Tag: Scop

  • Les activités du lamanage sous un seul pavillon

    Les activités du lamanage sous un seul pavillon

    Les passagers des navettes ou du bateau qui dessert le Frioul auront déjà remarqué le nouvel emblème sur les vestes des équipages, « un blason dans lequel on retrouve les activités de chacune des entités », explique Yohann Repiton.

    Ce mardi, le PDG de la Coopérative du lamanage Marseille-Fos a profité du baptême du nouveau navire hybride de sa filiale Icard, l’Alcyon, pour présenter la nouvelle identité de la société désormais regroupée au sein du groupe Portens. « Nous ressentions un besoin de réunir sous la même bannière toutes ces sociétés qui semblent différentes mais qui ont des traits communs : ce sont des sociétés maritimes, avec un fort ancrage local », explique l’ancien lamaneur. Autour de l’activité historique du lamanage – les opérations d’amarrage à quai des navires – la coopérative ouvrière rassemble aussi les transports de passagers avec Transrade qui opère les navettes et bateaux concédés par la RTM à Marseille, mais aussi les Navettes provençales à Martigues ou les navires qui circulent dans les calanques avec Icard maritime, ainsi que des services d’avitaillement, de relève d’équipages avec la Méditerranéenne de services maritimes. « Cela va aider toutes les structures qui composent le groupe à pouvoir accéder à des projets auxquels ils n’auraient pas pu avoir accès compte tenu de leur taille », précise Yohann Repiton. Réunies, celles-ci regroupent ainsi 40 navires et 200 salariés, pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. De quoi accompagner les ambitions de décarbonation du groupe à l’image des 1,7 million d’euros investis dans l’Alcyon. Ainsi le groupe espère pouvoir faire basculer vers l’hybride son troisième navire qui dessert les calanques en 2027, pour une circulation complètement électrique en cœur du parc national. La coopérative progresse aussi sur le projet d’une vedette de lamanage électrique pour le terminal croisières de Marseille. Et si le PDG espère que les navettes seront épargnées par les arbitrages métropolitains, il reconnaît accueillir « d’un œil bienveillant » la pétition qui réclame la desserte de l’Estaque toute l’année.

  • La fraternité fertilise la réussite économique

    La fraternité fertilise la réussite économique

    Les travailleurs de Duralex, de Scop-Ti ont refusé la mort annoncée de leur outil de travail. Ces femmes et ces hommes ont relevé la tête, ensemble, pour bâtir un projet commun où chacune et chacun prend sa place pour développer, dans le respect mutuel, ces métiers exigeants, aux savoir-faire inestimables. Les citoyens ne s’y trompent pas. S’ils soutiennent ces coopératives pour la qualité de leurs produits, ils sont aussi conscients d’accomplir un acte de solidarité et de participer à une économie à visage humain.

    Des boîtes où le travail fait sens

    Pour tout cela nous pouvons nourrir l’espoir d’un nouveau système économique et travailler à une société plus désirable. Vivable, égalitaire et fraternelle. Une société où le capitalisme serait mis en échec par l’intelligence collective. Où l’individualisme mortifère, les ressentiments qui macèrent dans des esprits de plus en plus étriqués faute de visée émancipatrice et abrutis par un environnement ubérisé, deviendraient de vieux cauchemars.

    Les coopératives tracent des perspectives car dans sont ces boîtes le travail fait sens. Elles portent des histoires de luttes. Pendant des années, les travailleurs de Scop-Ti se sont battus contre une multinationale, Unilever. Ils ont gagné car la fraternité fertilise la réussite économique. C’est aussi le cas de la coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne sans qui le droit à l’information dans le sud-est, serait encore plus affaibli. Les combats des coopératives continuent et leur réussite éclatante est un formidable message d’espoir pour le monde du travail.

  • « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    La Marseillaise : Dans quelle situation était Duralex avant l’appel de fonds lancé lundi ?

    François Marciano : Nous avons repris l’entreprise le 1er août 2024. Pour que la reprise soit viable, il nous fallait 15 millions d’euros. On a levé 4 millions de prêts et on a vendu le terrain et le bâtiment, pour 5,8 millions. Il nous en manquait donc 5,2 millions. Nous devions faire une première levée de fond en septembre 2024 mais nous n’étions pas prêts, la stratégie n’était pas complètement définie. C’est pour cela que l’appel n’a été lancé que maintenant.

    Vous en êtes vendredi à 20 millions d’euros promis. Vous attendiez-vous à cet enthousiasme ?

    F.M. : Pas du tout. Tous les associés ont été très surpris. On avait donné un pronostic de 3 millions en 4 semaines, et on espérait prolonger pour arriver à 5 millions. On a eu 19 millions en 24h. C’est énorme.

    Comment expliquez-vous
    cet enthousiasme
     ?

    F.M. : Pour moi, il y a trois choses. D’abord je pense que les Français en ont marre de voir partir leurs industries, et investir chez nous c’est aussi défendre l’industrie nationale. Duralex emploie tout de même 800 personnes. Ensuite, Duralex est une madeleine de Proust. Et enfin, l’usine a été rachetée par ses ouvriers. C’est une proposition d’économie sociale et
    solidaire que les gens ont envie de soutenir.

    Quelles sont les conditions des investisseurs ?

    F.M. : C’est pour tout le monde pareil, c’est 8% rémunérés par an pendant 7 ans, défiscalisé à hauteur de 18% au départ, et remboursable au bout de 7 ans. Et les investisseurs ne siégeront pas au conseil d’administration, ils auront simplement une vision sur les chiffres tous les mois.

    Et qu’allez vous faire de cet argent ?

    F.M. : L’objectif de cette première année était de réveiller la marque. Je crois que c’est chose faite. La deuxième année, l’année prochaine donc, nous voulons investir dans la nouveauté. On va repositionner Duralex sur deux segments : d’un côté sur les arts de la table, ce que nous faisions déjà, et de l’autre sur la décoration. En clair on va fabriquer tout ce qu’il y a en verre dans une maison, sauf les vitres.

    Portiez-vous un intérêt au système des Scop avant que votre entreprise n’en devienne une ?

    F.M. : Ça m’était totalement étranger. Quand on a failli perdre l’entreprise, je savais que je voulais faire une coopérative, mais je ne savais même pas que ça s’appelait Scop. Aujourd’hui je ne travaille plus qu’avec elles. D’ailleurs, il y aura bientôt une collaboration entre Duralex et 1336 !