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  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »

  • Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    « Rassembler toutes les autorités des sécurités sur un même lieu pour travailler ensemble et être mieux coordonné ». Voilà l’objectif affiché du futur hôtel des sécurités de Montpellier dont Michaël Delafosse a posé la première pierre, jeudi 4 décembre, à Celleneuve. « C’est une brique importante à l’ouest de Montpellier. L’efficacité passe par la coordination et la rationalisation des moyens. Tout était trop éclaté, on perdait du temps et de l’argent », résume le maire socialiste qui qualifie l’actuelle salle de crise de l’Hôtel de Ville de « passoire thermique ». « Ça nous coûte 300 000 euros par an ! »

    « Gérer les crises »

    Construit en lieu et place de l’ancien bidonville de Celleneuve, le futur hôtel des sécurités qui verra le jour d’ici 2 ans et demi, regroupera quelque 450 agents de la police municipale, de la police métropolitaine des transports, des missions de la prévention de la délinquance et de la sécurité civile. S’y ajoutent l’ensemble des moyens du centre de supervision urbaine de la Ville de Montpellier ainsi que ceux du PC sécurité de la TAM qui gère les contrôles des transports en commun. Si bien qu’au cœur de ce véritable quartier général (QG) de la sécurité, une salle sera équipée d’un gigantesque mur d’images.

    Si certains pourraient y voir une sorte de système de surveillance qui questionne les libertés individuelles, la municipalité insiste sur l’aspect dissuasif de l’outil. Le but est « la prévention de la délinquance et la protection de la population », explique l’adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Sébastien Cote. En cas d’infraction constatée, « nous pourrons identifier les flagrances et aider à rendre justice », abonde le maire qui précise une autre fonctionnalité du lieu, celle de « mieux gérer les crises » lors des épisodes cévenols ou neigeux.

    Conçu par le cabinet Imagine – Architectes pour un coût de 65 millions d’euros, le bâtiment de 13 000 m² (dont 4 000 pourront être loués à des privés dans un pôle tertiaire), sera équipé « d’espaces polyvalents en cas de crise » (exemple : la vaccination Covid), d’un espace de formation et d’entraînement au tir, précise l’architecte lauréate Solveig Orth.

  • Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Ils sont ouvertement homophobes et ils en sont fiers. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre, les militants du groupuscule Les Jeunes d’Oc ont recouvert les peintures arc-en-ciel qui ornaient certains trottoirs de la ville et le parvis de la gare Sud de France, à Montpellier, de peinture noire et de tags « Stop woke ». Leur but : anéantir toute marque de soutien à la cause LGBTQIA+.

    Fondés par d’anciens militants du groupuscule Génération identitaire (dissous en 2021), les Jeunes d’Oc ont aussi justifié leur action par un discours nauséabond directement adressé au maire Michaël Delafosse. « Michaël, arrête tes bêtises : il faut arrêter de mettre des peintures LGBT dans toutes les rues, ce n’est pas comme ça que tu récupéreras les voix de l’extrême gauche. Notre ville ne sera pas le tableau de toutes les dérives. Stop à la propagande sur la théorie du genre dans les écoles, les lycées, les facs, les entreprises. Stop aux cours de transsexuelles pour les enfants, oui à la normalité », ont-ils posté sur leurs réseaux sociaux.

    Ne pas céder

    Des propos abjects aussitôt dénoncés par la Ville. « Leur intolérance et leur haine de l’autre doivent trouver une fermeté totale », a réagi le maire sur X. Le lundi 24 novembre, la municipalité a également déposé plainte pour dégradation du bien commun. « On sent qu’avec la montée des idées fascistes dans notre pays et dans le monde, une partie de la jeunesse d’extrême droite se désinhibe. Elle n’hésite pas à se manifester dans l’espace public, avec violence parfois », explique l’élu à la sécurité Sébastien Cote. « On est face à des gens qui incarnent tout ce que Montpellier n’est pas, c’est-à-dire l’intolérance ». Dans les jours à venir, les trottoirs et le drapeau du parvis de la gare reprendront les couleurs de l’arc-en-ciel. « Il est hors de question de céder à ce genre d’intimidation. De la même manière, nous continuerons à soutenir la pride de Montpellier, et à faire flotter le Rainbow flag », poursuit Sébastien Cote.

    Dans la capitale héraultaise, les incursions fascistes dans l’espace public s’avèrent de plus en plus fréquentes ces dernières semaines. La Ville dénombre en effet de nombreux tags racistes, homophobes et xénophobes. Sans compter les agressions fascistes survenues aux abords de la manifestation du 18 septembre, et dont les auteurs n’ont pas encore été sanctionnés. Cette fois-ci, l’action est signée…

  • La force en guise de maintien de l’ordre

    La force en guise de maintien de l’ordre

    Canon à eau. Blindés sur la place de la Comédie. Policiers municipaux et brigade anticriminalité (Bac) déployés. Les manifestations de septembre dans l’Hérault et plus particulièrement à Montpellier ont soulevé un certain nombre de questions sur la conception du maintien de l’ordre de la part de la préfecture et les consignes envoyées par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. « Le dispositif est disproportionné. Mais la question c’est : qu’est-ce qui fait craindre au préfet de l’Hérault de telles difficultés ? De quelles remontées d’informations dispose le préfet pour prévoir un tel dispositif ? », s’interroge Sophie Mazas, avocate de la Ligue des droits de l’Homme.

    Le 18 septembre par exemple, 350 policiers ont été mobilisés à Montpellier et deux véhicules Centaure étaient postés place de la Comédie. Ces véhicules blindés de 14,5 tonnes, dotés de 300 chevaux, de canons de tir de lacrymogènes guidés par laser et d’une caméra d’une portée de 9 km, avaient été déployés pour la première fois lors des émeutes de 2023 après la mort de Nahel à Nanterre. Pour la gendarmerie, ces véhicules sont utiles pour « affronter de nombreuses situations : terrorisme, guérilla urbaine, catastrophes ». Dans un rapport consacré aux forces de l’ordre, la Cour des comptes avait déjà exprimé des « doutes » sur « l’adéquation entre ce matériel, bien plus lourd, armé et coûteux que les matériels dont disposait la gendarmerie auparavant, et l’usage effectif qui en sera fait ».

    Le 10 septembre, l’utilisation du canon à eau avait également fortement tourné sur les réseaux sociaux. Un homme, situé à une quinzaine de mètres du camion, touché à la tête, avait été légèrement blessé. « Les policiers ont fait leur travail et sont intervenus en respectant le cadre réglementaire. Des sommations ont été faites à plusieurs reprises et avant l’emploi de l’engin lanceur d’eau », avait alors réagi Baptiste Chauveau, chef du service communication à la préfecture de l’Hérault, auprès de France 3 Occitanie.

    Une version contestée par Sophie Mazas : « J’avais déjà vu des canons à eau sur des manifestations à 150 000 personnes mais pas sur 10 000 personnes à Montpellier. L’instruction faite sur le maintien de l’ordre de 2017 explique que l’usage des canons à eau ne peut être fait qu’après une charge au sol de la police. Elle n’a pas eu lieu. Le principe de proportion de l’usage de la force n’est pas respecté. On commence tout de suite avec une répression très forte ».

    La Bac dans les lycées

    Le choix des unités de police ou de gendarmerie pose également problème à l’avocate de la LDH : « La Bac n’est pas du tout formée pour encadrer les manifestations ou pour gérer l’ordre public. Quand vous envoyez la Bac qui intervient en civil, parfois sans brassard, sans RIO [référentiel des identités et de l’organisation, Ndlr.], avec des matraques et des méthodes d’intimidation, il y a quand même un problème. Ce sont eux qui ont été envoyés dans les lycées le 10 septembre. »

    La polémique a aussi enflé concernant la présence de la police municipale, dont les missions de maintien de l’ordre sont interdites. « Nos policiers étaient engagés uniquement pour une mission de protection, et de nos effectifs ainsi que des citoyens », a expliqué Sébastien Cote, l’adjoint en charge de la sécurité à Montpellier. Des arguments qui n’ont pas convaincu Sophie Mazas : « Je ne comprends pas, ils sécurisent des gens qui font du maintien de l’ordre ? Ils font donc bien du maintien de l’ordre ».

    Face à cette accumulation, la question du droit de manifester se pose pour la LDH. « Cet usage de la répression commence vraiment à poser problème », conclut Sophie Mazas.

  • Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Huit gardes à vue, 20 commerces contrôlés dont 3 vont être fermés administrativement : deux enseignes pour l’emploi d’étrangers en situation irrégulière, une pour détention de stupéfiants. Voilà pour le bilan de la dernière opération de sécurité renforcée (ex-dispositif Place nette) mené du 2 au 10 septembre dans le quartier Mosson au nord-ouest de Montpellier.

    Si les prises restent modestes eu égard à l’ampleur présumée du narcotrafic, le préfet de l’Hérault y voit un coup d’arrêt majeur au point de deal de l’avenue de Louisville. En coordination avec la Ville et sous l’œil du Parquet, « on mène un travail de démantèlement au milieu du spectre pour éviter que ce point de deal se réinstalle », insiste François-Xavier Lauch.

    Depuis le vote de la loi contre le narcotrafic qui permet le déploiement de moyens supplémentaires, les opérations anti-drogue de ce type se multiplient à Montpellier, notamment dans 4 secteurs gangrenés : Mosson/Petit Bard, les Marels, Figuerolles/Gambetta et l’hypercentre. Ainsi depuis le 19 mars, 677 personnes ont été interpellées, 528 placées en garde à vue et 127 déférés au tribunal judiciaire. 808 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées (+168%) et 96 étrangers sans carte de séjour en règle ont été interpellés. Outre 56 armes à feu et 70 armes blanches, ainsi que 226 000 euros ont pu être saisis, 14 kg de cocaïne, 12 kg de cannabis et 1 kg d’héroïne qui fait son retour.

    Dans un quartier populaire comme la Mosson où l’État et les collectivités investissent 530 millions d’euros pour le renouvellement urbain (Anru), François-Xavier Lauch ne blâme pas les habitants, bien au contraire. « Ce sont des victimes de ce trafic. Ce sont des conducteurs de Tesla que l’on voit venir se fournir en stups dans le quartier. » Tout en essayant de « savoir qui se cache derrière les commerces qui ne sont qu’une excroissance du blanchiment du trafic », le préfet de l’Hérault en est persuadé : il s’agit d’un grave problème de société. « Le cœur de la bataille, c’est le consommateur. Tant que nos concitoyens n’auront pas compris qu’il ne faut pas consommer de stupéfiants, on ne vaincra pas le mal. Que chacun fasse le lien entre l’achat de sa dose de stupéfiants et le narchomicide qui peut être au bout de la chaîne », prévient le préfet.

    De son côté, le nouveau procureur Thierry Lescouarc’h assure de sa « détermination sans faille » contre ce fléau. Et rappelle que « la détention, le transport, l’acquisition ou la cession de produits stupéfiants peuvent être punis de 10 ans de prison et de centaines de milliers d’euros d’amende par le Code pénal ». Il appelle la « nécessité absolue » pour le Parquet de « mettre à bas tous ces trafics qui gangrènent nos villes et nos campagnes et génèrent une économie souterraine ».

    Enfin, la Ville contribue elle aussi à l’effort, tient à souligner l’adjoint au maire à la sécurité. « On met les moyens avec la police municipale, la brigade du logement social et celle des transports qui dissuadent les points de deal et la consommation ». Quant aux commerces suspicieux, « j’en ai quelques-uns à vous donner… », révèle Sébastien Cote au préfet.

  • « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « C’est un changement de posture que nous avons initié depuis 2020. Il consiste à assumer pleinement le fait que nous sommes un territoire à risques, donc à sortir de l’image du Montpellier carte postale. Le risque principal étant que le citoyen n’est pas assez préparé », estime Sébastien Cote. Comme chaque année à la fin du mois d’août, période charnière entre la saison des feux et celle, à venir, des épisodes méditerranéens, l’adjoint à la protection de la population et à la tranquillité publique a réuni les partenaires locaux de la collectivité pour une conférence de presse de sensibilisation au risque pluie-inondation qui s’annonce.

    « À Montpellier, nous avons chaque année 50 000 personnes qui changent de lieu d’habitation : 25 000 qui arrivent, avec une image de la Méditerranée qui est celle de la carte postale ; et 25 000 Montpelliérains qui changent d’habitation au sein de la ville, sans, le plus souvent, s’informer suffisamment sur le nouveau territoire sur lequel ils s’installent », explique Sébastien Cote. Or en seulement quelques heures, des précipitations équivalentes à plusieurs mois peuvent s’abattre, provoquant, à certains endroits, des inondations par débordements de cours d’eau, des crues torrentielles ou un ruissellement pluvial. Il y a 10 ans, en 2015, deux personnes étaient décédées à Montpellier.

    Ces épisodes méditerranéens sont rendus propices par la température élevée de la mer, qui constitue leur carburant. « Le 26 août, sur l’ensemble du bassin méditerranéen, on était, en valeur médiane, près de 30 degrés. Soit plus que le record de 29,6 degrés relevé l’année dernière à la même période », indique Alix Roumagnac, expert en risques météorologiques et président de la société Predict Services. « Le dôme de chaleur qui nous touche reste bloqué sur la Méditerranée pendant quasiment tout l’été. C’est une vraie cocotte-minute. Donc quand une dépression arrive là-dessus, elle s’alimente en énergie. La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques », insiste-t-il.

    Des outils pour anticiper

    Seule façon d’en contenir les conséquences : connaître ce risque, s’y être préparé et observer scrupuleusement les consignes de sécurité. En effet, l’épisode Méditerranée survenu en octobre dernier à Valencia, en Espagne, a fait 200 victimes alors même que le territoire avait été placé en vigilance rouge. « L’événement avait été identifié. Malgré ce, les gens ont continué à vivre normalement, à circuler, à aller faire des courses dans des grands magasins en zone inondable, magasins qui leur ont dit d’aller chercher leurs véhicules garés dans les parkings en sous-sols… autant de choses inverses à ce qu’il faut faire », souligne Alix Roumagnac.

    « Il faut savoir que 75% des décès ont lieu en vigilance orange », ajoute Sébastien Cote, selon lequel « 82% des Français se disent pas assez préparés à faire face à une catastrophe ». D’où l’importance, insiste-t-il, de « l’acculturation au risque. C’est la clé. Les citoyens doivent être les acteurs de leur propre sécurité. Notre travail de collectivité, c’est de mettre leur disposition le plus d’outils possible pour anticiper ce qui va arriver. Car je ne sais pas quand ça va arriver, mais ça va arriver. L’an dernier, c’est tombé sur Valencia, mais ça peut tomber sur Montpellier. »

    Chaque citoyen peut ainsi, sur l’onglet dédié aux risques majeurs du site internet de la Ville, connaître les risques et menaces auxquels il est exposé au plus près de son lieu de vie ou de travail, grâce à une cartographie interactive. Un guide pratique des risques majeurs est également disponible dans les principaux équipements de la collectivité (mairiesde proximité, maisons pour tous, médiathèques…). La Ville propose également un service gratuit de téléalerte par SMS et/ou par mail*. « Hélas, seuls 5 600 Montpelliérains sont inscrits », déplore Sébastien Cote.

    La collectivité a également créé, en 2021, une réserve citoyenne qui compte aujourd’hui 64 volontaires bénévoles formés par le Sdis et la Croix rouge. Ils sont chargés de mener des actions de sensibilisation et peuvent intervenir en appui des services sollicités en cas d’événement exceptionnel.

    À noter également que la Croix rouge recommande à chacun de constituer un kit d’urgence pour être autonome durant les 72 premières heures de la crise, comprenant notamment des médicaments, du matériel de première nécessité (comme une lampe de poche ou des bougies, le principal risque étant la coupure d’électricité), une copie de ses papiers d’identité, quelques vêtements ainsi que des bouteilles d’eau et des denrées non périssables.

    * montpellier.fr/telealerte