Tag: sciences participatives

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • Des granulés plastiques industriels polluent les plages

    Des granulés plastiques industriels polluent les plages

    « Les larmes de sirène. » Voilà un nom bien poétique pour une réalité qui l’est beaucoup moins. Cette expression désigne de petits granulés plastiques, dont la taille varie entre 1 et 5 mm, d’origine industrielle (GPI). « On s’est aperçus qu’il y en avait beaucoup sur les plages du Jaï et des Marettes, raconte Audrey Souloumiac, responsable de l’observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions. On s’est demandé s’il n’y avait pas un protocole de sciences participatives à mettre en place pour quantifier cette pollution et déterminer sa provenance. »

    Quelques mois plus tard, cette méthodologie, imaginée avec l’association Wings of the Ocean, rend ses premiers résultats. Ils révèlent une contamination majeure, concentrée sur certaines plages. Plus de 1 000 granulés par m2 ont été comptabilisés en moyenne à l’arrière de la plage du Jaï-nord, et jusqu’à 2 000 granulés par m2 dans la laisse de mer de la plage du Cavaou (528 granulés/m2 en moyenne). À Martigues, la plage de Bonnieu est elle aussi concernée, tout comme le Cavaou à Fos.

    S’agissant de l’étang de Berre, « on a identifié plusieurs industries probablement à l’origine de cette pollution : LyondellBasell et Kem One », révèle Audrey Souloumiac. Un dialogue a été entamé et une campagne de dépollution devrait être mise en place par les entreprises, « qui ont pris le problème très au sérieux ». Du côté du golfe de Fos, Naphtachimie se trouve en face des plages contaminées. L’industriel n’a pas encore été contacté.

  • Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Chaque année en France, plus de 40 000 décès peuvent être imputés à la pollution de l’air, selon un rapport de Santé publique France en 2025. Pourtant, les enjeux de qualité de l’air et leurs impacts sur la santé et l’environnement restent mal connus, « parce que c’est vrai que mesurer et appréhender ce qu’on respire dans une pièce, cela nécessite des moyens qui sont généralement lourds », explique Dominique Robin, directeur général d’AtmoSud.

    Depuis trois ans, AtmoSud, l’observatoire régional de la qualité de l’air, et France nature environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur (FNE Paca), fédération d’associations environnementales, pilotent le projet de sciences participatives Capt’Air Citoyen. L’objectif : « Rendre accessible et compréhensible l’information par l’engagement pour impulser les changements de comportement », résume Dominique Robin. Les deux organisations accompagnent des structures volontaires au sein du projet dans les protocoles qu’elles souhaitent mettre en place.

    Pour agir, comprendre

    L’association Air Citoyen a par exemple décliné le programme Air’Ô au sein du projet Capt’Air. « Fournir des capteurs pour mesurer la qualité de l’air intérieure et extérieure ne suffit pas à mobiliser, raconte Magali Guyon, fondatrice de l’association. Pour nous, l’enjeu réside surtout en l’accompagnement des participants : l’installation des capteurs, leur suivi, le partage d’expériences ». Au total, 56 participants de Belsunce, Noailles et la Belle de Mai ont suivi le programme, ces trois dernières années. 85% d’entre eux ont modifié leurs pratiques pour améliorer la qualité de l’air, selon Magali Guyon.

    Aurélie Biron, directrice de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Activ’Santé, témoigne quant à elle de résultats intéressants auprès des professionnels de santé qui ont participé au projet Capt’Air, dans les 4e et 5e arrondissements de Marseille : « Des capteurs installés dans des cabinets médicaux ont révélé des taux de particules fines et de CO2 bien supérieurs aux seuils limites, à cause des conditions de renouvellement de l’air très insuffisantes. » Elle rapporte que cette action « a permis de sensibiliser les médecins et la patientèle à la qualité de l’air et de dépasser l’approche curatif pour aller vers le préventif ».

    Capt’Air s’inscrit dans une démarche territoriale plus large, au sein des Plans de protection de l’atmosphère (PPA) développés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). La Dreal, qui finance déjà le projet, souhaiterait encourager sa poursuite qui va « au-delà des mesures classiques en matière de préservation de la qualité de l’air », indique Zoé Mahé, directrice adjointe.