Tag: rupture conventionnelle

  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • Emploi : pourquoi les ruptures conventionnelles explosent en Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Emploi : pourquoi les ruptures conventionnelles explosent en Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Les ruptures conventionnelles plus plébiscitées que jamais en Provence. C’est ce qui ressort des derniers chiffres de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de la Région Paca. Sur le seul 1er trimestre de cette année, on ne décompte pas moins de 26 484 ruptures. À titre de comparaison, 55 498 demandes étaient homologuées, au total, sur l’année 2023… Une progression fulgurante qui fait écho aux chiffres nationaux, puisqu’elles passent de 440 000 en 2019 à 514 000 en 2024. Et qui explique, peut-être, pourquoi patronat et gouvernement tendent à s’attaquer à ce dispositif, instauré sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2008, et qui permet la rupture d’un contrat de travail, d’un commun accord entre le salarié et le patron.

    Pour rappel, ces ruptures conventionnelles donnent accès aux allocations chômage et à une indemnité. Les organisations syndicales ont longtemps pointé ce dispositif comme un moyen de procéder à des licenciements déguisés pour l’employeur. Mais Astrid Panosyan-Bouvet, la ministre du Travail, a dénoncé, dans les colonnes de Capital, à la mi-juillet, des « démissions déguisées en rupture conventionnelle » et pointe des « abus ou dévoiement du principe ». Des propos à mettre en parallèle de ceux du président du Medef, Patrick Martin, quelques jours plus tard. Ce dernier dénonce « des comportements déviants » et appelle à « corriger le dispositif sans fondamentalement le remettre en cause ».

    En tout cas, les Provençaux sont friands de la rupture conventionnelle. Depuis 2014, la région est constamment au-dessus de la moyenne nationale. Et pour cause : on en décompte plus de 12 000 dans les Bouches-du-Rhône au 1er trimestre, 4 700 dans le Var et 2 645 dans le Vaucluse. Dans le détail, c’est le secteur du tourisme qui concentre le gros des ruptures conventionnelles, avec plus de 4 000 ruptures sur la même période, puis vient le BTP, avec plus de 2 500. Une tendance qui se confirme si l’on se penche du côté des entrées à France Travail dans la région. Au 2e trimestre 2025, les ruptures conventionnelles représentent une part importante des inscriptions d’ex-salariés en tant que demandeur d’emploi (catégorie A, B et C).

    Loin devant les démissions

    Au nombre de 3 990, elles sont bien loin devant les 1 740 démissions, mais aussi 740 licenciements économiques et les 2 870 autres types de licenciements qu’on dénombre en Paca. En revanche, les ruptures conventionnelles sont moitié moins que les fins de contrats classiques, au nombre de 8 170. De là à dire qu’elles remplacent les démissions comme le sous-entend la ministre ? Pas vraiment. Si la tendance récente est forte dans la région, elle ne se retrouve pas au niveau national. Au 1er trimestre 2025, 128 000 ruptures conventionnelles ont été signées, en France métropolitaine, selon les calculs de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Loin derrière les 239 700 licenciements recensés sur la même période et les 492 900 démissions. Ce qu’on constate, par contre, c’est que l’évolution des licenciements économiques et des ruptures conventionnelles se croisent depuis l’apparition de ces dernières. En avril 2009, un an après la mise en place du dispositif, on décomptait plus de 71 000 licenciements économiques par trimestre, quand les ruptures conventionnelles ne concernaient que 43 000 salariés. Trois ans plus tard, en avril 2011, les chiffres s’inversent presque : le nombre de ruptures atteint presque les 70 000, quand les licenciements économiques avoisinent les 27 000. L’inversion des écarts est frappante si l’on revient au 1er trimestre de cette année, où les licenciements économiques s’élèvent à 18 000 face aux 128 000 ruptures…

    D’après des chiffres de France Travail révélés par Les Échos, le dispositif a coûté dix milliards d’euros en 2024, soit plus d’un quart des dépenses de l’assurance-chômage. D’où la petite musique patronale contre l’indemnisation de ces ruptures, toujours à l’affût d’une opportunité de dépecer le modèle social français.