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  • Derrière le collège Manet, à Marseille, un jardin impraticable, insalubre

    Derrière le collège Manet, à Marseille, un jardin impraticable, insalubre

    « Même plus on n’ose y promener un chien ! », lâche Lubliana, habitante de la cité du 14e depuis six ans, qui a « formellement interdit » à ses enfants « d’y poser un pied ». Ici, les riverains appellent le jardin du Mail prolongé « le parc aux zombies ».

    Sur les quelque 500 m2 d’espaces verts pentus, traversés par un chemin bétonné, on ne trouve en effet pas un centimètre d’herbe qui ne soit recouvert de détritus et d’une quantité incalculable de tubes ayant contenu des produits stupéfiants et de seringues. « Les toxicomanes viennent se caler là, cachés par les buissons et les arbres », indique Ahmad, quinquagénaire locataire des Flamants, qui y venait, collégien, « après le collège, jouer à la bataille de glands ». De quoi relancer la question d’espaces dédiés pour les consommateurs de stupéfiants.

    Désormais, au pied des chênes, ce sont les matériels utilisés par les usagers de drogues qui s’accumulent, de l’avenue jusqu’au sommet du petit parc. Au milieu, trois matelas abandonnés gisent sur l’herbe. À la sortie du collège, un père de famille s’indigne : « C’est dégoûtant, mais surtout très dangereux. Avant on avait l’habitude de couper par le chemin pour aller au Merlan, maintenant, tout le monde fait le tour ».

    Nettoyage grandeur nature

    Contactée, la Ville prend la mesure du problème pour rendre aux Marseillais ce petit parc praticable : « Cette partie du jardin est nettoyée dans le cadre d’un marché par un prestataire qui effectue un passage trois fois par semaine. Les déchets signalés n’ont pas été constatés dans ce cadre. Une opération de nettoyage spécialisée va être engagée dans les plus brefs délais ».

  • Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Adossé à l’entrée du Centre d’information et de dépistage de l’hôpital de Gap (CeGIDD), se trouve désormais un distributeur-échangeur de seringues usagées. L’usage de l’automate est simple : on dépose une seringue usagée, on récupère un jeton que l’on insère ensuite et un kit contenant deux seringues gratuites est alors délivré. Les jetons peuvent également être obtenus dans les locaux du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), aux urgences de l’hôpital ou dans les pharmacies partenaires.

    Ce recours direct à un automate permet de faciliter l’accès à du matériel stérile et d’éviter ainsi l’échange ou l’abandon de seringues usagées sur la voie publique. « Ce dispositif peut sembler simple dans sa forme, mais il représente en fait un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de responsabilité collective », explique Christel-Aurore Machado, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). « Ce n’est ni une incitation, ni une banalisation de l’usage de drogues. Nous savons que l’usage de seringues diminue le risque de contracter des maladies et l’usage de drogues ne s’arrête pas une fois les structures fermées. C’est un dispositif pragmatique, complété par tout un système d’accompagnement. Notre responsabilité est, au-delà des postures idéologiques, d’apporter une réponse efficace, évaluée et humaine, ce qu’est cet automate. »

    On compte aujourd’hui près de 1 500 dispositifs de ce type en France. L’accès à du matériel de soins stérile pour les usagers de drogues est un principe de la politique dite « de réduction des risques », née dans les années 1980, notamment face à l’épidémie de VIH. Une approche qui a fait ses preuves dans la diminution des contaminations et qui est désormais bien intégrée par le ministère de la Santé depuis la loi de 2004 relative à la politique de santé publique.

    Un premier pas vers

    un suivi médico-social

    L’automate permet une distribution 24h/24, lorsque les associations et les pharmacies sont fermées, et évite d’engorger les urgences. Au-delà de ce seul dispositif, l’objectif est de permettre un usage anonyme et autonome, souvent demandé par les usagers, tout en ouvrant la porte à un large éventail de prises en charge. « Il y a des personnes qui n’osent pas venir aux urgences, qui ont peur de perturber ou de se mêler au public, explique Justin Pommerole, du Caarud de Gap. Ça permet un certain anonymat pour celles et ceux qui le souhaitent, mais, en même temps, il y a un autocollant avec l’adresse du Caarud, du CSAPA, où ils peuvent trouver un accompagnement. » Ensuite, la prise en charge proposée est adaptée aux besoins de la personne, du sanitaire au social, comme l’explique Caroline Siard, chef de service du CSAPA 05 : « Une personne peut venir dans un premier temps pour prendre du matériel stérile puis ensuite être accueillie à l’hôpital et être orientée vers des structures qui proposent un suivi social, de l’ouverture de droit à de l’aide à l’accès au logement… La distribution de matériel est un premier point d’accroche. »