Tag: samuel paty

  • Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Relaxé en première instance le 28 mai dernier, François Burgat est de retour devant la justice ce mercredi 29 avril à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’islamologue de 77 ans, scientifique renommé, retraité du CNRS, chercheur à l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman, était poursuivi par la Licra, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières, pour apologie du terrorisme suite à des tweets de janvier 2024.

    Fort de 39 000 abonnés à ce jour, ce dernier reprenait un communiqué du Hamas qui critiquait un article du New York Times sur l’attaque terroriste en Israël le 7 octobre 2023. Le Hamas estimant qu’il s’agissait là d’une « tentative sioniste de dédiaboliser la résistance (…) » et qualifiant ses membres de « combattants de liberté ». Un tweet intolérable pour sa collègue du CNRS, Florence Bergeaud-Blacker, qui a elle-même fait l’objet de plusieurs plaintes, autrice d’un ouvrage controversé, Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête, qui qualifie alors François Burgat d’antisémitisme négationniste. « J’ai infiniment, je dis bien infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël », lui répond-il. Puis, à la suite du verdict rendu dans le procès de Samuel Paty, il publie de nouveau sur X, « le verdict Paty (prononcé en présence d’Alain Finkielkraut) explicite un triste jalon de l’histoire contemporaine de France : sa sortie de l’État de droit. Nous sommes des terroristes », écrit-il.

    De la liberté d’expression

    Si le tribunal a jugé que « l’appréciation » portée sur le Hamas ne se rapportait « pas à ses actions violentes mais à sa légitimité électorale », que sur le verdict Paty, il se bornait « à exprimer de manière radicale certes, une opinion relative à une décision de justice (…) », le parquet a fait appel. La Licra, par la voix de son avocat, Serge Tavitian, ne compte pas laisser passer. Il s’agit pour lui de réaffirmer les fondamentaux de la liberté d’expression. Où s’oppose la conception « libertaires à tout prix que certains voudraient imposer » à celle inscrite « dans la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, une liberté qui peut dégénérer en abus ». Il insiste aussi sur le contexte avec « des propos tenus le jour même d’une décision de justice » sur une affaire Paty « qui a traumatisé le pays, le corps professoral… », et souligne la portée phénoménale des réseaux sociaux.

    De son côté, François Burgat se dit par la voix de son avocat, Rafik Chekkat, « peu surpris » du recours en appel, « on l’avait prévenu ». Il pointe une forme de « basculement », dans une France « imprégnée » par le conflit israélo-palestinien. L’idée n’est pas « de nier les crimes commis le 7 octobre », mais « simplement de dézoomer et de replacer les événements dans leur contexte », assure maître Chekkat. « Il y a dix ans, François Burgat était auditionné par le Sénat en tant qu’expert sur les questions de terrorisme. » Et « dix ans après, on n’est plus dans une volonté de comprendre », considère-t-il. Un rassemblement de soutien est par ailleurs organisé sur site.

  • Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    « La laïcité n’est ni un héritage figé ni une règle administratrice. Il faut permettre à chacun de le découvrir », lance Christiane Siréta, présidente de la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, ce lundi 17 novembre. Une déclaration dans le cadre de la présentation des événements organisés à l’occasion des « 120 ans de laïcité en Vaucluse », une commémoration de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.

    Pendant les deux prochains mois, en collaboration avec l’Unsa et la Fédération des délégués départementaux de l’Éducation nationale (DDEN), et avec la participation de l’Éducation nationale, une dizaine d’événements sur le thème sont programmés. Dont la traditionnelle plantation d’arbre de la laïcité autour du 9 décembre, date de promulgation de la loi il y a 120 ans. Mais aussi une série de débats à travers le département, comme ce mercredi 26 novembre à 18h à l’espace Gérard Sautel de Visan, avec l’intervention de l’historien Benoît Kermoual, ou encore à Apt le samedi 2 novembre à 15 h 30 à la MJC, 77 boulevard National, avec la participation de Michel Miaille, président de la Ligue de l’enseignement de l’Hérault et professeur de droit. Et surtout le jeudi 4 décembre à 18h30 en mairie d’Avignon avec la table ronde « Laïcité, justice sociale et école : un pilier républicain sous tension » avec pour intervenants Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, et Jean-Paul Delahaye, ancien directeur de l’enseignement scolaire. Mais aussi des interventions en milieu scolaire.

    Croix ou voile

    « Une mise en valeur dont on a bien besoin vu tout ce qu’il se passe de nos jours », lâche Bernard Lacanière, représentant de la DDEN, à l’égard de récupérations politiques du sujet ou encore en rapport avec l’assassinat de Samuel Paty. « La laïcité n’est pas une valeur. C’est encadré par la loi et il ne devrait pas y avoir débat là-dessus autre que le légal ou non. Contrairement à ce que des partis politiques essaient de nous faire croire à propos de la laïcité », considère Grégory Testud, directeur général de la Ligue de l’enseignement du Vaucluse.

    Un sujet débattu ensuite avec trois classes du lycée Théodore Aubanel d’Avignon. Un moment pendant lequel, suite au visionnage de plusieurs vidéos explicatives, les questions d’élèves ont fusé. Comme lorsqu’un élève demande : « Pourquoi on peut mettre un collier avec une croix et pas un voile ? » Et au proviseur de l’établissement de répondre que ni l’un ni l’autre ne sont autorisés dans l’enceinte, conformément à la loi.

  • Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Vers une campagne polluée par les polémiques et les récupérations ?

    Montpellier vivra-t-elle encore « la campagne la plus folle de France » ? En 2020, le casting (le milliardaire Mohed Altrad, le clown Rémi Gaillard), les coups de théâtre (l’investiture retirée à l’Écologiste Clothilde Ollier pourtant donnée favorite) et les alliances improbables (fusion entre les listes de M. Altrad et d’Alenka Doulain) avaient braqué les projecteurs sur le Clapas.

    Cinq ans plus tard, alors même que le casting reste très incertain – Philippe Saurel voudra-t-il sa revanche ? Qui Altrad soutiendra-t-il ? Patricia Mirallès représentera-t-elle la Macronie ? – l’ambiance est déjà sulfureuse à quatre mois du premier tour. Chaque semaine, les postulants déclarés à l’Hôtel de Ville s’en donnent à cœur joie pour fustiger tantôt le bilan, tantôt les positions du maire Michaël Delafosse (PS). Lequel n’a toujours pas indiqué s’il briguera un second mandat.

    Cette semaine, c’était au tour de la tête de liste LFI, Nathalie Oziol, de prendre la foudre. En cause ses propos jugés « scandaleux » au sujet de l’assassin de Samuel Paty. Dans une vidéo exhumée, la députée insoumise indiquait ne pas être d’accord avec la qualification de « fanatique musulman » choisie par Michaël Delafosse pour qualifier le terroriste islamiste. Nathalie Oziol précisait que « ce n’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie », l’enseignant ayant été laissé seul malgré ses alertes.

    À ces mots, M. Delafosse s’est indigné dénonçant par écrit une « absence totale de responsabilité à l’égard des professeurs ». Il fustige des propos qui « constituent une infidélité profonde aux valeurs de la gauche ». Le maire PS appelle à ne jamais « nier, relativiser ou transiger » avec le « fanatisme religieux, fléau de l’humanité ».

    Depuis la polémique enfle. Dans la presse, N. Oziol se défend, estimant que le sens de ses propos est détourné en vue de discréditer LFI. Elle insiste : « Amalgamer musulman et islamiste c’est inacceptable et insultant pour des millions de musulmans ».

    Tandis que la sœur de Samuel Paty a demandé à son avocate d’examiner la qualification des propos de N. Oziol au regard du délit d’apologie du terrorisme, d’autres candidats remettent de l’huile sur le feu, en ciblant… le maire et enseignant M.Delafosse. Isabelle Perrein juge « ses déclarations réductrices » et rappelle que « la laïcité est un principe républicain universel ». Serge Martin, l’ancien socialiste élu sur la liste Altrad, est plus virulent. « L’amalgame est une erreur peu commune aux historiens, « Mikka » est vraiment atypique ! Il se dit de gauche et s’exprime comme Zemmour ! ». Ça démarre fort.

  • Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard à Toulon

    Deux jours après le triste anniversaire du meurtre de Dominique Bernard (survenu le 13 octobre 2023), et un jour avant celui du meurtre de Samuel Paty (le 16 octobre 2020), environ 70 personnes, parmi lesquelles de nombreux enseignants, sont venues rendre hommage aux deux hommes, sauvagement abattus dans l’exercice de leurs fonctions. Après la lecture du poème « Si » de Rudyard Kipling, qu’avait offert Samuel Paty à sa sœur Mickaelle quand elle avait 16 ans, et qu’elle a elle-même remis à l’un des mis en cause lors du procès, une minute de silence a été respectée. Des bougies ont ensuite été allumées au pied des portraits des deux hommes.