuellement, parce qu’il y a une véritable urgence.

    Avez-vous détaillé le financement de ces mesures ?

    J.-F.D. : Concernant le budget, nous souhaitons réaliser un audit financier de la ville dès notre arrivée à la municipalité pour voir ce qu’il est possible ou pas de réaliser. Il y a un phasage de toutes ces mesures-là qui devra être réalisé en lien avec les citoyens.

  • Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    « Plus que jamais, le partage des valeurs et des richesses, la revalorisation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables », lance au nom de l’intersyndicale Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, devant plus de 5 000 manifestants rassemblés sur la place du Petit Palais ce jeudi 18 septembre, après un cortège sans incident depuis le cours Jean-Jaurès.

    Cette question des rémunérations des salariés est ressortie maintes fois dans les discussions des manifestants, particulièrement nombreux à déambuler dans la rue de la République en fin de matinée. « Augmenter les salaires d’1% fait rentrer 4 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Imaginons si on décidait d’augmenter davantage les salaires, car 1%, ça ne suffit pas aujourd’hui pour permettre aux gens d’avoir un reste à vivre suffisant à la fin du mois. Le salaire, c’est aussi du financement pour les hôpitaux, par exemple. Mais pour cela, il faut que Macron parle au patronat. Il y a plein de boîtes qui sont entrées en négociations annuelles obligatoires et c’est compliqué. Ils ne peuvent pas, d’un côté, bénéficier d’exonérations sociales à hauteur de 80 milliards d’euros et, de l’autre, ne pas augmenter les salaires », expliquait la responsable syndicale en amont de sa prise de parole.

    « Il faut que ceux qui sont en difficulté le fassent savoir et viennent avec nous dans la rue », insiste de son côté Mario Chauvet, élu syndical suppléant FO au réseau de transport Tecelys. « De notre côté, on s’en sort bien, car il y a plus de 240 chauffeurs syndiqués chez nous sur 280. On a du poids au sein de l’entreprise et on fait valoir nos revendications avec le rapport de force. Nos salaires sont augmentés quasiment tous les ans et suivent l’inflation. Mais j’ai des proches qui ne s’en sortent pas, ou très difficilement, mais ne font rien. Il faut se révolter et se rassembler, car si on ne fait pas ça, les patrons pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Il faut être dix fois plus nombreux pour avoir le rapport de force », poursuit-il au sein du cortège, pendant que les enceintes hurlent depuis le camion de son syndicat.

    La dette aux patrons

    Mais du côté des services publics, la revalorisation salariale est un sujet bien plus épineux. « Cela fait des années que nos salaires sont gelés et que les prix augmentent. Les travailleurs ne font que s’appauvrir », regrette ainsi Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Éduc’action 84. « Ce n’est pas à nous de payer la dette, c’est au patronat. Car ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent grâce à l’argent public et les mêmes qui s’appauvrissent », ajoute-t-elle avant de dénoncer les « contrôles de police abusifs » sur des lycéens, le matin même, alors que ceux-ci manifestaient devant le lycée Mistral, à quelques centaines de mètres de là.

    Une jeunesse qui était présente massivement ce jeudi, avec plus de 300 étudiants et lycéens de la Cité des Papes, pour lesquels la question du salaire joue sur le choix de l’orientation, comme pour Mio, en terminale au lycée Mistral. « Mon rêve, c’est de faire du théâtre. Mais l’État abandonne le secteur culturel, ainsi que le social et la santé. Tout est sous-payé et j’ai peur de ne pas pouvoir en vivre avec la vie qui devient de plus en plus chère », confie-t-il.

    « Ce n’est pas
    à nous de payer la dette, c’est au patronat »

  • « Je veux combattre cette politique de droite »

    « Je veux combattre cette politique de droite »

    La Marseillaise : Les communistes vous ont désigné mardi comme tête de liste pour les prochaines municipales. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager ?

    Aurélie Grach : C’est une suite logique de mon engagement depuis 2008 à Port-Saint-Louis, au niveau associatif, sportif, éducatif et politique. À l’époque j’étais conseillère municipale déléguée aux seniors, c’est à ce moment-là que j’ai voulu m’investir dans ma ville. Nous avons pu redéfinir l’action sociale, répondre à tous, être au plus proche de la population. Ce travail de terrain est très important pour moi. Aujourd’hui, je veux transmettre mes valeurs militantes, humaines, rassembleuses, m’impliquer.

    Quels projets avez-vous réussi à concrétiser lors de ce premier mandat ?

    A.G. : À l’époque, le centre communal d’action sociale était dans les locaux de la mairie, il n’y avait aucun secret professionnel. Nous l’avons déménagé, pour respecter les personnes. Et nous avons lancé le projet de la crèche, de la maison de retraite… Même si nous ne les avons pas inaugurés nous-mêmes. C’est cette équipe rassemblée qui m’a donné le goût. Toutes les meilleures réalisations historiques de Port-Saint-Louis étaient les nôtres, et elles venaient répondre aux besoins de la population, de la petite enfance jusqu’à nos aînés.

    Et vous aviez ces engagements associatifs…

    A.G. : Sans associations la ville ne vit pas. C’est un appui pour Port-Saint-Louis, qu’elles soient culturelles, sportives… C’est ce qui fait son attractivité en partie.

    Vous étiez dans l’opposition lors du dernier mandat, comment l’avez-vous vécu ?

    A.G. : On a fait avec ! [rires] C’est une des raisons qui me pousse à être volontaire pour les prochaines municipales. Je veux combattre cette politique de droite et ce soutien à Emmanuel Macron dans une ville ouvrière. Des sujets essentiels ont été trop souvent oubliés ou insuffisamment portés, comme la santé, l’éducation, la sécurité, le bien-vivre. Martial Alvzarez a oublié les besoins de la population, il ne les a pas tous écoutés ou accompagnés alors qu’il disait qu’il allait être le maire de tous les Port-Saint-Louisiens. Il n’a été le maire que d’une partie de la population. Toutes les fêtes se passaient sur le port de plaisance, en oubliant les quartiers de la ville qui meurent à petit feu, et les commerces avec.

    C’est une ville où l’extrême droite est arrivée en tête lors des derniers scrutins, ça vous inquiète ?

    A.G. : Je le vis mal, j’ai des enfants métis en plus… Il faut combattre l’extrême droite, elle ne devrait pas exister autant à Port-Saint-Louis qui est une ville ouvrière, avec toute son histoire, avec toute la population qui y habite. On y a oublié le bien-vivre ensemble. Parfois, le partage, la solidarité se perdent. Martial Alvarez lui ne s’est pas positionné pendant les législatives contre le candidat du RN, Emmanuel Fouquart. La seule fois où il s’est positionné c’était en soutien à Macron ! Alors qu’il est ouvrier ! Il faut faire barrage, il faut lutter contre ce racisme. Le bien-vivre se vit ensemble, pas autrement.

    C’est une ville où se pose aussi la question de la réindustrialisation.

    A.G. : Nous serons attentifs à ces sujets, à la décarbonation de l’industrie. Il faut développer l’emploi industriel et ce port qui grandit, qui est un poumon économique pour notre ville et les populations. Mais en restant vigilants à l’amélioration du trafic routier, à la santé des populations, aux répercussions que cela peut engendrer.

    Quelles seraient vos premières mesures si vous l’emportez en mars prochain ?

    A.G. : Agir pour la santé, l’éducation… Tout tourne autour du bien-être et du bien-vivre à Port-Saint-Louis, à ces thématiques de la vie quotidienne qui touchent chaque habitant. Et la sécurité aussi, c’est important face à des incivilités qui augmentent. Il faut pouvoir arrêter ces agressions, ces dégradations que les habitants peuvent connaître.

    Maintenant que vous êtes désignée pour mener l’union à gauche, quelles seront les prochaines étapes pour vous ?

    A.G. : Constituer l’équipe ! Parce que seule, je ne suis rien ! Je veux rassembler les forces de gauche, qu’on ait des personnes engagées, politiquement ou non, des Port-Saint-Louisiens qui ont à cœur de travailler pour leur ville, et que ce soit une équipe intergénérationnelle. On a besoin de tout le monde, quel que soit leur statut, leur profession ou qu’ils soient privés d’emplois, que cela représente Port-Saint-Louis et toutes ses richesses.

  • Les grévistes bloquent les terminaux méthaniers

    Les grévistes bloquent les terminaux méthaniers

    Le hashtag des gaziers est on ne peut plus clair : pas de négo, pas de bateau. Depuis mardi 16 septembre, les grévistes d’Elengy bloquent les deux terminaux de Fos-sur-Mer, Tonkin et Cavaou. Sur le parking du site qui fait face à l’usine du sidérurgiste ArcelorMittal, des camions-citernes stationnés attendent patiemment. Nicolas Davan, secrétaire général CGT Énergie Provence, explique : « Plus aucun méthanier ne peut accoster ici, donc le gaz naturel liquéfié (GNL) ne rentre plus dans le terminal mais il continue de sortir. Mécaniquement, au bout d’un moment, le terminal va se retrouver à l’arrêt. Depuis ce matin, Elengy ne réinjecte plus sur le réseau, ce qui veut dire que la pression de service va chuter. »

    Faycal Mussoni, représentant syndical CSE du site qui emploie 170 travailleurs, rentre dans le détail : « On a 60 000 mètres cubes par heure de GNL par bac, qui représentent 600 fois plus de capacité en passant en phase gazeuse. Déjà en deux jours de durcissement des modalités, nos stocks sont au plus bas. On a divisé par cinq notre débit d’émission : hier on était à 1 500 mètres cubes par heure GNL, aujourd’hui on est passé à 300. On garde ce niveau-là pour maintenir à froid nos installations avec un débit minimum pour éviter de torcher. Quand le terminal s’arrêtera, on va se concentrer sur la mise en sécurité de notre équipement. »

    La TVA à 5,5%

    À l’origine de cette lutte que les énergéticiens mènent depuis le 2 septembre, trois revendications. La première concerne le salaire des travailleurs des industries électriques et gazières (IEG). « Globalement, tous nos textes statutaires ne sont pas appliqués avec un salaire national de base qui est 9% en dessous du Smic », affirme Nicolas Davan. La CGT demande une revalorisation et la mise en place d’une nouvelle grille applicable à tous les salariés de l’énergie. « Les organisations syndicales vont devoir discuter », lâche Faycal Mussoni, alors que la CFE-CGC et FO répondent pour le moment aux abonnés absents.

    Les grévistes rejettent également l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers, une mesure mise en place le 1er août dernier dans le cadre de la loi de finances. « On a lancé une pétition pour une juste fiscalité de l’électricité et du gaz, souligne le secrétaire général CGT. Si on arrive à obtenir 100 000 signatures, un examen du texte de la proposition de loi du groupe CRCE visant à rabaisser ce taux sera réalisé au Sénat. J’ai hâte de voir ce qui peut justifier de ne pas voter une TVA à 5,5% pour l’énergie, comme sur les produits de première nécessité. »

    Nicolas Davan poursuit : « Ceux contre qui on se bat concernant les salaires des IEG ce sont les mêmes que ceux contre qui on se bat pour ce qui est de la fiscalité. Sur 100 balles de facture, plus de 30 balles vont dans les taxes et plus de 40 balles vont dans la poche des actionnaires, en sachant que les taxes ne sont pas utilisées comme elles le devraient, pour le fonctionnement des hôpitaux et de l’ensemble des services publics, mais plutôt pour envoyer 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises les plus riches sans contrepartie. »

    Troisième et dernière revendication : le retrait de la réforme des retraites. « Le préavis est déposé jusqu’à ce qu’on gagne, après on verra pour les modalités, glisse le responsable syndical. Le 18 septembre, on veut qu’il y ait du monde dans la rue, mais pour la suite on souhaite surtout qu’il y ait un impact et une nuisance la plus importante possible. »

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • La gauche resserre l’étau sur Matignon

    La gauche resserre l’étau sur Matignon

    Après avoir consulté les partis de son « socle commun », du centre macroniste à la droite LR, puis les syndicats et organisations patronales, Sébastien Lecornu reçoit les responsables des partis de gauche pour poursuivre les discussions budgétaires, exception faite de la France insoumise.

    Comme avec Bayrou, LFI a refusé l’invitation, a indiqué la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. « Monsieur Lecornu cherche dans le champ politique une forme de non-censure (…). Nous voterons la censure », a répété Manuel Bompard sur RTL. « L’attitude du Parti socialiste est consternante », déplore au passage le coordinateur insoumis, regrettant des propositions qui « envoient valdinguer le programme du Nouveau front populaire ».

    Le Parti socialiste

    Le Premier ministre « aura devant lui ni des partenaires, ni des soutiens, ni des supplétifs », mais « une opposition déterminée », a répondu le sénateur PS Patrick Kanner sur Public Sénat. Il sera reçu en matinée avec le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure.

    « Nous répondons toujours aux invitations au dialogue ce qui ne préjuge pas de l’issue. En République, on se parle même en partant de points de vue opposés », assume ce dernier. « Le plan Bayrou est tombé avec Bayrou. Si la vision Lecornu est la même, notre réponse sera rapide : les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous censurerons. »

    Le socialiste pose un « contre plan » réduisant le déficit de 22 milliards, et relançant l’activité, notamment dans des secteurs à décarboner (logement et transport), et en donnant les moyens aux services publics (hôpital, éducation, sécurité) de fonctionner. Le plan prévoit de « rendre 6 milliards de pouvoir d’achat », aux Français aux revenus inférieurs à 1 920 euros par un taux différencié de CSG : « Le gain serait de 900 euros par an pour une maman célibataire ou 1 500 euros pour un couple. »

    Les Écologistes

    Également « prêts à censurer le futur gouvernement avec un ministre de l’Intérieur comme Retailleau », les Écologistes, aussi, seront à Matignon dans l’après-midi. « Nous sommes respectueux des institutions de ce pays », assure Marine Tondelier, la secrétaire nationale, « ce sont des rendez-vous où on se dit les choses et on fait connaissance. Malgré tous nos désaccords, il n’y aurait rien de pire pour la démocratie que l’incommunicabilité ».

    Considérant que « Monsieur Lecornu est illégitime et qu’il ne doit pas rester Premier ministre », Marine Tondelier ne présage de rien : « Nous voterons la censure et si après ce vote il est encore Premier ministre, alors nous discuterons avec lui du budget comme nous avons discuté avec ses prédécesseurs. C’est le travail de nos parlementaires. On a notamment proposé un plan de sortie de crise écologique, proposé un contre-budget et aussi des propositions sur l’environnement, le social, la démocratie. On sera ravis de pouvoir présenter ces propositions. »

    Le Parti communiste

    Secrétaire national du PCF, Fabien Roussel rencontrera le Premier ministre non « pas pour négocier mais pour mettre sur son bureau quatre propositions simples et claires », et censurera « sans état d’âme » un budget qui fera mal au pouvoir d’achat des Français. Lui demande l’évacuation de toutes les mesures toxiques du budget Bayrou (deux jours fériés supprimés, doublement des franchises médicales, non-indexation des pensions…), une augmentation des salaires avec leur indexation sur l’inflation, et du Smic, l’abrogation de la réforme des retraites. Et enfin de la justice fiscale : « Nous sommes sérieux budgétairement, devant les dépenses nous mettons des recettes. Et elles doivent provenir des plus riches, du capital qui a bénéficié depuis huit ans de toutes les exemptions imaginables », martèle Fabien Roussel. « C’est fini, les travailleurs, les retraités, la jeunesse, nous avons assez donné… C’est même une question prioritaire pour l’économie. Nous avons besoin de relancer la consommation par le pouvoir d’achat. Il faut rompre avec la politique de l’offre. »

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.