Tag: scop-ti

  • L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    « Vous avez le pouvoir d’aider Scop-Ti ! ». Ce mardi à Gémenos, Gérard Cazorla, premier président de Scop-ti et Olivier Leberquier, son successeur, ont le regard de ceux qui déplacent des montagnes. Au cœur de l’usine qui a été reprise à la multinationale Unilever par la sueur, 1336 jours de lutte et l’intelligence collective via l’actuelle coopérative, les ex-Fralib veulent mettre les bouchées doubles pour 2026.

    « On a une activité qui progresse énormément mais ça nécessite des besoins de trésorerie importants. Il faut qu’on développe encore plus notre marque 1336 », explique Olivier Leberquier, figure du long combat des anciens travailleurs du thé marseillais Éléphant. Si Scop-Ti est maintenant bien installée dans le paysage des coopératives qui réussissent, reste que la petite entreprise « sociale et solidaire » fait toujours face à moult obstacles. « La grande distribution ne joue pas le jeu, c’est toujours plus compliqué de faire sa place dans les magasins », commente Olivier Leberquier. Gérard Cazorla abonde : « Et on n’a pas les moyens de se faire des pubs comme les grands groupes ! ».

    Ajoutez à cela la crise sanitaire de 2020, et les « spéculateurs de guerre » qui surfent sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, l’équation reste complexe pour les 60 coopérateurs et 37 salariés de Scop-Ti. D’où l’appel du jour : « On lance une nouvelle campagne de sociofinancement mais c’est bien plus que cela ». Par « plus que cela », ils entendent proposer tout un panel de moyens pour soutenir 1336 à différents niveaux. Par exemple, avec la possibilité à venir d’abonnements mensuels ou annuels pour leurs produits, le développement de l’offre sur leur site internet ou encore la possibilité de devenir « ambassadeur » de la marque. « Un militant qui connaît notre histoire et qui est dans une association sportive pourra mettre en vente nos produits pour les adhérents », explique Gérard Cazorla. Une nouveauté qui concerne notamment ce qu’ils appellent « le réseau militant », alias les entreprises et travailleurs du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), c’est-à-dire d’autres coopératives mais aussi des mutuelles ou associations. Un secteur où le jeu du libre marché et les bénéfices passent après « les hommes et les femmes » qui travaillent.

    « L’autogestion, ça marche »

    En bref, plus que de simples dons, les ex-Fralibs proposent que les citoyens puissent « accompagner le développement ». De quoi remettre en lumière les valeurs de Scop-ti : « Nous faisons la démonstration que le collectif et l’autogestion, ça marche et c’est viable ». Et surtout la qualité de ses produits : « Emballages écoresponsables et recyclables, recettes composées uniquement d’arômes naturels, avec le label Origine France Garantie », énumère Olivier Leberquier. C’est aussi l’assurance de faire vivre des producteurs locaux et bio comme ceux du tilleul des Baronnies provençales.

    In fine, l’objectif est bien d’assurer la pérennité financière de la coopérative, qui était dans le positif en 2020, mais aussi participer à la visibilité de la marque à l’histoire sociale unique au monde. « On a besoin de développer de nouveaux produits, et pour cela, on a besoin de financements ! », conclut Gérard Cazorla.

    LES FEMMES ET LES HOMMES DERRIÈRE 1336

    Rim Hidri, assistante comptable

    Dans l’un des couloirs de l’usine 1336, couverts d’affiches du Che et d’appel à manifester de la CGT, Rim Hidri interrompt sa marche. « C’est moi ! s’exclame-t-elle, désignant une photo d’elle prise il y a plus de 10 ans entre les mêmes murs. Je me rappelle, le photographe m’avait dit de penser à un truc qui me mettait en colère. J’ai pensé au moment où on nous a annoncé la fermeture ». Présente « tout au long de la lutte », elle est coopératrice de la Scop depuis sa création. « C’est quand même grisant d’être à la fois patronne et salariée, s’extasie-t-elle. J’ai le pouvoir de prendre des décisions et en même temps la possibilité de les mettre en application par moi-même ». Contrôleuse qualité avant la reprise, puis assistante comptable depuis l’ouverture, elle assure que son quotidien n’a aujourd’hui « plus rien à voir ».

    M.M.

    Thierry Lauthelier, bénévole à Fraliberthé

    Dans les bureaux de Fraliberthé, association de bénévoles qui travaille à la promotion de la marque 1336, Thierry Lauthelier se fait discret. Pourtant, il est de ceux pour qui l’économie solidaire sonne comme une évidence. Informaticien, il a lui aussi créé sa Scop il y a 16 ans, au moment où les actuels salariés de 1336 entament leur combat pour poursuivre leur activité. Familier des conflits sociaux « depuis l’enfance », il vient souvent soutenir ses camarades géménosiens, jusqu’à devenir bénévole régulier pour la structure. « La différence ici, comme dans les Scops en général, c’est qu’on sent que ce qu’on fait a du sens, note-t-il. C’est là qu’on se rend compte à quel point le sens du travail manque à nos sociétés modernes et capitalistes, qui ne tournent qu’autour du pognon ».

    M.M.

    Laurence Nicolas, contrôleuse assurance qualité

    Présente avant la reprise et tout au long de la lutte, Laurence Nicolas est de retour chez 1336 depuis deux ans seulement, après une longue parenthèse dans le secteur social, aux côtés des personnes en situation de handicap. « Je suis coopératrice depuis le départ et je n’ai jamais cessé d’être scopiste. Il y a deux ans, quand j’ai quitté mon ancien travail, je me suis dit que j’allais retenter l’aventure », retrace-t-elle. À l’origine partisane de ce modèle d’économie solidaire, elle dit aujourd’hui constater quelques limites. « Bien sûr que c’est différent d’une entreprise et qu’il y a des avantages : on est autonome, on apporte notre savoir-faire, notre plus-value, concède-t-elle volontiers. Mais c’est vrai qu’a contrario, il y a quelques soucis, avec des scissions entre certains services qui apparaissent, comme dans une entreprise lambda ».

    M.M.

    Marie-Claire Amato, bénévole à Fraliberthé

    Ferronnerie « Scop-Ti » et affiche du Che sirotant une tasse de thé, Marie-Claire Amato détient sur son bureau tout l’attirail d’une bonne communicante. Bénévole pour Fraliberthé, elle participe à la promotion et à la gestion administrative de la coopérative. Aujourd’hui à la retraite, elle est entrée en contact avec 1336 il y a plus de 12 ans, à l’occasion d’une journée de solidarité organisée par son syndicat de l’époque, la CGT territoriaux d’Aubagne, pour soutenir le combat de l’usine de thé. C’est elle qui sera à l’initiative de l’écriture de la pièce de théâtre 1336, qui raconte les 1336 jours de lutte des salariés. « Je donne du sens à ma retraite, s’émeut-elle. J’ai l’impression d’aider à construire quelque chose pour lequel je me suis battue toute ma vie, en tant que syndicaliste. »

    M.M.

  • Une victoire ouvrière qui infuse

    Une victoire ouvrière qui infuse

    1336 jours de lutte et une victoire ouvrière qui dure pour les ex-Fralib. Les lecteurs de La Marseillaise ont suivi avec assiduité le développement de ce combat hors-norme.

    Une bataille titanesque contre la fermeture de l’usine de thé et d’infusions décidée par le groupe Unilever.

    Il y a eu des hauts et des bas. Beaucoup de doutes. L’occupation du site pour protéger l’outil de travail. L’espoir avec un projet de reprise en coopérative. La victoire et la formidable aventure humaine qui se poursuit depuis 10 ans.

    Scop-Ti n’est pas aujourd’hui une coopérative parmi d’autres, c’est un symbole de combativité et d’espoir dans un monde du travail qui manque de victoires depuis trop longtemps.
    La leur infuse dans les consciences : des ouvriers maîtres de leur destin, ça existe et ça fonctionne.

    La classe

    Avec la même détermination qu’à leurs débuts, les Fralibs devenus des Scop-Ti, se projettent dans un développement de leur activité en s’appuyant sur les réseaux militants et la qualité de leurs produits.

    En misant sur les circuits courts,
    les arômes naturels,
    les plantes cultivées en France, les emballages recyclables et compostables, les Scop-Ti ont aussi pris en compte l’impératif écologique, mieux que n’importe quel grand groupe qui investit des millions dans le marketing sur
    ces sujets.

    Regardés de toutes parts comme un exemple de courage et de réussite collective, les Scop-Ti méritent d’être aidés à aller encore plus loin. La Marseillaise continuera longtemps de leur ouvrir ses colonnes tout simplement parce qu’ils ont la classe… ouvrière !

  • Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Mardi, elle s’est rendue chez les Scop-Ti pour saluer une bataille de 1 336 jours pour garder des emplois avant de se rendre à Marseille, Place Sébastopol où elle a été rejointe par le maire de secteur, l’écologiste Didier Jau.

    Ce mercredi matin, elle se rend au centre social du Grand Saint-Antoine pour présenter sa proposition de « droit aux vacances pour tous ».

  • La fraternité fertilise la réussite économique

    La fraternité fertilise la réussite économique

    Les travailleurs de Duralex, de Scop-Ti ont refusé la mort annoncée de leur outil de travail. Ces femmes et ces hommes ont relevé la tête, ensemble, pour bâtir un projet commun où chacune et chacun prend sa place pour développer, dans le respect mutuel, ces métiers exigeants, aux savoir-faire inestimables. Les citoyens ne s’y trompent pas. S’ils soutiennent ces coopératives pour la qualité de leurs produits, ils sont aussi conscients d’accomplir un acte de solidarité et de participer à une économie à visage humain.

    Des boîtes où le travail fait sens

    Pour tout cela nous pouvons nourrir l’espoir d’un nouveau système économique et travailler à une société plus désirable. Vivable, égalitaire et fraternelle. Une société où le capitalisme serait mis en échec par l’intelligence collective. Où l’individualisme mortifère, les ressentiments qui macèrent dans des esprits de plus en plus étriqués faute de visée émancipatrice et abrutis par un environnement ubérisé, deviendraient de vieux cauchemars.

    Les coopératives tracent des perspectives car dans sont ces boîtes le travail fait sens. Elles portent des histoires de luttes. Pendant des années, les travailleurs de Scop-Ti se sont battus contre une multinationale, Unilever. Ils ont gagné car la fraternité fertilise la réussite économique. C’est aussi le cas de la coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne sans qui le droit à l’information dans le sud-est, serait encore plus affaibli. Les combats des coopératives continuent et leur réussite éclatante est un formidable message d’espoir pour le monde du travail.

  • Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Depuis la reprise de Duralex par ses salariés en juillet 2024, Olivier Lerberquier est en contact régulier avec le directeur général de la verrerie, François Marciano, et Alexia Avril, l’ancienne déléguée CGT, désormais présidente du conseil d’administration. « Ils m’avaient sollicité à l’époque pour partager notre expérience et depuis, au fil de nos rencontres, on a aussi évoqué l’idée de faire des choses ensemble », raconte le président de Société française coopérative ouvrière provençale de Thés et Infusions (Scop-ti).

    Basée à Gémenos, Scop-ti a fêté ses dix ans et fait référence en matière de coopérative ouvrière avec sa marque 1336, symbolisant le nombre de jours de lutte des ex-salariés Fralib dont l’outil de production était menacé de délocalisation par la multinationale américaine Unilever.

    Ces « relations régulières » entre les responsables des deux coopératives devraient d’ailleurs très bientôt aboutir sur diverses collaborations. La boutique de l’emblématique verrerie installée à Orléans devrait prochainement proposer des produits 1336 dans ses rayons. Les boutiques en ligne de Duralex et Scop-ti, devraient de leur côté mettre en vente un pack de produits dans lequel la couleur du verre serait en adéquation avec l’infusion vendue. Enfin un verre collector dont « le chiffre que tout le monde regarde au fond » serait 13 336, est en réflexion.

    Sociofinancement

    Inutile de préciser que le succès du financement participatif de Duralex est forcément vu d’un bon œil par Olivier Leberquier, même si son souci du détail l’amène à la nuance. « Ils en avaient besoin et c’est une très bonne chose, mais on parle ici de titres participatifs, défiscalisés, avec une rémunération à hauteur de 8% », souligne-t-il rappelant que les choses sont différentes par exemple de la campagne de sociofinancement, une levée « don pour don », initiée par Scop-ti dont le montant cumulé s’élève à 452 000 euros.

    « Ce qui est intéressant au-delà de la somme globale, c’est ce que cela traduit dans l’attachement des Français à une utilisation vertueuse de leur épargne. Or ils ne le savent pas parce qu’on ne le leur dit pas mais cet argent sert souvent à financer des fonds de pension américains ou des projets de recherche qui épuisent les ressources naturelles à l’autre bout de la planète. Des choses auxquelles ils pourraient être totalement opposés », observe Olivier Leberquier rappelant que plus de 2 000 milliards sont placés en assurance vie en France. « Alors on ne va pas compter sur la BNP ou la Société Générale mais il y a des banques de l’économie sociale et solidaire comme le Crédit Mutuel, le Crédit coopératif, la Caisse d’épargne, le Crédit Agricole qui pourraient être des leaders dans ce domaine, et dire : l’épargne des Français on s’en sert pour l’économie, principalement en France, et surtout pour les entreprises vertueuses comme les coopératives. L’engouement pour Duralex montre bien que les citoyens y sont attachés. Dès l’instant qu’ils peuvent intervenir directement, ils le font. »

  • Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Un véritable plébiscite.
    En moins de 24 heures, la campagne de financement participatif lancée cette semaine par les salariés
    de Duralex, devenus coopérateurs, a recueilli presque 20 millions d’euros de promesses d’investissement, soit presque quatre fois l’objectif initial fixé à 5 millions. Au-delà de l’aspect sentimental lié à ces milliers de français qui chaque midi à la cantine s’amusait à lire leur âge dans le fond de leur verre, la réussite de cette levée de fonds qui visait
    à moderniser l’outil industriel de cette verrerie emblématique, relancée en Scop en juillet 2024 témoigne d’un fort attachement des Français à l’économie solidaire
    et à la sauvegarde du patrimoine industriel national.

  • Le sourire des salariés de la Centrale

    Le sourire des salariés de la Centrale

    «Le combat a démarré en 2018 », rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Ce vendredi, au pied de la centrale thermique de Gardanne, lieu devenu symbolique de la lutte pour l’emploi, les salariés du site célèbrent la victoire après un accord historique entre la Centrale, GazelEnergie, propriétaire du site, et l’état, arraché après de nombreuses années de mobilisation. Sur place, des représentants de l’UD CGT, du Parti communiste (PCF), élus d’oppositions du Collectif Citoyen Gardanne-Biver, les Unions locales du département, mais aussi la CGT des dockers, des portuaires, des cheminots, des territoriaux, corporations avec lesquelles les actions de la mobilisation ont plus d’une fois convergé.

    Pour mémoire, le combat s’est construit autour de deux axes : permettre à 27 des salariés licenciés après la fermeture de la tranche charbon d’être réembaucher en conservant leur statut industrie électrique et gazière (IEG), et le projet de production de biométhane sur le site, travaillé et porté par les licenciés, justement. Une première grève de quatorze mois, un an après l’annonce de l’arrêt de la production d’électricité à base de charbon, a été le début d’une lutte syndicale parfois épuisante.

    Le combat « a été très long, a demandé des sacrifices pour tous les travailleurs », rappelle Jean-Michel Roccasalva. On a cravaché pour que ce projet corresponde à tous nos besoins et qu’il n’y ait pas de possibilité de le dédouaner. Avec le rapport de force, le projet industriel, la convergence entre les fédérations, on a pu signer, le 31 juillet, ce protocole d’accord. Quand on s’organise et qu’on est convaincu, il n’y a aucune raison de ne pas gagner un combat. Cette victoire est belle, mais ce n’est pas la dernière. On a encore du travail. On a des gouvernements qui se succèdent, qui font semblant et n’ont que l’envie de décider comme des monarques et dictateurs. On n’est pas à l’abri d’une remise en cause, mais pour autant, on va rester optimistes. » « La lutte paie, c’est un exemple, il y en a eu plein comme ça. La dernière ligne droite n’est pas toujours sans danger, mais nous n’avons aucun doute que vous saurez tenir le cap », soutient Claude Martin, secrétaire fédéral de la CGT FNME (Fédération nationale des mines et énergie).

    « Solutions alternatives »

    Parmi les salariés, la bonne humeur est de mise sur cette matinée de célébration, bien que tous restent vigilants pour la suite, contexte national oblige. « C’est un soulagement énorme, même s’il nous reste encore quelques étapes dans la construction du projet, témoigne Franck Traversari, l’un des 27 salariés. On a vécu pendant des années avec la peur du lendemain. Mener un conflit, c’est être pointé du doigt au quotidien. Mais aujourd’hui, on a des garanties pour que le projet se réalise. Les premières embauches se font en décembre, c’est un acte fort pour l’avenir. Aujourd’hui, on dit que oui, il y a des solutions alternatives, qu’il ne suffit plus de fermer des postes et licencier. »

    à ceux qui sont dans la rue depuis le 10 septembre, Franck Traversari appelle à tenir le bon bout, même si le choix d’être gréviste pèse sur le quotidien. « Il faut prendre en main son destin et cela passe par la convergence des revendications pour peser sur l’état et l’ensemble des entreprises », estime-t-il.

    Constat partagé par Guillaume, qui reconnaît, lui aussi, le poids de la lutte sur la vie de ceux qui la mènent. « Il y a une satisfaction à ne pas avoir lâché, à avoir cru en notre projet et la solidarité entre les uns et les autres. Ce n’est pas encore fini, on ne sait jamais, il faut encore que l’usine sorte de terre », rapporte ce salarié qui, lui aussi, sera réembauché prochainement. « à ceux qui luttent pour leurs droits, je leur dis d’être un acteur du syndicat, ne pas laisser la direction dicter une vision unique de l’entreprise », ajoute Guillaume, qui conseille aux salariés en lutte, sur le territoire national, de s’organiser. « Il y a eu des hauts, des bas, mais la fin paie. ça n’a pas été des moments faciles, on a eu de la chance que nos familles nous suivent : on ne pouvait pas se laisser faire sans réagir. Pour nous, la lutte ne se terminera jamais, rien n’est acquis, on ne peut compter que sur nous-même tant qu’on ne verra pas le début de la construction de la nouvelle unité de production, intervient de son côté Christophe, qui fera partie des deux salariés réembauchés, mais sur la tranche biomasse. Il n’y a que la lutte qui paie, mais surtout la lutte solidaire, ensemble. »

    La notion de solidarité, elle, a marqué les prises de paroles des différentes fédérations sur place, chacune ayant joué son rôle dans cette première victoire. Et doit se poursuivre. « Dans une période marquée par les conflits, par un génocide à Gaza, profitons de ce moment de fraternité qui, parfois, fait défaut au détriment d’un individualisme qui nous ronge, rappelle Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des ports et docks. N’oublions pas l’importance de ces moments, pour que, tous ensemble, nous continuions de croire que nous y arriverons. »

    ET AUSSI

    10 ans de réussite des Scop-Ti

    De la menace d’une fermeture totale d’un site à la reprise de l’activité par une coopérative ouvrière, il n’y a qu’un pas et… 1 336 jours de lutte. Les Scop-Ti, ou Fralib, qui ont victorieusement fait plier Unilever, fêtaient leurs 10 ans, en mai 2024.

    La CPMM plus forte que la SAD

    Autre exemple de lutte victorieuse : celle des salariés de l’ex-SAD, filiale marseillaise de Presstalis, messagerie de presse. Depuis la liquidation de cette dernière, les ouvriers du papier ont repris l’activité et la développent avec plus de salariés, une activité diversifiée…