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  • Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Si l’inquiétude est bien présente chez les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) du Gard et de l’Hérault, la situation reste pour l’heure calme dans les deux départements. Tous les départs de feux ont été rapidement traités évitant ainsi à la situation de dégénérer comme dans le Var ou la Gironde. Les pompiers gardois sont par exemple intervenus sur 508 feux dans le département qui ont parcouru 836 hectares, dont 450 hectares pour le seul feu de Lédenon début juillet. Depuis la première quinzaine de juillet, aucun feu important n’a ainsi été signalé.

    Après les averses du dernier week-end de juillet et un vent qui s’est calmé, le risque incendie a été revu à la baisse dans les deux départements. Plus aucune zone n’est en « risque très sévère » même si les pompiers demandent toujours la plus grande vigilance. Trois régions de l’Hérault (Escandorgue et Larzac, Gangeois et Collines du Centre Hérault) et l’ensemble du département du Gard (à l’exception du territoire de Costières Petite Camargue) sont cependant toujours placés en « risque élevé ».

    Fin juillet, ce sont aussi d’importantes fumées qui ont touché nos départements. Après vérification, les Sdis ont indiqué que ces fumées avaient été produites par le feu de Gironde à cause « des conditions climatiques (nuages bas) ». « En raison des incendies en cours en Gironde, le département est exposé à une hausse des concentrations en particules en suspension, et particules fines », ont par la suite indiqué les préfectures qui ont mis en place « des mesures d’urgence » comme la « suspension d’utilisation d’appareils de combustion de biomasse non performants et des groupes électrogènes, de l’écobuage ainsi que le brûlage des sous-produits agricoles à l’air libre ».

    Des pompiers gardois

    en Sardaigne

    Tout en poursuivant leur mission dans leur département, les Sdis 30 et 34 sont parvenus à déployer une partie de leurs moyens vers les incendies les plus inquiétants. Pour le feu de Pontevès dans le Var (aujourd’hui fixé après 750 hectares brûlés), 20 sapeurs-pompiers et 5 véhicules sont venus en renfort du Gard ainsi que 72 sapeurs-pompiers et 19 véhicules de l’Hérault.

    En Gironde et dans les Landes où le feu n’était pas fixé à l’heure où nous écrivons ces lignes, après avoir ravagé plus de 42 000 hectares, une colonne de renfort est partie de l’Hérault ainsi que 36 sapeurs-pompiers et une équipe de feux tactiques du Gard. Le Sdis 30 a également engagé deux cadres feux tactiques en Corse (où plus de 1 000 hectares sont partis en fumée près de Corte, le feu de Biguglia est maîtrisé et celui d’Albertacce est fixé) depuis le 15 juillet, rejoints depuis par 18 sapeurs-pompiers.

    Les sapeurs-pompiers gardois participent aussi à la solidarité européenne. Ainsi, une équipe de cadres feux tactiques et une équipe de soutien sanitaire ont intégré un module de sécurité civile français en Sardaigne depuis le 12 juillet, l’île italienne étant touchée par plusieurs feux depuis le début de l’été.

  • [Incendies] Comment est calculée la « valeur du sauvé » dans l’Hérault ?

    [Incendies] Comment est calculée la « valeur du sauvé » dans l’Hérault ?

    La « valeur du sauvé » est un outil permettant de chiffrer les pertes matérielles qu’aurait engendrées un feu sans l’intervention des pompiers. Depuis quelques années, elle est calculée par la sécurité civile dans plusieurs départements, notamment dans l’Hérault. « Cela permet de valoriser l’activité du Sdis par rapport à son coût financier pour les collectivités », affirme le commandant Sébastien Nicelli, du Sdis 34.

    Le professionnel explique que le logiciel du Sdis recoupe de nombreuses données telles que les conditions météo, le sens du vent ou encore les reliefs concernés par un incendie avec le niveau de sévérité du risque d’incendie au moment d’un départ de feu. Cela permet alors de simuler une enveloppe de feu correspondant à la surface qui aurait été touchée par l’incendie en propagation libre. Le service d’information géographique compare ensuite cette enveloppe avec le véritable parcours de l’incendie. « Et c’est dans ce différentiel qu’on regarde en détail ce qui se trouve comme végétation ou comme constructions, explique le commandant Nicelli. Pour chiffrer la valeur d’une zone, on se sert par exemple des sites des notaires, pour connaître le prix du mètre carré dans les communes concernées. »

    Un modèle perfectible

    Dans leur rapport, Damien Maudet et Sophie Pantel (voir article ci-dessus) prennent l’exemple d’un calcul de la « valeur du sauvé » effectué par le Sdis 34 en juillet 2025 sur un feu ayant parcouru 271,97 hectares à proximité de la commune de Fabrègues. L’action des sapeurs-pompiers aurait alors permis de sauver 17 048 305 euros de biens matériels.

    « Bien sûr, le modèle a des limites et il n’est pas encore d’une précision chirurgicale, continue Sébastien Nicelli. Si une exploitation agricole brûle, on peut chiffrer le coût de la perte d’un tracteur, mais on ne peut pas encore chiffrer celui de la perte d’activité économique, l’impact sur les sous-traitants ou le chômage technique par exemple. » Par ailleurs, le professionnel précise que désormais, le Sdis 34 évalue également l’impact environnemental évité par une intervention, en calculant notamment la quantité de carbone qui aurait été dégagée dans l’air sans l’intervention des secours. « Au fil des années on affine nos sources d’information, assure le commandant. Ces données sont ensuite remontées à mes supérieurs, qui peuvent y trouver une utilité auprès de nos élus. » Nina Bailly

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.