Tag: service public ferroviaire

  • La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    Le 19 juillet, un TGV Paris-Nice a été immobilisé près de la gare de Carnoules après une déformation de la voie ferrée provoquée par les fortes chaleurs. Les passagers ont été évacués sous l’encadrement d’agents de la SNCF, de gendarmes et pompiers, puis dirigés vers la gare de Carnoules. L’incendie de Taradeau a perturbé le trafic, compliquant la prise en charge.

    Après cet incident, la CGT des cheminots Paca dénonce, dans un communiqué, la fermeture de gare de Carnoules : « Une fois arrivés sur le parvis de la gare fermée et déserte, les voyageurs sont restés dehors sans aide. » Le syndicat évoque aussi un manque d’entretien des pistes le long des rails, pas « adaptées ». Sans « aucun moyen matériel pour cela, les agents ont réussi à accompagner les gens les plus en difficulté ». Une situation jugée « inacceptable ».

    Un incident « révélateur »

    Pour le syndicat, cet incident serait « révélateur » de la situation des infrastructures ferroviaires en Paca, mais aussi symptomatique de la « politique court-termiste » et de la concurrence entre les acteurs et compagnies ferroviaires. La CGT des cheminots reproche aux « dirigeants » de maintenir ce système concurrentiel « pour améliorer la situation économique et financière et non pas pour une amélioration du système ». Elle réclame une « entreprise SNCF unique et intégrée », avec « des moyens humains, matériels et financiers pour améliorer et développer le service public ferroviaire ».

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    C’est une mobilisation à la hauteur de la gravité de la situation et de l’état d’urgence au sein de l’entreprise publique SNCF. Aujourd’hui, les cheminotes et cheminots sont en grève de 24 heures à l’appel de l’ensemble des fédérations syndicales : la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, SUD Rail et la CFDT Cheminots. Du jamais vu depuis la fin de l’année 2024.

    Ce mouvement sera massivement suivi d’après les remontées du terrain. Sans préjuger de la suite, la colère de « ceux qui font le fer » pourrait encore s’exprimer si le PDG de la SNCF, l’ancien Premier ministre Jean Castex, ne revient pas à la table des négociations avec des engagements concrets. Dont l’arrêt immédiat des réorganisations en série et un moratoire sur celles-ci. C’est la principale revendication de l’intersyndicale. Elle est cardinale car le démantèlement du service public ferroviaire a des conséquences délétères sur les travailleurs et les usagers du train. Les créations de filiales, la destruction de fret SNCF, atomisent l’unicité de la SNCF.

    Perte de sens

    La plus dramatique des conséquences est la perte de sens du métier, la disparition de collectifs de travail. Depuis le début de l’année 13 cheminots ont mis fin à leurs jours. L’un d’eux s’est jeté sous un TER dans l’Hérault, le 27 avril. Deux suicides ont eu lieu depuis. Il faut arrêter le massacre.

    Pour les usagers, la politique ferroviaire est illisible et le maintien d’un maillage fin des territoires avec des réouvertures et créations de lignes doit être une priorité. Pour cela, il faut des cheminots et travailler avec les collectivités locales, notamment les Régions.

    En tirant le signal d’alarme, les cheminots défendent le service public ferroviaire.

  • Le centre de maintenance des TER à l’étude à Béziers

    Le centre de maintenance des TER à l’étude à Béziers

    On a gagné la première manche », se félicite Nicolas Midague, de la CGT Cheminots à Béziers. Cela fait en effet 33 ans que la fermeture du dépôt de Béziers plane et les cheminots attendaient désespérément une bonne nouvelle. Car si le dépôt n’est toujours pas fermé, grâce à une mobilisation tenace, les effectifs sont passés de 400 à 40 salariés et le site doit bien s’arrêter de fonctionner dans un an et demi. Alors l’implantation d’un centre de maintenance sur le site de l’ancienne gare de triage du fret à Capiscole pourrait permettre de sauver ces emplois et même de recruter, puisque le nouveau site pourrait compter entre 50 et 80 salariés selon l’option retenue.

    Ce centre de maintenance régional (CMR) pourrait en effet avoir trois fonctions si elles sont toutes retenues par la Région et la SNCF : « Il y aurait déjà un centre d’entretien du matériel au quotidien, comme le fait Nîmes », explique le conseiller régional communiste Jean-Marc Biau. « Ensuite, il y a la question de l’implantation d’un tour en fosse qui permet de reprendre les essieux des engins moteurs. Il n’en existe qu’un dans le sud de la France, à Avignon. C’est un dossier ancien puisque la SNCF s’était engagée à en faire un à Béziers en 2016. Enfin, il pourrait y avoir un entretien pour les rames accidentées parce qu’aujourd’hui les trois régions, Paca, Aquitaine et Languedoc-Roussillon dépendent d’un centre à Varennes-Vauzelles dans le sud de la France avec des délais d’immobilisation qui sont parfois de plus d’un an. »

    Soutenue par les syndicats, la création de ce centre dépend désormais d’une étude de faisabilité qui sera lancée dans les tout prochains jours. En effet, il n’existe que deux centres (Nîmes et Toulouse) dans la région et le passage à de nouvelles rames nécessite la création d’une nouvelle structure dans les mois à venir. Elle devait initialement voir le jour à Narbonne, mais les élus locaux l’ont refusée et un nouveau site doit rapidement être désigné.

    Accélération

    du calendrier

    Deux sites ont ainsi été retenus : soit Béziers, donc, soit un deuxième site à Nîmes, dont l’étude de faisabilité vient d’être terminée. « Béziers a une position centrale. C’était à l’époque pour cette raison que Narbonne avait été retenue. Les deux sites ont des contraintes mais je pense que Béziers, c’est la solution la plus avantageuse pour tout le monde parce que si on concentre tous les moyens à Nîmes et qu’il y a des incidents sur la ligne, tout sera bloqué là-bas », explique l’élu régional qui sait tout de même que la direction de la SNCF pencherait plutôt pour une implantation dans la capitale du Gard.

    Désormais tout va s’accélérer. Le bureau d’études a en effet trois mois pour rendre ses conclusions et la décision de la Région, en concertation avec la SNCF, sera connue durant l’été, promet Jean-Marc Biau.

  • Nouvelle mobilisation pour la ligne Alès-Bessèges le 25 avril

    Nouvelle mobilisation pour la ligne Alès-Bessèges le 25 avril

    « Nous sommes entrés dans une nouvelle phase », reconnaît, enthousiaste, Anne-Marie Skora, présidente de l’association des usagers de la SNCF du Gard, qui participe pleinement au collectif pour la réouverture de la ligne Alès-Bessèges. Car après de nombreuses mobilisations pour engager la remise en service cette ligne, la réouverture semble enfin actée. Le collectif souhaite désormais informer et mobiliser la population pour garantir le meilleur service possible sur cette ligne qui a la responsabilité de désenclaver le nord du département du Gard, composé de territoires pas épargnés par la pauvreté.

    C’est dans cet objectif que le collectif organise une journée de mobilisation samedi 25 avril avec, au programme, une marche entre la halte de Gammal et la halte de Molières-sur-Cèze (9h-11h) suivie d’une réunion publique à la salle Sainte-Barbe (11h), où les habitants sont invités à venir poser des questions. « Il faut que les gens viennent : on parle désormais de concret puisque l’on passe dans la phase de pré-travaux. Nous sommes face à de nouvelles problématiques », confirme Anne-Marie Skora, souvent confrontée à une population désabusée par les nombreux reports et qui a perdu espoir dans la réouverture de cette ligne. « Nous aussi nous avons eu des doutes parce que cette ligne est suspendue depuis 2012. Mais maintenant, nous avons des éléments qui nous permettent d’être positifs. Nous voulons redonner confiance, partager de l’information parce que les travaux pour la première phase, c’est peut-être dans un an ».

    En effet, en novembre dernier a été actée par la Région, porteuse du projet, une réouverture en deux phases : d’abord entre Alès et Saint-Ambroix pour 2028 puis jusqu’à Bessèges en 2030. En mai, l’enquête publique sera lancée sur la phase 1, avec des travaux prévus pour 2027. « Il y a de nouvelles actions à mener pour savoir comment va fonctionner la ligne. Les gens doivent s’emparer de ces sujets et donner leurs idées. L’enquête publique va durer trois mois donc on veut apporter des éléments à la population et la motiver à répondre », ajoute Anne-Marie Skora.

    Opposé à cette ouverture en deux phases, le collectif s’y est résolu mais il espère surtout que tous les préparatifs pour le lancement de la deuxième phase seront rapidement engagés. « On veut que l’étude environnementale publique sur la phase 2 démarre très rapidement », confirme Anne-Marie Skora. « L’enjeu c’est que tous les cliquets soient enclenchés avant la fin 2028 ». En d’autres termes, que tout soit bouclé avant les prochaines élections régionales pour éviter qu’une autre majorité ne puisse revenir sur le projet.

    Alès, bloquée en gare ?

    Pour autant, tout n’est pas encore résolu pour la phase 1. Si Olivier Martin, le président de la Communauté de communes de Cèze Cévennes (candidat à sa réélection, dont le vote est prévu le 23 avril) a confirmé que l’intercommunalité allait prendre à sa charge la création des deux pôles d’échanges multimodaux de Saint-Ambroix et de Bessèges, le blocage pourrait intervenir du côté d’Alès.

    En effet, la réouverture de la ligne s’appuie sur la création d’une halte au niveau du lycée Jean-Baptiste Dumas. Mais pour cela, la Ville doit céder un terrain pour la construction du quai. « Malgré nos sollicitations, on ne parle jamais avec la Mairie ou l’Agglomération d’Alès. Ils ne viennent pas, ils n’interviennent pas ou par petites bribes de déclaration. Avant les dernières élections, la Mairie d’Alès s’est dite favorable pour la halte-lycée mais, à ce jour, on n’a pas de réponse sur le fait que les démarches aient été lancées  », s’inquiète Anne-Marie Skora. Le collectif a échangé à ce propos avec le sous-préfet d’Alès lors d’une réunion le 7 avril.

    « Sur la halte, on ne sait pas où ça en est », s’agace aussi Thierry Ferré, autre responsable du collectif. « On est plus optimiste pour la réouverture de la ligne, mais on sent que ça traîne des pieds sur la halte Jean-Baptiste Dumas alors que des engagements ont été pris et que le reste avance bien. On a demandé à toutes les mairies concernées par la ligne de voter une motion pour demander à Alès où ils en sont ».

  • Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Le dépôt SNCF de Béziers, bataille vieille de plus de 30 ans portée par les cheminots, sera au centre d’un débat, le 16 décembre à 18h30, au 2 rue Voltaire. Initié par les communistes biterrois, il fera intervenir Éric Bringuier, secrétaire régional CGT des cheminots (lire entretien page 8), Nicolas Midague, secrétaire CGT des cheminots de Béziers ainsi que Jean-Marc Biau, secrétaire PCF de Béziers et élu au conseil régional d’Occitanie.

    Car l’avenir de ce site historique est en jeu. Délaissé par une direction SNCF aux abonnés absents, le dépôt pourrait fermer définitivement d’ici trois ans. Pourtant, des solutions existent pour lui assurer un avenir pérenne, selon les cheminots cégétistes. En effet, le projet d’un Centre de maintenance de matériel (CMR) est porté par la Région afin de soulager les deux existants, saturés. Un temps annoncé à Narbonne, il semblerait que les élus audois hésitent à donner le feu vert au projet. « Il faut trouver rapidement un site car les nouveaux engins deux niveaux vont arriver en 2026 et 2027 et il n’y a aucun atelier pour les entretenir ! Dans ce cadre, au vu de la concomitance de l’abandon de Narbonne et la fermeture du dépôt de Béziers, personne ne comprend pourquoi Béziers n’est pas étudiée par la SNCF », soupire Jean-Marc Biau.

    Le choix de la cité de Riquet ne semble pas plus intéresser le maire que la direction de la SNCF. Pourtant, le foncier est disponible et le savoir-faire garanti. « Le triage du Capiscol [situé à côté du dépôt, Ndlr] dispose de foncier libre, il est facile d’accès dans le mode ferroviaire comme dans le mode routier, il peut être traversant avec des entrées-sorties des engins sans manœuvre et il y a sur Béziers des conducteurs de trains, des aiguilleurs et toutes les compétences pour faire circuler des trains et les entretenir », soutient l’élu communiste. Mais la forte présence de syndicats semble refroidir la SNCF. « Et Robert Ménard, ses excès, ses idées d’extrême droite sont un véritable repoussoir pour porter des projets de développement de l’emploi industriel », précise Jean-Marc Biau.

    Or, les bénéfices pour l’emploi comme pour les usagers sont foison. Tout comme les possibilités de développement d’un service public ferroviaire. « On pourrait se servir de la ligne Béziers-Neussargues pour desservir le périurbain avec la création d’arrêts supplémentaires, faire circuler plus de trains, etc. » Assez d’arguments pour faire entendre raison à la direction ?