Tag: salon littéraire

  • Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Cette année, le festival Passeurs de livres a décidé de placer son édition sous le thème de la liberté. Pour cela, le festival a fait appel à l’auteur local Lionnel Astier pour incarner cette liberté en présidant le festival. L’acteur viendra notamment y présenter sa pièce de théâtre Élise, la colère de Dieu, qui est la suite de La Nuit des Camisards. La maison d’édition indépendante nîmoise Alcide qui « explore principalement l’histoire et la photographie », sera aussi mise à l’honneur durant cette édition.

    Liberté à toutes
    les sauces

    Après une première journée jeudi marquée par des rencontres avec les auteurs, une dictée et surtout le banquet républicain, le festival se poursuit ce 5 juin avec de nouveaux dialogues organisés entre auteurs. Car Passeurs de livre n’est pas un simple salon du livre, c’est aussi un espace de débats où les auteurs confrontent leurs opinions sur des sujets choisis. Ainsi, à 14h, Marella Nappi, autrice d’Antigone l’insoumise (Les Belles Lettres-La Vie des Classiques, 2025) échangera sur la liberté avec Diane Richard (Lutter sans se trahir) et Émilie Sartre (L’économie politique du populisme). « L’écriture comme refuge de la liberté », « Souveraines de nos corps : du mythe à la réalité », « La musique : arme de la liberté ou marchandisation », « Liberté religieuse en République » avec Nicolas Cadène et « Libres ou endettés ? Le capitalisme face à nos libertés », seront les autres thèmes abordés vendredi. La journée se clôturera par un dialogue entre Lionnel Astier et le journaliste Jean Lebrun au Cineplanet.

    Le 6 juin, la liberté de mourir dans la dignité, de conscience, artistique, la paix, la guerre (avec Pierre Haski), l’exil, la mythologie de la liberté, la démocratie, ou encore la liberté d’informer (avec Jean-Michel Aphatie) seront au menu de la dernière journée. Pendant les trois jours du festival, un espace est également consacré aux enfants (3-10 ans) avenue Carnot.

  • « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    Le poème Petit corps sera grand, de Lydia Ait Bouziad a reçu mardi le Prix de l’Excellence, à l’occasion du salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Femmes Forum Méditerranée. Ce texte « intime mais dont la portée est universelle », aborde la dépossession du corps féminin, depuis l’espace familial jusqu’à la rue. « Ce texte parle du Soi de façon très introspective. J’explore le rapport à soi, à l’exil et la condition des femmes », explique la poétesse.

    La libération par l’écriture

    Dans son poème, l’auteure se demande : « Comment faire pour exister ? ». C’est là que réside toute la force salvatrice de l’écriture. « L’écriture est vitale pour moi, elle m’a permis de m’exprimer, de me libérer et de mieux me comprendre », confie la jeune lauréate, poétesse depuis l’adolescence, entre ses engagements pour un féminisme décolonial et ses études de littérature française, algérienne et africaine à Alger puis Marseille. La continuité entre les deux rives de la Méditerranée est vécue par Lydia Ait Bouziad de façon « douloureuse ». Car cette continuité est aussi une disruption, que l’exil soit choisi ou subi.

    Fatna Fekih ressent elle aussi la douleur, mais aussi l’amour de la séparation d’une terre qu’elle a quittée à 8 mois. La responsable associative d’Atouts femmes, située dans le 10e arrondissement de Marseille, n’avait jamais écrit avant le concours de 2003, qu’elle a remporté grâce à son texte autobiographique qui retrace son adoption, les violences sexuelles, et ses engagements politiques. « La thématique Escales a vibré en moi. Ma vie chaotique a été une succession d’escales et ce texte m’a permis de parler pour la première fois à mon entourage des agressions sexuelles que j’avais subies », partage-t-elle. « L’écriture m’a libérée. J’ai étalé sur une feuille tout ce que j’avais gardé en moi durant des années », ajoute Fatna Fekih. L’écriture comme moyen d’expression de soi, de libération et de résistance est le combat mené par l’association Forum Femmes Méditerranée depuis sa création.

    Renforcer le réseau féministe d’Alger à Marseille

    D’ailleurs, l’histoire de l’association a, dès ses débuts, été liée à l’Algérie. Sa présidente, Esther Fouchier, détenant une maîtrise en littérature française et algérienne, s’est rendue à Alger pour y rencontrer un collectif féministe. Car outre l’écriture, un point d’honneur est mis sur la formation et les échanges de bonnes pratiques entre associations féministes du pourtour méditerranéen. À l’occasion du salon littéraire, l’association féministe Teroua Fatma Sumer est venue d’Alger. La présidente, Chouaki Fatima, « féministe depuis l’enfance », se bat notamment pour l’abolition du Code de la famille. Ce rendez-vous est aussi, avant tout, un grand rassemblement dont l’objectif est de renforcer le réseau féministe méditerranéen et de rendre hommage aux « créatrices et artistes », notamment celles qui utilisent le langage pour résister. Aldjya Rahab, également présente, lutte pour que la langue tamazight soit reconnue en Algérie et non plus criminalisé. Lauréate du concours de 2000, elle avait reçu un prix pour un texte sur sa mère. L’autrice tenait à rendre hommage à la vie d’une femme berbère et à ses coutumes.

  • Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Rassembler les femmes face à la montée des masculinismes » et promouvoir « la force poétique et créatrice des femmes » du pourtour méditerranéen : tel est le projet de l’association Forum Femmes Méditerranée (FFM), créée il y a 34 ans par Esther Fouchier.

    Trois jours avant l’inauguration de la saison Méditerranée, le 15 mai, à Marseille, l’association FFM lance une « saison off » dans le but de porter des sujets qui ne figureront pas au programme officiel. « Les questions relatives aux droits des femmes, à l’écriture et aux résistances en Méditerranée ne sont pas assez abordées et c’est pour cela que nous organisons la journée Voix de femmes autour de l’écriture de femmes de l’Algérie jusqu’à la Bulgarie », explique Esther Fouchier. Des débats, des lectures de poèmes et un concert sont prévus sur la journée. Basée à Marseille mais présente dans chaque pays du pourtour méditerranéen via un réseau composé de la société civile locale, l’association avait lancé un concours de nouvelles annuel pour promouvoir des « textes poignants à vocation universelle ».

    « Le salon littéraire a été organisé sans aucune aide, nous avons dû économiser pour relancer ce concours de poésie, en espérant avoir la force de le poursuivre », confie la présidente du FFM avant d’ajouter : « On ne peut plus tout faire bénévolement. Nous n’avons pas pu inviter des écrivaines faute de budget. » Comme d’autres associations, le tarissement de subventions nationale et européenne se fait lourdement ressentir depuis 10 ans.

    Le salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Forum Femmes Méditerranée, se tient le mardi 12 mai de 9h à 18h30 à la Maison des associations, 93 la Canebière (1er).

  • Nîmes, la capitale des vies racontées

    Nîmes, la capitale des vies racontées

    Pendant trois jours, Nîmes va à nouveau battre au rythme des vies racontées. Du 23 au 25 janvier, la 24e édition du Festival de la biographie transforme Carré d’Art et plusieurs lieux culturels de la ville en vaste agora littéraire. Un rendez-vous devenu incontournable, qui attire chaque année près de 30 000 visiteurs et réunit une centaine d’auteurs venus de toute la France.

    Organisé par la Ville de Nîmes en partenariat avec l’association des libraires nîmois, l’événement revendique une identité forte : celle d’un festival populaire, exigeant et profondément ancré dans la cité. « En 25 ans, ce sont 2 500 auteurs qui sont intervenus », rappelle l’adjoint à la culture Daniel-Jean Valade, soulignant la fidélité d’un public qui dépasse largement les frontières du Gard.

    Cette année, le fil rouge s’intitule Le biographe, de l’importance des archives. Une thématique qui éclaire les coulisses du travail d’écriture. Car derrière chaque biographie se cache une enquête patiente, faite de documents parfois contradictoires, de silences à interpréter et de fragments à assembler. Comme l’exprime Anca Visdei, co-présidente du festival, « se pencher sur des archives, c’est triompher de notre condition mortelle ». L’autre co-président, l’historien Thierry Lentz, insiste sur cette dimension intellectuelle : la biographie a pleinement retrouvé sa place dans la recherche historique contemporaine, portée par la rigueur et l’intuition de celles et ceux qui fouillent les archives publiques et privées. Un travail que le festival entend rendre visible au public à travers rencontres, débats et lectures.

    Des auteurs pour tous
    les publics

    La programmation, dense, fait se côtoyer grandes figures médiatiques et auteurs plus discrets, historiens, journalistes, romanciers, spécialistes de littérature ou d’histoire politique. Parmi les invités attendus : Pierre Assouline, Sylvain Tesson, Irène Frain, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Kepel, Jean-Luc Barré, Kerwin Spire, Catherine Van Offelen, Christian Morin ou encore Susie Morgenstern pour le jeune public.

    Certains temps forts s’annoncent déjà très suivis : les rencontres d’ouverture au Théâtre de Nîmes, avec Anca Visdei autour d’Orson Welles et Thierry Lentz autour de Napoléon ; la venue de Sylvain Tesson à l’Atria ; ou encore les débats consacrés à Samuel Paty, à l’antiterrorisme, à Trump ou aux grandes figures de l’histoire de France. Sans oublier la remise du Prix de la biographie du Point à Amos Reichman, pour Les morts de Raoul Villain, lors de l’inauguration officielle.

    Le festival déborde aussi largement des murs de Carré d’Art. Projections au Sémaphore avec cartes blanches à Pierre Assouline et Colombe Schneck, rencontres à l’université, exposition à la galerie Courbet, promenade théâtralisée dans le quartier Richelieu, lectures dans les bibliothèques, ateliers jeunesse… Toute la ville se met au diapason. Gratuit, accessible, foisonnant, le Festival de la biographie est devenu un temps fort de l’hiver nîmois, à la fois événement culturel majeur et moment de respiration collective. Trois jours pour écouter, questionner, découvrir – et mesurer combien les vies racontées éclairent aussi la nôtre.