Tag: Sébastien Cote

  • Face à des risques naturels accrus, les habitants ont un rôle à jouer

    Face à des risques naturels accrus, les habitants ont un rôle à jouer

    Au cœur du PC de sécurité de la Ville de Montpellier, l’atmosphère est à la vigilance absolue. C’est ici que se coordonnent les forces opérationnelles dès qu’un événement majeur frappe la cité (voir article ci-dessous). Après un été 2026 de tous les records, marqué par six vagues de chaleur successives, des incendies historiques en Gironde et dans le Var et de violents orages qui ont frappé l’Aude mais aussi le Gard
    et l’Hérault, le maire de Montpellier tire la sonnette d’alarme. « Cet été, rien ne nous a été épargné… Face aux nombreux aléas auxquels nous sommes de plus en plus confrontés, il est essentiel de rappeler les enjeux de la culture du risque », insiste Michaël Delafosse.

    L’équation météorologique est implacable : « Qui dit canicules dit épisodes méditerranéens. Quand il fait chaud ; la mer se réchauffe et cela produit ce phénomène qui, d’un seul coup, conduit à des précipitations de très forte intensité et entraîne des ruissellements d’une grande violence », rappelle l’élu.

    « Toute l’Europe

    de l’ouest a été touchée »

    Les données scientifiques confirment l’urgence. Selon Alix Roumagnac, président de la société Predict, l’année 2026 marque un tournant climatique à l’échelle européenne (voir entretien page 5). « Toute l’Europe de l’ouest a été touchée par ces séquences de canicules. Actuellement, la Méditerranée est aussi chaude que le golfe du Mexique, avec des eaux proches de 30 degrés », prévient-il. Un réservoir d’énergie thermique qui favorise la formation de « Médicanes », ces puissants ouragans méditerranéens. Plus inquiétant encore, la saison à risque ne cesse de s’allonger : « Cette année, les canicules ont débuté dès le mois de mai et nos épisodes cévenols ou méditerranéens, qui avant se cantonnaient à l’automne, peuvent désormais survenir jusqu’en décembre », souligne Alix Roumagnac.

    À Montpellier, le souvenir du dernier grand épisode de 2015, qui avait coûté la vie à deux personnes, reste vif. Depuis, la ville a été relativement épargnée, mais le danger a frappé ses voisins : l’Aude, la vallée de la Roya, la Grèce, ou encore Valence. Pour Sébastien Cote, premier adjoint en charge de la sécurité, le constat est lucide : « La question n’est pas de savoir si nous allons être frappés, mais quand. »

    Si la collectivité a, depuis plusieurs années, massivement investi dans des aménagements urbains pour lutter contre les inondations, l’implication de la population laisse encore à désirer dans une métropole qui accueille chaque année entre 8 300 à 8 600 habitants supplémentaires. La Ville s’est pourtant dotée d’outils pratiques en accès libre, comme le Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim), qui incite notamment chaque foyer à préparer un kit d’urgence. Mais l’enjeu crucial repose sur le dispositif de téléalerte. Cet outil gratuit, sur lequel il suffit de s’inscrire en ligne sur le site internet de la Ville, permet à la collectivité, lors d’un événement météorologique majeur, d’envoyer des SMS en temps réel pour diffuser les consignes de sécurité. Or, selon Michaël Delafosse, « moins de 30% » des Montpelliérains seraient aujourd’hui abonnés au système municipal de téléalerte, quand son adjoint à la sécurité, Sébastien Cote, évoque, lui, la barre des 10%… « De notre côté, nous sommes prêts. Les moyens et les investissements sont là, mais il faut que nos concitoyens se donnent les moyens de disposer des informations de prévention », insiste le maire de Montpellier. Face à l’imprévisibilité et à la soudaineté des épisodes méditerranéens, la téléalerte est un outil qui peut sauver des vies. Qui plus est, « le respect des consignes de sécurité facilite grandement le travail des secours », souligne Michaël Delafosse.

    Du côté des sapeurs-pompiers, le message est limpide : « La meilleure intervention, c’est celle qu’on ne fait pas. » Les professionnels du secours rappellent une règle fondamentale : lors d’un épisode intense, « l’abri en dur reste le rempart le plus efficace ». Le danger majeur réside dans les déplacements. Qu’on soit à pied ou en voiture, la vulnérabilité est maximale. Quelques centimètres d’eau courante suffisent à emporter un véhicule. « Se déplacer, c’est se mettre en danger et mettre en danger les personnes que l’on va chercher », insistent les pompiers, rappelant que les écoles disposent de leurs propres plans de mise en sécurité pour protéger les enfants. « L’objectif n’est pas de céder au catastrophisme », rappelle Alix Roumagnac, mais d’acquérir des réflexes de sauvegarde : s’informer, s’abonner aux alertes et, le moment venu, obéir aux consignes de sécurité.

  • À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    Le futur hôtel des sécurités va nous faire gagner beaucoup de temps. » À entendre Sébastien Cote, on pourrait d’abord croire que ce lieu stratégique – qui ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029 – est attendu comme le messie à l’heure où les phénomènes météo extrêmes s’accentuent.

    En réalité, l’hôtel des sécurités qui centralisera les polices municipale et métropolitaine des transports, le PC sécurité de la TAM ou encore le Centre de supervision urbaine (CSU), ne sera que la cerise sur le gâteau. « Tous les acteurs seront réunis au même endroit et auront sous les yeux le grand mur d’images du réseau de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier », explique l’adjoint au maire délégué à la sécurité.

    L’ultime maillon d’une chaîne de commandement déjà parfaitement rodée les jours où les pouvoirs publics se doivent de prendre les mesures adaptées aux risques climatiques exceptionnels. Car lorsque les fortes pluies ou le feu menacent, personne ne tergiverse. Le Plan communal de sauvegarde de la Ville (PCS) détaille risque par risque les process et rôles de chacun. « Tous les scénarios sont envisagés et le plan va bientôt passer à l’échelle de la Métropole », précise Sébastien Cote.

    Dès que nécessaire s’ouvre une « cellule de crise » au sous-sol de l’hôtel de ville de Montpellier. Au sein de ce Poste de commandement communal (PCC) aux allures de bunker, entre 15 et 20 personnes dont le maire ou l’adjoint d’astreinte, les responsables des services municipaux, de la police municipale, la voirie, la TAM, les pompiers, la sécurité civile… « Ils sont en lien téléphonique avec les équipes de terrain, la société Predict Services pour les prévisions météo et si besoin les maires des communes avoisinantes, ainsi bien sûr le préfet qui peut reprendre la main si le phénomène s’étend au département. »

    Des outils spécifiques sont aussi à disposition à l’instar du réseau métropolitain de capteurs qui mesurent la montée des eaux. « On peut ainsi rapidement décider de sécuriser une école, fermer un parc, un bois ou une route en contrebas, stopper une ligne de tramway… », illustre l’adjoint à la sécurité.

    La canicule n’étant pas un « risque ponctuel » mais continu, elle donne lieu à une « cellule de veille » quotidienne et amène elle aussi à des choix politiques forts. « En cas de fortes chaleurs, on peut décider en lien avec le rectorat de suspendre des cours d’une école, d’inviter au report d’un rassemblement mais aussi de rallonger les horaires des médiathèques ou d’ouvrir des salles climatisées pour placer les sans domicile fixe à l’abri. »

  • Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    C’est un rendez-vous de rentrée incontournable pour de nombreux Montpelliérains. Dimanche 6 septembre, le quartier Antigone se transformera, comme chaque année, en une immense vitrine citoyenne pour accompagner les habitants dans le choix de leurs activités annuelles.

    De la place du Nombre-d’Or à l’Esplanade de l’Europe, chacun pourra déambuler gratuitement dans « ce qui est sans doute la plus grosse foire aux associations de France », estime Sébastien Cote, premier adjoint à la Ville de Montpellier en charge du service vie associative. De 9h30 à 17h30, près de 1 000 associations locales, classées par thématiques (culture, sport, environnement, solidarité…) tiendront des stands et proposeront des démonstrations gratuites à destination du public.

    Un moment qui revêt une importance particulière dans un contexte de baisse globale des subventions « de la part de l’État comme de certaines collectivités », observe Sébastien Cote. La Ville de Montpellier, elle, « a fait le choix de sanctuariser les aides aux associations, c’est-à-dire de les maintenir. Et dans un certain nombre de cas, nous essayons de venir au soutien d’associations en difficulté, soit par le biais de subventions, soit via la mise à disposition de locaux associatifs », détaille l’élu. C’est le cas, par exemple, du Planning familial de l’Hérault, dont l’activité est menacée par les coupes budgétaires émanant de son principal financeur, l’État. « La Ville va faire un effort en faisant une dotation exceptionnelle, qui devrait être votée lors du conseil municipal du mois d’octobre. Cette aide ne permettra pas de résorber le déficit, ça nous n’en sommes pas capables, mais elle participera à aider cette association. »

    Augmentation des demandes de subventions

    En charge du service vie associative de la Ville de Montpellier, Sébastien Cote observe « très nettement une augmentation, cette année, du nombre de demandes de subventions pour des associations que nous ne connaissions pas ». Très fragilisé, ce secteur est pourtant « fondamental dans la fabrication et le développement du lien social. Évidemment il y a l’action publique, mais il faut aussi pouvoir s’appuyer sur la vie associative, qui permet de faire vivre un certain nombre d’actions qui autrement n’existeraient pas. Ce sont des énergies dans des territoires, dans des quartiers. Ce sont des emplois, des bénévoles. C’est une donnée fondamentale de la vie à Montpellier », insiste l’élu.

    Si l’Antigone des associations est bien sûr « un outil de communication mis à la disposition des associations » pour valoriser leur action, faire des démonstrations, rechercher de nouveaux adhérents, « c’est aussi une journée faite pour leur permettre de trouver des bénévoles, de se rencontrer, de créer des synergies », précise Sébastien Cote. À noter, cette année, un nouveau stand créé en partenariat avec l’État permettant aux associations de s’informer sur leurs besoins d’accompagnement, d’ordre juridique ou administratif. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider le tissu associatif local. On peut pallier, parfois, quelques problèmes, mais la Ville ou la Métropole ne peuvent pas compenser les baisses de subventions de tous les autres partenaires », précise l’élu, qui « appelle l’ensemble de ceux qui aident les associations à poursuivre leur effort et bien sûr les Montpelliérains à venir nombreux à l’Antigone des associations pour adhérer ».

    * De 9h30 à 17h30, quartier Antigone (place du Nombre d’Or, place de Thessalie, place de l’Europe) à Montpellier.
    Entrée libre et gratuite.

  • Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Pour la première fois, la police municipale a participé, samedi 20 juin, au village associatif de la Pride de Montpellier, où elle tenait un stand. L’occasion de présenter le dispositif « Déposons plainte  » lancé mi juin par la Mairie dans l’objectif de faciliter l’accès au dépôt de plainte
    et d’améliorer l’accueil des
    victimes d’agressions LGBTQIA+phobes. L’aboutissement d’un travail partenarial inédit de deux ans entre les polices municipale et nationale d’une part et les associations de défense des droits des personnes LGBTQIA+ d’autre part.

    « Le projet est né à l’été 2024, dans un contexte national de hausse des violences et discriminations subies en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Un constat encore renforcé par le dernier rapport de SOS homophobie, paru en mai », explique Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier en charge de la prévention de la délinquance et du lien social. « Le parcours de la personne victime n’est pas toujours facile, lisible. Se pose également la question de l’accueil au moment du dépôt de plainte. Nous avons donc souhaité à la fois clarifier ce parcours à destination des victimes et travailler sur leur prise en charge par les polices municipale et nationale. Car même si on dépose à la police nationale, parfois la municipale est la première à intervenir sur des situations d’agression. L’idée étant d’améliorer les postures professionnelles, les pratiques de terrain, afin de déconstruire les préjugés entre associations et forces de l’ordre  », développe l’élu.

    Pour ce faire, un partenariat s’est donc noué entre 7 associations volontaires (les Alliés du barreau ; chemin des Cimes ; Enipse ; Fierté Montpellier ; Flag ! ; Le Refuge ; SOS Homophobie), les services municipaux (police municipale et mission prévention de la délinquance) et la police nationale. Des acteurs qui ont confronté leurs expériences pour mieux comprendre les réalités de chacun et construire des réponses adaptées.

    Une sensibilisation

    des agents de police

    Cette démarche collective a abouti à la conception d’un dispositif qui agit en deux directions : l’information des victimes potentielles via la diffusion d’une brochure et d’une affiche dans les associations et les lieux d’accueil au public de la Ville ; et la sensibilisation des agents de police (municipaux et nationaux), à travers un programme de formation qui débutera en septembre et se prolongera tout au long de l’année 2027. « Cela pourrait concerner 200 agents à la police municipale et une vingtaine à la police nationale, où on va se concentrer sur les agents qui reçoivent les plaintes. La formation sera animée par un agent référent LGBTQIA+ désigné au sein de la police municipale pour accompagner les victimes, un représentant d’une des associations partenaires et un agent de la prévention de la délinquance à la Ville de Montpellier », indique Sébastien Cote. Objectif : « Renforcer la confiance des publics LGBTQI+ envers les institutions. »

  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »

  • Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    « Rassembler toutes les autorités des sécurités sur un même lieu pour travailler ensemble et être mieux coordonné ». Voilà l’objectif affiché du futur hôtel des sécurités de Montpellier dont Michaël Delafosse a posé la première pierre, jeudi 4 décembre, à Celleneuve. « C’est une brique importante à l’ouest de Montpellier. L’efficacité passe par la coordination et la rationalisation des moyens. Tout était trop éclaté, on perdait du temps et de l’argent », résume le maire socialiste qui qualifie l’actuelle salle de crise de l’Hôtel de Ville de « passoire thermique ». « Ça nous coûte 300 000 euros par an ! »

    « Gérer les crises »

    Construit en lieu et place de l’ancien bidonville de Celleneuve, le futur hôtel des sécurités qui verra le jour d’ici 2 ans et demi, regroupera quelque 450 agents de la police municipale, de la police métropolitaine des transports, des missions de la prévention de la délinquance et de la sécurité civile. S’y ajoutent l’ensemble des moyens du centre de supervision urbaine de la Ville de Montpellier ainsi que ceux du PC sécurité de la TAM qui gère les contrôles des transports en commun. Si bien qu’au cœur de ce véritable quartier général (QG) de la sécurité, une salle sera équipée d’un gigantesque mur d’images.

    Si certains pourraient y voir une sorte de système de surveillance qui questionne les libertés individuelles, la municipalité insiste sur l’aspect dissuasif de l’outil. Le but est « la prévention de la délinquance et la protection de la population », explique l’adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Sébastien Cote. En cas d’infraction constatée, « nous pourrons identifier les flagrances et aider à rendre justice », abonde le maire qui précise une autre fonctionnalité du lieu, celle de « mieux gérer les crises » lors des épisodes cévenols ou neigeux.

    Conçu par le cabinet Imagine – Architectes pour un coût de 65 millions d’euros, le bâtiment de 13 000 m² (dont 4 000 pourront être loués à des privés dans un pôle tertiaire), sera équipé « d’espaces polyvalents en cas de crise » (exemple : la vaccination Covid), d’un espace de formation et d’entraînement au tir, précise l’architecte lauréate Solveig Orth.

  • Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Ils sont ouvertement homophobes et ils en sont fiers. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre, les militants du groupuscule Les Jeunes d’Oc ont recouvert les peintures arc-en-ciel qui ornaient certains trottoirs de la ville et le parvis de la gare Sud de France, à Montpellier, de peinture noire et de tags « Stop woke ». Leur but : anéantir toute marque de soutien à la cause LGBTQIA+.

    Fondés par d’anciens militants du groupuscule Génération identitaire (dissous en 2021), les Jeunes d’Oc ont aussi justifié leur action par un discours nauséabond directement adressé au maire Michaël Delafosse. « Michaël, arrête tes bêtises : il faut arrêter de mettre des peintures LGBT dans toutes les rues, ce n’est pas comme ça que tu récupéreras les voix de l’extrême gauche. Notre ville ne sera pas le tableau de toutes les dérives. Stop à la propagande sur la théorie du genre dans les écoles, les lycées, les facs, les entreprises. Stop aux cours de transsexuelles pour les enfants, oui à la normalité », ont-ils posté sur leurs réseaux sociaux.

    Ne pas céder

    Des propos abjects aussitôt dénoncés par la Ville. « Leur intolérance et leur haine de l’autre doivent trouver une fermeté totale », a réagi le maire sur X. Le lundi 24 novembre, la municipalité a également déposé plainte pour dégradation du bien commun. « On sent qu’avec la montée des idées fascistes dans notre pays et dans le monde, une partie de la jeunesse d’extrême droite se désinhibe. Elle n’hésite pas à se manifester dans l’espace public, avec violence parfois », explique l’élu à la sécurité Sébastien Cote. « On est face à des gens qui incarnent tout ce que Montpellier n’est pas, c’est-à-dire l’intolérance ». Dans les jours à venir, les trottoirs et le drapeau du parvis de la gare reprendront les couleurs de l’arc-en-ciel. « Il est hors de question de céder à ce genre d’intimidation. De la même manière, nous continuerons à soutenir la pride de Montpellier, et à faire flotter le Rainbow flag », poursuit Sébastien Cote.

    Dans la capitale héraultaise, les incursions fascistes dans l’espace public s’avèrent de plus en plus fréquentes ces dernières semaines. La Ville dénombre en effet de nombreux tags racistes, homophobes et xénophobes. Sans compter les agressions fascistes survenues aux abords de la manifestation du 18 septembre, et dont les auteurs n’ont pas encore été sanctionnés. Cette fois-ci, l’action est signée…

  • La force en guise de maintien de l’ordre

    La force en guise de maintien de l’ordre

    Canon à eau. Blindés sur la place de la Comédie. Policiers municipaux et brigade anticriminalité (Bac) déployés. Les manifestations de septembre dans l’Hérault et plus particulièrement à Montpellier ont soulevé un certain nombre de questions sur la conception du maintien de l’ordre de la part de la préfecture et les consignes envoyées par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. « Le dispositif est disproportionné. Mais la question c’est : qu’est-ce qui fait craindre au préfet de l’Hérault de telles difficultés ? De quelles remontées d’informations dispose le préfet pour prévoir un tel dispositif ? », s’interroge Sophie Mazas, avocate de la Ligue des droits de l’Homme.

    Le 18 septembre par exemple, 350 policiers ont été mobilisés à Montpellier et deux véhicules Centaure étaient postés place de la Comédie. Ces véhicules blindés de 14,5 tonnes, dotés de 300 chevaux, de canons de tir de lacrymogènes guidés par laser et d’une caméra d’une portée de 9 km, avaient été déployés pour la première fois lors des émeutes de 2023 après la mort de Nahel à Nanterre. Pour la gendarmerie, ces véhicules sont utiles pour « affronter de nombreuses situations : terrorisme, guérilla urbaine, catastrophes ». Dans un rapport consacré aux forces de l’ordre, la Cour des comptes avait déjà exprimé des « doutes » sur « l’adéquation entre ce matériel, bien plus lourd, armé et coûteux que les matériels dont disposait la gendarmerie auparavant, et l’usage effectif qui en sera fait ».

    Le 10 septembre, l’utilisation du canon à eau avait également fortement tourné sur les réseaux sociaux. Un homme, situé à une quinzaine de mètres du camion, touché à la tête, avait été légèrement blessé. « Les policiers ont fait leur travail et sont intervenus en respectant le cadre réglementaire. Des sommations ont été faites à plusieurs reprises et avant l’emploi de l’engin lanceur d’eau », avait alors réagi Baptiste Chauveau, chef du service communication à la préfecture de l’Hérault, auprès de France 3 Occitanie.

    Une version contestée par Sophie Mazas : « J’avais déjà vu des canons à eau sur des manifestations à 150 000 personnes mais pas sur 10 000 personnes à Montpellier. L’instruction faite sur le maintien de l’ordre de 2017 explique que l’usage des canons à eau ne peut être fait qu’après une charge au sol de la police. Elle n’a pas eu lieu. Le principe de proportion de l’usage de la force n’est pas respecté. On commence tout de suite avec une répression très forte ».

    La Bac dans les lycées

    Le choix des unités de police ou de gendarmerie pose également problème à l’avocate de la LDH : « La Bac n’est pas du tout formée pour encadrer les manifestations ou pour gérer l’ordre public. Quand vous envoyez la Bac qui intervient en civil, parfois sans brassard, sans RIO [référentiel des identités et de l’organisation, Ndlr.], avec des matraques et des méthodes d’intimidation, il y a quand même un problème. Ce sont eux qui ont été envoyés dans les lycées le 10 septembre. »

    La polémique a aussi enflé concernant la présence de la police municipale, dont les missions de maintien de l’ordre sont interdites. « Nos policiers étaient engagés uniquement pour une mission de protection, et de nos effectifs ainsi que des citoyens », a expliqué Sébastien Cote, l’adjoint en charge de la sécurité à Montpellier. Des arguments qui n’ont pas convaincu Sophie Mazas : « Je ne comprends pas, ils sécurisent des gens qui font du maintien de l’ordre ? Ils font donc bien du maintien de l’ordre ».

    Face à cette accumulation, la question du droit de manifester se pose pour la LDH. « Cet usage de la répression commence vraiment à poser problème », conclut Sophie Mazas.

  • Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Huit gardes à vue, 20 commerces contrôlés dont 3 vont être fermés administrativement : deux enseignes pour l’emploi d’étrangers en situation irrégulière, une pour détention de stupéfiants. Voilà pour le bilan de la dernière opération de sécurité renforcée (ex-dispositif Place nette) mené du 2 au 10 septembre dans le quartier Mosson au nord-ouest de Montpellier.

    Si les prises restent modestes eu égard à l’ampleur présumée du narcotrafic, le préfet de l’Hérault y voit un coup d’arrêt majeur au point de deal de l’avenue de Louisville. En coordination avec la Ville et sous l’œil du Parquet, « on mène un travail de démantèlement au milieu du spectre pour éviter que ce point de deal se réinstalle », insiste François-Xavier Lauch.

    Depuis le vote de la loi contre le narcotrafic qui permet le déploiement de moyens supplémentaires, les opérations anti-drogue de ce type se multiplient à Montpellier, notamment dans 4 secteurs gangrenés : Mosson/Petit Bard, les Marels, Figuerolles/Gambetta et l’hypercentre. Ainsi depuis le 19 mars, 677 personnes ont été interpellées, 528 placées en garde à vue et 127 déférés au tribunal judiciaire. 808 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées (+168%) et 96 étrangers sans carte de séjour en règle ont été interpellés. Outre 56 armes à feu et 70 armes blanches, ainsi que 226 000 euros ont pu être saisis, 14 kg de cocaïne, 12 kg de cannabis et 1 kg d’héroïne qui fait son retour.

    Dans un quartier populaire comme la Mosson où l’État et les collectivités investissent 530 millions d’euros pour le renouvellement urbain (Anru), François-Xavier Lauch ne blâme pas les habitants, bien au contraire. « Ce sont des victimes de ce trafic. Ce sont des conducteurs de Tesla que l’on voit venir se fournir en stups dans le quartier. » Tout en essayant de « savoir qui se cache derrière les commerces qui ne sont qu’une excroissance du blanchiment du trafic », le préfet de l’Hérault en est persuadé : il s’agit d’un grave problème de société. « Le cœur de la bataille, c’est le consommateur. Tant que nos concitoyens n’auront pas compris qu’il ne faut pas consommer de stupéfiants, on ne vaincra pas le mal. Que chacun fasse le lien entre l’achat de sa dose de stupéfiants et le narchomicide qui peut être au bout de la chaîne », prévient le préfet.

    De son côté, le nouveau procureur Thierry Lescouarc’h assure de sa « détermination sans faille » contre ce fléau. Et rappelle que « la détention, le transport, l’acquisition ou la cession de produits stupéfiants peuvent être punis de 10 ans de prison et de centaines de milliers d’euros d’amende par le Code pénal ». Il appelle la « nécessité absolue » pour le Parquet de « mettre à bas tous ces trafics qui gangrènent nos villes et nos campagnes et génèrent une économie souterraine ».

    Enfin, la Ville contribue elle aussi à l’effort, tient à souligner l’adjoint au maire à la sécurité. « On met les moyens avec la police municipale, la brigade du logement social et celle des transports qui dissuadent les points de deal et la consommation ». Quant aux commerces suspicieux, « j’en ai quelques-uns à vous donner… », révèle Sébastien Cote au préfet.