Tag: Services publics

  • Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    De l’aveu de Bruno Leclerc, chef de file du NPA d’Arles, la gauche avait « regretté » d’être partie en ordre dispersé aux élections de 2020, consacrant la victoire de Patrick de Carolis (Horizons), qui avait remporté au second tour 57,2% des suffrages exprimés contre 42,8% pour Nicolas Koukas, le successeur désigné du maire communiste sortant Hervé Schiavetti. Pour les prochaines municipales, les forces progressistes ne referont pas la même erreur. Après des mois de travail de processus unitaire initié par l’Appel d’Arles, elles officialisent un accord électoral et présenteront publiquement leur candidat le 27 novembre.

    La future liste « l’Union pour Arles » intégrera des personnalités issues de toutes les formations politiques (PCF,
    PS, Génération écologie, Génération.s, Place publique, NPA, l’Après, Debout !, Gauche républicaine et socialiste) et de la société civile. La France insoumise a quant à elle quitté le navire, suite à des dissensions locales sur fond de politique nationale.

    Le programme dévoilé

    en février

    L’objectif est clair : « Proposer un programme de rupture avec la politique portée par Patrick de Carolis » et « faire tout ce qu’il faut pour que le Rassemblement national ne passe pas », expliquent Bruno Leclerc et Françoise Rouzies, la cheffe de file de Place publique. Pour le moment, l’extrême droite n’a désigné aucun candidat à Arles. Mais « les idées nauséabondes » du parti de Marine Le Pen « seront de la partie », assure le représentant du NPA, « que ce soit dans une liste à part entière ou en en intégrant une ».

    Depuis mars, des propositions ont déjà émané du travail de concertation mené par les forces de l’Appel d’Arles. Le programme sera dévoilé au début du mois de février 2026, mais certaines priorités sont déjà connues. « Les priorités sont le retour de la gestion des quartiers, l’aide à la culture populaire et associative qui a beaucoup fléchi pendant le mandat de Patrick de Carolis », détaille Françoise Rouzies.

    « Dans le cadre de la campagne qui va s’ouvrir, on va continuer à élaborer le projet à partir des rencontres qu’on va mettre en place dans les quartiers et les villages, précise Bruno Leclerc. Nos thématiques sont la culture, la jeunesse, les quartiers, la participation citoyenne, l’écologie et les services publics. On veut recoudre la ville qui a été fracturée socialement. Et il y a du travail. Le mandat en cours est à l’image de la politique macroniste actuelle : tout pour le pognon, rien pour le social. » Une dynamique à laquelle la gauche unie compte bien mettre un terme.

  • Une plume contre le narcotrafic

    Une plume contre le narcotrafic

    Je veux la tête de ceux qui ordonnent. Ceux qui ne sont jamais directement souillés par le sang qu’ils font couler, mais qui vivent grâce à lui. » Dans son livre, Marseille, essuie tes larmes (éditions le Bruit du monde), Amine Kessaci ne mâche pas ses mots envers les chefs des réseaux et l’état, qu’ils jugent responsables des narchomicides. Depuis la sortie de l’ouvrage, en octobre, le Marseillais de 22 ans et sa mère ont été placés sous protection policière. Ce livre dénonce l’engrenage des réseaux, qui se nourrissent de la misère des cités. Dans cette lettre à son frère Brahim, tué dans un narchomicide, il pointe du doigt les chefs de réseaux et le désengagement de l’état dans les quartiers.

    « Le narcotrafic prospère sur le désengagement des structures protectrices. Là où l’école échoue, où les centres sociaux ferment et où les services publics se raréfient. » Depuis ce livre, le jeune écologiste a été interviewé dans de nombreux médias français et étrangers pour parler de sa lutte contre le trafic de drogue.

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.

  • Laurent Belsola vise un second mandat, porté par un large soutien à Port-de-Bouc

    Laurent Belsola vise un second mandat, porté par un large soutien à Port-de-Bouc

    Les trottoirs de la rue Gabriel-Péri sont monopolisés par les voitures. Une file d’attente se forme à l’entrée de la salle polyvalente de l’hôtel résidence Les Aiguades. À l’intérieur, des chaises supplémentaires, sorties du placard en dernière minute, passent de bras en bras. Il faut pousser les murs pour faire entrer tout le monde, lors de la soirée organisée par le comité de soutien de Laurent Belsola, ce jeudi 13 novembre. Des centaines d’habitants ont répondu présent pour appuyer la candidature du maire (PCF) aux prochaines élections municipales.

    Certains sont même là alors qu’ils ne vivent pas dans la commune, à l’instar du sénateur communiste Jérémy Bacchi ou de Marc Ambelas, à la tête du club de plongée et d’archéologie de Port-de-Bouc. Le Martégal explique : « C’est quelqu’un que j’apprécie personnellement pour son engagement, pour sa droiture. Il a de grandes valeurs. Il ne fait pas de promesse en l’air et tient toujours sa parole. La plupart des responsables politiques cherchent le pouvoir. Ce n’est pas le cas de Laurent. Lui s’engage pour la ville, pour se mettre au service de la population. »

    Terrain, proximité et dialogue

    Depuis le début du mandat engagé en 2020, « plus de 10 000 permanences » ont été tenues par les élus pour répondre aux demandes des habitants et « plus de 50 rencontres ont été menées dans les quartiers », précise Évelyne Santoru-Joly, sa directrice de campagne. Pour le mandat à venir, Laurent Belsola compte bien poursuivre son action en gardant le même cap.

    « Je veux continuer à être le maire du concret, du terrain, de la proximité avec une équipe soudée, affirme-t-il. Celui qu’on croise sur les marchés, dans nos commerces, dans les écoles, dans les quartiers. Celui qu’on peut facilement interpeller, qui écoute, qui débat, qui agit. »

    La méthode restera donc la même : « recenser les besoins, construire un projet collectif et hiérarchiser les priorités du mandat au fil des réunions de travail et des concertations », détaille Évelyne Santoru-Joly. Le tout, en « en informant et en ayant bien connaissance des réalités budgétaires de notre commune, en nous démenant pour obtenir le maximum de financements et en proposant des projets qui soient réalisables ».

    Des nombreux défis

    Laurent Belsola l’affirme : « Les années à venir seront déterminantes », avec des enjeux locaux, mais aussi des challenges à l’échelle du territoire. « Le bassin de Fos est au cœur des transformations industrielles et écologiques à venir, rappelle le maire. Nous devons être vigilants, exigeants, mais aussi force de propositions pour concilier amélioration du cadre de vie, de la mobilité, de l’emploi et de la santé dans cette période d’innovation, parce que la transition ne doit pas se faire contre les travailleurs, mais avec eux et pour eux. »

    Une première victoire, et non des moindres, est l’obtention du financement pour le contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc, attendu depuis plus de cinquante ans, qui donnera les moyens de « recoudre notre ville et créer un beau boulevard urbain qui permettra de revoir les modes de circulation en y incluant du vélo et du transport en commun ».

    Laurent Belsola souhaite avant tout continuer à défendre un modèle de collectivité « populaire et solidaire » en investissant dans les services publics ; en poursuivant son engagement pour un logement digne avec des programmes de rénovation urbaine comme ceux menés aux Aigues-Douces, à la Lèque, aux Comtes ou à Bellevue ; en défendant l’hôpital public ; en renforçant la tranquillité publique et en créant du lien social grâce aux subventions accordées au tissu associatif (1,6 million d’euros chaque année).

    Amel Ben Messaoud

    Gérante de la boutique Dar Yumi

    « Laurent Belsola est un maire qui apporte énormément à la ville, qui défend les valeurs populaires. Ça fait du bien parce que la France est faite de mixité et lui lutte pour le mettre ça en avant, pour le vivre-ensemble. C’est un vrai humaniste. »

    Sedat Seven

    Restaurateur

    « Grâce à l’engagement du maire, on a vu des changements, à commencer par le contournement autoroutier qu’on attendait depuis 50 ans. L’équipe municipale est à l’écoute, les élus sur le terrain et animent un vrai dialogue. Cette proximité qu’il a avec les gens est précieuse. »

    Élise Taillaumard

    Présidente du Mouvement de la paix

    « Laurent Belsola est un pacifiste qui nous soutient dans nos actions. Port-de-Bouc est ville de paix grâce à lui, son équipe et à leur engagement. Il y a des structures sportives et culturelles de partout, des city stades, des gymnases, le musée numérique Micro-folie… »

  • À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    Dénonçant « une gestion du budget calamiteuse » et estimant que « l’argent public doit être au service de la population et non de l’enrichissement de quelques-uns », les progressistes et les partis de gauche (PCF, Les Écologistes, PS, LFI, L’Après) de Fréjus se réunissent sous la bannière « Fréjus Riposte ». Ce collectif se présente comme un rassemblement « de citoyens, pour certains engagés, des militants associatifs, des syndicalistes, ainsi que les membres des partis de gauche et écologistes », en vue des élections municipales. La tête de liste sera élue par les colistiers. Le collectif lance « un appel au rassemblement sur un programme progressiste, coconstruit et partagé » avec « la population », détaille Cathie Klink, l’une de ses membres.

    Un défi de taille car, à Fréjus, comme dans de nombreuses villes varoises, les valeurs progressistes ont du mal à se faire une place au soleil, se trouvant dans l’ombre d’un conservatisme patent et solidement arrimé. Le dernier parti de gauche à avoir dirigé la troisième ville du Var était la SFIO… d’août 1944 à mars 1959. Depuis, la droite puis l’extrême droite se partagent le pouvoir, le RN ayant réussi à prendre la mairie, en 2014, avec David Rachline.

    Depuis, la situation économique de la Ville, déjà fragile, est devenue critique : de 135 millions d’euros en 2014, la dette avait chuté à 127,5 millions en 2018, avant d’exploser et d’avoisiner les 153 millions, en 2024. En conséquence, dans son rapport 2025, la Chambre régionale des comptes (CRC) met en avant des « points de faiblesse » sur la gestion financière municipale, soulignant des dépenses de 22,93 millions d’euros « qui ne sont rattachables à aucun numéro de marché », c’est-à-dire sans mise en concurrence. Ces faits ont conduit au procès du maire pour prise illégale d’intérêt le 30 septembre (la décision sera rendue le 27 janvier, une amende de 10 000 euros a été requise), et à une perquisition de la mairie, en mars, dans le cadre d’une enquête pour corruption de marchés publics.

    « Justice fiscale et sociale »

    Le collectif de gauche « Fréjus Riposte » veut ainsi « chasser l’extrême droite et barrer la route à la droite. Il faut rompre avec les politiques de la spéculation, des affaires, empêcher les promoteurs de dicter l’avenir de notre ville. Réhabiliter les services publics, affaiblis par des années de politique libérale au détriment de la qualité de vie de tous, au niveau de la santé, de la sécurité, du transport collectif, des services de l’eau et des déchets. » Le collectif pointe aussi le tourisme, « un atout économique qui se développe malheureusement trop souvent au détriment des Fréjussiens », dont « 18% vivent dans la pauvreté ».

    Parmi les projets évoqués, la création de « pôles universitaires et professionnels » pour accompagner le développement de la ville, des solutions de logement pour les plus précaires, l’arrêt de « la bétonisation au mépris de l’urgence écologique », et de futures propositions centrées autour d’une idée : faire de Fréjus la ville de « la justice fiscale et sociale, de la solidarité, du service public de qualité et de la démocratie participative. La ville où le vivre ensemble, l’humain d’abord, se conjuguent avec l’intérêt général ».

  • Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Dernier exercice du mandat pour l’équipe de Franck Proust, le rapport d’orientation budgétaire (Rob) 2026 de Nîmes Métropole, présenté mardi 4 novembre, avait tout d’un baromètre politique. À quelques mois des élections municipales, la majorité communautaire a défendu un budget « de prudence. »

    « Nous avons choisi la stabilité et la rigueur », a souligné le président de Nîmes Métropole. L’agglomération, confrontée à un effort contributif estimé à 3,4 millions d’euros dans le cadre de la réduction du déficit public national, doit composer avec une pression budgétaire accrue. Malgré cela, le Rob affiche une épargne brute de 58,7 millions d’euros et un encours de dette de 487 millions, en légère hausse mais jugée « maîtrisée » par l’exécutif. La capacité de désendettement reste à 8,3 ans, sous le seuil de vigilance des 10 ans fixé par l’État. Aucun nouvel investissement d’ampleur ne figure au programme, « afin de laisser à la future majorité la liberté de ses choix ».

    La principale mesure annoncée reste la nouvelle baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Après -10% en 2025, elle devrait reculer de 0,5 point supplémentaire en 2026, passant de 10,54% à 10,01%. Pour une famille moyenne, la baisse cumulée atteindrait une centaine d’euros en deux ans. « C’est le contribuable qui doit en bénéficier, sans que les investissements en matière de modernisation ou de protection n’en pâtissent », a justifié Franck Proust. Côté investissements, l’agglomération mise sur la continuité : 44,7 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement, 14,9 millions pour les transports (achat de bus électriques, extension du réseau NemoVélo), et 13,4 millions pour la prévention des inondations.

    Un ROB de fin de mandat sous tension électorale

    Mais pour beaucoup d’élus d’opposition, cette prudence confine à l’immobilisme. Valérie Rouverand (Renaissance) dénonce une « ficelle électorale » à propos de la Teom : « On baisse de 10 % en 2025 et encore de 5 % en 2026, après l’avoir augmentée de 10 % en 2021. Au final, on revient au point de départ, mais la communication fait son effet. » L’élue a aussi regretté des « résultats économiques décevants » et une attractivité « toujours en panne. ». Julien Plantier (Nîmes Avenir) a, lui, adopté un ton plus nuancé : « Le Rob, c’est la visite médicale de notre agglomération : elle vit, elle respire, mais elle tousse un peu. Le bilan n’est ni glorieux ni catastrophique. » Le candidat à la mairie a reproché à la majorité de « laisser dormir des projets structurants » et relancé son idée de passage en communauté urbaine « pour donner une autre dimension au territoire ».

    À gauche, Vincent Bouget (PCF) a fustigé un rapport « autosatisfait, voire triomphaliste », estimant que « les grandes tendances cachent des fragilités structurelles ». Selon lui, « la pression fiscale n’a pas vraiment baissé », citant la taxe mobilités, la hausse de l’eau et de l’assainissement. Et de conclure : « Notre agglomération mérite mieux. Où est la vision d’ensemble, le projet partagé ? On a l’impression d’un empilement de décisions sans cohérence territoriale. » Un ultime rendez-vous budgétaire qui dessine les lignes de fracture d’une campagne municipale qui s’annonce tendue.

  • Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Ils ont bien compris la petite mécanique à l’œuvre ces dernières semaines et ne s’en satisfont évidemment pas. Retraités ou non, ils ont marché main dans la main dans les rues de Marseille, jeudi, pour manifester leur rejet du budget d’austérité 2026 préparé avec les projets de loi de finance de l’État et de la Sécurité sociale.

    « Cela va impacter très fortement les travailleurs, en activité ou à la retraite parce que nous considérons bien que nous sommes des travailleurs puisque la retraite est un droit social », glisse d’emblée Josiane Dragoni. La responsable fédérale des retraités de la FSU se veut à rebours de la « guerre des générations prônée par le Medef et reprise par certains partis et une partie de la presse ». Le sentiment est partagé partout dans le cortège où sont présents de nombreux actifs. « Opposer les gens les uns aux autres ça n’amène qu’au pire », résume Marcel, son autocollant CGT bien posé sur sa veste. « Pointer les retraités, les chômeurs, les immigrés comme le fait Monsieur Macron depuis des années, ça ne fait que faire monter l’extrême droite. »

    « On est très en colère et on l’exprime a contrario de ce que veulent le gouvernement et certains médias qui jouent l’opposition entre actifs et retraités. On fait la preuve à Marseille comme dans tout le pays que nos revendications, même si elles sont spécifiques, nous rassemblent », abonde Claude Mas, la secrétaire générale de l’USR CGT 13.

    Ces revendications sont salariales tout d’abord. « Parce que les retraités ne sont pas riches et la pension moyenne est au niveau du Smic » rappelle-t-elle, eux demandent leur indexation sur l’inflation dès janvier, leur revalorisation selon le salaire moyen, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%. Elles sont sociales aussi avec la revalorisation des prestations sociales a minima au niveau de l’inflation, l’abandon du doublement des franchises médicales, ou encore le maintien et le développement des services publics sur tout le territoire.

    « Les services publics,

    c’est pour tout le monde »

    Après avoir marché du Vieux-Port à la préfecture, ce sont ces doléances qu’une délégation de l’intersyndicale a transmis aux représentants de l’État dans le département. « Les services publics, c’est pour tout le monde, jeunes, actifs, retraités, et c’est tout ce qui est nécessaire. Cela se déliterait parce que ce serait des dépenses ? Mais non. Ce sont des investissements », reprend Josiane Dragoni. « Les cibler c’est détruire toute solidarité, cela signifie l’effondrement de notre modèle social, et la fin de nos droits sociaux, nos droits à la retraite, à la santé, à l’éducation. Et pour faire quoi ? Faire place au privé et aux grands groupes financiers. » Et la porte-parole des retraités Solidaires 13 de prendre l’exemple des Ehpad dans les Bouches-du-Rhône où plus des 70% sont aux mains de groupes comme Orpea, Korian ou DomusVi. « Les centres de rééducation fonctionnelle, les cliniques de soins sont aux mains de ces groupes avec des situations comparables », poursuit-elle, déplorant que la Sécurité sociale soit tuée à petit feu avec les 80 milliards d’exonération de cotisations sociales annoncées. « On la prive de ses recettes et le report vers les complémentaires de santé et les assurances privées poussés par les déremboursements vont encore s’accélérer avec ce budget. »

    En parallèle, les parlementaires, sénateurs et députés de tout le pays, hors Rassemblement national, « parce qu’on ne discute pas avec eux » sont interpellés. Face à la crainte d’une application par ordonnance, les organisations syndicales comme la CGT veulent connaître leur position dans le débat et attendent qu’ils défendent eux aussi leurs revendications.

  • Grand Avignon : le collectif de l’eau pointe un manque d’anticipation

    Grand Avignon : le collectif de l’eau pointe un manque d’anticipation

    « Quand on a entendu qu’il n’y avait pas assez d’argent pour des investissements à cause de la baisse de la consommation d’eau, on est tombés des nues. Tout le monde sait que l’on consomme moins d’eau », lance, en ouverture d’une conférence du collectif de l’eau ce mardi 4 novembre, la présidente de l’association, Mireille Dapon.

    Et ce, en référence aux « choix » à faire, évoqués par Xavier Belleville, vice-président (LR) du Grand Avignon en charge des finances, lors du conseil communautaire du 6 octobre : à savoir celui d’augmenter la part de fiscalité dans la facture d’eau et d’investir dans des travaux sur un réseau qui en a grandement besoin, ou bien de ne pas l’augmenter et de réduire fortement ces projets.

    « Cette alerte subite nous a un peu séchés. Pourquoi une espèce de prise de conscience si soudaine et un désir de faire rentrer plus d’argent si on connaît les besoins ? », pousse la présidente. Une problématique qui n’avait pas été abordée lors de la commission consultative des services publics locaux (CCSPL) du Grand Avignon, qui s’est tenue le mardi 23 septembre, soit quelques jours avant ces déclarations. « Avec la raréfaction de la ressource et l’augmentation des pollutions, l’eau va devenir plus chère et la population en a de plus en plus conscience. Mais elle sait moins qu’elle doit payer pour ce qui n’a pas été fait pour l’entretien des infrastructures par les délégataires successifs », pousse le collectif dans un communiqué émis pour l’occasion. « Suez nous dit qu’ils sont en déficit. Mais, en regardant dans des documents que l’on s’est procurés, on peut voir qu’en 2023, par exemple, plus de 600 000 euros de dividendes ont été versés », argumente Mireille Dapon, tout en épluchant les comptes de résultats successifs de l’Eau du Grand Avignon, détenue par Suez France.

    Pour le débat

    « Les usagers payent. Ils doivent participer aux décisions », lance par la suite la présidente, qui regrette « l’opacité » de l’intercommunalité sur le sujet. Et ce, en plaidant, comme depuis plusieurs années, pour une régie publique de l’eau. « Une augmentation du prix de l’eau socialement acceptable, c’est possible. Mais si elle est concertée et contrôlée en régie », poussent-ils. Et d’appeler à ce que le Grand Avignon « organise un débat avec la population, sous peine d’être accusé de mauvaise gestion ».

  • Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    La pilule ne passe pas. En pleine discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2026 prévoit d’exiger des communes, départements et régions un effort compris entre 4,7 et 10 milliards d’euros. « Un nouveau coup dur infligé aux collectivités territoriales », que dénonce le maire de Port-de-Bouc (PCF), Laurent Belsola.

    Des mesures en pagaille

    L’édile appelle à « engager une lutte dans la durée » face à la gravité des annonces gouvernementales. « La perte pour les collectivités est estimée à plus de 8 milliards d’euros, entre diminutions de recettes et prélèvements qui leur sont imposés, note-t-il. Cela équivaut à 4% de leur budget de fonctionnement total en 2024 ! »

    Parmi les mesures inscrites dans le projet de loi de finances : le triplement du Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) pour les communes, dont le prélèvement obligatoire est passé de 250 à 700 millions d’euros, la baisse du fonds vert destiné à la transition écologique (moins 500 millions d’euros), la diminution des recettes de l’État allouées aux collectivités (moins 900 millions d’euros), la diminution du fonds de compensation de la TVA (moins 700 millions d’euros) ou encore la compensation sans abattements sur les valeurs locatives qui servent de base à la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et à la Cotisation foncière des entreprises (CFE) (1,1 milliard d’euros).

    Un enjeu démocratique

    Pour le maire, cette politique d’austérité touche non seulement au vivre-ensemble, en affaiblissant les services publics qui améliorent le quotidien tels que les crèches, l’action sociale, les écoles, le sport, la vie associative ou la culture, mais présente également un enjeu démocratique. « Les élus locaux sont des vigies de la République, assène-t-il. Leur arracher toujours plus de moyens, c’est réduire leurs marges de manœuvre pour favoriser la liberté, l’égalité et la fraternité. » En d’autres termes, à la fin, ce sont les administrés qui paieront le prix de cette politique.

    Pour sortir de la crise, il invite à changer de paradigme. « La clef de la crise n’est pas dans la baisse des dépenses publiques. Au contraire, la dépense publique nourrit et permet de créer de l’activité et de la croissance. » Pour y parvenir, l’édile préconise de mettre fin à la captation par les grandes entreprises des 211 milliards d’euros d’aides d’État sans contrôle ni contrepartie, de sortir des marchés financiers et de rétablir la justice devant l’impôt.

    Un travail d’ores et déjà est engagé avec l’association des Maires villes et banlieues de France pour contrer ce projet budgétaire.

  • La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    Ce vendredi, la gauche (PCF et PS), l’Association Saint-Cyr citoyenne, écologique et sociale, ainsi qu’un groupe de citoyens ont annoncé leur candidature commune au sein de la liste « Saint-Cyr à gauche, vers une ville juste et solidaire », menée par Sylvie Vinceneux, responsable de la commission nationale logement du PCF. Comme d’autres colistiers, elle figurait sur la liste « Un nouvel élan pour Saint-Cyr », conduite en 2020 par Dominique Olivier (PS), élu municipal depuis 2015, qui fera partie de l’aventure en position non-éligible.

    Le logement en priorité

    « Seule femme tête de liste », Sylvie Vinceneux aura pour concurrents la liste de la majorité sortante conduite par Pierre Luciano (DVC), adjoint du maire Philippe Barthélémy (qui ne se représentera pas), le conseiller municipal d’opposition Yvan Maubé (DVD) et Philippe Serre (ex-PS devenu macroniste), tête de liste à gauche en 2014. Pas de liste RN en vue. Mais l’enjeu autour de ses électeurs, majoritaires lors des législatives de 2024, est primordial : « Beaucoup votent pour eux et cherchent des coupables. On s’adresse aussi à eux et on prouvera que le RN n’est pas la réponse », annonce Sylvie Vinceneux.

    Dans un « contexte de cadre budgétaire contraint qui aura des répercussions au local », la liste veut faire évoluer « une ville vieillissante et repliée sur elle-même, avec un manque de démocratie locale » où « 43% population a plus de 60 ans » et qui connaît « une baisse démographique depuis une dizaine d’années, ce qui peut avoir des effets néfastes ».

    Pour ce faire, le logement est une priorité : « 45% sont des résidences secondaires. Il y a beaucoup d’Airbnb et seulement 9% de logements sociaux alors que 70% des habitants y ont droit. Les prix ne permettent pas aux jeunes actifs de rester », détaille Sylvie Vinceneux, qui relève aussi « près de 6% de passoires thermiques ». À ce titre, le projet de constructions de logements sociaux dans le quartier Pradeaux-Gare ne doit cependant « pas exproprier une cinquantaine de familles. On proposera un contre-projet », annonce la tête de liste. Ainsi, « la solidarité » est mise en avant pour « venir en aide aux plus fragiles, dont les seniors », et lutter contre « un taux de pauvreté de 10%, avec 14% de familles monoparentales ».

    Parmi les autres sujets abordés, celui de l’écologie et de la justice sociale, avec une « préoccupation particulière pour l’agriculture, les plages et le littoral, notre bien commun », dans une ville qui devra « bâtir sans bétonner ». Dans cette logique, a aussi été abordée la question des mobilités, notamment celle de la nouvelle gare, sur laquelle « il paraît impossible de revenir en arrière quant à l’implantation », mais « qui doit répondre aux besoins en termes d’accès et de stationnement, permettre de fluidifier la circulation à Saint-Cyr et y être reliée par des transports en commun ».

    Enfin, des propositions sur des sujets communautaires (gestion de l’eau, des déchets…) seront mis au débat, avec la volonté « d’informer la population plutôt que de passer des projets en catimini », conclut Sylvie Vinceneux, qui invite « les Saint-Cyriennes et Cyriens partageant nos valeurs à nous rejoindre ».