Tag: Sabine Bernasconi

  • Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Quadrangulaire. Avec 43,25%, quatre points de plus qu’en 2020, Sophie Camard, la maire (GRS) sortante, réalise le meilleur score du Printemps marseillais sur la ville et se présente en ballottage favorable dans la quadrangulaire qui s’annonce au second tour. Arrivée en deuxième position, la candidate de l’extrême droite, Clémence Parodi (RN) atteint les 21%, le score réalisé il y a six ans par Sabine Bernasconi (LR). Omniprésent dans les médias, Romain Simmarano (Ren.) ne franchit pas la barre des 14%. Pour éviter cette déroute annoncée, le porte-parole de Martine Vassal (DVD) avait pourtant « fait tapis » en annonçant, vendredi, à 24 heures du 1er tour, un référendum sur le tram des Catalans, projet phare de sa candidate défendu mordicus depuis des mois au grand dam du Printemps marseillais… La liste insoumise de Sébastien Barles (Vaï) recueille 18,62% des suffrages.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Triangulaire. Fief de la gauche et terre d’élection de Benoît Payan en 2020, le 2e secteur a renouvelé sa confiance au maire sortant Anthony Krehmeier (PS). Malgré plus de 60% d’abstention, le Printemps marseillais progresse même de 14 points (39,55%) par rapport à 2020. Dans ces arrondissements qui ont élu successivement Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard à l’Assemblée, le candidat insoumis Alladine Abdallah Salim obtient 27% des suffrages. Ils se retrouveront en triangulaire avec Marie Bermejo (18,38%), la candidate RN. La droite qui avait 40% des suffrages éparpillés en trois listes en 2020, en récolte rassemblée, six ans plus tard, moins de sept. Solange Biaggi (LR) est créditée de 6,69%.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Quadrangulaire. Didier Jau, le maire (EELV) sortant progresse légèrement (38,93%) par rapport au score réalisé par Michèle Rubirola en 2020 (37,38%). Dans ce secteur qui a profondément basculé à gauche, Bruno Gilles, l’ex-député maire (Hor.) a perdu pied (16,89%) et devance in extremis l’insoumise Léa Bijaoui (16,64%). Le candidat de l’extrême droite, Thomas Battesti (RN) est en embuscade, en 2e position avec 20,18%. En décrochant 7,34% des suffrages, la candidate trotskiste de Révolution permanente est en mesure de fusionner. Aucune décision n’a été prise pour l’heure. Reste une inconnue, les abstentionnistes, sachant que seuls 57% des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Triangulaire. Après la victoire de Laurent Lhardit (PS) aux législatives, la gauche confirme son ancrage dans ce fief historique de la gaudinie. Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) sortante arrive en tête avec 36,6% des suffrages. C’est douze points de plus qu’en 2020, et 2 300 voix d’avance (32,21%) sur le candidat d’extrême droite Jean-Baptiste Rivoallan (UDR). La triangulaire qui se profile au second tour avec Catherine Pila (LR) la place en ballottage favorable, délestée des candidatures de Victoire Diethelm (LFI), Christine Juste et du représentant d’Erwan Davoux. « Je veux croire que notre projet fraternel, solidaire et écologique puisse remporter la confiance des habitants », glisse la candidate du Printemps marseillais.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    Triangulaire. « Historique. » Le Printemps marseillais ne boude pas son plaisir de voir Pierre Huguet (G.s) pointer en seconde position (28,77%) d’un secteur compliqué qui a élu en juillet 2024 un député UDR quasi inconnu. Sans surprise, l’extrême droite arrive largement en tête du 1er tour : Éléonore Bez double son score de 2020 et s’affiche à 44,87%. Orpheline de Lionel Royer-Perreaut (Ren.), la droite dérape avec Laure-Agnès Caradec (LR) en 3e position (16,46%). Pour le Printemps marseillais, les réserves de voix de la candidate de la France insoumise (8,10%) ne suffiront pas mais Pierre Huguet veut y croire : « Il va falloir aller chercher les abstentionnistes [47, 44%, Ndlr] et ceux qui n’ont pas fait le choix du Printemps marseillais au 1er tour mais ne veulent pas du RN. Le seul bulletin qui permet de faire barrage est le nôtre à Marseille comme dans les 9-10. »

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Triangulaire. Comme dans les 9-10, le RN était favori sur ce secteur aux mains de la droite. Si le maire (LR) sortant, Sylvain Souvestre, résiste (23,47%), le grand remplacement de la droite est à l’œuvre. En 2020, les listes LR, Horizons, et Renaissance, éparpillées, représentaient 45% des suffrages. Olivier Rioult, transfuge de la droite vassaliste, en totalise désormais 43% sous l’étiquette RN. Il devance de plus de 10 000 voix, le candidat du Printemps marseillais, Yannick Ohanessian (PS). Arrivé second avec 26,67%, il « appelle l’ensemble des électeurs attachés à la République à prendre conscience de l’enjeu », et espère convaincre un électorat très peu mobilisé dans le 11e arrondissement. « Il y a un vrai delta de participation à aller chercher, comme cet électorat centriste qui au 1er tour a fait des choix différents mais n’acceptera jamais de voir le RN gagner une mairie de secteur. Une mobilisation générale doit s’opérer dimanche. »

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    Quadrangulaire. Sandrine d’Angio, nièce de Stéphane Ravier et ex-maire de secteur, est arrivée en tête dimanche (39,78%). L’équivalent du total de voix réalisé par Tina Biard-Sansonetti, la candidate (PS) du Printemps marseillais (26,42%), et l’insoumis Mohamed Bensaada qui plafonne à 13,10%, juste devant la maire (DVD) sortante, Marion Bareille. « Dans les 13-14, on sait le mal qu’a fait le RN », rappelle Tina Biard-Sansonetti. « Il n’y a pas eu plus de sécurité, ils ont fermé des services publics de proximité et ont divisé notre secteur en excluant des enfants sur leur religion supposée ou la nationalité de leur parent. Je suis convaincue que ce secteur peut se relever, pour cela il faut être unis et j’appelle les habitants à se rassembler derrière ma candidature pour transformer ce secteur. C’est la seule alternative. »

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Triangulaire. Dans ce secteur d’élection du député Delogu, où 62% des électeurs n’ont pas voté, Samia Ghali (DVG) s’est imposée avec force (36,96%) et devance les candidats RN, Thibaut Charpentier (29,22%), et LFI, Rabyata Boinaheri (23,8%). On notera qu’avec 5,15%, le candidat (Ren.) Gérard Blanc obtient le plus faible score de la droite sur la ville. Samia Ghali va s’évertuer à convaincre et lance un message à Delogu : « Dans sa circonscription, son score est divisé par quatre. Moi, je le multiplie par deux. Après les municipales, il y aura d’autres élections et dans la vie on est responsable de ses actes, pour aujourd’hui comme pour demain. Moi j’ai toujours été claire face au Front national. Si on est un homme de gauche qui aime le peuple, quand on arrive 4e on se retire. »

  • Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Prise de plainte dans un préfabriqué, cafards, voitures à bout de souffle et gyrophare en panne, les policiers sont « au bout » a dénoncé Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13.

    Partis de l’Ombrière, près de 400 de ses collègues ont marché jusqu’à la préfecture dans le cadre d’un appel national du syndicat à manifester. Ils réclament des moyens et le soutien de l’État, souhaitant un « choc d’autorité. »

    Dans le cortège, de nombreux élus de droite et d’extrême droite étaient venus en soutien. Parmi eux, des représentants de la majorité de la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal (DVD), comme Catherine Pila (LR) ou Sabine Bernasconi (LR). Mais aussi des référents de sa campagne municipale comme Laure-Agnès Caradec (LR), Sylvain Souvestre (LR), maire des 11-12 ou Marion Bareille (LR), maire des 13-14. En première ligne également, le candidat RN, Franck Allisio ou Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, seconde sur la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux.

  • L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    Pour le dernier conseil municipal du mandat ce jeudi, à l’heure des bilans, c’est l’avenir du centre-ville de Marseille qui a occupé l’essentiel des débats. C’est que la transformation du Centre Bourse, après le départ des Galeries Lafayette, avait déjà agité le début de campagne des municipales, et la municipalité n’a pas manqué d’inscrire une délibération de principe pour promettre de racheter le foncier, afin d’accueillir une philharmonie des enfants et une cité de la mer et des sciences.

    « Aujourd’hui, vous sortez 50 millions d’euros dans la précipitation pour racheter un bâtiment comme si cela allait racheter l’insécurité et le chaos dans l’espace public », proteste à droite l’ex-maire (LR) du secteur, Sabine Bernasconi, quand le RN pointait la paupérisation du centre-ville. Le maire (DVG) Benoît Payan la reprend à la volée. « D’où sortez-vous des chiffres aussi farfelus ? » L’estimation des domaines, en effet, n’est pas encore réalisée. Ce qui ne l’empêche pas de promettre que « ce sera bien moins que 50 millions d’euros ». Mais beaucoup plus, assurément, que les 3,2 millions d’euros pour lesquels la municipalité avait vendu le foncier sous Jean-Claude Gaudin.

    L’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut de son côté plaide pour que le lieu ne profite pas qu’aux Marseillais. Et pose son propre diagnostic sur le centre-ville : « Il faut maîtriser la politique de peuplement. Aujourd’hui, on réhabilite le centre ancien en reproduisant quasi exclusivement du logement social ! » En face, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard réplique : « Le logement social, c’est le logement de tout le monde. » Et quand l’adjoint (PS) Jean-Pierre Cochet à l’économie indique que depuis 2021 la fréquentation du Vieux-Port a doublé et que la vacance commerciale a diminué, l’adjointe (DVG) au commerce, Rebecca Bernardi, énumère les préemptions qui ont fait revivre des enseignes sur la Canebière. En rappelant qu’il s’agit avant tout d’une compétence régionale et métropolitaine : « Ces gens-là font de la politique sur le dos des commerçants : ce sont eux qui ont les manettes et ils n’ont rien fait. »

    Les expulsés de l’État

    Au fil des rapports, le débat remonte de quelques rues pour s’arrêter porte d’Aix (2e), où un local doit être confié à une association œuvrant pour la biodiversité. « De quelle biodiversité parlons-nous ? La réalité, porte d’Aix, ce ne sont pas les espèces végétales ou animales, ce sont les trafics », ose à droite le général David Galtier, parlant de « colline du crack ». À l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) proteste : « Il parle d’un sujet sur lequel je revendique la paternité ! » « La biodiversité ? » moque Ahmed Heddadi (DVG). « Il y en a qui vous courent derrière, renchérit Benoît Payan. Mais vous savez quoi, vous courez plus vite qu’eux. » Surtout, il explique que ces personnes en errance ont été envoyées par l’État par bus entier, sans le prévenir, pour vider Paris au moment des Jeux olympiques, renvoyées vers un dispositif de « SAS » à la Capelette (10e). « Il est très bien géré par Adoma, sans aucune plainte enregistrée », proteste à l’issue du conseil la préfecture, promettant qu’aucune sortie du dispositif ne relève de l’hébergement d’urgence.

    « Ce fameux “SAS” existe toujours, et gère toujours des expulsions de Paris vers la province », dénonce quant à elle l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino. Et d’interpeller les bancs de l’extrême droite : « Les opérations de police, le maire en a expliqué les limites, les opérations sociales vous n’en voulez pas, les opérations sanitaires vous n’en voulez pas non plus. Vous voulez quoi ? Éradiquer les gens ? Il n’y a rien dans vos propos à part propager la haine. »

    De quoi donner le ton, avant l’examen des 160 rapports restant à l’ordre du jour, avec cette fois l’opposition de droite qui monte seule au créneau, régulièrement, jusqu’au bout. Comme un air de revue générale de tous les reproches égrenés sur les 5 000 délibérations votées sous le mandat. Et le maire de conclure en remerciant les élus, les agents de la Ville, avant de souhaiter de bonnes fêtes. « Nous distribuerons les chocolats de Pâques en conseil municipal, je vous le promets », lance-t-il.