Tag: service civique

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • Mathys Zidée, du CCAS de Pertuis aux Champs-Élysées

    Mathys Zidée, du CCAS de Pertuis aux Champs-Élysées

    Rendre sa grand-mère fière. C’est pour cette raison que Mathys Zidée, 19 ans, défilera sur les Champs-Élysées le 14 juillet. À l’occasion de la Fête nationale, il fera partie des dix volontaires en service civique qui marcheront avec les forces armées lors du tableau final.

    Avant de s’engager, Mathys aspirait à un tout autre avenir. Après une enfance passée en région parisienne, il est diplômé d’un bac professionnel en informatique. Il déménage ensuite à Pertuis, où il crée son agence de communication. « Mais celle-ci ne fonctionnait pas trop, et je voulais faire quelque chose qui avait du sens », se remémore-t-il.

    L’expérience d’une vie

    Pour donner du sens à sa vie, le jeune homme pense à sa grand-mère. « Elle habitait toujours en région parisienne, j’étais loin d’elle et je n’avais plus trop de liens. » Il décide alors de réaliser un service civique de neuf mois dans le CCAS de Pertuis. « Je devais partager des moments de convivialité avec les seniors isolés à domicile. » Pour le volontaire, cette mission c’était « la meilleure expérience de ma vie ». Maturité, autonomie ou encore patience, sont des qualités qu’il a acquises lors de ces neuf mois.

    Mathys a pu recréer le lien intergénérationnel qu’il avait avec sa grand-mère. Notamment avec Monsieur Berçon, un senior qui vivait dans son garage. « Il était passionné de dessins. Alors j’ai organisé l’exposition de ses tableaux dans les jardins du CCAS. Depuis, on s’appelle tous les dimanches matin. »

    Après la fin de son service civique, Mathys est devenu volontaire ambassadeur, pour poursuivre son engagement. Et quand la directrice générale lui a proposé de faire le défilé, il a accepté « à la minute ». Le jeune homme se dit impatient de cette fête nationale. « Je penserai à ma grand-mère, je sais qu’elle sera fière de moi. »

    En attendant, Mathys retourne répéter sa marche au pas, place de la Concorde.

  • Ces jeunes volontaires qui s’engagent pour leur ville

    Ces jeunes volontaires qui s’engagent pour leur ville

    « Aujourd’hui, au cœur de cette cérémonie, c’est la jeunesse qu’on veut mettre en avant », introduit Myriam Aouini, responsable opérationnelle chez Unis Cités. Cette association accompagne la Ville de Marseille depuis plusieurs années, dans l’accueil et le suivi des volontaires en service civique. Ce mardi, les jeunes volontaires de la promotion 2025-2026, ont reçu un diplôme signé par le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, et remis en main propre par Amine Kessaci, adjoint au maire délégué à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement. Cette cérémonie marque pour eux la fin de huit mois de missions au service de l’intérêt général. Amine Kessaci a pris la parole pour saluer leur investissement et réaffirmer les ambitions de la Ville à leur égard : « Ce qu’on souhaite faire à la Ville de Marseille, c’est pouvoir garantir que ces jeunes, qui sortent de services civiques, puissent trouver un emploi. Il faut que la ville de Marseille sache les accompagner », déclare-t-il.

    Chaque année, plus de 200 jeunes s’engagent dans une mission de service civique à Marseille, selon Myriam Aouini. Ce dispositif leur permet de s’investir dans des domaines variés comme l’aide à la personne, l’éducation, la culture ou encore l’écologie. « Je reste convaincue que c’est un tremplin pour les jeunes parce qu’on les pousse à travailler en équipe et à côtoyer la diversité. Ils acquièrent des compétences et un sentiment d’utilité qui est très important », souligne-t-elle. Beaucoup témoignent de ce que cette expérience leur a apporté. « Ce que j’ai bien aimé, ce sont les publics avec lesquels j’ai travaillé : à la fois des seniors, des personnes en situation de précarité, mais aussi des centres éducatifs. Ça m’a permis de voir des profils très variés et de m’adapter à chacun », raconte Hafida, 26 ans, qui a réalisé un service civique autour de la sobriété énergétique.

    Jeunesse engagée

    Pour Amine Kessaci, le service civique répond aussi à une évolution des formes d’engagement en offrant aux jeunes un cadre pour agir. « Les jeunes sont de plus en plus engagés dans des luttes et des projets associatifs. Ce qu’ils demandent, ce sont des espaces adéquats pour leur engagement. Un engagement nouveau, qui permet d’allier le plaisir et l’utilité », affirme l’élu. Il souligne enfin que la force du dispositif réside dans les perspectives qu’il ouvre aux jeunes.

  • À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    Chaque dernier mercredi du mois, de nombreuses animations sont mises en place pour toutes les générations, dans le cadre des « mercredis e-sport et sport pour tous » à l’Hôtel du Département, initiés par Martine Vassal, la présidente (DVD) de la collectivité. On y retrouve ce mercredi des personnes du bel âge pratiquant du bowling sur console mais aussi des minots s’initiant à la pétanque. « C’est un projet qui tient à cœur à la présidente. C’est important de réaliser le projet surtout que la santé mentale touche tout le monde peu importe l’âge », insiste Marine Pustorino, conseillère départementale déléguée au sport de haut niveau et à l’e-sport.

    Donner une chance

    à la jeunesse

    Une édition inédite marquée par la présence d’un espace animée par plusieurs services civiques. Sur place, des activités sensorielles qui touchent l’ouïe, le toucher et la vue. Ce projet a été imaginé par Anaïs du Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) et Shana de la Maison des adolescents (MDA). « Le but, c’est d’offrir à tout le monde des solutions par rapport à certains troubles différents. Via ce parcours sensoriel, on introduit des handicaps pour mieux permettre la compréhension et la gestion, avec notamment un atelier de bouteilles sensorielles qui sont utilisées en cas de stress aigu », explique Shana, titulaire d’une licence en psychologie. Un rendez-vous où toutes les générations se sont prêtées au jeu, là où la santé mentale est devenue un sujet fondamental, notamment pour les minots.

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • Le service civique, « outil de reconstruction » menacé

    Le service civique, « outil de reconstruction » menacé

    La journée de l’engagement s’est tenue ce mercredi à l’IME de l’Alizarine. Elle met en relations jeunes et structures à la recherche de services civiques. à cette occasion, la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, à travers la voix de sa présidente Christiane Siréta, exprime son « inquiétude qui grandit sur la pérennité de ces missions ».

    Car « un gel du nombre de missions est effectif pour cette rentrée », poursuit-elle devant 17 structures venues sur place pour recruter des personnes de 16 à 25 ans, pour des missions de 6 à 12 mois. Et ce, car les aléas du budget de l’État à venir ne laissent rien présager de bon pour l’association.

    « Affaiblir le service civique, c’est affaiblir les services de proximité et le tissu associatif déjà sous tension », poursuit Christiane Siréta, après avoir vanté « un outil de reconstruction qui met des jeunes sur les rails du monde de l’emploi ». Tout comme Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, qui loue une « mission de solidarité et de vie citoyenne », qui permet de « consacrer une partie de sa vie à rendre service aux autres ».

    Liste des missions sur service-civique.gouv.fr