Tag: ruralité

  • À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    « Démocratiser l’action de l’Europe », informer, orienter, fournir une aide administrative et encourager les porteurs de projets à se tourner vers les fonds européens : tels sont les objectifs du centre Europe Direct inauguré, mardi, à Forcalquier. « L’objectif est de faire le lien entre les territoires et les institutions, de comprendre les attentes des citoyens, de dialoguer sur les projets qu’ils souhaitent mener, sur leur ressenti vis-à-vis de l’Europe », explique Tanguy Specq, représentant de la Commission européenne à Marseille. L’idée est également de redorer le blason de l’Europe et de montrer qu’elle ne se résume pas qu’à des contraintes, alors que « l’on voyait de plus en plus d’eurosceptiques sur notre territoire », constate Alexandra Fol-Gutierrez, responsable du centre.

    « On a besoin aujourd’hui pour peser d’une Europe qui soit forte. Mais pour pouvoir avoir une Europe forte, il faut qu’elle soit incarnée dans les territoires, avance David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier et président de la communauté de communes. Il faut saisir l’opportunité de ces fonds européens qui sont à disposition. »

    Le nouveau centre Europe Direct mettra en place des ateliers pour faire connaître les fonds européens aux élus, et a également pour projet d’intervenir dans les établissements scolaires, les collèges et les lycées agricoles. « L’agriculture est une partie prenante de ce lieu », pour lequel la communauté de communes a travaillé avec la Chambre de l’agriculture, a expliqué David Gehant. Avec cet espace, il espère « faire de cette commune un laboratoire de la ruralité active ». « Les territoires ruraux incarnent l’avenir de notre pays. La ruralité a un potentiel immense », a-t-il lancé.

  • Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitats du village de Vergons, près du lac de Castillon, se retrouvent sans réseau téléphonique depuis une panne sur le relais Bouygues, qui opère pour le compte des quatre opérateurs Orange, Free et SFR, le 2 août. « La ligne est obsolète. Ils m’ont annoncé qu’il faudrait des mois pour la changer », explique le maire du village, Martial Joubert (DVD). Ce dernier menace de porter plainte contre Bouygues pour mise en danger de la vie d’autrui, alors que les secours sont difficilement joignables sans réseau dans le village en cas d’accident, très courants : seize en quatre ans, selon l’édile. « La route est hyper dangereuse, accidentogène, il y en a qui roulent à 110 km/h au lieu de 50 », regrette-t-il.

    « C’est plus que dangereux », lance le maire, d’autant plus qu’environ la moitié des habitations du village sont des résidences secondaires, sans wifi ou téléphone fixe : leurs occupants se retrouvent ainsi sans aucun moyen de communication ou d’appeler les secours en cas de besoin.

    Des habitants qui

    se sentent « abandonnés »

    Ces coupures de réseau sont récurrentes dans le village depuis plusieurs années. « Dès qu’il y a de la pluie ou de l’orage, on ne capte plus rien, et cela peut durer deux ou trois jours », déplore l’édile. Cela est dû, selon lui, à un manque d’entretien du relais. « J’ai un relais qui est complètement détérioré, parce qu’il n’a pas eu de maintenance pendant plusieurs années », affirme-t-il. Coupés du monde, entre ces coupures de réseau et la fermeture de la route nationale pendant 11 semaines, des habitants du village isolé ont menacé de couper le Tour de France Femmes, qui le traversait, avec des banderoles en protestation. Si le maire a réussi à les en dissuader, la colère persiste. « Je suis sur une poudrière. Ils considèrent qu’ils sont complètement abandonnés » , regrette le maire. Le seul restaurant du village, privé de tout commerce, a dû fermer pour deux mois et demi, dépendant du passage de la route nationale. Contacté, Bouygues n’a pu répondre dans l’immédiat. Après avoir été sollicité, l’opérateur téléphonique a annoncé jeudi au maire lancer des travaux la semaine prochaine, espérant rétablir le réseau entre le 1er et le 15 octobre.

  • La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    Un service public a-t-il vocation à gagner de l’argent ou à rendre service à la population ? Depuis que le gouvernement de droite a tranché la question en 2010 en passant La Poste en société anonyme pour la préparer à l’ouverture du marché du courrier à la concurrence européenne, La Poste, toujours détenue à 100% par le public*, ne cesse de se désengager des zones jugées les moins rentables.

    La fermeture programmée au 1er septembre du bureau de poste d’Aniane (Hérault) est une illustration de cette dérive. Rien n’y a fait. Ni les protestations d’usagers que la direction jugeait trop peu nombreux pour maintenir ce bureau. Ni les pourparlers avec le maire Philippe Salasc qui, avec sa majorité municipale, a tenté des années durant de trouver un compromis. Par exemple un maintien de la poste avec des « amplitudes horaires réduites ».

    La Tabatière en relais

    « C’est une page qui se tourne », soupire l’édile qui s’est heurté à un mur dans un « contexte général de recul des services publics de proximité dans les territoires ruraux », a-t-il précisé aux habitants.

    Même reproche du côté de la jeune Association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de l’Hérault (Adreic 34) qui a fait de cette poste son premier combat de terrain. « C’est symptomatique. On commence par réduire les horaires pour prétendre que ça ne fonctionne pas et pouvoir justifier ensuite de fermer », résume Alexia Laforge (LFI). La présidente de l’Adreic 34 veut croire à un sursaut à la rentrée. « Il suffit parfois d’une grosse mobilisation populaire comme à Saint-Bauzille-de-Putois où la poste avait été sauvée en 2022… »

    Si rien ne devait bouger, la municipalité a réussi à obtenir que le commerce La Tabatière (boulevard Félix-Giraud) prenne le relais. Il devrait assurer la réception et l’envoi de colis, de lettres recommandées et peut-être bientôt un retrait d’espèces. Si les horaires du commerce sont élargis (6h-20h30, 7 jours/7) comparés à la poste, le service rendu n’aura plus rien à voir avec un bureau classique.

    * 34% l’État français et 66%
    la Caisse des dépôts
    et consignations.

  • [C’est l’été] Les lundis de la Vallouise

    [C’est l’été] Les lundis de la Vallouise

    Était-ce un symbole spirituel ? Catherine Briotet, conservateur des antiquités et d’objets d’art, explore dans une conférence à la salle Bonvoisin à Vallouise-Pelvoux, la place du pain dans l’art des Hautes-Alpes.

    A.G.-C.

    De 20h30 à 22h.

    Tarif libre.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Problèmes de gouvernance, baisse des subventions, crise post-Covid… Après 30 ans d’exercice, l’association Cinéma de Pays a décidé de mettre fin à son activité à la rentrée.

    Les premières craintes concernant la pérennité, l’avenir et la capacité à perdurer de la structure sont nées au sortir du Covid, explique Stéphane Paillet, président du Cinéma de Pays.

    Un déséquilibre financier

    « C’est compliqué parce qu’on est vraiment en milieu rural, avec des villages éloignés, en montagne, et on avait des jauges, des fréquentations qui étaient bien trop en deçà de ce qu’il fallait faire pour être à l’équilibre financier », explique le président. Le cinéma itinérant touche des subventions, mais « elles ne couvrent pas le déficit de fréquentations, l’inflation sur l’énergie, les tarifs qui ont explosé », déplore Stéphane Paillet.

    Le départ du nouveau directeur de la structure a par ailleurs « précipité » sa fin. L’association a eu beaucoup de mal à trouver un directeur sur le long terme, et en a changé régulièrement.

    « On ne peut plus se permettre de faire du cinéma comme on le faisait il y a trente ans. Il y avait un certain nombre de réformes à lancer au sein de la structure, et on n’a pas réussi à les mettre en œuvre », regrette le président.

    « Il y a eu une baisse de subventions, mais on était en train de dépasser ce problème financier. Par contre, le problème de gouvernance, il n’y avait pas moyen de le résoudre. S’il n’y a pas de volonté d’aller dans la même direction tous ensemble, cela ne fonctionne tout simplement pas. S’il n’y a pas un projet commun partagé, c’est très compliqué. Il se trouve que ce projet, on n’a pas réussi à le mettre en musique », déplore Stéphane Paillet.

  • Digne-les-Bains, l’auto-école qui ne laisse personne au bord de la route

    Digne-les-Bains, l’auto-école qui ne laisse personne au bord de la route

    Je partais trois ou quatre heures avant mon heure de conduite pour venir en stop » : atteinte de dyspraxie sévère, habitante d’un village isolé, Orphée vient d’obtenir son permis, mercredi, après 112 heures de conduite, grâce à l’auto-école sociale dignoise Nos Routes Solidaires. « Les gestes de la vie quotidienne sont compliqués pour moi, je suis maladroite, je casse beaucoup de choses, j’ai du mal à me repérer dans l’espace spatiotemporel », explique la jeune femme, évoquant les conséquences de ce trouble neurodéveloppemental.

    Pendant sa formation à l’auto-école, elle a d’ailleurs bien failli jeter l’éponge, désemparée. « Mais je savais que je finirai par y arriver ! », lance celle qui est déjà en recherche active d’une voiture d’occasion, faute de budget : « Je ne peux pas mettre toutes mes économies dans une voiture, alors que je vais emménager avec mon compagnon et que l’on doit acheter des meubles. » Le handicap d’Orphée l’empêche actuellement de travailler, mais elle devrait prochainement intégrer la blanchisserie de l’Esat de Digne, une structure adaptée aux personnes en situation de handicap. « On m’a dit que j’étais trop lente pour travailler à l’Ehpad et il est impossible de trouver un emploi sans permis ici », explique-t-elle. Le permis lui est indispensable pour se rendre à ses rendez-vous médicaux et faire ses courses.

    « On récupère ceux qui n’ont pas réussi ailleurs »

    « Pour certains, on leur a dit toute leur vie “t’es nul, tu n’arriveras à rien“, regrette Alexandra Comité, directrice de l’auto-école créée en 2012. On accueille des personnes qui ont des difficultés d’apprentissage, des troubles de l’autisme ou qui ne parlent pas très bien français. » C’est le cas d’Aliaksandr Laparra, jeune Biélorusse arrivé en France il y a cinq ans, qui en est à sa 17e heure de conduite. « En Biélorussie, même avec un Bac +3, on se retrouve à travailler au Mcdo. Il y a très peu d’offres d’emploi », regrette-t-il. C’est cette raison qui les a poussés, lui et sa mère, à quitter leur pays natal. Malgré quelques problèmes de trajectoire dans les ronds-points, le jeune homme « apprend très vite », le félicite sa monitrice, Sylvie Pons. « Certains ne savent toujours pas changer les vitesses à leur 20e heure », avance-t-elle.

    « Humainement, on est tous touchés par les parcours des élèves », témoigne la directrice. C’est pourquoi, vendredi, elle et les moniteurs ont décidé de célébrer ensemble la réussite d’Orphée. « On récupère tous ceux qui n’ont pas réussi ailleurs, qui ont des difficultés financières, familiales ou des freins à la mobilité », explique Alexandra Comité. L’auto-école devrait ouvrir, début octobre, une nouvelle antenne à Manosque.

  • [C’est l’été] Visite en scène à Caromb

    [C’est l’été] Visite en scène à Caromb

    Guidés par deux passeuses d’histoire, Lisa et Mélanie, vous traverserez récits oubliés, croyances populaires et légendes rurales. Ici, l’histoire se raconte aussi au féminin car en Provence, la sorcière est partout.
    À travers leurs chants envoûtants, elles dévoilent des savoirs anciens : plantes, cycles de la nature, secrets de l’au-delà.

    À partir de 21h. Gratuit. RDV donné sur le parking du chemin du Paty.

  • Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Porté par des sénateurs de tous bords, le rapport sur le développement durable des territoires ruraux dont les propositions ont été rendues publiques, sort au meilleur des moments pour les parlementaires. Fin tacticien, Laurent Burgoa, qui a participé à son élaboration, sait bien qu’en rendant ce rapport à quelques semaines des élections sénatoriales, cela lui permettra de séduire des élus d’un territoire majoritairement rural.

    Pour autant, les propositions émises sont largement inspirées d’un travail de concertation avec les acteurs du territoire et notamment avec l’Association des maires ruraux (AMR). De quoi rassurer des élus toujours confrontés au manque de moyens et au désengagement de l’État. Pour réaliser ce rapport, les quatre sénateurs ont en effet « mené des auditions au Sénat, organisé un colloque ainsi qu’un “regards croisés“ sur le sujet des mobilités dans les territoires avec le Cerema [Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, Ndlr.] et le CNRS et réalisé une consultation en ligne des élus locaux qui a recueilli 2 372 réponses ».

    L’objectif était ainsi de faire émerger des propositions pour allier le développement économique de ces territoires en souffrance et le respect de l’environnement alors que les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir. « Nous avons formulé des recommandations et mis en avant des exemples inspirants à l’attention des collectivités territoriales », explique Laurent Burgoa.

    « Besoin de planification »

    Ainsi, la Chambre haute propose par exemple la création d’un « répertoire national des bonnes pratiques de développement durable des territoires » pour mettre en avant les exemples de projets réussis ou encore la mise en place du « 1% ingénierie », qui permettrait de prélever 1% sur l’enveloppe de l’État dédiée aux investissements des collectivités. Le Sénat demande aussi un renforcement du pouvoir de dérogation des préfets pour faire face à la complexité des normes. « Les sénateurs ont repris beaucoup d’idées du grand atelier de la transition écologique organisé par l’AMR donc c’est plutôt bien », précise Emmanuel Grieu (Debout!), maire de Mandagout et membre du bureau de l’AMR 30.

    L’élu gardois met toutefois en garde contre une trop grande dérégulation. « Les normes sont très parisiennes et il y a une nécessité de les adapter aux territoires. Je me bats par exemple pour faire reconnaître la spécificité cévenole dans la gestion de l’eau, qui n’a rien à voir avec celle du nord de la Loire. Il y a donc des modulations à faire mais il faut quand même des règles pour ne pas laisser faire n’importe quoi », tempère Emmanuel Grieu.

    Le maire de Mandagout salue aussi le volet « planification » abordé dans ce rapport même s’il juge que la feuille de route ne va pas assez loin : « Il y a un vrai besoin de planification. Ce n’est pas propre à la ruralité, mais il y a des politiques publiques mises en place qui sont des réflexions à court terme. Je ne suis pas sûr que ce rapport règle vraiment ça. Il faut arrêter avec les appels à manifestation d’intérêt, il faut briser ce carcan des missions de 18 mois, d’appels à projets, parce que la transition doit être systémique. »

    Au cœur de la campagne sénatoriale, le développement de la ruralité dans le respect de l’environnement ne semble pas une priorité de la campagne présidentielle. Pourtant, avec 88% des communes françaises dans la ruralité, ce sujet devrait animer tous les programmes des candidats à l’Élysée.

  • Des soirées guinguette pour redonner vie à Peyruis

    Des soirées guinguette pour redonner vie à Peyruis

    « Cela manquait aux Peyruisiens de se réunir » : face au manque d’animations, de commerces et de cafés pour faire vivre le village, la mairie de Peyruis espère réunir autour des soirées guinguette, qui seront lancées ce vendredi et continueront toutes les semaines jusqu’à la fin de l’été. L’objectif est aussi « de marquer le début de la nouvelle municipalité », explique Floriane Idini, adjointe déléguée à la communication, alors que Lila Desjardins (DVG) vient d’être élue en mars première femme maire de Peyruis. « C’est la première fois que la mairie met en place des animations récurrentes de la sorte. Avant, c’était les associations qui étaient aux manettes. Cela manquait d’événements réguliers qui pouvaient rassembler tout le monde », avance-t-elle. « Là, la mairie centralise, organise, et les associations viennent se greffer, et pas le contraire », détaille-t-elle. La mairie a spécialement fait l’acquisition d’un grand container, installé sur la place Fauchier, où auront lieu les soirées guinguette, pour stocker les tables, les chaises et les frigos.

    Au programme : concerts, soirées danse, soirée pitchoun, salsa, rock, méchoui, fresque collective, accordéon, kermesse ou encore karaoké. Des élus de la mairie seront présents à chaque soirée pour veiller à leur bon déroulement. Pour la première soirée, la mairie a voulu attirer en programmant la gagnante de l’édition suisse de The Voice Kids et un célèbre saxophoniste de la région. La municipalité a prévu des partenariats avec 14 entreprises locales qui ont accepté d’être les sponsors de ces soirées guinguette. Chacune a donné entre 60 et 300 euros pour ce projet.

    Faire revivre le village

    Pour chaque soirée, cinq food-trucks seront présents et vingt grandes tables seront installées pour permettre à toutes et tous de se rassembler en dégustant le plat de leur choix et en profitant du spectacle. Les programmes détaillés seront distribués dans toutes les boîtes aux lettres des habitants, des commerçants ou encore des écoles du village cette semaine.

    « Si cela fonctionne bien et que les habitants sont en demande, on pourra recommencer l’année prochaine de début juin à septembre », avancent Floriane Idini et Julie Roux, conseillère municipale déléguée aux entreprises. « Il a fallu tout mettre en place très rapidement pour réaliser ce projet en temps et en heure », expliquent les deux nouvelles élues depuis le mois de mars.

    Faire revivre le village, délaissé de ses commerces, était au cœur du programme de Lila Desjardins, conseillère départementale en binôme avec René Villard (PCF) et ancienne élue d’opposition. La candidate divers gauche menant une liste sans étiquette avait remporté l’élection municipale haut la main en mars, avec 50,7% des voix, et était seulement à 26 voix d’être élue maire dès le premier tour. Face à elle, la candidate RN-UDR Aurélie Abeille, qui avait récolté 19% des voix, et le maire sortant DVG Patrick Vivos, qui en avait récolté 29%. Lila Desjardins a également le projet d’ouvrir un café brasserie dans le village et de réunir les commerces sur la place Fauchier. Elle déplorait le manque d’investissement et de demandes de subventions de la municipalité précédente pendant sa campagne. Elle espère aussi déplacer les écoles du village, qui sont « dans un état lamentable ».

    Tous les vendredis jusqu’à fin août, de 18h à 22h, place Fauchier. Méchoui sur réservation.

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.