Tag: Saint-Mitre-les-Remparts

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Adossé au capot de sa voiture, Arnaud boit un verre de blanc entouré de ses fils et de ses amis. « On se laisse pas abattre », plaisante-t-il, alors qu’il prend une pause dans le vidage de sa maison. Derrière lui, des tas d’affaires détrempées. Hier, ce Saint-Mitréen a « tout perdu ». L’eau a commencé à pénétrer son foyer dès 4h du matin, avant de devenir un véritable torrent et de tout dévaster sur son passage. Son voisin d’en face, emporté par les flots, est décédé. En contrebas, une 208 rouge embarquée jusque dans l’étang de Berre témoigne de la violence du phénomène auquel ont dû faire face les habitants de Massane.

    Au lendemain des intempéries, Arnaud répète : « On va s’en sortir, ça va aller », les yeux embués. « Sur le coup, on réagit, confie-t-il. C’est après qu’on a peur. » Le traumatisme est là. Heureusement, la solidarité aussi. Ses amis, Lucie et Benjamin, sont venus d’Istres pour prêter main-forte. « On a eu 80 cm d’eau dans la dépendance, raconte le couple. Au départ, on était angoissés, mais quand on a vu ce qui se passait ailleurs, on s’est dit qu’on était chanceux. »

    Revoir le schéma

    de risque inondation

    La veille, des centaines de foyers ont été détruites lors d’un épisode méditerranéen d’une ampleur exceptionnelle, la tempête Adam. Dans l’Ouest des Bouches-du-Rhône, plus de 300 mm de pluie sont tombés en moins de 24 heures par endroits. Ce mercredi 21 octobre, la présidente du Département (DVD), Martine Vassal, est allée à la rencontre des sinistrés dans les communes les plus touchées. Elle annonce la création d’un fonds de soutien doté d’une « première enveloppe » de 5 millions d’euros « pour pouvoir aider à la reconstruction des équipements qui ont subi des dommages ». « On est de tout cœur avec les victimes, affirme-t-elle. C’est choquant, surtout un événement qui ne s’est jamais vu de cette importance-là. Donc il faut prévoir les choses, le Département est aux côtés des maires. » Les modalités d’utilisation seront déterminées à l’échelle communale.

    À Saint-Mitre-les-Remparts, la priorité des prochains jours est de « libérer les voies, nettoyer les routes, les sécuriser avec l’aide du Département », détaille le maire (DVD), Vincent Goyet. Au-dessus du hameau, des gravats entravent la route des Plages, où quatre voitures ont fini dans le fossé. À l’échelle des Bouches-du-Rhône, une trentaine de voies départementales ont été endommagées. Une centaine d’agents sont sur le terrain pour rétablir la situation. La direction des routes affirme : « Il est encore tôt pour évaluer les dégâts, mais des analyses seront réalisées au cours de la semaine ».

    Une fois ces urgences réglées, Vincent Goyet souhaite engager une réflexion sur la « gestion du risque inondation avec l’aide de la Métropole et de la Région ». Dans cette petite commune de 6 000 habitants, le sous-dimensionnement du réseau d’eaux pluviales a signé le destin du quartier de Massane. Entre deux habitations, la roubine « mère » a cédé sous la pression du flux, emportant avec elle un mur entier. « On est ici dans l’axe de vallons agricoles qui ont concentré des eaux de ruissellement, c’est de là qu’est venue la difficulté, même si on n’avait jamais connu un tel événement, précise l’édile. Il faut qu’on repense un schéma qui soit à la hauteur de ces risques exceptionnels, qui doit nous conduire notamment à redimensionner et aménager roubines et bassins de rétention. »

    Arnaud se remémore : « Il y avait déjà eu des travaux pour renforcer les infrastructures, pendant dix ans, on n’a plus eu de problème, et là, on vient de prendre un truc hors norme. Après, on est sur une zone à risques. C’étaient des cabanons ici historiquement. On gère avec l’héritage ». Un héritage lourd à porter. Dans sa maison, l’eau est montée jusqu’à 1,5 m. Les portes-fenêtres ont été arrachées, les meubles en bois massif déplacés, les objets balayés. « Ça a fait une vague qui a tout explosé. » « Maintenant, il faut attendre l’expert de l’assurance et obtenir la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle », résume-t-il. Les maires des communes affectées et la présidente du Département en ont fait la demande auprès du préfet.

    Les pompiers des Bouches-du-Rhône indiquent que 760 pompiers, ainsi que des renforts extra-départementaux, ont été présents sur le théâtre des opérations, mercredi, avec 400 interventions recensées.

  • Le lourd bilan d’intempéries dévastatrices

    Le lourd bilan d’intempéries dévastatrices

    Les villes de l’étang de Berre sont méconnaissables. Les pluies torrentielles laissent derrière elles un lourd bilan. Dans la nuit de lundi à mardi, puis dans la soirée de mardi, un épisode méditerranéen a donné des cumuls records sur l’ouest et le nord de l’étang de Berre : de 150 à 300mm sont tombés en 24h, soit près de la moitié des précipitations annuelles habituelles. « Du jamais vu », confie une Port-de-Boucaine.

    À Saint-Mitre-les-Rempart, située à l’épicentre du phénomène, un homme de 75 ans est mort. Malgré une importante opération de recherche, mobilisant notamment l’hélicoptère Dragon 131, la victime a été retrouvée décédée par les services de secours, en milieu de matinée, après avoir été emportée par les eaux jusqu’à Istres. « La personne qui l’accompagnait a pu être sauvée », précise le préfet des Bouches-du-Rhône.

    Au total, 700 pompiers du Sdis 13 sont intervenus plus de 1 000 fois pour des sauvetages ou des opérations de pompage. Des renforts extra-départementaux de l’Aude et de la Haute-Garonne étaient en transit, mardi soir.

    Des centres d’accueil municipaux

    Martigues, Port-de-Bouc, Saint-Mitre-les-Remparts, Salon-de-Provence et Saint-Chamas signent la journée la plus pluvieuse de leur histoire. De nombreuses routes ont été coupées, ainsi que la ligne ferroviaire entre Marseille et Miramas via Rognac.

    À Saint-Mitre-les-Remparts, où des dizaines d’habitations et de commerces ont été touchés par les inondations et où d’importants phénomènes de ruissellement ont affecté notamment le vallon de Massane, le littoral et la ZAC des Étangs, un centre d’hébergement d’urgence a été déployé au gymnase René-Jauras. Le camping Neptune y a été évacué. À Saint-Chamas, plus de 150 sinistres ont été recensés, entre inondations, glissements de terrain, chutes d’arbres et effondrements de murs. Un centre d’accueil a été ouvert à la cantine Gabriel-Péri.

    À Martigues, des coulées de boue, des chutes d’arbres et de rochers ont impacté Touret de Vallier, Boudème, l’ancienne route de Marseille, la route de Ponteau et l’hypercentre de Jonquières. La Ville a ouvert le gymnase Aldéric Chave pour y accueillir les personnes en difficulté. Le maire (PCF) Gaby Charroux « salue avec force l’engagement et le professionnalisme de l’ensemble des équipes mobilisées et leur dévouement exemplaire ».

    À Port-de-Bouc, plus d’une cinquantaine de foyers ont été touchés, principalement dans les quartiers de la Bergerie, dans les Résidences de la paix et la Gafette. Les Arcades ont été évacuées en fin d’après-midi, en raison de « forts ruissellements » et d’une « importante concentration d’eau de pluie dans les bassins de rétention », expliquent les services de la Ville. La municipalité a mis à disposition la salle Gagarine, où le Secours populaire a tenu un stand solidaire pour les sinistrés. Concernant les équipements publics, un bilan global est en cours, « mais nous pouvons d’ores et déjà certifier que nous avons eu des dégâts importants dans la crèche Rambaldi, à l’école Marcel Pagnol et au centre de loisirs Lucie Aubrac », affirme la majorité, qui espère qu’un état de catastrophe naturelle sera décrété.

    Des services hospitaliers les pieds dans l’eau

    Les services de l’hôpital de Martigues ont été aussi été affectés. Aux urgences, dans le bâtiment situé en contrebas d’une pente, « l’eau rentrait jusqu’à la salle d’attente des patients », témoigne une soignante. Et la situation est récurrente. « Quand il y a de grosses pluies qui durent longtemps, tu sais que t’es inondé à tous les coups », assure-t-elle, préférant garder l’anonymat. « Il faut racler l’eau, faire attention au matériel, tout en prenant les patients en charge en sécurité. » Face à l’urgence de la situation, un plan de mobilisation interne a été activé dès 7h par la direction, en lien avec l’Agence régionale de santé et le Samu. « Grâce à la mobilisation, à l’engagement et la disponibilité des professionnels, l’ensemble des prises en charge a pu être maintenu », salue Loïc Mondoloni, le directeur de l’établissement.

    Dans la journée, la dialyse et le laboratoire ont aussi été inondés. « Les personnels ont clairement peur que les murs leur tombent dessus », confie encore la soignante. Des vidéos montrent en effet de l’eau qui tombe des parois, et des soignants pataugeant dans les couloirs. La direction parle « d’infiltrations » et « d’écoulements ponctuels », assurant que « la situation est sans commune mesure avec celle qui aurait pu être rencontrée il y a quelques années grâce aux importants travaux de réhabilitation et d’étanchéité déjà réalisés ». La CGT demande des travaux urgents pour accueillir dignement la population.

    Alors que le centre hospitalier conduit un programme de modernisation de son patrimoine, Loïc Mondoloni affirme : « Cet épisode confirme la nécessité de poursuivre ces investissements afin de renforcer la résilience de nos infrastructures face à des phénomènes climatiques dont la fréquence et l’intensité tendent à augmenter. » La preuve en images.

  • Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    L’importante mobilisation des pompiers des Bouches-du-Rhône n’aura pas suffi. Les violents orages de la nuit ont fait une victime. Portée disparue, une personne a été retrouvée décédée par les services de secours en milieu de matinée à Saint-Mitre-les-Remparts. « Une importante opération de recherche, mobilisant notamment l’hélicoptère Dragon 131, a été engagée », détaillent-ils dans un communiqué. Les circonstances de l’accident restent encore à préciser.

    Des pluies diluviennes se sont abattues sur le secteur de la Côte Bleue et de l’Étang de Berre pendant la nuit. Sur Martigues, pas moins de 220 mm sont tombés en 24h, soit « 40% de ce qu’il tombe en une année », selon l’antenne locale de Météo-France.

    Les pompiers sont à pied d’œuvre. Entre hier et aujourd’hui, ils ont réalisé plus de 200 interventions directement liées aux intempéries, ce qui a nécessité l’engagement de moyens spécialisés supplémentaires, représentant 112 Pompiers13, en complément des 500 personnels habituellement de garde.

    Si l’essentiel de l’épisode météorologique est désormais passé, la vigilance orange reste maintenue, à ce stade, jusqu’à 12h ce mardi 20 octobre. Des précipitations modérées devraient se poursuivre jusqu’à la mi-journée, tandis que de nouvelles précipitations sont attendues dans l’après-midi et en soirée.

  • Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    C’est un outil qui ne date pas d’hier. Dès les années 1990, Martigues créait l’un des premiers observatoires communaux de santé de France, avant de signer un Contrat local de santé (CLS) en y intégrant Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts. En 2027, le deuxième volet de ce dispositif partenarial associant les collectivités, l’État, l’Agence régionale de santé et les acteurs locaux du secteur sociomédical s’achèvera.

    « L’heure est au bilan et au diagnostic », annonce Gwladys Saucerotte, conseillère municipale déléguée à la santé. « Le but d’un CLS, c’est de coordonner, à l’échelle du territoire, les actions en vue de réduire les inégalités qui persistent et d’améliorer le parcours de soins (…). Les objectifs sont définis par la concertation avec les professionnels de santé, un travail de terrain mené avec les nombreuses associations qui gravitent autour, mais aussi et surtout par la consultation citoyenne. » Les partenaires ont donc mis en place un questionnaire disponible en ligne et en version papier dans les offices municipaux (mairies, mairies annexes, maisons de quartier, centres sociaux etc.).

    Les réponses des habitants seront ensuite analysées pour définir les actions du 3e volet du CLS, qui courra jusqu’en 2032. Quelques pistes sont déjà privilégiées. Gwladys détaille : « On va prendre un peu de hauteur, puisque la question de la santé se glisse partout dans le quotidien. Ce n’est pas seulement du curatif, pas seulement quand on va à l’hôpital ou chez le médecin, c’est aussi sur notre lieu de travail, dans nos loisirs, l’accès au sport, à la culture, dans l’urbanisme… »

    Des résultats concrets

    Depuis sa création, le CLS a mis l’accent sur l’offre de santé, l’accompagnement médico-social et l’accès aux soins. Plusieurs structures ont vu le jour par son biais, à l’instar des deux maisons pluridisciplinaires de Martigues et de celle des Comtes, à Port-de-Bouc.

    Sans compter tous les dispositifs plus confidentiels, mais pas moins importants. « Depuis 2025, on a réussi à mettre en place de l’interprétariat pour les personnes qui parlent mal le français avec l’association Osiris, qui propose 150 langues différentes », se réjouit Omar Kpodar, coordinateur du CLS. Autre innovation récente : « La création d’un poste de médiateur en santé, soutenu par l’ARS et l’Assurance maladie, poursuit-il. C’est quelqu’un qui va physiquement accompagner les personnes en situation de renoncement aux soins vers leurs rendez-vous médicaux, actions de prévention et dépistage. C’est une jonction supplémentaire entre les suivis social, administratif, juridique et sanitaire. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »