Tag: Scolarité

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »

  • Des écoles du Front populaire protégées

    Des écoles du Front populaire protégées

    Treize édifices marseillais de plus enrichissent la base nationale Mérimée. Sur avis de la Commission régionale du Patrimoine et de l’Architecture, le préfet les a inscrits au titre des monuments historiques. Les arrêtés viennent d’être publiés. D’abord deux églises : celle de Saint-Lazare dans le 3e, œuvre de l’architecte Pascal-Xavier Coste (1838) et l’église de Saint-André dans le 16e, inaugurée en 1862.

    Sur la corniche Kennedy, le Monument des Rapatriés (1970) est protégé en tant que « témoignage d’une période douloureuse de l’histoire française et des relations franco-algériennes, d’un épisode exceptionnel de l’histoire de Marseille et de l’œuvre du sculpteur marseillais César ». La Villa Valmer (1865), demeure de l’industriel Charles Gounelle et propriété de la Ville de Marseille, est désormais inscrite « en totalité avec le pavillon de concierge, son parc et l’ensemble de ses parties constituantes, et le sol des parcelles ».

    Vient enfin la série remarquable de neuf écoles bâties dans les années 30 par les architectes municipaux Eugène Sénès, Marcel Peyridier et Félicien Dallest. Représentatives d’un Art déco parfois néoprovençal, elles témoignent de l’effort considérable porté par les municipalités successives pour résoudre la « question des écoles » et les faire entrer dans la modernité, une préoccupation constante de l’entre-deux-guerres et du Front populaire relayé dès mai 1935 par la municipalité socialiste d’Henri Tasso.

    Modernité pédagogique, triomphe de l’éducation

    Neuf d’entre elles sont donc inscrites : l’école Bois-Luzy, allée des Primevères (12e), l’école Châteaubriand à Saint-Lambert (7e), l’école Édouard-Vaillant (3e) près du Toursky avec l’ancienne école maternelle et la crèche Ceylan, l’école Malpassé-Grenier, rue du Docteur-Grenier (13e), l’école Michelet-Foch, boulevard du Maréchal Foch (4e), l’école Saint-Marcel, rue du Queylar (11e), l’école Saint-Pierre, boulevard Louis-Frangin (5e), l’école Verduron-Haut, boulevard Marius-Brémond (15e), l’école Château-Gombert-Village, boulevard Fernand-Durbec (13e).

    Outre l’intérêt architectural, c’est aussi la qualité des décors et parfois des œuvres d’art que certaines possèdent qui justifient cette protection. L’école Bois-Luzy inaugurée en décembre 1936 fait partie du programme des écoles décidées en 1933 et réalisées en 1935-1936 qui intègrent garçons et filles. C’est l’exemple de cette première série conçue dans le goût de la Troisième République avec ses coursives extérieures modernisées et qui s’inscrit dans le courant Art déco régionaliste.

    La seconde série de 1936-38 est une œuvre considérable. C’est déjà un Plan École pour faire disparaître des écoles indignes, aux locaux insuffisants et inadaptés. À la poussée démographique exceptionnelle – Marseille passe de 586 000 habitants en 1921 à 914 000 en 1936 – allait s’ajouter les effets immédiats de la loi d’août 1936 votée par le gouvernement du Front populaire porté par Léon Blum et son ministre de l’Éducation nationale Jean Zay, qui prolongeait la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.

    Les nouvelles écoles s’affirment dans le tissu urbain avec des entrées marquées, de grands portiques, un décor, un nom et le blason de la Ville. « Tout le “confort moderne” a été dispensé dans ces écoles : douches, eau chaude, sanitaires intérieurs, chauffage central pour toutes les écoles, horloges et sonnerie électriques, plus des innovations comme celles d’une salle de thérapie par UV dans la crèche du groupe Ceylan ou le solarium de la maternelle Ruffi », décrivent les historiens de l’art. L’architecture se met au service d’une modernité pédagogique. L’engagement considérable de la Ville de Marseille se traduit aussi dans l’attention portée aux enfants en dehors du temps scolaire.

  • Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Dans la cité communiste, l’église est au centre du village. L’édifice construit par la compagnie des mines, en plein pays camisard, reste l’église catholique la plus vaste du département, dont la voûte de la nef est plus haute que celle de Notre Dame de Paris… Aujourd’hui, elle trône fièrement entre les établissements scolaires, comme un lien entre le passé et le présent. Car l’ancienne cité minière n’a rien perdu de son histoire. À l’entrée de la ville, la « Maison du mineur » et le puits Ricard, classé monument historique, font vivre la mémoire de ces mineurs de fond qui ont contribué à l’essor de la France industrielle.

    Dans la commune, tous les anciens se souviennent de ce passé glorieux et regrettent la désindustrialisation, plongeant le territoire dans la précarité. Cette histoire, parfois fantasmée comme si elle ne s’était jamais accompagnée ni de tragédies (un incendie avait par exemple fait deux morts au puits Ricard en 1938) ni de dureté sociale, se confond aujourd’hui avec une certaine nostalgie chez les plus anciens. Bien sûr, la commune est passée de 14 600 habitants en 1954 à 4 700 aujourd’hui et avec cette chute s’est installée une certaine précarité. Mais La Grand-Combe garde de nombreux atouts.

    « On donne une mauvaise image de La Grand’ Combe, surtout quand il y a un drame. On dit que c’est une ville pauvre. Mais ça, ce sont les gens qui voient le négatif partout parce qu’ici, c’est tranquille, les gens sont sympas. Il y a des animations, beaucoup d’associations, le marché deux fois par semaine et le collège et le lycée. Beaucoup d’anciens regardent la Grand-Combe avec regret, mais ceux qui arrivent sont très heureux  », précise Aude, originaire de Belgique, qui tient une boulangerie dans le centre-ville.

    Près de 70 associations

    Dans la cité gardoise située à quinze minutes d’Alès, le nombre d’associations tutoie en effet les 70. « Ici, on est intégré dans la vie de la ville, en contact avec beaucoup de monde puisqu’on touche des personnes de 3 à 70 ans. On participe à toutes les actions locales comme Charbon Ardent et le carnaval. On essaie de s’intégrer à toutes les festivités », précise Amy-Charlotte, directrice artistique de l’association Soleil dansant, qui compte plus d’une centaine d’adhérents sur la commune.

    L’intégration des jeunes à La Grand’ Combe est un réel enjeu puisque pas moins de 1 264 élèves sont scolarisés dans les quatre écoles et le collège public ainsi que dans l’école, le collège et le lycée privés qui s’y trouvent. Et signe que la jeunesse est au centre des politiques publiques : la commune vient d’inaugurer un city-stade qui avait été soutenu par le conseil municipal des jeunes.

    Une seule liste en mars ?

    Dans ce contexte, les élus sortants partent favoris pour renouveler leur mandat, d’autant que la droite n’a réussi à ravir la cité cévenole qu’une seule fois depuis 1945. Si la maire Laurence Baldit (PCF) a choisi de ne pas se représenter, un duo de femmes a rapidement émergé pour prendre la relève. L’adjointe communiste en charge des finances Pascale Eugène et l’adjointe socialiste en charge de l’éducation Karine Montenez se sont entendues début juillet pour porter un nouveau projet. Elles ont fédéré derrière elles une liste qui s’appuie sur d’anciens élus, mais aussi pour moitié sur une nouvelle génération.

    En face, les opposants peinent à monter une liste. Il se murmurait que le député (UDR) Alexandre Allegret-Pilot tentait de construire une liste mais l’extrême droite reste atone à la Grand-Combe et ne semble pas en mesure de présenter un candidat. Seul Didier Merand, élu en 2020, a annoncé mi-février sa candidature dans la presse. Mais, à moins d’un mois du 1er tour, l’élu d’opposition n’a présenté ni colistier, ni programme et n’a pas commencé à faire campagne. Si bien que beaucoup s’interrogent sur sa réelle capacité à monter une liste.

  • [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    La Marseillaise : Ce salon est organisé à quelques jours de l’ouverture de Parcoursup. Quel regard portez-vous sur ce système où un algorithme décide de l’avenir des lycéens ?

    Éric Berton : C’est un système qui a le mérite d’exister, qui s’améliore chaque année. Mais c’est vrai que l’on retrouve souvent des parents et des étudiants qui se posent des questions, que cela angoisse un peu. Et certaines formations, privées en particulier, en profitent pour se vendre avec des produits… Pas toujours vendables.

    Dans ce contexte concurrentiel, comment défendez-vous l’université ?

    E.B. : Nous, nous sommes l’université de toutes les jeunesses et on revendique le fait d’accueillir le maximum d’étudiants. On est la plus grande université en termes de nombre avec 82 000 étudiants, 12 000 étrangers. On revendique le fait de donner l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur, au plus grand nombre. Le but, c’est de faire réussir l’ensemble de nos étudiants, de leur trouver un avenir et au-delà de ça, d’en faire des citoyens éclairés qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, qui sont curieux. On ne les enferme pas dans des cases, des castes. Ils peuvent changer de parcours, on a une certaine fluidité. Et nos étudiants ont le droit de se tromper, ils peuvent se réorienter. C’est ça, le service public.

    Qu’est-ce qui fait la différence avec les autres formations proposées ?

    E.B. : Justement cet état d’esprit, mais aussi la qualité de cette formation par rapport à d’autres, même s’il existe des écoles privées de qualité évidemment. Nous, nous pouvons aussi dire que nous sommes évalués, renouvelés. Nous avons un contrat avec l’État. Nous sommes accrédités. C’est ça aussi ce qui fait la force de notre université et de nos formations.

    À raison de 175 euros l’année en licence, 230 en master, les frais de scolarité sont relativement accessibles pour AMU. De quels moyens disposez-vous ?

    E.B. : Actuellement, c’est vrai que nous sommes dans un flou budgétaire, comme toute la fonction publique. Et c’est vrai que je revendique depuis longtemps un accroissement du soutien financier de l’État à l’enseignement supérieur et à la Recherche. C’est nous qui formons toutes les jeunesses et un pays doit investir dans sa jeunesse. C’est son avenir. Tous les conflits que nous vivons actuellement sont la conséquence d’un sous-investissement dans l’enseignement supérieur et la Recherche. Quand on enseigne, quand on cherche, on apprend à connaître l’autre, à ne plus en avoir peur. C’est ça, l’université. Elle est liée à la démocratie. Elles doivent prendre soin l’une de l’autre. On a besoin vraiment que la France, pays de liberté, de culture, réinvestisse dans sa jeunesse. Un pays qui ne le fait pas est un pays qui va dans le mur.

    Ce modèle français, vous l’avez également défendu avec le programme « Safe Place For Science », qui permet d’accueillir des chercheurs américains s’estimant menacés dans leur liberté académique par la politique de Donald Trump. Où en est-on ?

    E.B. : Ils arrivent et vont arriver tout au long de l’année. Même si certains sont déjà sur place, on leur laisse le temps. D’autres publient déjà sous notre nom. On ne les presse pas. Il y a des contingences matérielles avec des enfants encore à scolariser ou des parents dont il faut s’occuper. Cela se passe plutôt bien, ils ont l’impression ou le sentiment d’être chanceux par rapport à ceux que l’on n’a pas accueillis, ressentent parfois de la culpabilité. Là, pour le coup, l’État nous a beaucoup aidés. Avec 30 personnes au total, 20 sur le programme Amu « Safe place for Science » et 11 sur le programme « Choose France », c’est nous qui avons le plus de lauréats au niveau national. Il faut dire aussi que nous avons bien préparé leur venue. Ils arrivent aussi avec leurs étudiants et cela nous amène beaucoup d’échanges et de culture. C’est également l’occasion de montrer que notre modèle universitaire doit être préservé. Et je vous avoue que dans le cadre des prochaines élections… Je ne voudrais pas qu’ils aient fui Trump pour se retrouver dans un système similaire.

  • Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    « L’accessibilité pour les sourds est très complexe », signe Anthony Berard devant les participants au Café signe de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues, samedi soir. L’adjoint (LR) de la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille est venu à la rencontre des Martégaux parler accessibilité en politique.

    « Seuls sept élus municipaux en France sont sourds », avance Anthony Berard, qui s’est « investi à 15 ans » dans plusieurs associations, puis en politique en 2020. Au travers de son association, les Élus sourds, il veut « obtenir un accès à la politique comme les entendants », avec « un budget alloué aux interprètes en langue des signes pour les petites communes comme les grandes villes ».

    « Le premier sourd que je vois en politique »

    L’un des participants, sourd également, fait remarquer que « c’est la première fois que je vois un sourd en politique ». Il demande quel est le rapport entre le militantisme associatif et la politique. Anthony Berard répond que « c’est la première fois qu’on m’invite » à ce type d’échange, affirmant que « la politique doit être pour tout le monde, car nous avons tous cette envie d’être à égalité avec les entendants ».

    Une enseignante demande quel est le parcours scolaire des sourds. « Je suis allé en institut spécialisé sans entendants, puis en lycée professionnel. Maintenant, il est question d’être inclusif, soit c’est oral, soit bilingue langue des signes, soit à l’écrit. C’est un choix qui revient aux familles », détaille Anthony Berard.

    « Nous avons 9 ans de différence avec ma sœur. Elle était avec des entendants à l’école. Elle est plus autonome dans la société dans laquelle on vit », complète-t-il, sur le volet de l’inclusion scolaire. « Mon rêve est le modèle belge, où les enfants font leur choix de scolarité, mais se retrouvent tous à la pause dans le même établissement », conclut l’élu.

  • Saint-Quentin : une école à l’avenir suspendu

    Saint-Quentin : une école à l’avenir suspendu

    L’école privée catholique Sainte-Famille, installée depuis 1971 au cœur de Saint-Quentin-la-Poterie, est menacée de fermeture depuis plusieurs mois. Avec seulement 45 élèves cette année – il en faudrait 64 pour atteindre l’équilibre financier – l’établissement sous contrat d’association dépend désormais largement du soutien de la tutelle diocésaine. « Pour l’instant, c’est le Diocèse qui nous permet de tenir », reconnaît le directeur Jérôme Goudon. En effet, près 36 000 euros ont déjà été injectés pour boucler l’année, dont près de 12 000 euros rien que pour le loyer. Mais « cette situation ne peut perdurer », martèle le directeur.

    Mobilisation

    avant la sentence

    Le 16 octobre, parents, enseignants, anciens élèves et représentants diocésains s’étaient retrouvés pour faire le point sur la situation devenue critique, et tenter de trouver le remède. Les années de baisse de natalité, la difficulté à se loger dans le secteur et un manque de visibilité locale ont été identifiés comme ayant fragilisé l’école.

    Plusieurs pistes ont été évoquées pour sauver l’établissement : facturation selon les revenus, cagnotte participative, parrainage d’élèves, fusion éventuelle avec une autre école, aide de la mairie, ou encore location des locaux hors temps scolaire. Les familles ont été consultées sur une hausse des frais de scolarité : sur 25 bulletins, 6 bulletins sont contre toute augmentation, 7 bulletins pour une augmentation de 25 euros, 7 bulletins pour une augmentation de 35 euros et 5 bulletins se sont prononcés pour une augmentation de 40 euros. Une manière de montrer l’engagement des parents, alors qu’une décision définitive du Comité directeur est attendue pour le 4 décembre.

    Le réseau autour de l’école s’est également mobilisé. Une lettre collective adressée à l’évêque a déjà réuni 80 signatures, témoignant d’un fort attachement à cette école familiale. Autrement, les anciens élèves ont aussi apporté leur soutien en remettant un récit retraçant l’histoire de l’établissement, accompagné de photos et témoignages. Un geste symbolique, alors que l’ensemble des acteurs de l’école s’accroche à l’idée de « faire pencher la balance » avant la décision de décembre. L’école espère encore que quelques nouvelles inscriptions et la mobilisation de tout un village suffiront à lui offrir un nouveau sursis.

  • Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Compétence municipale, la restauration scolaire fait l’objet d’importantes politiques publiques au sein des mairies. À Montpellier, la Ville a fait le choix de mettre en place une tarification sociale dans le but de rendre accessible le repas au plus grand nombre, dès 2020. Une démarche volontariste qui a fait l’objet d’une étude, conduite conjointement par les services municipaux et la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie. « C’est un sujet sur lequel il y a un enjeu majeur pour Montpellier, une commune où le taux de pauvreté important [de 28%, Ndlr]. La mise en place d’un tarif social n’est pas incohérente », soutient Valérie Renet, présidente de la CRC. Ainsi, l’institution s’est penchée sur les 88 des restaurants scolaires des écoles, pour un budget total de 20 millions d’euros chaque année, auxquels il faut ajouter 5 millions d’euros de recettes tarifaires [payées par les familles, Ndlr].

    Jusqu’en 2023, le système en place prévoyait une tarification au taux d’effort basé sur les revenus, avec un prix plancher à 1,75 euro et un prix plafond à 4,95 euros. « Au fil des évolutions, a été mis en place un tarif forfaitaire à 50 centimes. En 2023, il y a eu une refonte complète de la grille tarifaire : le taux d’effort est passé sur le quotient familial pour mieux prendre en compte la situation des familles. Surtout, l’amplitude tarifaire a augmenté puisqu’on est passé d’un tarif plancher de 1,75 euro à 1,35 euro et un tarif plafond de 4,95 à 6,55 euros par repas », poursuit Valérie Renet. Une décision motivée par le fait « que par rapport à d’autres collectivités de même taille, notre prix plancher était plus élevé et notre prix plafond moins élevé. Il y avait une volonté de baisser les tarifs pour les plus précaires et de mettre à contribution les familles les plus aisées », détaille Marie Massart, adjointe au maire et déléguée à la politique alimentaire.

    Pas de corrélation directe

    Dès lors, cette tarification a-t-elle permis d’augmenter la fréquentation de la restauration scolaire ? « On constate qu’il y a une augmentation de la part des élèves qui fréquentent la cantine. Entre 2021 et 2024, on est passé de 81% à 85% des élèves », détaille la présidente de la CRC Occitanie. Soit l’équivalent d’1,8 million de repas à l’année, correspondant à 12 800 repas par jour. Mais l’effet sur la redistribution semble plus contrasté. « Il y a une augmentation des repas qui sont pris au tarif forfaitaire (+14%). Cependant, la méthodologie statistique utilisée montre qu’il est assez malaisé d’établir une corrélation directe entre cette tarification sociale et la fréquentation. Mais le constat reste », poursuit Valérie Renet. D’autant que Montpellier fait face à une baisse du nombre d’élèves. L’écart de fréquentation selon les revenus des familles s’est néanmoins réduit. « Les familles les plus précaires ne fréquentent pas plus la cantine. Certaines ne travaillent pas forcément et donc ont la possibilité de s’occuper de leurs enfants entre midi et deux. Si cela peut permettre de faire une pause dans la journée, il n’y a aucun souci. L’objectif n’était pas d’avoir 100% des enfants à la cantine », soutient Marie Massart.

    Toujours est-il que le tarif a baissé pour 60% des familles grâce à la refonte de la grille tarifaire, pour un coût estimé à 324 000 euros par an. « Pour les familles les plus modestes, il y a eu une diminution de 10% du tarif moyen. Le tarif forfaitaire de 50 centimes concerne les familles monoparentales qui sont au RSA. Dans cet objectif de redistribution, la CRC propose d’élargir ce tarif aux couples au RSA car il existe un gros écart », fait valoir Valérie Renet.

  • « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « L’autodétermination c’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. C’est un accompagnement adapté. »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et Divergence-fm.org) participe à l’émission « Quoi de neuf ? » . Cette semaine, notre invité est Jacques Mallet, président adjoint de l’Unapei 34, engagée auprès des enfants et personnes en situation de handicap mental.

    L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (Unapei) est implantée dans toute la France et de nombreuses associations y sont affiliées. Dans l’Hérault, l’association Unapei 34 s’occupe de 1 300 personnes en situation de handicap mental, gère 33 établissements et services médico-sociaux et emploie 860 équivalents temps plein. Lors de la rentrée scolaire, elle a dénoncé l’absence de scolarisation pour plus de 700 enfants dans l’Hérault et révèle que près de 300 enfants sont sur liste d’attente pour une place en établissements médico-éducatifs (IME). Rencontre avec son président adjoint, Jacques Mallet, pour ce premier numéro de la nouvelle saison de Quoi de Neuf.

    Françoise Verna : Comment expliquez-vous les grandes difficultés de scolarisation en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap ?

    Jacques Mallet : La grande difficulté de la scolarisation des enfants c’est déjà, tout simplement, la prise en compte du handicap, la prise en charge de l’enfant en difficulté. Qu’il ait simplement un trouble Dys : dysorthographie, dyscalculie, etc, ou autre. Nous travaillons en ce sens actuellement. Nous relançons madame la rectrice de Montpellier pour pouvoir mettre en place des passerelles, des liens et arriver à mutualiser nos efforts, à la fois l’éducation nationale et à la fois notre association, qui n’est pas la seule dans le département de l’Hérault à prendre en charge des enfants en situation de handicap mental ou de déficience intellectuelle, mais qui représente sur l’arrondissement de Montpellier, l’une des plus importante.

    Olivier Nottale : Il y a les accompagnants d’enfants en situation de handicap, les AESH. Est-ce que la difficulté vient du manque de ces accompagnants ? d’une mauvaise gestion ?

    Jacques Mallet : On pourrait dire d’emblée que c’est une question de moyens qui manquent. Je ne suis pas persuadé que c’est cela qu’il convient de mettre en avant, tout de suite. Je pense que la première des choses c’est la volonté politique, au sens premier du terme. Au sens de la vie dans la cité. Quelle place veut-on donner aux personnes en situation de handicap ? Quand on parle de handicap mental ou de déficience intellectuelle, c’est souvent un handicap invisible. je prends l’exemple de ma fille qui est atteinte d’un trouble autistique, et bien vous allez la voir très sociable, capable de communiquer sans problème, mais elle vous cachera toutes les périodes d’angoisse et de grandes difficultés. La question est avant tout politique : qu’est-ce qu’on veut faire dans notre société pour les personnes en situation de handicap ? Près de 65%d’enfants suivis par l’Unapei n’ont pas de numéro INE, c’est-à-dire d’identification de l’élève. Pour schématiser, ils n’existent pas pour l’éducation nationale.

    Françoise Verna : La loi de 2005 dit pourtant que la scolarisation est un droit. Nous pourrions revenir sur l’Histoire, Marc ?

    Marc Ossorguine [administrateur de Radio Divergence, ancien formateur et éducateur spécialisé ] : La loi de 2005 suit celle de 1975, dîte « loi d’orientation en faveur des personnes handicapées ». Elle a mis en place beaucoup de choses mais n’a pas atteint ses objectifs, loin s’en faut. La loi de 2005 était là pour la toiletter avec un slogan clé, « l’enfant au cœur du dispositif ». C’est là que l’on a commencé à parler de « personnes en situation de handicap » et non plus « d’élèves ou de personnes handicapé(e)s ». Je me suis toujours dit deux choses : la première c’est que beaucoup de gens ont pris cette formulation comme du politiquement correct sans mesurer toutes les conséquences que cela disait. Et puis, je me suis dit que cela n’allait pas assez loin et qu’il faudrait parler de « situation de handicap » tout court. Cela veut dire qu’il n’y a pas un enfant qui est « responsable » de son handicap mais qu’il y a une situation qui fait qu’une personne se retrouve handicapée. Cela tient aux déficiences et aux capacités qu’elle peut avoir mais pas seulement. Cela tient aussi à l’environnement, à l’organisation matérielle d’un espace, au suivi, etc. qui disent que l’on parle bien d’« une situation de handicap ». C’est une question collective, pas individuelle.

    Jacques Mallet : Il y a un mot très important dans la loi de 2005 : c’est une loi pour « l’égalité des chances ». Quand je vous parlais d’inclusion, ce n’est pas un mouvement qui va de la personne handicapée vers la société. C’est à la société d’aller vers l’enfant en situation de handicap. Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, on avance un autre mot : l’autodétermination. Nous avons mis ce terme dans nos objectifs stratégiques et dans nos statuts de l’association Unapei 34.

    Olivier Nottale : Qu’est-ce que cela veut dire précisément « l’autodétermination » ?

    Jacques Mallet : C’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. Ce n’est pas laisser faire l’enfant tout seul ! L’autodétermination, ce n’est pas l’absence d’accompagnement. C’est un accompagnement adapté, mesuré, qui prend en compte les difficultés mais aussi le potentiel et les capacités d’un enfant.

    Site internet : Unapei34.org

  • Martine Vassal en visite au collège des Caillols

    Martine Vassal en visite au collège des Caillols

    Le collège des Caillols (12e), a accueilli, mardi, Martine Vassal, présidente du Département (DVD), en tournée dans les collèges des Bouches-du-Rhône pour la rentrée des classes. L’occasion pour l’élue, visée depuis le 27 août par une enquête du parquet de Marseille pour « détournement de fonds » et « corruption » (notre édition du 6 septembre), de distribuer aux nouveaux élèves de sixième l’ordinateur offert par le Département. Un équipement qui se veut pédagogique et se bloque automatiquement entre 21h et 7h.

    Il permet, d’après le Département, une économie de 700 euros par famille, à l’entrée en sixième. En plus de l’ordinateur, l’ensemble des collégiens reçoivent un kit de fournitures, comprenant notamment une calculatrice Texas Instrument niveau collège pour les sixièmes et une carte Cjeune, rechargeable chaque année jusqu’à la troisième à hauteur de 150 euros. Des ressources utilisables pour le soutien scolaire, les activités culturelles ou sportives. Cette carte permet, aussi, d’accéder à des réductions jusqu’à 25 ans dans les 2 000 structures partenaires.

    Martine Vassal a également profité de son passage pour visiter la classe de troisième prépa-métiers, accessible seulement dans sept collèges marseillais, les autres classes étant accueillies par des lycées professionnels. « Les élèves suivent globalement les mêmes cours que les autres collégiens, ils ont 5 heures en plus par semaine de découverte professionnelle », détaille Sofiane Smaine, professeur de technologie. Son collègue Franck Minjard ajoute : « Le problème, c’est que nous avons des classes très chargées… Il s’agit de profils très peu autonomes, c’est difficile d’en gérer 24 en même temps ».

    Quatre élèves de troisième, deux de la prépa-métiers et deux d’une classe classique ont pu, dans le cadre de la réalisation d’une émission web radio, interroger la présidente du Département à leur micro. Mais Martine Vassal ne lâchera pas de scoop aux journalistes en herbe.