Tag: scientifiques

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Dans les années 1960, les zostères tapissaient 6 000 hectares du fond de l’étang de Berre. Quarante ans plus tard, il ne restait plus qu’un hectare de ces herbiers. La faute à de multiples dégradations, entre les pollutions industrielles des usines, les rejets des stations d’épuration et l’eau douce apportée par les bassins-versants et la centrale EDF de Saint-Chamas, qui eutrophisent les milieux. « Et puis il y a une petite inversion, raconte Raphaël Grisel, directeur du Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de la lagune salée. C’était très lent au début, à tel point qu’on ne s’en est pas immédiatement rendu compte. »

    Depuis 2024, à la suite de la crise écologique d’anoxie de 2018 qui a fait reculer cette progression de moitié, la structure accompagne ce processus de recolonisation en menant des opérations de transplantation d’herbiers de zostères, chaque année.

    Cette espèce protégée, surnommée « ingénieure d’écosystème », est le véritable poumon de la lagune : refuge, lieu de reproduction et zone d’alimentation pour les poissons, elle produit également de l’oxygène, constitue des puits de carbone et est un bouclier contre l’érosion des côtes.

    3 600 plants

    Parmi les six sites retenus autour de la lagune pour recevoir les 3 600 plants figure celui de la pointe de Berre. Localisé juste derrière des installations de stockage de LyondellBasell, classées Seveso, il est quasiment inaccessible au public. Seuls les réacteurs des avions qui décollent de l’aéroport Marseille-Provence rompent le silence. Cette tranquillité était l’un des critères de sélection, mais il n’était pas le seul.

    « Notre volonté est d’accélérer un processus naturel, explique Raphaël Grisel. Les cartographies montrent qu’il y a des secteurs où les zostères ne poussent pas par générations spontanées. C’est dans ces endroits qu’on les met de manière préférentielle pour qu’elles puissent essaimer. Avec l’aide de chercheurs qui ont fait des modélisations, on a trouvé des endroits où les boutures vont pouvoir reprendre. »

    D’un côté de la pointe, les équipes prélèvent des mottes. De l’autre, ils les transplantent en adoptant des formes particulières. « Le triangle fonctionne bien », confie le directeur du Gipreb. Nicolas Mayot, docteur en biologie marine et chargé de mission scientifique au sein du syndicat mixte, développe : « On a une technique qui marche, mais on essaye encore d’optimiser le nombre de mottes que l’on peut mettre pour avoir le meilleur ratio. On va suivre ça avec des survols en drone pour affiner notre méthode. »

    La méthode est d’ores et déjà efficace, puisque les résultats observés « sont les meilleurs d’Europe ». « On en est fiers », assure Nicolas Mayot. En moyenne, la surface transplantée est multipliée par 100. Depuis 2024, 8 m² ont repeuplé plus de 750 m2 (selon les mesures de 2025). « Entre le naturel et ce que l’on a repeuplé, on gagne environ 15 ha par an », précise Raphaël Grisel. La dynamique est bonne, mais l’objectif de 1 500 ha fixé par la directive-cadre sur l’eau est loin d’être atteint.

    Sur cette anse de la pointe de Berre, les équipes du Gipreb ont « quasiment restauré 5 000 m² de zostères » en l’espace de deux ans. Le biologiste pense pouvoir prélever dans les transplantés dès l’an prochain. « C’est un cercle vertueux. »

    Il prévient tout de même : « Il y a une grosse mode sur la transplantation, mais il ne faut pas sauter les étapes. D’abord, on identifie la source de dégradation, puis on la corrige et ensuite on restaure, sinonn c’est vain. »

    « Un des paramètres majeurs pour la pousse des zostères est la transparence de l’eau », souligne le directeur du Gipreb. « Jusque-là, les matières en suspension des apports d’eau douce d’EDF créaient une gêne, mais aussi l’azote et le phosphore apporté par tout le bassin-versant, la centrale Saint-Chamas, mais aussi les stations d’épuration, les rivières etc. qui favorisent le phytoplancton qui empêche la lumière de pénétrer au fond. »

    Le protocole signé en 2023 entre le Gipreb et l’énergéticien pour interdire les rejets durant l’été et l’amélioration du réseau d’assainissement ont « eu un rôle évident » dans la restauration des herbiers, au moins dans les zones de faible profondeur. Désormais, le syndicat mixte aimerait atteindre les 3 mètres. « À cette profondeur, si tout est colonisé, on aurait 1 000 ha de zostères », révèle Raphaël Grisel.

  • Le département du Var récompense la recherche et l’innovation

    Le département du Var récompense la recherche et l’innovation

    Lancés fin 2024 par le conseil départemental, les Prix de l’innovation et de la recherche du Var s’inscrivent dans le cadre de la politique « Var, terre d’innovation », qui entend mettre en relation le domaine public, la recherche, la formation et les activités économiques, en promouvant de nouveaux modèles de développement territorial pour les années venir.

    Cette année, plus de 50 candidats, étudiants, associations, chercheurs, acteurs de l’économie sociale et solidaire, entrepreneurs ou collectivités locales ont concouru dans cinq catégories (innovations technologique, sociale et environnementale, prix des collectivités et le prix nouvellement créé « valoriser notre territoire »), auxquelles s’ajoutait le prix « coup de cœur du jury ».

    « Comme en matière de protection de l’environnement, nous avons l’ambition de fédérer l’innovation. Nous avons eu des projets de qualité, compliqués à départager », a salué le président du Département, Jean-Louis Masson.

    Ont ainsi été récompensés, entre autres, le projet Stop Crabe 83 (innovation environnementale), qui vise à limiter la prolifération du crabe bleu par des moyens scientifiques et sociaux, le dispositif Seat Up (innovation sociale) destiné à favoriser l’accueil des personnes à mobilité réduite lors des concerts grâce à des sièges ajustables en hauteur, et le projet de chauffage solaire Sunaero (innovation technologique), qui permet de diffuser un air chauffé jusqu’à +30 °C par rapport à la température extérieure. Chacun d’entre eux a reçu une aide de 10 000 euros. « Et on réfléchit à accompagner les projets pas encore mûrs dans leur progression », note Laetitia Quilici, vice-présidente du Département à la commission numérique, enseignement supérieur, recherche et innovation.

  • La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    Traduire un petit mot n’a jamais été aussi simple, à l’ère de la multitude d’applications existantes, avec plus ou moins de réussite. Mais traduire une œuvre littéraire entière, avec ses tournures de phrases, ses subtilités et ses expressions qui ne se transposent pas mécaniquement d’une langue à l’autre, est une tout autre affaire. Un défi auquel s’attellent des milliers de traducteurs dans l’Hexagone. Et c’est cette pratique ancestrale que souhaite inscrire au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, entre autres, Laurent Lombard, vice-président de l’Université d’Avignon.

    « On s’est rendu compte, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de l’intérêt hallucinant qu’il y a pour la traduction », explique celui qui est aussi enseignant-chercheur et qui a traduit pas moins de 150 œuvres du français vers l’italien et vice et versa. « L’idée est de montrer l’importance de la traduction dans l’histoire de l’humanité. Cela a jalonné l’histoire de nos pays et créé un dialogue dans nos disciplines sans lequel on serait dans un monde bien différent », poursuit-il. L’expression italienne traditore o traduttore, en français « traître ou traducteur », illustre ainsi, pour l’universitaire, l’art qu’est la traduction.

    Les premières actions pour faire avancer le projet ont d’ailleurs déjà commencé. Plusieurs événements et colloques réunissant traducteurs, universitaires et scientifiques ont été organisés, tandis que les initiatives se multiplient. « Il faudra aussi que d’autres structures d’autres pays s’engagent pour renforcer le dossier », souligne Laurent Lombard.

    Ouverture d’esprit

    Une démarche lancée également avec la Cité internationale de la langue française. C’est d’ailleurs un discours du président de la République, prononcé lors de l’inauguration du lieu, qui a fait germer l’idée. « L’Europe est le continent dont la langue, pour paraphraser Umberto Eco [philosophe, sémioticien et écrivain italien, Ndlr], n’est ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand, ne cherchons pas la compétition. La langue de l’Europe est la traduction, disait-il, c’est-à-dire ce point de passage de l’une à l’autre », déclarait-il alors. Estimant que « la traduction du français dans des langues étrangères devient, dans beaucoup d’endroits, une forme de combat politique », Emmanuel Macron appelait notamment à « multiplier ces traductions, mais surtout à les rendre accessibles ».

    « Des gens sont morts et meurent encore aujourd’hui car ils traduisent. Cela symbolise aussi une ouverture d’esprit, ce que certains ne supportent pas », conclut Laurent Lombard avec passion.

  • La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    Face à plusieurs centaines d’éleveurs venus de toute la France pour assister au congrès des Groupements de défense sanitaire de France (GDS) – une organisation délégataire de l’État chargée de la prévention et de l’accompagnement des exploitants face aux maladies – la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était présente ce vendredi 24 avril à Avignon. Elle a notamment annoncé une revalorisation de 850 euros de l’indemnisation liée à l’abattage dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, portant cette compensation de 2 500 à 3 250 euros par bête.

    « C’est pas mal », glisse spontanément un éleveur dans l’assemblée. « Ces annonces étaient attendues, donc elles vont dans le bon sens », confirme Christophe Moulin, président de GDS France. De son côté, Annie Genevard insiste sur cette réponse « favorable à cette demande des éleveurs », et ce « malgré le contexte budgétaire ». Une mesure qui est également rétroactive.

    Nouvelle ère

    Pour autant, cette aide ne règle pas tout. Christophe Moulin souligne ainsi la nécessité de construire un nouveau modèle de lutte contre la prolifération et le développement des maladies. Ces dernières années ont été particulièrement marquées par des crises sanitaires successives dans les élevages, avec notamment la fièvre hémorragique en 2023, la fièvre catarrhale ovine en 2024, ou encore la grippe aviaire.

    « Nous entrons dans une nouvelle ère sanitaire. Nous avons aujourd’hui des outils qui ont répondu parfaitement à l’ancienne ère avec des maladies ayant d’autres modes de transmission Développons de nouveaux moyens pour pouvoir efficacement résister. Si nous gardons un ancien modèle pour gérer d’autres maladies, on n’y arrivera pas », note le président de GDS.

    Un effort de pédagogie est aussi nécessaire, alors que des vétérinaires ont été pris à partie lors de différentes crises. « Il y a eu de la désinformation, notamment lors des élections des chambres », glisse un éleveur, visant notamment la Coordination Rurale. « Il faut que les scientifiques s’expriment. Je suis aux côtés des vétérinaires, car ce qui est arrivé est insupportable », ajoute la ministre.

    Le territoire vauclusien est, lui, plutôt épargné par les différentes pathologies. Le sénateur de Vaucluse Lucien Stanzione (PS) a évoqué la question du loup, l’élu faisant partie d’une mission sénatoriale sur le sujet. « La ministre a annoncé la loi d’urgence agricole qui aura une partie consacrée à la lutte contre le loup, ce qui touche notre territoire. Il faudra que nous soyons vigilants pour savoir si les mesures annoncées seront vraiment efficaces », pointe-t-il

  • Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Frelon asiatique à pattes jaunes, fourmi électrique, crabe bleu et cochenille tortue du pin. Réuni pour une deuxième session la semaine dernière, le comité départemental consacré à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes a fait le point sur le suivi de développement de ces quatre bestioles qui prolifèrent dans le Var et font donc l’objet d’une attention particulière.

    Après une première réunion en février pour évaluer l’étendue des dégâts pour élaborer un premier diagnostic et présenter les dispositifs mis en place, il s’agit cette fois-ci de voir leur efficacité, d’identifier de nouvelles actions à mener dans les prochaines semaines mais surtout d’informer le public sur les gestes réflexes à adopter si jamais il était confronté à ces espèces. De véritables fléaux quand elles sont identifiées parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité sur un territoire qui concentre 50% des espèces de métropole dont 61% végétales et 83% des oiseaux nicheurs.

    Concrètement, une série de fiches a été établie à l’attention des habitants, des professionnels et des touristes dans le cadre d’une action de communication qui a démarré dès le début de ce printemps. Où l’on apprend que les stratégies de lutte sont très diverses, entre éradication et contention quand l’espèce est déjà trop installée.

    Un frelon bien installé

    Sur la fourmi électrique, arrivée d’Amérique du Sud et repérée pour la première fois dans le Var en 2022 à Toulon, des foyers se sont développés sur un peu plus de 7 hectares. Sa piqûre très douloureuse peut entraîner des inflammations sévères voire la cécité chez les animaux domestiques. Seule solution trouvée, l’insecticide même si des produits alternatifs sont à l’étude.

    La cochenille tortue du pin, originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie, a elle infesté les pins parasols et maritimes du golfe de Saint-Tropez après être passée par Naples et Rome. Tel un vampire, elle suce la sève des arbres jusqu’à les tuer. Pour éviter sa propagation, les pépiniéristes, paysagistes et jardineries ont été sensibilisés, les arbres contaminés dans la nature sont élagués dans un périmètre contraint. Aucun traitement efficace n’a encore été trouvé.

    Plus connu, le frelon asiatique à pattes jaunes, qui a déboulé en France voilà plus de 25 ans est largement installé. Il faut donc vivre avec. Près de 85% de son alimentation étant composée de guêpes, de mouches et d’abeilles dont environ 40% domestiques, « il exerce une pression directe » sur les ruches note le comité départemental, en capturant les ouvrières à l’entrée. Il attaque aussi pour défendre son nid si un humain est à proximité, provoquant des piqûres multiples et des envenimations graves. Pas question de tenter de le détruire par ses propres moyens, prévient le comité, la chose devant être confiée à un professionnel.

    Dans l’eau saumâtre ou salée, on trouve enfin le crabe bleu, omnivore, dont la femelle est capable de pondre jusqu’à 2 millions d’œufs d’un coup. Tout ce petit monde pouvant parcourir jusqu’à 15 km, les équilibres écologiques locaux sont perturbés, le crabe entrant en concurrence avec les espèces autochtones. Outre sa surveillance étroite avec l’implication des pêcheurs et des scientifiques, le comité constate également que le crustacé est savoureux

    Infos sur fredon.fr/paca

  • Les accents disséqués pour le grand public

    Les accents disséqués pour le grand public

    Les accents marseillais à l’écran, accents de banlieue et accents bourgeois, le parler gaga… Ce jeudi soir à la bibliothèque Alcazar, les sujets ne manquent pas pour cette soirée de lancement du festival des accents. Après une première édition à Saint-Etienne, c’est entre Marseille et Aix-en-Provence que l’événement gratuit de médiation scientifique et culturelle s’installe jusqu’à samedi.

    L’initiative, portée par sept scientifiques de toute la France et deux artistes, a pour but de faire découvrir au grand public les recherches qui existent autour de ces questions. « On veut montrer ce que l’on fait de manière scientifique sur les accents, explique le linguiste à Aix Marseille Université et responsable local de l’organisation Médéric Gasquet-Cyrus. Comment on décrit la prononciation des gens, ce que cela veut dire du point de vue social, pourquoi des gens cachent leur accent, comment ça se manifeste, pourquoi est-ce qu’on peut enseigner avec un accent, etc. »

    Vulgarisation scientifique

    Un exercice pointu pour les scientifiques, qui doivent simplifier leurs recherches pour les rendre accessibles au grand public, car définir l’accent n’est pas chose aisée. « On essaie de le faire grâce à des jeux, de petites conférences avec des exemples, à travers aussi des artistes, puisqu’on a de la chanson, de l’humour, du théâtre, pour justement que ce soit agréable », explique le linguiste.

    Après les conférences de ce jeudi soir, ayant presque rempli l’amphi théâtre de l’Alcazar, c’est dans le laboratoire de linguistique du CNRS d’Aix-en-Provence que le festival se poursuit ce vendredi de 9h30 à 17h. « En plus des conférences et des jeux, on leur présentera les machines, on va leur expliquer comment on analyse ces signaux de parole », développe l’organisateur. C’est au théâtre de la Criée, à Marseille, qu’aura lieu la dernière journée de l’événement de 9h30 à 17h30, avec tables rondes, expositions, ateliers ou encore diffusion de documentaires.

    Programme complet sur le site : festivaldesaccents.org

  • Une étude pour comprendre l’érosion de la Gracieuse à Fos-sur-Mer

    Une étude pour comprendre l’érosion de la Gracieuse à Fos-sur-Mer

    La flèche de la Gracieuse porte son surnom « la dune vivante » à merveille. Les 6 km de cordon dunaire, liés à l’embouchure du Rhône, sont en mouvement permanent, des transformations visibles à l’échelle des décennies. Depuis son existence, cette bande sableuse est confrontée à trois problématiques majeures : une forte érosion, la formation de brèches et une accumulation de sédiments à sa pointe, à l’entrée du golfe. Des phénomènes susceptibles de déstabiliser le littoral. « Le risque est que la flèche se scinde en deux et qu’elle perde toutes ses fonctionnalités de protection et ses fonctions écologiques », alerte la cheffe de projet, Audrey Grech.

    Immiscée entre la houle méditerranéenne et les eaux plus calmes du golfe de Fos, cette barrière naturelle « protège les activités portuaires et celles du territoire », décrit Anastasia Touati, directrice de la valorisation du patrimoine et de l’innovation au port de Marseille-Fos.

    Préservation de la flèche

    Gestionnaire des espaces naturels depuis 20 ans, le Port est en charge de « la préservation de ses espaces naturels, qui sont au croisement de plein d’écosystèmes différents », précise-t-elle. Ces espaces naturels couvrent 4 400 hectares du bassin ouest du Port de Marseille. La flèche de la Gracieuse en fait partie. « C’est un lieu qui présente une forte richesse écologique : au niveau végétal avec les herbiers de zostères et les prairies sous-marines, et au niveau de la faune, particulièrement de l’avifaune. C’est un lieu de repos et de nidification pour les différentes espèces d’oiseaux », résume Audrey Grech.

    « Ces dernières années, on a continué à la maintenir grâce à des opérations de rechargement. Mais évidemment, ce n’est pas durable sur le long terme », reconnaît la directrice. En 2012, des « travaux pansements » avaient été engagés : des apports de sable pour remettre à niveau la dune et lui redonner ses quatre mètres de hauteur. Mais l’ensemble a été emporté par les tempêtes de 2017-2018. « à cause du changement climatique, les tempêtes sont soit plus fortes, soit plus rapprochées. Mais ça, on ne le sait pas encore, on va l’étudier », interroge Audrey Grech. Elle ajoute : « Quelles solutions de travaux mettre en place pour que la flèche se dégrade moins ? » L’étude scientifique menée par le Port Marseille-Fos et ses partenaires techniques -Cerege, Cerema et Suez Consulting- vise justement à répondre à cette question. L’enveloppe de 535 000 euros délivrée par l’état, la Région Sud, l’Agence de l’eau de la Région et le Port de Marseille-Fos offre trois ans de recherches aux équipes de scientifiques.

    Pour anticiper une potentielle division du bras de sable, la Gracieuse fait l’objet d’analyses approfondies afin de comprendre ses mouvements, son érosion et les mesures à envisager pour la préserver. Depuis 2025, les chercheurs mesurent l’ensemble des phénomènes à l’œuvre sur ce site : « Les courants, la topographie de la flèche, la bathymétrie dans l’eau ou du sol, l’épaisseur des sédiments… », énumère la doctorante en science. « Le but étant d’avoir un état zéro de la flèche à l’instant T », autrement dit un état témoin qui servira de comparatif à toute autre mesure.

    Les partenaires analysent aussi l’évolution du site depuis les années 1700 jusqu’à aujourd’hui. Ces travaux permettront de retracer l’histoire de la flèche et de mieux comprendre ses mécanismes, de façon à « comprendre le passé pour pouvoir au mieux prévoir le futur. Il y a deux sortes de modélisations prévues : une à grande échelle et une à haute résolution. » Elles offriront plusieurs scénarios d’évolution pour identifier le plus adapté.

    Parallèlement, une expérimentation scientifique est en cours pour concevoir le modèle optimal de dune pour la flèche de la Gracieuse. Les chercheurs cherchent à déterminer l’ensemble des paramètres nécessaires pour stabiliser durablement la flèche et réduire son érosion sur le long terme.

  • Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    À peine un pied posé sur la plage des Combattants, Brigitte, les yeux rivés sur le sol, s’exclame : « Eh ben, y a de quoi faire ! » La retraitée fosséenne participe à des collectes de déchets depuis des années. Elle a commencé avec son club de vélo, en 2021. C’est par le biais de son ami Daniel Moutet, président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos, qu’elle a connu l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, l’organisme qui encadre le ramassage ce mardi matin. L’objectif de ce protocole participatif : quantifier et caractériser les microplastiques dans les sédiments du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.

    Ce n’est pas la première fois que les scientifiques, accompagnés d’habitants volontaires à l’acquisition de données environnementales, prélèvent les macroplastiques sur cette petite plage qui fait face aux usines des bassins ouest du Grand port maritime. Audrey Souloumiac, responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut, précise : « On était déjà venus l’an dernier. Ce n’était pas la plage la plus polluée, on avait surtout récupéré du verre, contrairement à la plage du Cavaou, à proximité des terminaux méthaniers, qui est interdite au public et qui est jonchée de plastiques qui arrivent de la mer. »

    Aux Combattants, l’Institut éco-citoyen mène aussi des relevés de diversité marine en palmes, masque et tuba depuis 2017. « On note toute la faune et la flore qu’on observe. Ça nous a notamment permis de voir qu’il y avait eu un effondrement de la flore au moment de l’accident de Kem One en juillet 2020. Aujourd’hui, on est quasiment revenu au niveau d’avant. »

    Un partenariat à venir

    Ces relevés de diversité marine permettent aussi d’observer « des modifications au niveau des espèces », affirme Audrey Souloumiac. « Avant, il y avait des gorgones. Depuis quelques années elles sont complètement mortes à cause de la chaleur. Elles ont un rôle de filtrage donc c’est assez
    important.
     »

    L’institut éco-citoyen veut désormais aller plus loin sur cette plage. « On a pris contact avec le club de plongée de Port-de-Bouc pour mettre en place un protocole de relevé de macrodéchets sous-marins », révèle la responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement.