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  • Drogues : une pétition lancée pour restaurer les maraudes à Figuerolles

    Drogues : une pétition lancée pour restaurer les maraudes à Figuerolles

    En 2024, le Caarud assurait encore toutes ses maraudes dans le quartier Figuerolles. Les chiffres annoncés par la structure montrent l’importance de ses actions : « En 2024, nous avons réalisé 129 maraudes sur les secteurs Figuerolles/Cité Gély. Elles nous ont permis de rencontrer 89 personnes, dont 25 pour la première fois. Sur une période de 18 mois, 707 seringues usagées ont également été récupérées dans l’espace public », détaille le Caarud.

    Depuis longtemps, le quartier Figuerolles, qui jouxte la cité Gély connue pour son trafic de drogue, connaît des problématiques autour de la consommation de drogue visible dans l’espace public, provoquant des tensions avec les habitants. Le parc de la Guirlande et le square du Père-Bonnet sont particulièrement concernés. Démunis, les habitants oscillent entre volonté de fermer ces espaces, renforcer les dispositifs de police ou travailler en amont à la prévention.

    Quid du financement ?

    L’association Safe Contrôle, qui travaille avec le Caarud, propose la création d’une « unité mobile de consommation à moindre risque », c’est-à-dire un bus qui pourrait accueillir les usagers, proposer des soins et les orienter vers l’addictologie. Une proposition reprise et aujourd’hui défendue par le maire Michaël Delafosse.

    Mais aujourd’hui, ce sont bien les financements qui manquent. Le Caarud dispose en effet de fonds de l’Agence régionale de santé (ARS) pour son accueil collectif et individuel, la fourniture d’informations, le soutien dans l’accès aux soins, aux droits, au logement et à l’insertion professionnelle, la mise à disposition de matériel de prévention des infections, l’intervention dans des lieux extérieurs comme les prisons ou encore la réalisation de médiation sociale entre les consommateurs et les institutions. Mais l’ARS n’a fléché aucun financement pour les maraudes. Jusqu’ici, le Caarud devait donc soustraire deux personnes aux autres missions auxquelles elles étaient affectées.

    « Nous avons pu opérer ponctuellement ce redéploiement et avons même choisi de maintenir une partie de cette présence à moyens constants parce que les besoins observés sur le quartier le justifiaient. Mais ce qui peut relever ponctuellement d’un arbitrage ne saurait devenir un modèle économique pérenne : à terme, nous ne ferions que déshabiller une mission pour tenter d’en préserver une autre », précise la structure qui confirme rechercher « les conditions susceptibles de nous permettre de réinvestir durablement ce territoire ». Le Caarud a par exemple demandé 28 000 euros auprès de l’État dans le cadre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance, mais la préfecture n’a pas retenu ce projet.

    Soutenus par Ademass (Association pour le développement des mixités artistiques et sociales et des solidarités), les habitants du quartier Figuerolles ont donc lancé une pétition. Face à « la dégradation préoccupante de notre quartier liée à la consommation de drogues », ils réclament « la mise en place de moyens financiers, humains et juridiques permettant de rétablir un accompagnement social quotidien, ainsi que des dispositifs sociaux adaptés à la grave crise sociale et sanitaire que traverse le quartier ». Pour cela, ils proposent aussi la création d’une unité mobile, « d’ouvrir des structures d’accueil et d’hébergement à bas seuil », mais surtout de « redonner aux travailleurs sociaux et singulièrement au Caarud les moyens financiers, humains et réglementaires de restaurer une présence quotidienne et incarnée qui réinsuffle de la cohésion et de la sécurité dans l’espace partagé ».

    * Urgence à Figuerolles : restaurons la prévention
    et l’accompagnement social, Framapetitions