Tag: saisonniers

  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Un mouvement de grève dans le secteur qui va faire date. Deux semaines après l’annonce de la fin de la grève des salariés de l’hôtel de luxe avignonnais, le syndicat CGT fait le point sur ce qu’a apporté la mobilisation et la victoire des travailleurs.

    Pour rappel, après presque un mois de grève, les salariés ont obtenu une prime de 1 100 euros pour 2026, le remboursement de 100 euros en tenue professionnelle par année et par salarié, la montée d’un échelon pour les plongeurs et commis de salle, une semaine de congés en août et l’anticipation de la hausse des salaires prévue initialement en septembre, conforme à la grille salariale du secteur. Soit une hausse globale de 5 %. Les employés se plaignaient également de conditions difficiles, notamment liées à la chaleur dans des locaux inadaptés.

    Reste la question des travaux envisagés dans les prochaines années par la direction. Ceux-ci, assez conséquents, devraient durer plus d’un an. Ils demandent à connaître la date exacte prévue pour le début du chantier et également que leur salaire soit maintenu à 100 % pendant leur durée.

    Secteur difficile

    « Ce n’est certes pas ce que l’on demandait de base, mais c’est une avancée rare dans le secteur. C’est dur de faire se lever les employés, avec beaucoup de saisonniers et de turnover », se réjouit Laurent, qui travaille dans le service du petit-déjeuner et dont le contrat à durée déterminée s’achève dans les prochains mois. C’est en effet là que se situe, pour l’union locale de la CGT, qui soutenait le mouvement, l’essentiel. L’organisation tente de transformer le collectif syndical du secteur en véritable syndicat afin de coordonner les employés de l’hôtellerie et de la restauration. « Il faut mettre en lumière les difficultés dans ce travail. S’ils ne connaissent pas leurs droits, il faut les aider afin d’arrêter d’être exploités », pointe Carlos Acha-Moreton, secrétaire général de l’union locale CGT du pays d’Avignon. Il met en avant la participation des saisonniers dans le mouvement. Ce qui implique de revoir le fonctionnement du syndicat. « On a l’habitude de militer avec des personnes installées dans les entreprises. Là, c’est différent car sans les travailleurs saisonniers, il n’y aurait pas eu de mouvement. Tout comme les hôtels qui ont besoin d’eux pour faire fonctionner les établissements. C’est eux la clé », développe le responsable syndical. « Après la Covid, beaucoup de personnes du secteur ont arrêté. Les bons patrons ont compris qu’il fallait améliorer les conditions et les salaires pour attirer. L’ancienne école n’a elle pas évolué et risque de se manger des mouvements comme celui-ci à nouveau », appuie Laurent. « On va tracter. On espère monter le syndicat pour 2027 », conclut Laetitia Pancuvilier, représentante CGT du cloître Saint-Louis, également au service petit-déjeuner.

  • La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    Loi SRU : la Ville sur

    la bonne voie

    Dans le cadre du contrat de mixité sociale conclu entre Toulon et la préfecture (en attente de renouvellement pour 2026-2028), visant à mettre davantage de foncier bâti à disposition des bailleurs sociaux pour créer des logements, la mairie poursuit ses efforts. Le conseil municipal a voté (le RN s’est abstenu) une participation de la Ville d’un montant total de 650 000 euros dans la création de 49 nouveaux logements sociaux : 11 via l’office public Toulon Habitat, 28 via Var Habitat et 10 par l’établissement social d’habitat Unicil. « Nous sommes passés de 2,9 à 1,6 million d’euros de pénalités SRU, nous avons espoir de sortir de la carence d’ici la fin de l’année », a déclaré la maire (SE), Josée Massi.

    Convention logement pour les saisonniers

    Une nouvelle convention, couvrant la période 2026-2029, a été votée pour favoriser le logement des saisonniers. Elle prévoit la mise à disposition de 30 logements, en vertu du bilan de la précédente convention signée en 2021. Des discussions sont en cours avec le Crous pour y ajouter des logements étudiants vacants pendant l’été.

    Le projet de maison

    de santé débattu

    Le conseil a voté un mandat à la centrale d’achats Centralis, dans le cadre de l’installation d’un bâtiment modulaire pour la maison de santé prévue dans le quartier Claret. Le coût prévisionnel s’élève à 900 000 euros. Le RN, bien que favorable au projet, s’est abstenu, trouvant le projet « un peu faible par rapport à l’ambition », considérant par la voix d’Amaury Navarranne que « l’enveloppe [allait] être dépassée ». « Il s’agit d’un coût prévisionnel, a rappelé Josée Massi. Pour un bâtiment en dur, il faudrait des années : 18 mois pour un marché, plus le temps des travaux. On a choisi cette formule pour l’urgence. »

    Josée Massi défend

    son bilan sur les crèches

    Face aux soupçons du RN liés aux conditions d’attribution des places en crèche, Josée Massi en a rappelé les modalités (âge, date d’entrée, temps d’accueil, situation sociale, regroupement des fratries, quotas militaires…). Attaquée sur la destruction de la crèche Saint-Jacques en 2023, la maire a rappelé que les propositions formulées pour la sauver avaient été refusées par la direction et que, depuis, 173 nouvelles places avaient été, ou allaient être créées, et qu’il restait « des places disponibles dans toutes les crèches de la ville ».

    Le conseil a voté une demande de soutien de 1,786 million d’euros à la CAF pour la création de la crèche de la Barre.

  • Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    « Mesurer pour comprendre. » Telle est la mission de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En ces temps de canicules à répétition, il est temps de remettre en lumière une étude choc* de l’Insee Occitanie. Rendue publique le 19 novembre 2024, elle porte un titre brûlant d’actualité : « En Occitanie, les trois-quarts de l’offre touristique seront exposés à de fortes chaleurs en 2050 », c’est-à-dire à partir de 30°C et au-delà. Autrement dit, « 72% des lits des hébergements collectifs de la région sont situés dans des zones où les températures élevées seront les plus fréquentes à l’horizon 2050 avec plus de 35 journées où les températures dépasseront 30° C ou plus de 50 nuits tropicales par an » ; une nuit tropicale étant « une nuit où la température ne descend pas en dessous de 20°C ». L’étude de l’Insee parue il y a près de 4 ans, doit permettre aux professionnels du tourisme, aux services de l’État et aux collectivités locales de s’engager fortement sur le chemin de l’adaptation et l’atténuation d’un phénomène structurel : le réchauffement climatique. Sinon, le risque est de voir s’effriter un des piliers de l’économie régionale qui, au plus fort de l’été, génère jusqu’à 180 000 emplois, soit 7% de l’emploi marchand régional.

    L’autrice et l’auteur de l’analyse de l’Insee, Séverine Bertrand et François Hild, rappellent qu’en Occitanie « les étés 2022 et 2023 ont été marqués par des températures dépassant régulièrement les 35° C (voire 40° C) dans plusieurs départements, des niveaux rarement atteints autrefois » ; ajoutant que « les simulations climatiques les plus récentes confirment que ces phénomènes s’accentueront au cours des 25 prochaines années ». Résultat, l’Occitanie « est une des régions de France métropolitaine qui seront les plus exposées à des épisodes fréquents de fortes chaleurs, à la fois diurnes et nocturne ». L’étude de l’Insee a suivi l’évolution de la fréquence des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales pour la période 1976-2025 et aux horizons 2030 et 2050. L’accélération est impressionnante : sur la période 1976-2005, 2% seulement du territoire régional était concerné par les fortes chaleurs fréquentes, notamment dans l’Hérault et le Gard. Dans 4 ans, en 2030, ce sera 12% de l’Occitanie et dans 24 ans, en 2050, 50% de la surface régionale sera concernée ! Les touristes optent déjà pour des destinations au climat plus clément, notamment le littoral atlantique et du nord. Au printemps 2026, l’Insee a publié une analyse** montrant l’évolution des habitudes des vacanciers entre 2012 et 2024, sous l’impact du dérèglement climatique. « Dans ce contexte, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques augmente moins fortement en Occitanie qu’au niveau national. En Occitanie, la concentration de la fréquentation touristique en juillet et en août tend à s’atténuer au profit d’un développement du tourisme au printemps, notamment en mai. » Une évolution portée par l’hôtellerie de plein air, « majoritairement sur le littoral méditerranéen ». Un bouleversement de la saisonnalité qui va exiger des adaptations structurelles de l’économie du tourisme.

    *Insee Analyses Occitanie, n°157, novembre 2024. **Insee Analyses Occitanie  168, mars 2026.

    CHIFFRES

    17,5

    millions de touristes ont été accueillis en 2023 dans les hébergements collectifs marchands d’Occitanie (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances) totalisant 55,2 millions de nuitées, soit 12% des nuitées de France métropolitaine.

    2e

    région de France pour la fréquentation des campings, l’Occitanie s’est hissée en 2025 au 3e rang des régions pour la fréquentation touristique, derrière l’Île de France et la Nouvelle-Aquitaine et devant Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    125 000

    emplois en moyenne par an sont générés par le tourisme en Occitanie. Cela représente 7% de l’emploi marchand de la région. Au cœur de l’été, le secteur emploie jusqu’à 180 000 travailleurs.

  • La garde régionale forestière, un nouvel outil de prévention contre les incendies

    La garde régionale forestière, un nouvel outil de prévention contre les incendies

    Chaque jour, Savine et Naoa parcourent plus d’une vingtaine de kilomètres à travers les zones forestières de la presqu’île de Giens. Pas pour faire du tourisme, ni du sport, mais pour prévenir les risques d’incendie qui menacent les massifs varois, sur un territoire qui accueille 900 000 personnes chaque année, jusqu’à 45 000 par jour en été. Ils font en effet partie des 250 gardes régionaux forestiers, une brigade créée par la Région Sud dans le cadre du plan de lutte contre les incendies « Guerre du feu », institué en 2018. Ce dispositif vise à soutenir les forêts, les collectivités et les acteurs de la prévention et de la lutte contre les incendies grâce à des moyens humains et matériels renforcés.

    Prévention et observation

    Employés saisonniers, de mi-juin à fin août, ils sont une centaine pour le seul département du Var, dont 14, depuis cette année, dans le territoire de la métropole TPM, parmi lesquels deux sont déployés à Giens. Deux autres dépendent du Parc national de Port-Cros. Ils travaillent en étroite collaboration avec les autres équipes de surveillance de la zone, à savoir deux éco-gardes permanents, ainsi que des personnels de l’Office national des forêts (ONF), du Parc national de Port-Cros et du Conservatoire du littoral, dotés, contrairement à eux, d’un pouvoir de police. Car leur mission principale est d’être « le premier rempart, de prévenir avant qu’il y ait un drame, explique Naoa. On a à cœur de protéger notre magnifique territoire et de tout faire pour qu’il prospère ».

    Cela passe aussi par « l’observation de la nature », explique Savine, ornithologue de formation. « On a des espèces rares ici, et c’est important de les protéger. Notre rôle, c’est aussi de les suivre, notamment sur le plan de leur reproduction. » Avant d’entrer en fonction, les gardes régionaux forestiers, qui travaillent systématiquement en binômes, bénéficient ainsi de trois jours de formation, notamment sur le volet de la biodiversité et du contact avec les personnes. « Souvent, quand on arrive avec un sourire, ça désamorce le conflit et permet de mettre en confiance », note Savine. Ce qui réussit plutôt bien au binôme, qui n’a eu aucun incident à déplorer en un mois de patrouille.

  • Jean-Pierre Farandou : « Déployer le modèle de la feuille de route de l’industrie de Défense dans tous les secteurs où c’est nécessaire »

    Jean-Pierre Farandou : « Déployer le modèle de la feuille de route de l’industrie de Défense dans tous les secteurs où c’est nécessaire »

    La Marseillaise : Vous venez de signer une feuille de route visant à accompagner le développement industriel de la filière défense dans le Var. Ce modèle est voué à être répliqué ailleurs et dans d’autres domaines ?

    Jean-Pierre Farandou : Oui, l’objectif est de vérifier que les grands secteurs industriels souverains de notre pays disposent des salariés et des compétences nécessaires. On sait, par exemple, que dans la défense, il y aura énormément de commandes qui vont arriver. C’est 10 000 emplois à créer d’ici 2030. Et ce modèle-là, je m’apprête à le déployer partout en France où ce sera nécessaire. Ce sera la même chose dans le nucléaire, autour de l’énergie. Donc il faut s’organiser. Bien sûr, il y a déjà des filières qui existent, des formations. On voit bien qu’on a un saut quantitatif à faire. Et donc, j’ai voulu m’assurer que les industriels auraient bien les salariés nécessaires à cela. Et ensuite, on vérifiera que sur le territoire, on s’organise, et il faut le faire au niveau local.

    Quels vont être les acteurs
    à mobiliser et les grands enjeux pour organiser au mieux
    cette filière
     ?

    J.-P. F. : On mise sur la formation, les élus locaux, les industriels, l’éducation nationale, d’abord pour exprimer les besoins, et vérifier si on dispose des ressources, si on a enclenché les bonnes formations. Il y a aussi des sujets connexes comme le logement. Par exemple, il faudra loger les militaires, tel que Madame la ministre des Armées l’a rappelé. Il faut aussi être capable d’attirer des gens qui vont venir. Et donc, il faudra pouvoir les loger. Il y a aussi la question des services publics à apporter, la mobilité… Et j’ai toute confiance dans la capacité des forces vives du Var pour être à la hauteur des enjeux.

    Les liens avec les entreprises industrielles sont-ils établis ? Comment se matérialisent-ils ?

    J.-P. F. : Oui, elles sont très présentes avec nous. C’est pour elles qu’on se mobilise, mais elles-mêmes nous aident, bien évidemment. Elles financent, à l’image de l’école d’ingénieurs dans laquelle on est aujourd’hui [lire encadré]. Tout le monde se tend la main.

    En sortant du cadre strictement varois, les épisodes de canicule sont de plus en plus fréquents. Des dispositions sont-elles prévues pour garantir les droits des travailleurs ?

    J.-P. F. : Depuis 2025 un décret chaleur impose aux entreprises de prendre des mesures pour protéger leurs salariés en cas de chaleurs intenses : aménagement des horaires de travail, adaptation des postes et des lieux de travail, mise à disposition d’eau fraîche, augmentation des temps de pauses… Dès le 22 mai, afin de m’assurer, que les mesures de protection étaient bien prises, j’ai demandé à renforcer les contrôles de l’inspection du travail. Nous en sommes déjà à plus de 4 500 contrôles, soit plus que l’ensemble des contrôles réalisés en 2024 sur la période estivale. 430 mises en demeure ont été prononcées. Je rappelle que les employeurs peuvent être sanctionnés par une amende de 10 000 euros par salarié concerné. J’ai également invité les préfets des départements en vigilance rouge à arrêter les chantiers de 13 h à 21 h s’ils estiment que la situation locale l’exige, c’est une première en France. Enfin j’ai convoqué la semaine dernière les plateformes de livraisons et les représentants des livreurs pour qu’ils prennent des mesures concrètes de protection, et les plateformes ont pris la décision de suspendre les livraisons entre 14 h et 18 h pour les départements en vigilance rouge canicule. J’appelle également les restaurants à faire preuve de solidarité avec les livreurs en leur permettant l’accès à l’eau et à des espaces de fraîcheur. Dès aujourd’hui, le Premier ministre a activé le tout nouveau plan ORSEC « Chaleurs extrêmes », qui vient renforcer la réponse et la coordination des moyens face aux fortes chaleurs, sur l’ensemble u territoire.

    Le 27 juillet aura lieu l’audience de reprise de l’entreprise Fibre Excellence. L’Élysée a assuré qu’une solution serait trouvée pour lever les conditions suspensives. Qu’en est-il ?

    J.-P. F. : C’est un dossier particulièrement suivi par le gouvernement puisque plus de 600 emplois [directs] sont en jeu. Depuis 2020, l’État a soutenu l’entreprise avec près de 100 millions d’euros investis et est prêt à mobiliser 150 millions supplémentaires. En ce qui concerne le volet social du dossier, j’ai décidé d’enclencher le dispositif d’activité partielle de manière dérogatoire depuis le mois d’avril pour préserver les compétences et les chances de reprise. Cette mesure coûte presque 1 million€ par mois. À ce stade, l’investisseur potentiel évoque une participation de 5 millions et demande une mobilisation de l’État supplémentaire de 80 millions. Le projet de reprise doit reposer sur un modèle économique solide, et financé notamment par des fonds privés. Nous serons très attentifs à l’évolution de la situation dans les prochaines semaines.

    Dans la région, en été,
    les travailleurs saisonniers
    sont souvent confrontés
    à des difficultés de logement.
    Le ministre du Logement
    a soumis l’idée de créer
    des résidences emploi
    . Est-ce un
    dossier sur lequel vous travaillez ?

    J.-P. F. : On travaille avec Vincent Jeanbrun puisque la difficulté d’accès au logement est un des principaux freins à l’emploi. Cela concerne les saisonniers mais aussi les jeunes ou les salariés en reconversion. Des solutions peuvent être élaborées dans les territoires concernés. Je pense à Saint-Nazaire où le préfet de Loire-Atlantique a accompagné la création d’une foncière logement avec les collectivités et les entreprises, pour créer 300 logements afin d’accueillir les salariés des chantiers navals. Pour les travailleurs saisonniers je suis pleinement mobilisé pour favoriser des solutions d’hébergement en dur. En lien avec le ministère de l’agriculture, j’ai décidé de lancer un groupe de travail interministériel avec les partenaires sociaux du secteur agricole pour répondre au sujet de l’hébergement pour les saisonniers du secteur.

  • Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Chaque été, le Gard remet les clés de son économie touristique entre les mains de milliers de saisonniers. Dans les cuisines, les hôtels, les campings, les bars du littoral ou les restaurants de Nîmes et de Camargue, ce sont eux qui tiennent la baraque quand la fréquentation grimpe avec le thermomètre. Mais depuis plusieurs années, les bras manquent, les professionnels du secteur peinent à boucler leurs équipes.

    Face à cette tension devenue structurelle, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Gard a annoncé qu’elle prolonge sa collaboration avec la plateforme Ohmyseason, spécialisée dans le recrutement saisonnier. Après une première expérimentation menée en 2025, l’Umih 30 veut désormais ancrer cette solution dans le paysage local. L’objectif est clair : aider les établissements à trouver plus vite des profils adaptés, tout en améliorant la présentation des offres.

    Repenser l’emploi saisonnier

    Car la crise du recrutement ne se résume pas à une simple question d’annonces. Elle dit aussi quelque chose de l’attractivité des métiers, des salaires, de la mobilité ou encore du logement, souvent casse-tête majeur pour les saisonniers. Ohmyseason mise justement sur une approche plus transparente : offres détaillées, mise en avant du cadre de vie et des solutions d’hébergement, mais surtout une communauté de plus de 250 000 saisonniers.

    Reste que l’outil numérique ne réglera pas tout. Dans un territoire où près de 200 000 postes saisonniers sont nécessaires chaque été à l’échelle de l’Occitanie, l’enjeu dépasse l’algorithme. Pour Pierre Porcher, cofondateur d’Ohmyseason, « l’an dernier a montré qu’il y avait une vraie attente des professionnels pour des solutions plus adaptées à la réalité du terrain ». Pour convaincre durablement, il faudra aussi rendre ces métiers plus vivables.

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • Les contrats saisonniers, pourvoyeurs d’emplois dans la région

    Les contrats saisonniers, pourvoyeurs d’emplois dans la région

    La région résiste mieux que la France, puisque les projets de recrutement dans le pays baissent de 6,5% sur un an, contre 2,6% pour la région », introduit Pascal Blain, directeur de France Travail Paca, lors de la présentation, ce vendredi, de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre de 2026 dans la région. Un motif d’espoir alors que « l’économie s’essouffle un peu avec une tendance à la hausse du chômage », souligne le directeur. Des chiffres qui s’expliqueraient par une économie régionale diversifiée.

    Au niveau départemental, les résultats sont plus hétéroclites. Si le nombre d’offres baisse dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, il est en légère hausse dans les Alpes-de-Haute-Provence (+5%) et dans les Hautes-Alpes (+1%). Dans le Var, le nombre de projets d’offres reste similaire à celui de l’année dernière. Des résultats qui pourraient s’expliquer en partie par le début de travaux d’infrastructures en vue des Jeux olympiques 2030. Des demandes qui devraient s’accélérer pour l’événement : « Dans un an ou deux, ça va monter rapidement en puissance puisqu’on va être dans la recherche des volontaires », affirme le directeur de France Travail Paca.

    L’enquête permet de mettre en avant les métiers les plus recherchés par les employeurs dans la région. Ceux autour de la restauration et de l’hôtellerie tels que serveurs, cuisiniers ou employés polyvalents sont très recherchés et jugés difficile à recruter. D’un autre côté, la région étant très agricole, les agriculteurs, viticulteurs et arboriculteurs sont également des profils demandés. Enfin, les services à la personne, comme aide à domicile ou aide soignante, sont également pourvoyeurs d’emplois.

    Travail saisonnier

    Ce sont toutefois, pour la plupart, des emplois saisonniers. D’après leur rapport, 44,5% des projets d’embauches sont des contrats saisonniers, soit le plus haut taux de France, après la Corse. Ce qui fait dire au directeur de France Travail que « l’économie de la région est très saisonnière ». Dans l’agriculture, un peu plus de quatre offres d’emploi sur cinq sont saisonnières sur le territoire. L’intérim constitue également un important levier d’emploi : 20% des projets de recrutement concernent les services aux entreprises.

    Mais le directeur de France Travail se veut rassurant quant à la qualité des contrats : « Sur les 76 000 offres à pourvoir dans la région surfrance-travail.fr, 42  300 sont en CDI, soit plus de la moitié. »

  • Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    C’était une première amenée à devenir un rendez-vous annuel. Les Assises du tourisme du Var se sont tenues jeudi à l’hôtel du Département, à l’initiative de l’agence Var Tourisme. Environ 230 acteurs locaux et nationaux, issus des collectivités et du domaine touristique, se sont donné rendez-vous pour une journée organisée autour de quatre tables rondes thématiques.

    Celles-ci ont permis de rappeler les priorités et d’ouvrir les perspectives à venir. Et une volonté revient souvent : « aller plus loin ». Notamment dans le développement d’une clientèle quatre saisons, pour laquelle Var Tourisme a mis en place « une stratégie depuis 2023, qui paye sur le printemps et l’automne », développe Guillaume Décard, son président, qui indique que ce résultat est lié « à la clientèle internationale, qui a plus de pouvoir d’achat que la clientèle française ».

    « Les Varois savent qu’en été, on prête le Var »

    Et Var Tourisme ne compte pas s’arrêter là : après être parvenu à consolider la clientèle européenne de proximité (Italie, Grande-Bretagne, Autriche et Pologne plus récemment), elle s’attaque désormais à la Scandinavie et aux États-Unis, dans un élan « d’augmentation considérable du tourisme américain dans le Var », ajoute Guillaume Décard.

    Et ce développement passe par la diversification de l’offre. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur « le Var des terres », où « l’authenticité est beaucoup plus forte ». Dans cette optique, le tourisme mémoriel a notamment été usité dans le cadre des 80 ans du débarquement de Provence, et l’agritourisme apparaît désormais comme la perspective d’avenir. « En un an et demi, nous sommes devenus département pilote auprès d’Atout France [agence de développement touristique nationale, Ndlr] », souligne le président de Var Tourisme. Un domaine vecteur d’emplois et « intégré dans le dispositif Var insertion emploi », ajoute Jean-Louis Masson, qui certifie que « l’offre dépasse même la demande ». Et pour loger les saisonniers, question mise sur la table par plusieurs candidats aux élections municipales, le président du conseil départemental propose de généraliser la mise à disposition des résidences étudiantes durant l’été. Une solution qui paraît limitée, puisque seuls les bassins toulonnais et fréjusiens disposent de telles infrastructures.

    Et le tourisme engendre aussi une augmentation des prix, et parfois des situations difficiles à vivre pour les locaux. « Nous sommes la première destination de France à avoir mené une étude anthropologique pour abolir les croyances limitantes sur le tourisme », indique Martine Felio, directrice générale de Var Tourisme, qui affirme que « les entretiens montrent que les Varois savent qu’en été, on prête le Var ». Un panier de consommation témoin est par ailleurs utilisé pour surveiller l’augmentation des prix dans un contexte déjà inflationniste.