Tag: rue

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    Un petit portail, symbole d’un quartier divisé, a été rouvert ce vendredi 4 septembre. C’est donc une grande victoire, celle d’une mobilisation citoyenne.

    Des riverains, privés d’accès aux équipements municipaux et entravés dans leurs déplacements vers les commerces et écoles, ont ferraillé durant des années. Soutenu par la mairie du secteur, par la Ville, et après un remaniement politique à la tête du bailleur social, leur combat a fini par l’emporter sur les intérêts privés et le repli. Une poignée de copropriétaires d’une ancienne cité-jardin HLM avait revendiqué le droit de fermer une rue, privée de droit, mais d’usage public, au prétexte d’insécurité.

    « Nous n’ouvrons pas seulement un portail, nous tournons une nouvelle page pour le quartier. Dans une société qui se divise, où les discours de haine et de rejet se banalisent, ouvrir est un choix politique. Un portail ne doit jamais devenir une frontière. C’est une bataille gagnée. Face à ceux qui veulent nous dresser les uns contre les autres, nous faisons le choix du rassemblement plutôt que de la division », s’est félicité Didier Jau, maire écologiste du Printemps marseillais dans les 4-5.

    Le renouveau des Chutes

    Poussant au bout la carte de la mobilité douce et inclusive, le maire précise : « Nous allons maintenant porter la question de la mise en accessibilité du site, pour que les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette et, plus largement, toutes celles et ceux qui rencontrent des difficultés de déplacement puissent pleinement profiter des accès désormais ouverts. »

    Pour Nathalie Prost, habitante et conseillère d’arrondissements déléguée aux Chutes-Lavie, cette réouverture constitue « une victoire pour tous ». Enfant du quartier, elle annonce « fêter ce renouveau pour le quartier. Nous nous retrouverons pour faire de cette réouverture un grand moment de rassemblement, avec la plus grande fête jamais organisée aux Chutes-Lavie. Une fête à l’image de ce que nous voulons pour le quartier : un quartier ouvert, vivant et rassemblé ».

    On dénombrait une centaine de résidences privées à Marseille dans les années 90, elles sont près de 1 900 aujourd’hui. Le droit de passage a succombé au droit de propriété. Aux Chutes-Lavie, avec la population solidaire et le politique jouant collectif, la liberté est au bout de la rue.

  • Le nombre d’enfants à la rue augmente en France

    Le nombre d’enfants à la rue augmente en France

    « Des enfants naissent, vivent et meurent dans les rues de nos villes et rien ne se passe. Chaque année, nous alertons les pouvoirs publics sur l’aggravation du sans-abrisme des enfants. Chaque année, nous proposons des solutions concrètes pour y mettre fin. Chaque année pourtant, le constat s’aggrave. À quand le réveil ? », tempête Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité à l’occasion de la publication du baromètre sur l’enfance à la rue.

    131 enfants concernés
    en Paca

    Année après année, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’Unicef France constatent que le nombre d’enfants sans solution d’hébergement ou de logement ne cesse d’augmenter. À la veille de la rentrée scolaire, au moins 2 355 enfants, dont 514 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 9% par rapport à 2025 et de 42% depuis 2022. Parmi eux, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, au moins 131 enfants, dont 21 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 42% depuis 2022.

    Autre exemple, en Région Occitanie, au moins 234 enfants, dont 38 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 18% par rapport à 2025 et de 93% depuis 2022, détaille le baromètre.

    Ces chiffres ne sont pas exhaustifs : de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler. Les mineurs non accompagnés sans-abri ainsi que les familles en squats ou bidonvilles ne sont pas comptabilisés. « Derrière ce chiffre, conséquence d’un échec collectif, il y a des enfants dont le quotidien est rythmé par l’insécurité et l’instabilité. Des enfants privés de leurs droits et dont on hypothèque l’avenir. Il est urgent que les décideurs publics agissent. Un sursaut politique est vital pour ces enfants. Si garantir un toit à tous les enfants n’est pas notre priorité, qu’est-ce qui l’est ? » interpelle Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

    Les conséquences du sans-abrisme sur la vie et le bien-être des enfants sont dramatiques : dégradation de leur santé physique et mentale, isolement social, exposition à la violence, difficultés de scolarisation. Certains le paient même de leur vie : en 2025, 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents entre 15 et 18 ans sont morts de la rue.

    La promesse de mettre fin au sans-abrisme n’est pas récente. À chaque échéance électorale, elle est renouvelée sans jamais être atteinte. Faut-il y voir des promesses intenables ? La FAS et l’Unicef France ne s’y résolvent pas : « Chaque année, nos organisations rappellent qu’il n’existe aucune fatalité au sans-abrisme des enfants. Ce dernier résulte d’un manque de volonté politique et de choix court-termistes en contradiction avec les objectifs affichés. » Et de recommander « la mise en œuvre d’une programmation pluriannuelle “de la rue au logement “, avec un plan massif de production de logements sociaux et très sociaux, indispensable pour sortir durablement les enfants de la rue ».

    À l’approche de l’élection présidentielle, « le sans-abrisme des enfants ne peut plus être toléré. Il doit devenir une priorité absolue des politiques du logement et de l’hébergement. Les candidates et candidats portent une responsabilité claire dans la visibilité et la prise en compte essentielles de ces enjeux. Nos organisations y seront attentives » préviennent l’Unicef et la FAS.

  • [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    Composez votre propre voyage musical », annonce le conservatoire Darius-Milhaud à l’occasion de la 13e édition du festival Musique dans la rue. Au programme, 47 rendez-vous dans quatre lieux d’exception : la cour Sainte-Catherine, la place d’Albertas, l’église du Saint-Esprit et le jardin du Pavillon de Vendôme. « L’objectif est de proposer un festival accessible, ouvert à tous, même au jeune public, et gratuit. Pour les Aixois comme pour les touristes, le but est de découvrir des lieux emblématiques de la ville et de venir écouter des répertoires très différents », explique Louisiane Toumelin, coordinatrice du festival.

    « On en a pour tous les goûts ! », se félicite-t-elle. Entre concerts et fanfares ambulantes, une large diversité d’artistes et de genres musicaux est proposée, du rock à la musique lyrique, en passant par la bossa nova, le classique et le jazz. Chaque concert dure une trentaine de minutes, afin de pouvoir « voir des choses très diversifiées », précise la coordinatrice. « Le but est de susciter la curiosité du public. Par exemple, on a un concert qui va proposer des reprises de musiques de Gainsbourg, de Rihanna, mais aussi de compositeurs classiques comme Mozart », annonce-t-elle.

    La soirée d’ouverture se déroulera au conservatoire Darius-Milhaud, ce vendredi 21 août de 20h à 21h15, pour une rencontre « placée sous le signe de l’excellence musicale et du dialogue entre les cultures ». Le violoniste franco-syrien aixois Bilal Alnemr jouera aux côtés du Jeune Ensemble de Berlin lors d’un concert symphonique.

    Des musiciens

    à la rencontre du public

    Trois déambulations festives sont prévues les 27, 28 et 29 août. Entre fanfare électrique et jazz créole, Louisiane Toumelin invite le public à « se raccrocher à la déambulation quand elle passera devant les terrasses de cafés ». Après des éditions compliquées dans le contexte du Covid, la coordinatrice du festival insiste : « On est ravis de proposer une belle édition, avec autant de concerts dans des lieux en simultané. Ce qui va être difficile pour le public, c’est de choisir ce qu’il a envie de voir ! »

    Programmation complète
    sur le site de l’office de tourisme.

  • [Hébergement d’urgence] Ces villes qui attaquent en justice… Et gagnent

    [Hébergement d’urgence] Ces villes qui attaquent en justice… Et gagnent

    La justice administrative a condamné l’État fin juillet à indemniser à hauteur de plus de 500 000 euros la Ville de Strasbourg, qui le poursuivait avec quatre autres grandes municipalités pour « carence » en matière d’hébergement d’urgence. Une somme de 242 284 euros va être versée à la commune, 294 669 au Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville ainsi que 3 000 euros pour frais de procès, indiquait nos confrères de Rue 89.

    Des sommes qui correspondent aux frais d’hébergement dans un gymnase municipal de plusieurs sans abri, à la suite notamment des évacuations successives d’un campement du centre de la ville, entre 2022 et 2023. « L’État n’a pas respecté ses obligations légales en laissant des familles entières à la rue et en refusant de financer l’hébergement d’urgence à la hauteur des besoins », a réagi dans un communiqué l’ancienne maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui avait initié le recours pendant son mandat.

    « Un système à bout de souffle »

    Son ancienne adjointe aux solidarités, Floriane Varieras a rappelé « qu’aujourd’hui des enfants, des femmes, des hommes dorment à la rue par centaines », estimant que ce jugement doit « pousser la ville à les mettre à l’abri immédiatement, et à demander le remboursement de ces hébergements à l’État ». Quatre mairies écologistes, Grenoble, Lyon, Bordeaux et Strasbourg et une socialiste, Rennes, avaient lancé une action en justice contre l’État en février 2024 afin de réclamer la « refonte » d’un système jugé « à bout de souffle ». En mars et novembre 2025, l’État avait déjà été condamné à indemniser Grenoble et Bordeaux.

  • Le Festival des fanfares remet le son

    Le Festival des fanfares remet le son

    Au programme : une vingtaine de fanfares venues de Montpellier, de France, mais aussi de l’étranger, pour deux jours de musique de rue. Le vendredi 12 juin, les fanfares se déploieront dès 20h dans plusieurs quartiers et communes partenaires. Des concerts sont annoncés à Port Marianne, autour du bassin Jacques-Cœur, mais aussi aux Arceaux, à Sainte-Anne, au parc Clémenceau, ainsi qu’à Clapiers, Castelnau-le-Lez et
    Saint-Georges-d’Orques.

    Le samedi 13 juin, le festival retrouvera ses quartiers historiques de Beaux-Arts et Boutonnet. La journée commencera avec des vide-greniers musicaux, notamment sur l’Esplanade de la musique et au parc Babut. À 16h, les fanfares seront présentées place Émile-Combes, avant une grande soirée de concerts de 19h à 1h. Gratuit et ouvert
    à tous, le festival des fanfares garde son esprit de fête de village : un rendez-vous sonore, joyeux et collectif.

  • La propreté urbaine prise à bras-le-corps par la Ville de Martigues

    La propreté urbaine prise à bras-le-corps par la Ville de Martigues

    « La propreté de la Ville est un enjeu majeur », affirme d’emblée l’adjoint Jean-Marc Villanueva face aux Martégaux présents à la réunion publique des quartiers du centre de Ferrières, de l’Île et de Jonquières mercredi soir. « Certaines incivilités persistent comme les dépôts sauvages, auxquels s’ajoute le dysfonctionnement du service de ramassage des déchets qui fait l’objet d’une discussion permanente avec la Métropole », déplore l’élu.

    La Ville a initié plusieurs actions de végétalisation citoyenne dans les rues du centre en réaction, entre autres mesures, tout comme des barrières avec signalétique qu’a bien remarqué cette habitante de la rue du docteur Sérieux. « C’est marqué pas de dépôt de poubelle sinon c’est 135 euros d’amende, mais est ce qu’il y a eu des verbalisations ? Je ne vois pas de différence depuis », se plaint Emmanuelle Achili.

    Le directeur adjoint de la police municipale, Naguib Mehadji, répond que « la plus grosse difficulté est de pouvoir constater les infractions. Parfois on retrouve des infos par exemple sur des cartons laissés avec l’étiquette, ce qui permet d’intervenir directement ». S’il ne peut pas donner de chiffre précis sur la verbalisation, l’agent a une « bonne nouvelle car les 38 caméras du centre-ville nous permettent de dresser un PV lorsque les dépôts sont faits avec un véhicule grâce aux plaques ».

    La question de la compétence est régulièrement posée dans ces cas. La conseillère municipale (PCF) Marceline Zéphir, déléguée de l’Île et de Ferrières, rappelle que « la Ville assure la propreté urbaine, avec 59 agents ». En cas de problème, « Martigues l’Appli et Allô Martigues servent au signalement. 735 ont été enregistrés cette année sur le seul secteur de l’hypercentre », précise l’élue.

    Facture en plus des PV ?

    En réponse à un autre habitant de la rue Galinière sur l’Île, le directeur général des services techniques de Martigues, Laurent Blanès, indique qu’« une résolution est prévue au prochain conseil municipal pour prévoir une facture de remise en état du site en plus de la verbalisation pour les contrevenants » qui déposent leurs déchets improprement.

    Autre problème, cette habitante excédée par « le caca des chiens sur la place Maritima » sur l’Île, en particulier de celui « d’un malinois non attaché ». Le maire (PCF) Gaby Charroux parle de « plusieurs situations critiques avec certains propriétaires de chiens » et promet que la police municipale « va regarder » ce cas, comme les autres du même acabit.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    Ils sont très exactement 18, âgés de 12 à 17 ans, venus du centre social la Martine, à Marseille (15e) à débouler ce matin-là à la mairie des 15e et 16e arrondissements, rue de Lyon. Sous la houlette de Kader Allem, coordinateur jeunesse, Jhani, Yacine, Kalil, Léo, Élise ou Sami sont venus en savoir plus sur l’institution dans le cadre d’un « rallye citoyen », démarré en mars dernier. Le but : les rendre véritablement acteurs de leur cité.

    « On est toujours en train de leur dire qu’il faut être citoyen mais la citoyenneté ne se décrète pas, elle se vit », explique Kader. Un travail de longue haleine dans des quartiers où être jeune relève parfois de la gageure.

    Franche et directe, madame la maire, Nadia Boulainseur (DVG), joue volontiers le jeu, bombardée de questions. « Comment vous gérez les quartiers ? », « Comment vous comptez améliorer notre cadre de vie ? » « C’est vous qui entretenez les city stades ? » « C’est quoi votre quotidien ? » Patiemment, l’élue rappelle les compétences d’une mairie de secteur : état civil, animations des centres aérés, « entretien des équipements transférés »… Mais au-delà, il y a aussi « la bonne volonté de l’équipe en place » pour agir détaille Nadia Boulainseur. Et de défendre ses choix, comme celui d’une politique culturelle « ambitieuse ».

    Pas de diplôme de maire

    Elle donne l’exemple de la maison de musique, ouverte à Saint-Henri (16e). « Avec des cours de piano, de violon. On m’a dit que cela ne fonctionnerait pas », se souvient l’élue. « Mais moi j’ai habité à la Granière, au K62, je sais ce que les habitants de ces quartiers veulent et surtout ne veulent pas », poursuit-elle. L’équipe municipale a détecté le frein, « il était financier » témoigne Nadia Boulainseur. « Alors on a fait un tarif symbolique à 5 euros et dégressif dans les fratries. Et aujourd’hui, on travaille à tripler les cours », développe-t-elle fièrement.

    Au fur et à mesure des échanges, elle revient sur la nécessité de faire avancer la question du logement, des transports… « C’est pas normal que les jeunes disent quand ils vont dans le centre-ville, qu’ils descendent à Marseille, qu’ils ne se sentent pas Marseillais », s’indigne-t-elle devant une assistance qui approuve.

    « Et le maire de Marseille, il vous gère à vous aussi ? À quoi il sert finalement ? », balance sans ambages Chemsy. « À valider les permis de construire, assurer l’entretien des parcs quand ils font plus d’un hectare, à gérer la police municipale même si les maires sont aussi OPJ, officier de police judiciaire », répond la maire qui se marre.

    Puis, stupeur quand la troupe apprend qu’il suffit d’avoir 18 ans et de se présenter pour être maire. Tout le monde étant persuadé qu’il faut un diplôme. « Mais alors moi si je veux, je peux me présenter ? Et être élu ? » insiste un ado. Nadia Boulainseur s’embarque alors dans une explication simplifiée de la loi PLM, pour aborder la question de la majorité et on devine qu’une partie de l’assistance décroche un peu… Elle tient à faire passer le message : « Cette mairie est la vôtre, moi je ne fais que passer… »

    Être acteur de sa vie

    Mais vient le fond de toute l’affaire : « Pourquoi c’est important d’être citoyen ? », lâche timidement Yasmine. « Parce qu’il ne faut pas laisser les autres choisir pour toi ! Et puis après quand on ne s’intéresse pas, il ne faut pas se plaindre même si je comprends qu’on puisse être dégoûté par la politique. Mais il faut être acteur de sa vie », estime l’élue revenant sur son propre parcours. « À l’époque j’habitais la Granière et le bailleur a fait faillite, il a vendu les logements. Mes parents n’avaient pas les moyens d’acheter, on a dû partir dans le 11e. Je me suis retrouvée dans un bidonville avec 15 familles d’Arabes, 15 familles de gitans, l’idée étant de nous laisser loin de tout », raconte-t-elle. Elle martèle : « Si j’avais dû me dire c’est mort, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui. Il ne faut jamais baisser les bras. Même si c’est plus difficile pour vous, on ne va pas se mentir, et aussi pour les filles en particulier. » Mais elle en est persuadée : « Vous pouvez déjouer tous les plans. » Après plus d’une heure de questions-réponses, les ados repartiront ravis. Prochaine étape, un voyage à Paris à l’Assemblée nationale en décembre prochain. Une visite « trop stylée » imaginent-ils déjà.

  • Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    La lutte a commencé à payer. Après une semaine à braver le froid, la trentaine de personnes (dont 15 enfants) expulsées d’un squat le 27 octobre et qui depuis dormaient dehors, ont enfin été mises à l’abri. Depuis mardi 4 novembre et jusqu’au jeudi 13, ces familles françaises, ukrainiennes, arméniennes, albanaises, angolaises, libériennes ou algériennes à la rue sont relogées dans un hôtel d’Euromédecine. « Un hôtel où vous n’iriez pas passer vos vacances », tempère Samuel Forest, de l’association Solidarité partagée. Mais qu’importe, il s’agit d’une première victoire collective arrachée de haute lutte. « On est très contents pour toutes ces personnes. Ce n’est pas possible qu’en France on laisse des enfants dormir à la rue ».

    Comme cela a été rappelé par le travailleur social Antoine Feletti (Sud santé sociaux) lors du rassemblement de soutien du lundi 3 novembre devant la préfecture de l’Hérault, il incombe à l’État de s’assurer que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » (article L345-2 du code de l’Action sociale et des familles).

    Or, c’est grâce à l’intervention de la Ville de Montpellier que cette solution provisoire a pu être trouvée. Reprochant à l’État ses carences, le maire M. Delafosse (PS) va lancer une procédure de remboursement auprès de ses services. « Nous saluons la proposition de la Mairie de Montpellier, qui a finalement pris ses responsabilités », se réjouit Un toit, un avenir.

    Soutien de députés

    Depuis le 27 octobre, l’ensemble des soutiens (citoyens, assos, syndicats, partis) dénoncent l’inertie des services déconcentrés de l’État. « Il y a une réelle volonté de ne pas prendre en charge. Tout le monde est choqué par cette situation », déclarait au micro Samuel Forest le 3 novembre devant les grilles de la préfecture. Un « choix politique » que Nathalie Oziol, députée LFI en campagne, attribue au gouvernement macroniste « qui avait promis qu’il n’y aurait plus un seul SDF ! ». Reproches semblables du côté de l’autre candidat aux Municipales, Jean-Louis Roumégas, qui pointe le manque d’un millier de places d’hébergement d’urgence. Le député écologiste s’inscrit en faux contre l’argument de la préfecture qui invoque le statut de personnes qui seraient sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Ce n’est pas la majorité des cas. Et quand des enfants dorment à la rue, on ne leur demande pas leurs papiers ».

    L’affaire qui fait grand bruit n’est pas close. « L’hébergement provisoire ne saurait remplacer un véritable relogement pérenne et digne », insiste Un toit, un avenir. « On espère un accompagnement de la part de la mairie avec des structures adaptées », confie Samuel Forest. Inquiet pour l’avenir de Solidarité partagée, il n’espère plus rien de la préfecture. Laquelle « défie quiconque de donner les leçons à l’État en la matière », dénonce une « instrumentalisation politique » et semble avoir l’association dans le viseur (saisine du procureur contre l’organisateur). Ce à quoi Samuel Forest rétorque : « Je leur demande juste de faire leur travail, si c’était le cas, nous n’aurions pas à nous occuper de ces familles ».