Tag: sélection

  • Les étudiants non européens passent à la caisse

    Les étudiants non européens passent à la caisse

    La nouvelle a été annoncée par le ministre de l’Enseignement supérieur le 20 avril dans un entretien donné au Parisien. Philippe Baptiste revient sur la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens en annonçant un nouveau plan « Choose France For Higher Education » afin de favoriser l’attractivité de l’enseignement supérieur français.

    Si la mesure est sur la table depuis 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les universités avaient une marge de manœuvre leur permettant d’exonérer jusqu’à 10% des étudiants non-boursiers. Toutefois, bon nombre d’établissements dépassaient ce seuil. Mais à partir de la rentrée prochaine, ce ne sera plus possible. Ainsi, les étudiants extra-européens vont donc devoir débourser 2 895 euros par an en licence contre 178 euros aujourd’hui et 3 941 euros en master contre 254 euros. Les universités conserveront néanmoins une exonération de 10% d’étudiants étrangers, qui viendra s’ajouter aux Bourses déjà distribuées par les établissements.

    « Ce n’est pas aux étudiants de payer pour l’université, l’État doit leur donner des moyens », s’indigne Enola Kraemer, du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) à l’université Paul-Valéry. L’établissement montpelliérain compte actuellement 21% d’étudiants étrangers. « Étant donné qu’un étudiant sur deux est boursier, notre limite de 10% est atteinte rapidement. Et les universités qui dépassaient les 10% étaient déjà obligées de prendre des mesures de non-exonération. Nous, par exemple, on applique les droits différenciés. En mettant une exonération pour tout le monde, on était à 13% des effectifs étudiants lors de l’entrée en vigueur du dispositif. On a alors décidé d’exonérer tous les primo entrants et ensuite, tous ceux qui réussissaient, qui progressaient dans leurs études. N’étaient soumis aux droits différenciés que les étudiants qui échouaient », détaille Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry. Les exonérations ont néanmoins baissé au fil du temps, pour atteindre 11% des étudiants de la faculté montpelliéraine cette année.

    Les précaires pénalisés

    Pour justifier sa décision, le ministre évoque des frais d’inscription modestes comparé à d’autres pays, notamment l’Angleterre. Les sommes avancées représenteraient « 30% du coût de la formation » et le ministre entend ainsi récupérer 250 millions d’euros chaque année. Dans une situation budgétaire on ne peut plus délicate, les universités se retrouvent ainsi au pied du mur et n’ont d’autre choix que de s’exécuter. « Il y a un risque d’une mesure antisociale très évidente. Pour moi, le gros problème, c’est qu’on ne voit ça qu’à travers le prisme du financement insuffisant des universités, on cherche de l’argent et l’idée c’est d’en trouver dans la poche des étudiants. C’est extrêmement dangereux car il aurait fallu avoir une compensation sociale – un système de bourses par exemple – qui est absolument indispensable pour envisager ce genre de choses », poursuit Anne Fraïsse, qui craint que la mesure ne s’applique aux étudiants nationaux dans les prochaines années.

    Car en attendant et comme souvent, ce sont les plus précaires qui en pâtiront. « C’est une sélection sociale et raciste qui s’opère. Certains vont devoir s’endetter, se salarier alors que l’on sait que le salariat étudiant est l’une des premières causes de l’échec scolaire. C’est scandaleux », fait valoir Enola Kraemer. Le Scum s’est d’ailleurs mobilisé pour dénoncer ces frais différenciés, le 30 avril, devant la préfecture à Montpellier. Une pétition nationale* a été lancée et une opération coup de poing est prévue le 4 mai, à l’Université Paul-Valéry, afin d’interpeller les étudiants.

  • Ces six jeunes lauréats qui font vivre la lecture

    Ces six jeunes lauréats qui font vivre la lecture

    D’une petite histoire de moustique à celle d’Harry Potter. Chacun leur tour, les petits Marseillais ont lu quelques pages du livre de leur choix, sous le regard fier de leurs parents. Accueillis à la bibliothèque d’Alcazar, ce mercredi, ces 13 élèves de CM1 ou CM2 participent à la 2e session de la finale marseillaise du jeu « les Petits champions de la lecture », organisée par l’association éponyme.

    Déjà champions de lecture de leur école, l’un des animateurs de la Ville les rassure : « Vous avez déjà franchi la première manche ! » Livre en main, les élèves ont fait vivre leur récit et leurs personnages jusqu’à transformer leur voix pour séduire le jury composé d’une professeure, une bibliothécaire et une fonctionnaire.

    « And the winner is… »

    Dans l’attente de délibération, le petit Kelyan lance impatient : « C’est vraiment de la torture ! » Et si la compétition s’arrête ici pour ce garçon, il est nommé « coup de cœur de Marseille !, lance le présentateur. And the winner is… » : Juliette, de l’école Chateau-Sec (9e) et Helaj de Saint-Louis le Rove (15e) pour cette session. Les six jeunes gagnants des trois sessions de la finale marseillaise sont attendus pour la prochaine étape départementale.

  • Six Nations : Nouchi au tournant du Tournoi

    Six Nations : Nouchi au tournant du Tournoi

    Fabien Galthié bouscule les habitudes. Et les cadres de l’équipe de France. Le centre Gaël Fickou, le plus capé (98 sélections), Damian Penaud, recordman d’essais, ou Greg Alldritt, vice-capitaine, sont la preuve des perpétuelles questions et remises en cause du sélectionneur de l’équipe de France. À moins de deux ans de la Coupe du monde en Australie (1e octobre – 13 novembre 2027), il n’a pas hésité à écarter ces trois joueurs pour préparer le prochain Tournoi des six nations et le premier rendez-vous devant l’Irlande.

    Peu à peu, Fabien Galthié injecte du sang neuf, puise notamment parmi les champions du monde U20 sacrés en Afrique du Sud lors de l’été 2023. Le capitaine des Bleuets n’était autre que le Montpelliérain Lenni Nouchi, troisième ligne aussi polyvalent que moderne.

    « Attissogbe, Gourgues, Brau-Boirie, Depoortere, Moefana ou Barassi sont des joueurs qu’on connaît très bien. C’est la même chose pour Lenni Nouchi. Il doit avoir une opportunité, voire plusieurs. Il faut que ces potentiels jouent, qu’ils aient la possibilité de se tromper, qu’ils n’aient pas que l’obligation de réussir » expliquait à l’aube du Tournoi le patron des Bleus.

    Appelé parmi les 42 joueurs dans une relative indifférence, Lenni Nouchi (22 ans) a fait bouger les lignes, notamment au cœur d’une troisième ligne pourtant très dense. Et bénéficie d’une chance qu’il aspire à saisir. « Je suis content de pouvoir aller (en équipe de France) et ne pas avoir de pépins physiques. C’est une sorte de récompense parce que j’ai essayé de mettre les choses en place pour y aller. Ce n’est pas une finalité en soi, j’y vais pour essayer de jouer et m’appuyer sur mon début de saison »promettait-il peu après l’annonce de la sélection.

    Depuis le début de saison, le jeune capitaine de Montpellier éclabousse de sa classe le Top 14. Et draine dans le sillage de son ambition une équipe présente parmi les six premiers à dix journées de la fin et un club en plein renouveau.

    Retardé dans sa montée en puissance, il affiche sa plénitude depuis le début de saison où il rayonne dans tous les secteurs de jeu. En treize rencontres de championnat, il a inscrit six essais, dont un doublé face à Bordeaux-Bègles, et révèle un peu plus ses talents offensifs.

    « Lenni, c’est la cerise

    sur le gâteau »

    Nouchi ne vient pas de nulle part. Coup sur coup, il avait été contraint de décliner sa sélection pour la tournée d’automne et de renoncer à celle en Nouvelle-Zélande, l’été dernier. Avant ce double forfait, le troisième polyvalent avait affiché des promesses à ses débuts internationaux lors de la funeste tournée en Argentine à l’été 2024, marquée par diverses affaires.

    Contrat prolongé, par-delà l’offre de Toulon, quatrième saison en Top 14, registre élargi en troisième ligne : Nouchi a pris une nouvelle dimension cette saison pour s’affranchir de pépins physiques et tracer sa voie vers les sommets. Placé dans les meilleures conditions par le manager du MHR Joan Caudullo, il bénéficie aussi de la confiance de partenaires à l’œil aussi expérimenté qu’aiguisé que le 3e ligne anglais : Billy Vunipola (33 ans, 74 sélections).

    « Lenni, c’est la cerise sur le gâteau ! On a des avants qui peuvent faire le sale travail. Mais Lenni est particulier. C’est super de pouvoir jouer avec lui parce que vous savez qu’il peut sortir un truc spécial à tout moment. On l’a vu cette saison faire des trucs incroyables. Je suis très heureux pour lui qu’il puisse jouer avec la France. Il n’a que 22 ans, mais il a le talent et le tempérament d’un joueur international. Et je pense que s’il a la confiance des entraîneurs, et apparemment il l’a, il peut faire de grandes choses » loue Billy Vunipola

    Sa sélection en équipe de France, précédée de celle du pilier Baptiste Erdocio, éclaire la marche avant de Montpellier, replacé à la 5e place du Top 14 à dix journées de la fin et désireux de tourner le dos à plusieurs saisons difficiles. « J’ai la sensation qu’on a mis toutes les choses en place pour que Lenni soit international. Cela prouve qu’on est en capacité à être international à Montpellier, de le devenir même si certains viennent ici et le sont encore une nouvelle fois. On arrive à faire émerger des joueurs internationaux comme Maël Moustin, Baptiste Erdocio, Tyler Duguid…On arrive encore à plaire et à voir des joueurs qui sont en capacité d’être internationaux. C’est un élément positif à l’image de Lenni qui a bien évolué depuis quelque temps » souligne Joan Caudullo, qui plaide pour la reconnaissance des progrès de ses joueurs. Et se fait l’avocat d’un club montpelliérain dont il restaure la vitrine. Et l’image.

  • L’algorithme qui joue avec l’avenir des jeunes

    L’algorithme qui joue avec l’avenir des jeunes

    La donnée est à méditer : 84% des lycéens jugent la plateforme Parcoursup « stressante » selon le site officiel de l’État, Vie publique. Créée en 2018 pour sélectionner l’entrée des bacheliers dans l’enseignement supérieur, la plateforme continue de refléter les immenses inégalités dans l’accès aux études. La machine en question a été conçue non pour répondre aux souhaits des lycéens ou étudiants, mais pour rationaliser le nombre de places dans les universités, en manque cruel de moyens humains et matériels. Quant aux formations sélectives, les algorithmes locaux, propres aux établissements proposant des formations sur Parcoursup, universités comprises, sont d’une telle opacité que l’on doit s’interroger sur le traitement égalitaire des dossiers.

    Reproduction des élites

    Rien n’y fait : ni les demandes répétées de la part de la défenseure des droits, ni celles de parlementaires : les algorithmes locaux restent secrets. C’est la garantie pour les élites d’assurer leur reproduction. D’ailleurs, parmi les pièces à fournir par les candidats, la lettre de motivation est un modèle de ce système néolibéral : le capital culturel fait que les classes privilégiées ont la capacité d’aider à sa rédaction. Des officines privées se sont engouffrées dans ce marché en proposant aux lycéens et à leurs familles des « packs sérénité » pour 500 euros en moyenne. Un cynisme assumé par ces marchands du temple pour qui les futurs étudiants sont des consommateurs et non des citoyens éclairés. C’est à ceux qui ne se résignent pas à cette société de concurrence et de la loi du plus fort de se faire entendre et d’exiger des moyens pour permettre l’accès inconditionnel aux études supérieures.

  • Water-polo : Ugo Crousillat fait une pause avec l’équipe de France

    Water-polo : Ugo Crousillat fait une pause avec l’équipe de France

    Arrêter à temps avant de boire totalement la tasse. Ugo Crousillat, capitaine du Cercle des nageurs de Marseille, a annoncé via ses réseaux sociaux qu’il fait une pause avec l’équipe de France suite à un épuisement mental, lié à ce que « représente la sélection ». « Sans cesse partir loin de chez toi, recommencer sur des préparations physiques, avec des nouveaux projets, des nouveaux cycles, c’est épuisant », martèle l’international français âgé de 35 ans, convoqué sans interruption avec les Bleus depuis 2008. « Tous les poloïstes qui durent dans le temps au niveau international ont toujours fait un break. Peut-être que j’aurais dû me manifester avant », ajoute-t-il.

    Sans conséquences pour la suite de sa carrière

    Après avoir disputé son dernier match de l’année 2025 avec le CNM en Ligue des Champions (défaite 11-12 face à Barceloneta, le 2 décembre), Crousillat a rejoint le groupe France à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) en vue de préparer les championnats d’Europe à Malte (du 10 au 25 janvier). « J’étais déjà en saturation au bout de deux jours », souligne le Marseillais, qui a rapidement fait part de sa décision au sélectionneur Kobescak. « Il a essayé de me convaincre en me faisant part de l’importance que j’avais pour lui, l’importance que j’avais pour l’équipe, tout en me disant qu’il comprendrait ma décision, qu’il la respecterait, qu’il n’y aurait pas de conséquences pour la suite et qu’il me soutiendra quoi qu’il arrive », raconte celui qui compte bien poursuivre sa carrière internationale. En son absence, où il en profite pour travailler sur le plan physique dans le bassin du Cercle des nageurs de Marseille, son coéquipier phocéen Thomas Vernoux reprend le brassard de capitaine.

  • [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    Majoritaire dans l’académie avec 4 élus étudiants sur 7 et un vice-président étudiant au Crous, le Scum, né en 2014, entend « poursuivre et engager plus en avant le travail qu’il fait depuis plusieurs années au service des étudiantes et étudiants de l’université Paul-Valéry ».

    La Marseillaise : Comment le Scum lutte-t-il contre la précarité étudiante, l’un de ses principaux chevaux de bataille ?

    Enola Kraemer : La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante. Le Scum la combat grâce à différentes actions de solidarité, au premier rang desquelles les distributions alimentaires. Durant l’année universitaire 2024-2025, nous avons distribué plus de 15 000 colis alimentaires, avec au moins 300 étudiants présents à chaque distribution. Le 7 novembre, ils étaient même 380 à faire la queue pendant deux heures… On a également ouvert, fin septembre, une épicerie gratuite au centre universitaire Du Guesclin, antenne de l’université Paul-Valéry à Béziers. Des produits alimentaires y sont proposés en libre service et sans conditions. On se bat aussi contre la précarité menstruelle en organisant de façon ponctuelle des distributions de protections périodiques bio et lavables, car on sait que ça représente chaque mois une part non négligeable du budget des personnes menstruées.

    La Marseillaise : Quid des frais d’inscription ?

    E.K. : Ils ont augmenté de 4,71% en licence et 4,53% en master depuis 2023. Comme les années précédentes, nous aidons les non-boursiers à constituer des dossiers de demandes de remboursement de frais d’inscription auprès de la commission d’exonération.

    La Marseillaise : La crise du logement accentue également les difficultés financières des étudiants…

    E.K. : La question du logement est un de nos gros sujets de rentrée. Chaque année, entre 100 et 200 étudiants viennent nous trouver car ils sont dans l’incapacité de se loger. Les logements Crous, dont nous dénonçons l’augmentation des loyers, ne peuvent accueillir que 10% des étudiants montpelliérains. Quant au parc privé, les loyers sont inaccessibles, au point que ce poste représente environ 70% du budget étudiant. Il y a un besoin urgent de construire massivement des logements étudiants publics à des prix abordables.

    La Marseillaise : Le Scum est également à l’origine de la mise en place, depuis septembre, d’un congé menstruel à l’université Paul Valéry ?

    E.K. : C’est une grosse avancée, car les règles douloureuses peuvent entraîner des absences considérées comme “non-justifiées” pouvant avoir des conséquences sur le cursus universitaires des personnes concernées. Ce congé menstruel consiste en une autorisation d’absence valable pour les cours et les examens, plafonnée à 10 jours par an à raison d’un à deux jours par mois pour toutes les personnes menstruées. Sans justificatif médical.

    La Marseillaise : Le Scum se mobilise également chaque année, à la rentrée, aux côtés des « sans fac »

    E.K. : C’est une de nos campagnes principales. Chaque année des étudiants se retrouvent sans licence ou sans master alors qu’ils ont eu leur Bac ou validé leur licence. Ce principe de sélection est une violation du droit à la poursuite d’études. Nous nous mobilisons donc à chaque rentrée pour que ces
    « sans fac » puissent s’inscrire dans la filière de leur choix. Sur une soixantaine d’étudiants dans cette situation cette année, on a réussi à en faire inscrire à peu près la moitié, grâce à des recours gracieux ou en allant voir les enseignants à la tête des masters. Mais on s’est heurté à une plus grosse répression de la part des universités.

    La Marseillaise : Outre la poursuite de ces combats, le Scum porte-t-il de nouveaux projets ?

    E.K. : On souhaiterait mettre en place des distributeurs de produits d’hygiène (brosse à dents, gel douche, shampooing…), comme ça a été le cas par exemple à l’université de Toulouse. Quelque chose de très concret là aussi pour lutter contre le précarité étudiante. On aimerait également mettre en place une véritable épicerie gratuite sur le campus (actuellement elle fonctionne sur critères sociaux), obtenir la mise en ligne de l’intégralité des supports de cours et faire en sorte que l’IVG médicamenteuse soit possible au sein des services de médecine préventive sur les campus.

  • Pétanque féminine : une saison en or pour la Tropézienne Cindy Peyrot

    Pétanque féminine : une saison en or pour la Tropézienne Cindy Peyrot

    Son balancier inimitable et sa précision d’enfer font d’elle la meilleure tireuse de l’Hexagone. Cindy Peyrot (31 ans) a parfaitement mis son don à contribution cette année en s’imposant lors de trois grands rendez-vous du calendrier boulistique. D’abord aux finales PPF, au mois de février à Aix-en-Provence, où elle s’est imposée aux côtés d’Anna Maillard et Manon Debard. La native de Saint-Priest-en-Jarez, dans le département de la Loire, a ensuite glané sa deuxième étoile au Grand Prix féminin Paprec du Mondial La Marseillaise à pétanque, en compagnie d’Anna Maillard et Maëlle Bertrand. Et comme jamais deux sans trois, la pensionnaire de la Boule Tropézienne a fait des merveilles lors du championnat de France doublette en compagnie de sa partenaire habituelle Anna Maillard, lui permettant ainsi d’obtenir un quatrième titre national. Ce qui a également mis fin à une série de cinq finales perdues. « Je ne peux pas dire que j’ai franchi un cap mentalement, parce que je pense que je dois travailler encore plus. J’avais beaucoup de passages à vide et je pense que j’en ai peut-être un peu moins aujourd’hui. Je pense que ma vie actuelle me fait énormément de bien », poursuit celle qui se décrit comme quelqu’un de compétitrice, gagneuse, nerveuse et impulsive. « J’aurai toujours mes travers, mais je me suis vachement calmée », ajoute-t-elle. « C’est une saison où elle a fait vraiment des progrès, notamment dans son attitude sur un terrain et sur les capacités à revenir dans une partie », confirme son compagnon Julien Serrano, figure du Jeu Provençal.

    « Comme si Deschamps ne sélectionne pas Mbappé »

    Malgré le jeu qu’elle a pu produire tout au long de la saison, Cindy Peyrot n’a pas fait partie des joueuses sélectionnées pour intégrer le collectif France féminin. « Je sais que je ne suis pas un ange, j’ai mes défauts, mais les excuses qu’ils m’ont données lors d’un appel en janvier ne sont pas fondées », martèle la vice-championne du monde 2021. « C’est comme si Deschamps ne sélectionne pas Mbappé », compare Julien Serrano, convaincu qu’elle est la joueuse la plus forte du circuit féminin en terme de « talent pur ». Cette semaine, Cindy Peyrot a été contactée par le responsable du collectif Ludovic Pereira, pour qu’elle fasse de nouveau partie du groupe. Se sentant « trahie » et « déçue » d’avoir été privée d’une « possible sélection » lors du dernier championnat du monde à domicile, elle a décidé qu’elle ne reviendrait pas en équipe de France tant que le staff ne changera pas.

  • Secchi, des rêves plein la tête dans et hors des bassins

    Secchi, des rêves plein la tête dans et hors des bassins

    Il ne lui manquait plus qu’une case à cocher dans le giron des plus grandes compétitions. Clément Secchi (25 ans) a été convoqué, la semaine dernière, avec l’équipe de France de natation pour participer aux championnats d’Europe Petit bassin, du 2 au 7 décembre, à Lublin, en Pologne. « Je suis très satisfait de ce début de saison », souligne le pensionnaire du Cercle des nageurs de Marseille.

    Ce dernier a retrouvé un train de vie plus paisible, après l’année « rock n’roll » qu’il a vécue avec les Jeux olympiques à domicile. Même si le rythme est toujours aussi effréné. « Je savais que je devais faire mes meilleurs temps pour me qualifier à ces championnats d’Europe, parce que les standards de la Fédération française étaient très difficiles », ajoute-t-il, conscient que la base nationale est fixée par rapport au troisième temps européen. Secchi s’est surpassé en explosant son record personnel avec un temps de 22’39 sur le 50 m papillon. Le vice-champion de France de la catégorie, qui a conclu les championnats nationaux avec trois médailles d’or (4×50 nage libre, 4×50 4 nages et 200 m papillon) et trois médailles d’argent (100 m nage libre, 50 m et 100 m papillon), a ainsi gagné son ticket pour l’Euro 2025. Sa sixième sélection chez les Bleus. « Je suis encore loin d’avoir l’expérience de Damien Joly », s’amuse l’Aixois, en rappelant que le capitaine tricolore cumule une vingtaine de convocations.

    Avenir planifié

    Mais à 25 ans, le prodige du CNM n’est plus « le minot » du groupe France. Des adolescents comme Sauveur Cristofini (16 ans), l’un des élèves de Philippe Lucas à Martigues Natation, poussent fortement dans son dos. « C’est sûr que ça fait bizarre de voir que les années passent », sourit celui qui n’avait pas le niveau, à 18 ans, pour rejoindre l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) ou l’équipe de France junior. « Mais je suis toujours là, prêt à prendre progressivement un rôle plus important », poursuit-il.

    Avant de songer à reprendre le capitanat, Clément Secchi va devoir connaître « des performances encore plus élevées ». Il s’entraîne dans ce but, au quotidien, aux côtés de l’Égyptien Youssef Ramadan, champion NCAA (universités américaines). Les deux nageurs se sont rencontrés aux États-Unis, lorsque l’étudiant provençal a rejoint l’Université du Missouri, un an après ses quatre saisons passées à l’Université McGill, au Canada. « Je suis meilleur que lui en grand bassin, il est meilleur que moi en petit bassin. Je suis un peu plus côté endurance, lui est plus côté sprint. Et surtout, lui est très fort en coulée. Moi, c’est plus sur la nage, donc on se complète très bien », détaille celui qui espère un jour se retrouver en finale des championnats du monde avec son fidèle partenaire d’entraînement.

    La tête sur les épaules, Secchi a conscience qu’il ne vivra pas éternellement dans les bassins. Diplômé d’un Bac+5 en management, il a monté, l’année dernière, une entreprise d’accompagnement des étudiants européens dans leurs démarches auprès d’universités américaines. « On a déjà envoyé plus d’une vingtaine d’athlètes et on a déjà signé une vingtaine d’autres qui vont partir dans les prochaines années », annonce le médaillé de bronze aux JO de Paris 2024. Ce dernier, dont la carrière a décollé depuis son départ pour l’Amérique, espère avec ce projet « changer la vie d’un certain nombre de jeunes français ».

  • Le Varois Yoan Palamara remporte les sélections France de la Coupe du Monde de pâtisserie

    Le Varois Yoan Palamara remporte les sélections France de la Coupe du Monde de pâtisserie

    Il fait partie des meilleurs français de sa profession. Le chef pâtissier Yoan Palamara (32 ans), formateur à la CMA formation Paca du Beausset, et lui-même formé au lycée hôtelier Bonneveine de Marseille, a remporté les sélections françaises pour la coupe du monde de pâtisserie, le 20 octobre à la Maison de la Mutualité, à Paris. Une consécration pour ce passionné, qui s’est mis aux fourneaux pour marcher sur les traces de son grand-père, lui-même chef. « Je ne l’ai jamais vu travailler puisqu’il est parti à la retraite lorsque j’avais 1 an, mais lorsqu’il y avait des fêtes de famille, il faisait les gâteaux et ça m’impressionnait. Moi, je faisais les gâteaux avec ma maman. J’ai commencé la pâtisserie à 15 ans, avec le soutien de ma famille, et je n’ai jamais lâché », retrace Yoan Palamara.

    Le chef varois s’est qualifié en catégorie chocolat, au terme d’une épreuve de 4h30 qui consistait à préparer un buffet composé de douze créations sucrées de type finger food et d’une pièce artistique de 120 cm. « Au début, je tremblais énormément à cause du stress, car il s’agissait de mon premier concours et pas n’importe lequel. Mais je me suis rapidement mis dans ma bulle et j’ai commencé à vraiment prendre du plaisir tout au long de l’épreuve », raconte-t-il.

    Objectif Lyon 2027

    Il participera ainsi à la sélection Europe les 18 et 19 janvier prochain, toujours à Paris, aux côtés d’Abel Nesson (candidat sucre) et d’Axel Lebellanger (candidat glace). « Cette seconde phase est très importante pour la cohésion d’équipe. Il est primordial d’instaurer beaucoup d’amour, de confiance, et que l’on puisse partager nos idées, notre savoir, nos questionnements, et avancer ensemble pour ne former qu’un », martèle le chef.

    Avec un objectif : « Garder des réserves, mais être sur le podium pour se qualifier pour la troisième phase qui sera la Grande finale de la coupe du monde à Lyon, pendant le Sirha en 2027. » Et comme le veut la tradition, ramener la coupe à la maison !

  • Un air d’Angoulême à La Seyne-sur-Mer

    Un air d’Angoulême à La Seyne-sur-Mer

    Référence du genre en France, le festival de la bande dessinée d’Angoulême revendique quelques petits frères. Parmi eux, « Bulles en Seyne », qui fête sa 15e édition ces samedi et dimanche, pour la seconde année consécutive à la Bourse du Travail de La Seyne-sur-Mer, après s’être tenu pendant des années au Parc de la Naval. L’événement, porté par l’association Au Tour de la BD, organise par ailleurs chaque année le Prix des jeunes lecteurs, en lien avec les élèves des différentes écoles de La Seyne. Ceux-ci doivent élire un lauréat parmi une sélection de cinq auteurs, à qui le prix sera remis samedi matin, à 11h30.

    D’autres prix, comme celui du meilleur scénariste, seront remis par la même occasion. L’année dernière, c’est Jean-Luc Garrera qui l’avait emporté. C’est lui qui présidera le festival, avec une vingtaine d’artistes internationaux présents. Pierre Tranchand (plus connu sous le pseudonyme Pica), auteur de la célèbre série Les Profs, dont le 28e tome, intitulé Carnet de potes, sortira le 28 octobre, sera également de la partie avec Frank Margerin, auteur de la série Lucien, le traducteur de mangas Frédéric Antoine, ou encore les auteurs italiens Giovanni Rigano et Barbara Canepa. Enfin, Théa Rozjman fera également honneur de sa présence, avec l’association Maefe, qui travaille dans les quartiers de La Seyne-sur-Mer, et a réalisé une BD intitulée Elles en partenariat avec le Labo des Histoires. Cinq habitants des quartiers y racontent leurs expériences de vie, dans une œuvre dirigée par les conseils de l’autrice. Ils seront présents sur les deux jours et pourront dédicacer cet ouvrage en cours d’édition.

    Les visiteurs pourront aussi participer à différentes animations : ventes d’objets de collection et de livres, coin lecture, stands de fanzines et auto-éditeurs, ateliers jeux de société autour de la BD avec l’association Les yeux dans les jeux et une exposition sur L’univers de Jung et Marty, deux auteurs qui présenteront leur travail en grand format.

    À noter que chaque livre acheté durant le festival donne droit à un ticket de tombola, avec différents lots à gagner. Ça vaut le coup de soutenir les auteurs et le festival, d’autant plus que celui-ci est totalement gratuit.

    Samedi et dimanche (10h-18h), Bourse du Travail de La Seyne-sur-Mer. Entrée gratuite.