Tag: samuel paty

  • Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Le long-métrage retrace les jours ayant précédé l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty en octobre 2020. Initiée par la Région, cette séance s’inscrit dans une « démarche de démocratisation culturelle et de sensibilisation des jeunes aux enjeux citoyens ». Une masterclass avec le réalisateur est prévue à l’issue de la projection afin d’échanger autour de la liberté d’expression, de la laïcité et du respect de l’autre.

  • Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Les sentiments sont encore très partagés pour les Aubagnais, près de 36 heures après le drame. En face du cinéma le Pagnol, plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, tout le monde s’est déplacé pour témoigner leur soutien et leurs pensées au corps enseignant. Une ambiance positive s’est dégagée du rassemblement.

    « Ça aurait pu être moi » lance Paolo, un ancien élève du collège Lakanal. « C’est pas normal qu’on puisse entrer dans le collège avec une arme et tirer comme ça sur ses professeurs. » Bastien et Mathieu sont élèves en classe de 3e dans ce même collège. « Ça va déjà mieux qu’hier, ça nous a fait bizarre tout ça. Mais c’était important de venir ici, pour le geste qu’a pu faire le CPE », témoignent les collégiens. « On le connaissait mais pas plus que ça, on savait qui c’était. C’est difficile de savoir si tout ce qui se dit dans les médias est vrai quand on ne le connaît pas personnellement », finissent par conclure les deux adolescents.

    Pour Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, « l’objectif de ce rassemblement est de se recueillir ensemble ». « Et le tout sans prise de parole, sans banderole, sans message. Nous voulons laisser la place aux gens pour échanger, discuter. » L’élu est satisfait de la démarche mise en place. « C’est quelque chose que nous avons l’habitude de faire à Aubagne, donc c’était une évidence que de proposer ce rassemblement. C’est un moment où il faut avoir du lien, se parler. Il ne faut pas se renfermer. »

    De nombreux enseignants ont fait le déplacement pour participer à ce rassemblement. Céline est professeure d’EPS, et a enseigné dans le passé au collège Lakanal. « Je suis venue témoigner mon soutien aux collègues, c’est une émotion particulière quand on a nous-mêmes travaillé dans cet établissement. En plus je suis aussi parent d’élève donc j’ai la double casquette », s’exprime-t-elle. Deux professeurs de Gémenos étaient également présents à Aubagne lors de cette soirée de mardi. Ils ont notamment évoqué « la journée de commémoration pour Samuel Paty et Dominique Bernard qui a eu lieu, comme prévu, dans l’établissement, avec une pensée forcément pour les enseignants blessés lundi ».

    Parents et enfants marqués

    Du côté des parents, la plaie semble encore à vif pour certains. Élodie et Charlotte ont toutes les deux une fille de 14 ans, scolarisées en classe de 3e dans l’établissement. La première précise que sa fille « s’est retrouvée face à l’assaillant », ce qui l’a « énormément marquée ». « Elles discutent beaucoup entre elles, elles se refont en boucle le scénario, étant donné qu’elles n’étaient pas au même endroit au moment des coups de feu », complète Charlotte. « Ça leur fait du bien d’être ensemble et d’en parler, d’avoir du lien. C’est bien que ce rassemblement ait été proposé », poursuivent-elles. « Malgré tout, le sentiment qui se dégage c’est surtout beaucoup de tristesse et de la peine pour le gamin. Pourquoi rien n’a été fait pour découvrir ce problème ? Ça reste un enfant de 14 ans, qui a gâché sa vie », concluent les deux mamans.

    « Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller rencontrer le proviseur, qui est encore à l’hôpital. J’aimerais le voir demain, ou bien essayer d’avoir son contact pour l’appeler. Il lui faut du repos, il me semble qu’il a eu la jambe cassée, il a donc certainement dû être opéré », confie le maire, en réitérant son soutien à l’ensemble du corps professoral. Alors que le rassemblement commence à se disperser près d’une heure après avoir commencé, Jean-Pierre Squillari a également exprimé son soulagement : « J’estime que l’on a réussi ce qu’on a voulu faire. L’objectif était de laisser la place au dialogue et je pense que c’est le cas », conclut le maire d’Aubagne.

  • Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.

    300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Rétablir les faits et tirer des enseignements

    « Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »

    Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.

  • Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    « On a entendu deux coups de feu. Juste après, l’alarme incendie a sonné et les profs nous ont expliqué que ce n’était pas un exercice. On est sortis, on a vu l’élève et il a tiré en l’air ». Devant les grilles du collège Lakanal d’Aubagne, Adrien, élève de 3e raconte avec effroi la scène qui s’est déroulée plus tôt dans la matinée. Une scène dont l’horreur se passe de commentaires : Un élève de 3e, âgé de 14 ans, a ouvert le feu à plusieurs reprises au sein de l’établissement, blessant le proviseur et une enseignante et provoquant une onde de choc qui a largement dépassé le pays d’Aubagne.

    « L’élève est entré, aux alentours de 9h25, avec un étui à guitare dont il a manifestement sorti une arme, un long fusil de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement, pour ensuite tirer en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. Elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs », relate Audrey Jouaneton, procureure adjointe de Marseille. Elle raconte un vrai périple qui aurait pu finir dans un bain de sang : « L’élève a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Ensuite, il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié ». Par chance, les deux seules victimes ont été « rapidement prises en charge » par les pompiers et hospitalisées dans la foulée, leur pronostic vital n’étant pas engagé. Mais surtout « l’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression » avant qu’il ne soit interpellé puis placé en garde à vue. « C’est le CPE qui l’a maîtrisé », confirme Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne qui cite un acte « d’un courage exceptionnel ».

    Comme lui, c’est tout Aubagne qui a retenu son souffle le temps que les collégiens soient tous dans les bras de leurs parents et que la situation s’apaise.

    Enquête ouverte pour tentatives d’assassinat

    Car l’établissement a logiquement été placé sous bonne garde des forces de l’ordre et le rond-point attenant au collège a été plein de monde une bonne partie de la journée. Des parents aux visages angoissés font le pied de grue en attendant de récupérer leurs minots. Derrière les rubalises, certains crient le nom de leur enfant qui accourt et se jette dans leurs bras. « C’est un sentiment de sidération qui prédomine, on est sous le choc. C’est un super collège avec des dispositifs contre le harcèlement qui fonctionnent. Il y a une proximité avec les élèves, les profs sont super investis… », témoigne Julien Coclet, représentant de parents d’élèves. Comme d’autres, il attend avec impatience de pouvoir récupérer ses enfants sains et saufs : « On pense au pire dans ces moments-là ». Christophe, un professeur d’espagnol qui a « eu des coups de feu » devant la porte de sa classe se dit aussi « profondément choqué ». « On ne voit pas ça tous les jours. On pense à Samuel Paty et d’autres mais ici c’est un collège tranquille… C’est quand je suis descendu et que j’ai vu le principal à terre en sang que j’ai compris », explique-t-il, sa voix empreinte d’émotion. Plusieurs élèves font part d’un « cauchemar » ou s’exclament : « D’habitude, ça arrive au Texas, pas à Aubagne ! ». Une chose est sûre : cet acte n’a aucun lien avec le mouvement des lycéens, un temps évoqué par certains médias. Car dans le flou de la journée, certains affirment que le suspect aurait été harcelé, d’autres que son acte serait en lien avec une rupture… Tout et son contraire. Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, appelle justement à la retenue : « Il faut rester prudent sur les mobiles ». Notons que les parents du suspect ont également été placés en garde à vue et que le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat ».

    Au-delà de l’émoi, tous se projettent déjà sur la suite : soutien psychologique via une cellule aux élèves, enseignants et personnels de l’établissement. Ce mardi, l’établissement n’ouvre ses portes que pour les enseignants. La Ville appelle à un rassemblement, ce mardi à 18h au Cours Foch.

    RÉACTIONS

    Jérémy Bacchi, sénateur communiste

    « Je tiens à saluer le sang-froid de l’équipe pédagogique qui n’a pas hésité à s’interposer. On leur doit que ce drame ne soit pas plus terrible. Une pensée également aux personnels éducatifs qui ont été blessés. Aujourd’hui, l’heure est au soutien des élèves et des enseignants, et à créer du lien. »

    Nicolas Isnard, Président de la métropole Aix Marseille

    « Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    FO, syndicat

    La FNEC FP-FO des Bouches-du-Rhône affirme son « soutien total à [ses] deux collègues blessés ». Le syndicat a également salué « la vigilance et le sang-froid de ceux qui sont parvenus à désarmer l’agresseur ». Face à cette violence, il rappelle que la sécurité dans les établissements passe « par la satisfaction des revendications portées par la jeunesse et les collègues », en appelant le Premier ministre et le gouvernement à « répondre immédiatement aux revendications ».

    FSU, syndicat

    « Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. (…) le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal ». La FSU souligne que « l’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels » et à un « travail en toute indépendance de la justice ».

  • Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    « Un fait grave qui a créé une grosse émotion au sein de la ville, du pays tout entier et de la communauté éducative ». Devant les grilles du collège Lakanal à Aubagne, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur pèse ses mots et veut « témoigner du soutien de l’ensemble du gouvernement au personnel éducatif du collège et signaler la gravité de ces faits ». Accompagné par Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale et Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’enseignement et l’apprentissage, le gouvernement a réagi au quart de tour suite aux évènements survenus dans la matinée dans le collège et les tirs d’un jeune de 14 ans qui a blessé deux fonctionnaires de l’établissement. « C’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité de ce fait », martèle le ministre de l’Intérieur. Quand Sabrina Roubache loue « le courage remarquable de la communauté éducative ». Son homologue de l’éducation va dans le même sens : « Il faut mesurer ce que ça fait quand un de vos élèves commet un acte criminel ».

    Édouard Geffray note surtout que : « Cet acte a une résonance particulière, dans la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard. Ce contexte n’a rien à voir mais cela résonne particulièrement. Et cela s’inscrit dans un phénomène sociétal de violence globale, singulièrement à l’encontre de l’institution scolaire ». Plus tôt dans la journée, Martine Vassal (DVD), présidente du département a annoncé élargir le dispositif « 100% sécurité » dans tous les collèges de sa collectivité comme réponse aux évènements de Lakanal, « avec des tourniquets à l’entrée et de la vidéoprotection ».

    « Une réponse collective »

    « La principale précédente avait refusé le dispositif. Maintenant, nous avons décidé de le faire pour tous, quel que soit l’avis du conseil d’administration des établissements », a-t-elle développé. Elle s’est aussi lancée dans une diatribe contre « certains corps enseignants qui refusent cette sécurité par idéologie ». Justement questionné sur la sécurité de l’établissement, Édouard Geffray lui répond indirectement : « L’école repose sur une confiance réciproque, c’est un refuge. On ne peut pas demander à un chef d’établissement de surveiller tous les sacs tous les jours ». Et tacle : « Les portiques sont faits pour empêcher les intrusions extérieures, pas les entrées régulières des élèves ». Avant de conclure : « Nous devons avoir une réponse collective ».

  • Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Relaxé en première instance le 28 mai dernier, François Burgat est de retour devant la justice ce mercredi 29 avril à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’islamologue de 77 ans, scientifique renommé, retraité du CNRS, chercheur à l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman, était poursuivi par la Licra, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières, pour apologie du terrorisme suite à des tweets de janvier 2024.

    Fort de 39 000 abonnés à ce jour, ce dernier reprenait un communiqué du Hamas qui critiquait un article du New York Times sur l’attaque terroriste en Israël le 7 octobre 2023. Le Hamas estimant qu’il s’agissait là d’une « tentative sioniste de dédiaboliser la résistance (…) » et qualifiant ses membres de « combattants de liberté ». Un tweet intolérable pour sa collègue du CNRS, Florence Bergeaud-Blacker, qui a elle-même fait l’objet de plusieurs plaintes, autrice d’un ouvrage controversé, Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête, qui qualifie alors François Burgat d’antisémitisme négationniste. « J’ai infiniment, je dis bien infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël », lui répond-il. Puis, à la suite du verdict rendu dans le procès de Samuel Paty, il publie de nouveau sur X, « le verdict Paty (prononcé en présence d’Alain Finkielkraut) explicite un triste jalon de l’histoire contemporaine de France : sa sortie de l’État de droit. Nous sommes des terroristes », écrit-il.

    De la liberté d’expression

    Si le tribunal a jugé que « l’appréciation » portée sur le Hamas ne se rapportait « pas à ses actions violentes mais à sa légitimité électorale », que sur le verdict Paty, il se bornait « à exprimer de manière radicale certes, une opinion relative à une décision de justice (…) », le parquet a fait appel. La Licra, par la voix de son avocat, Serge Tavitian, ne compte pas laisser passer. Il s’agit pour lui de réaffirmer les fondamentaux de la liberté d’expression. Où s’oppose la conception « libertaires à tout prix que certains voudraient imposer » à celle inscrite « dans la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, une liberté qui peut dégénérer en abus ». Il insiste aussi sur le contexte avec « des propos tenus le jour même d’une décision de justice » sur une affaire Paty « qui a traumatisé le pays, le corps professoral… », et souligne la portée phénoménale des réseaux sociaux.

    De son côté, François Burgat se dit par la voix de son avocat, Rafik Chekkat, « peu surpris » du recours en appel, « on l’avait prévenu ». Il pointe une forme de « basculement », dans une France « imprégnée » par le conflit israélo-palestinien. L’idée n’est pas « de nier les crimes commis le 7 octobre », mais « simplement de dézoomer et de replacer les événements dans leur contexte », assure maître Chekkat. « Il y a dix ans, François Burgat était auditionné par le Sénat en tant qu’expert sur les questions de terrorisme. » Et « dix ans après, on n’est plus dans une volonté de comprendre », considère-t-il. Un rassemblement de soutien est par ailleurs organisé sur site.

  • Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    « La laïcité n’est ni un héritage figé ni une règle administratrice. Il faut permettre à chacun de le découvrir », lance Christiane Siréta, présidente de la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, ce lundi 17 novembre. Une déclaration dans le cadre de la présentation des événements organisés à l’occasion des « 120 ans de laïcité en Vaucluse », une commémoration de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.

    Pendant les deux prochains mois, en collaboration avec l’Unsa et la Fédération des délégués départementaux de l’Éducation nationale (DDEN), et avec la participation de l’Éducation nationale, une dizaine d’événements sur le thème sont programmés. Dont la traditionnelle plantation d’arbre de la laïcité autour du 9 décembre, date de promulgation de la loi il y a 120 ans. Mais aussi une série de débats à travers le département, comme ce mercredi 26 novembre à 18h à l’espace Gérard Sautel de Visan, avec l’intervention de l’historien Benoît Kermoual, ou encore à Apt le samedi 2 novembre à 15 h 30 à la MJC, 77 boulevard National, avec la participation de Michel Miaille, président de la Ligue de l’enseignement de l’Hérault et professeur de droit. Et surtout le jeudi 4 décembre à 18h30 en mairie d’Avignon avec la table ronde « Laïcité, justice sociale et école : un pilier républicain sous tension » avec pour intervenants Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, et Jean-Paul Delahaye, ancien directeur de l’enseignement scolaire. Mais aussi des interventions en milieu scolaire.

    Croix ou voile

    « Une mise en valeur dont on a bien besoin vu tout ce qu’il se passe de nos jours », lâche Bernard Lacanière, représentant de la DDEN, à l’égard de récupérations politiques du sujet ou encore en rapport avec l’assassinat de Samuel Paty. « La laïcité n’est pas une valeur. C’est encadré par la loi et il ne devrait pas y avoir débat là-dessus autre que le légal ou non. Contrairement à ce que des partis politiques essaient de nous faire croire à propos de la laïcité », considère Grégory Testud, directeur général de la Ligue de l’enseignement du Vaucluse.

    Un sujet débattu ensuite avec trois classes du lycée Théodore Aubanel d’Avignon. Un moment pendant lequel, suite au visionnage de plusieurs vidéos explicatives, les questions d’élèves ont fusé. Comme lorsqu’un élève demande : « Pourquoi on peut mettre un collier avec une croix et pas un voile ? » Et au proviseur de l’établissement de répondre que ni l’un ni l’autre ne sont autorisés dans l’enceinte, conformément à la loi.

  • Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Montpellier vivra-t-elle encore « la campagne la plus folle de France » ? En 2020, le casting (le milliardaire Mohed Altrad, le clown Rémi Gaillard), les coups de théâtre (l’investiture retirée à l’Écologiste Clothilde Ollier pourtant donnée favorite) et les alliances improbables (fusion entre les listes de M. Altrad et d’Alenka Doulain) avaient braqué les projecteurs sur le Clapas.

    Cinq ans plus tard, alors même que le casting reste très incertain – Philippe Saurel voudra-t-il sa revanche ? Qui Altrad soutiendra-t-il ? Patricia Mirallès représentera-t-elle la Macronie ? – l’ambiance est déjà sulfureuse à quatre mois du premier tour. Chaque semaine, les postulants déclarés à l’Hôtel de Ville s’en donnent à cœur joie pour fustiger tantôt le bilan, tantôt les positions du maire Michaël Delafosse (PS). Lequel n’a toujours pas indiqué s’il briguera un second mandat.

    Cette semaine, c’était au tour de la tête de liste LFI, Nathalie Oziol, de prendre la foudre. En cause ses propos jugés « scandaleux » au sujet de l’assassin de Samuel Paty. Dans une vidéo exhumée, la députée insoumise indiquait ne pas être d’accord avec la qualification de « fanatique musulman » choisie par Michaël Delafosse pour qualifier le terroriste islamiste. Nathalie Oziol précisait que « ce n’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie », l’enseignant ayant été laissé seul malgré ses alertes.

    À ces mots, M. Delafosse s’est indigné dénonçant par écrit une « absence totale de responsabilité à l’égard des professeurs ». Il fustige des propos qui « constituent une infidélité profonde aux valeurs de la gauche ». Le maire PS appelle à ne jamais « nier, relativiser ou transiger » avec le « fanatisme religieux, fléau de l’humanité ».

    Depuis la polémique enfle. Dans la presse, N. Oziol se défend, estimant que le sens de ses propos est détourné en vue de discréditer LFI. Elle insiste : « Amalgamer musulman et islamiste c’est inacceptable et insultant pour des millions de musulmans ».

    Tandis que la sœur de Samuel Paty a demandé à son avocate d’examiner la qualification des propos de N. Oziol au regard du délit d’apologie du terrorisme, d’autres candidats remettent de l’huile sur le feu, en ciblant… le maire et enseignant M.Delafosse. Isabelle Perrein juge « ses déclarations réductrices » et rappelle que « la laïcité est un principe républicain universel ». Serge Martin, l’ancien socialiste élu sur la liste Altrad, est plus virulent. « L’amalgame est une erreur peu commune aux historiens, « Mikka » est vraiment atypique ! Il se dit de gauche et s’exprime comme Zemmour ! ». Ça démarre fort.

  • Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Deux jours après le triste anniversaire du meurtre de Dominique Bernard (survenu le 13 octobre 2023), et un jour avant celui du meurtre de Samuel Paty (le 16 octobre 2020), environ 70 personnes, parmi lesquelles de nombreux enseignants, sont venues rendre hommage aux deux hommes, sauvagement abattus dans l’exercice de leurs fonctions. Après la lecture du poème « Si » de Rudyard Kipling, qu’avait offert Samuel Paty à sa sœur Mickaelle quand elle avait 16 ans, et qu’elle a elle-même remis à l’un des mis en cause lors du procès, une minute de silence a été respectée. Des bougies ont ensuite été allumées au pied des portraits des deux hommes.