Tag: Route du Rhum

  • Route du Rhum : Mathieu Claveau face à la dépression des Açores

    Route du Rhum : Mathieu Claveau face à la dépression des Açores

    «Les premières heures et la nuit de dimanche à lundi ont été ultra intenses et je n’ai pas eu beaucoup de repos» indique Mathieu Claveau. Ce n’est que mardi que le Marseillais a pu souffler un peu, «mais c’était un calme relatif», reconnaît-il. Mercredi, les choses sérieuses ont repris le dessus, avec un changement de voile pour préparer son bateau à affronter la dépression des Açores qui s’annonce.

    Avec des vents annoncés à 50, voire 55 nœuds, il a fait le choix de la contourner par le nord. «Cela fait un petit détour, mais cette route est plus «safe». «Cette option va me permettre d’aller chercher les vents portants», détaille-t-il. Mathieu Claveau joue donc la carte de la sécurité, sachant que la Guadeloupe est encore loin. Il a aussi pris connaissance des mésaventures de certains concurrents, contraints à l’abandon pour cause de casse ou de chavirage, notamment chez les Ultim.

    Lui poursuit son bonhomme de chemin. «Le bateau répond bien, et ce que je vis est plutôt cool», confie-t-il. Même s’il a repéré une petite avarie sur le spy, «mais ce n’est pas grave». Son objectif est de sortir au mieux de la dépression afin d’aborder le week-end dans de bonnes conditions.

  • Tout est prêt pour la grande traversée de la Route du Rhum

    Tout est prêt pour la grande traversée de la Route du Rhum

    Dimanche, à 13h02, la flotte va prendre le large, direction la Guadeloupe.

    Amarrés depuis le 22 octobre dans les bassins de Saint-Malo, les skippers sont entrés de plain-pied dans cette nouvelle édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pour tous, ce regroupement était le point d’orgue d’une préparation de longue haleine, qui s’est intensifiée ces derniers mois. Les dernières courses qui ont été disputées cet été et à la rentrée ont apporté leur lot d’enseignements et certains skippers aborderont forcément la course avec un peu plus de confiance que d’autres.

    Parmi eux, le Marseillais Mathieu Claveau. À bord d’un nouveau Class40, Inherent – Phare 40, il s’apprête à disputer son second « Rhum », quatre ans après une première traversée en solitaire de l’Atlantique. « J’ai maintenant hâte de partir, vivre cette course qui reste magique. » Avec un objectif ambitieux, « terminer sur le podium ».

    C’est un sprint de 17 jours qu’il va donc lancer, aux côtés d’une flottille de Class40 qui sera la plus importante à prendre le départ, dimanche. « Si je veux réussir, il me faudra aller vite dès le début », note-t-il. Sachant que faire la course en tête n’est pas synonyme de victoire assurée. Car, une fois en vue de la Guadeloupe, il faudra faire un tour de l’archipel. « Ce sera une autre course qui débutera, et mon expérience en Méditerranée peut faire la différence », estime-t-il.

    Mathieu Claveau va surtout tester sa capacité à tenir la distance sur une course en solitaire longue distance. Dans sa ligne de mire, le Vendée globe et un passage en Imoca. « C’est un peu une répétition générale, avant de monter en gamme. »

    Outre les Class40, où deux bateaux font figure de favoris (Corentin Douguet sur SNSM, Faites un don ! et Guillaume Pirouelle sur Sogestran – Seafrigo), d’autres classes vont se disputer la victoire jusqu’à Pointe à Pitre.

    Ouverte à tous les niveaux

    En Imoca, derrière Sam Goodchild, ils seront 21 à tenter de lui damer le pion. Le skipper de Macif Santé Prévoyance, a placé la barre très haut. Le Franco-Britannique a impressionné par sa capacité à exploiter son bateau et à limiter les erreurs. Un statut d’homme à battre qu’il assume, sans pour autant considérer que la partie est jouée. « Si je fais partie des favoris, je suis loin d’être le seul. Et puis, c’est une course en solitaire : ça remet les choses à plat, ça ouvre le jeu et les opportunités. On devra se méfier de tout le monde ! »

    Les huit Ultim de la planète seront tous réunis sur une même ligne de départ. Tenant du titre, Charles Caudrelier revient avec une machine révolutionnaire (Gitana 18) dont la mise au point est encore loin d’être achevée. Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI) et Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) misent sur des trimarans éprouvés, Anthony Marchand (Actual Ultim 4) a hérité du bateau victorieux en 2022 et Tom Laperche (SVR-Lazartigue) possède de sérieux arguments pour bousculer ses aînés. Guirec Soudée (Liamm), Alexia Barrier (Idec Sport-CIC) et Louis Burton (Ultim Armand Thiery) apportent, eux, leur lot d’inconnues. De quoi brouiller les lignes dans une hiérarchie difficile à établir.

    À suivre également les Océan fifty. Ils sont dix à tenter l’aventure à bord de ces multicoques de 15 mètres. Et parmi eux, ils sont très nombreux à pouvoir prétendre au podium ou à une place d’honneur. Un suspense exacerbé avec une bataille, aussi, entre les plus expérimentés dont Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) et les plus jeunes menés par Basile Bourgnon (Edenred).

    Tous ces candidats n’attendent désormais qu’une chose. Le top départ de la course. Ce sera dimanche, à 13h02 exactement, que sera lancée la grande traversée.

    Les amateurs pourront également participer, sur www.virtualregatta.com

  • [Voile] Le nouveau challenge de Mathieu Claveau

    [Voile] Le nouveau challenge de Mathieu Claveau

    Après s’être préparé en Méditerranée, Mathieu Claveau a pris la direction de l’Ille et Vilaine.

    Son Class40 amarré à Saint-Malo, le skipper marseillais, co-fondateur de l’écurie de courses au large « Mer et connexion », va prendre part à sa seconde Route du Rhum.

    En 2022, pour sa première participation à cette mythique transatlantique en solitaire, il avait signé une belle 28e place en Class40. Il avait surtout réussi à amener son bateau en tête des « vintages ». Depuis, Mathieu a fait le choix de se consacrer pleinement à la course au large, portant sur les fonts baptismaux son écoule de course au large, basée à Marseille, avec laquelle il a obtenu de très bons résultats. Il a également permis à certains de se langer dans le grand bain.

    Palmarès étoffé

    Quatre ans après cette première expérience, il s’apprête à retrouver la ligne de départ, avec de nouvelles ambitions et un parcours professionnel qui a évolué depuis sa dernière participation.

    Car, s’il n’a pas pris part à l’édition 2024 de la Transat en solitaire, Mathieu Claveau a néanmoins réussi de belles performances dans des épreuves de très haut niveau. Il a notamment pris part aux éditions 2025 et 2026 de la Med Race, épreuve disputée en Méditerranée. La première fois, il a amené son Class40 sur la plus haute marche de sa catégorie. Lors de sa seconde participation, Mathieu Claveau a été le vainqueur de l’épreuve, associé à François Verdier.

    L’année 2026 l’a vu également s’imposer dans la Paprec 600 de Saint-Tropez et finir sur le podium de la Massilia off shore, course reliant Marseille à Barcelone. À la barre de son Phénix Phare 40, il est prêt à se lancer une nouvelle fois à l’abordage de l’Atlantique et rejoindre la Guadeloupe au plus vite, après avoir parcouru 3 542 miles nautiques.

    Ce défi, Mathieu Claveau va le mener à bien pour mettre en lumière son engagement aux côtés des gendarmes et soldats blessés en missions. Il sera leur porte-drapeau. Départ dimanche de Saint-Malo.

  • Damien Seguin au départ de sa cinquième route du Rhum

    Damien Seguin au départ de sa cinquième route du Rhum

    Quand vous êtes né dans la ville la plus haute d’Europe en altitude, comment en arrive-t-on à faire de la course au large ?

    La question fait sourire Damien Seguin. « En plus, mon papa était guide de haute montagne, et naviguer sur le lac de Serre-Ponçon, cela n’a rien à voir avec l’océan », plaisante-t-il. Mais à l’âge de 10 ans, après un passage par Vaison-la-Romaine, la famille a posé ses valises en Guadeloupe.

    Le petit Damien a donc découvert la voile et le bateau, « et j’étais devenu un fan absolu ». C’est d’abord en spectateur qu’il a assisté aux arrivées des premières routes du Rhum. « Voir ces voiles, ces loups de mer, cela me faisait rêver. »

    Nouvelle étape

    Même privé de sa main gauche, il s’est jeté à l’eau. Devenant le premier handicapé à s’engager sur une course au large, en 2010. Depuis, d’autres ont suivi son chemin. « La voile est le seul sport qui permet une mixité totale. Vous avez des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des handicapés qui, une fois à bord, n’ont qu’un objectif, aller au bout de leur rêve. Sans limite », souligne-t-il.

    Le 1er novembre, à bord de son trimaran Arkea-Crédit Mutuel, Damien Seguin prendra le départ de sa cinquième route du Rhum. Avec une pression supplémentaire. « Les quatre premiers, mon objectif était de finir la course », admet-il. Il en a terminé deux sur Class40 et deux autres sur Imoca. « Mais cette fois, j’ai récupéré un trimaran qui a déjà gagné des courses », détaille-t-il. « Celui de Loïck Peyron, qui a tout gagné avec lui, sauf le Rhum », précise-t-il.

    Après avoir navigué avec Loïck Peyron, pour se faire la main, Damien Seguin va donc tenter d’arriver le plus rapidement possible en Guadeloupe, et « si possible gagner, mais je sais que je suis attendu ! » Ce qui le motive d’autant plus.

  • Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Demain, c’est loin ! Derrière cette phrase, se cache la renaissance d’un projet fou.

    Celui de Nicolas Rouger, qui rêve d’être le premier Marseillais à s’aligner sur le Vendée globe. Sa présence au départ de la Route du Rhum aurait dû, logiquement, lui permettre d’enchaîner sur le tour du Monde sans assistance ni escale. « Mais il y a eu la poisse qui s’est mêlée à tout ça et j’ai dû laisser tomber », se souvient-il.

    Après avoir réussi la traversée de l’Atlantique et ramené son bateau au pays, « dans des conditions compliquées », un naufrage a eu raison de ses chances d’être au départ des Sables d’Olonne. Certains auraient renoncé. Pas lui. « C’est une course dans le Mont Blanc, avec un pote gendarme de haute montagne qui a trouvé les bons mots, que j’ai compris qu’il fallait repartir ».

    Nicolas s’est mis en quête d’un nouveau bateau, avec l’envie intacte de se surpasser. Et de faire de sa traversée à venir un événement hors normes. « Je me devais de trouver des partenaires, pour boucler le budget. Le premier à dire oui me suit depuis quarante ans. D’autres amis m’ont poussé. »

    Convention académique

    Parmi ceux qui ont rendu possible ce retour sur l’océan, il y en a deux que l’on n’attendait pas sur un tel terrain. « Les membres du groupe IAM et le graphiste Hervé Di Rosa m’ont rejoint. Leur présence va rendre un peu rock’n’roll ma participation à la Route du Rhum », clame Nicolas Rouger.

    D’autant plus que sa voile sera le support d’une œuvre originale réalisée par Hervé Di Rosa. Et dont les partenaires qui rejoindront l’aventure récupéreront un morceau, lorsque le skipper sera allé au bout de son projet sportif. L’occasion de s’offrir une authentique œuvre d’art pour 20 000 euros.

    Un autre partenaire surprise s’est manifesté. « Le Recteur de l’Académie Aix-Marseille m’a proposé une convention ». À chaque escale marseillaise, son Demain c’est loin sera ouvert aux élèves pour leur faire découvrir l’univers marin. « C’est une fierté de pouvoir leur montrer les capacités qu’offre la mer en matière de formation. »

    D’ici là, Nicolas Rouger va poursuivre sa préparation pour la Route du Rhum. « C’est Michel Desjoyeaux qui m’accueille pour préparer le bateau. Pour moi, c’est un rêve de travailler avec un tel marin ». La traversée Saint-Malo – Guadeloupe va lancer une dynamique qui doit l’amener, enfin, dans les mers du Sud.

  • « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    La Marseillaise : Depuis votre qualification, comment vous préparez-vous ?

    Mikaël Mergui : Après le rush en mars et avril, c’est la période creuse. Le bateau est à La Trinité-sur-Mer, où mon équipe est en train de travailler pour optimiser ce qui peut encore l’être. Et moi, je me ressource à Puy-Saint-Vincent.

    Cela fait quatre ans que vous naviguez sur Hirsch – Centrakor, qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

    M.M. : Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, partagé de belles aventures. Je peux dire qu’il est mon meilleur ami. Avec le temps, je commence à bien connaître ses qualités, ainsi que ses défauts.

    Quelles sont vos ambitions sur cette Route du Rhum ?

    M.M. : Aller au bout celle fois ! Lors de ma première, en 2022, j’ai cassé le bateau après six jours de course. Depuis, j’ai acquis une certaine expérience, grâce à trois Transat notamment. Je suis mieux préparé pour cet événement qui est hors-norme.

    Qu’elle est la différence entre Route du Rhum et transat du Café ?

    M.M. : Sur le « Rhum », vous êtes seul à bord. La part d’aventure est plus présente. Tu dois lutter contre les éléments, mais aussi contre toi-même, apprendre à gérer la fatigue. Alors que sur le « Café », nous sommes deux, ce qui permet de pousser le bateau. Il est possible de vraiment prendre du repos, alors que seul à bord, il faut de temps en temps s’en remettre au bateau. Et croiser les doigts pour que les éléments ne se déchaînent pas au mauvais moment. La « Route » est donc plus dure, car tu dois tout maîtriser, tout chapeauter à bord. Tu dois te battre contre les éléments, contre le bateau, mais surtout contre toi-même. Les arrivées sont également différentes. Pour le « Café », c’est direct au port, alors que le « Rhum » demande de faire le tour de la Guadeloupe, et cela peut changer beaucoup de choses. Car la mer à l’approche de l’archipel réserve pas mal de pièges. Il y a d’ailleurs souvent des rebondissements à ce moment de la course. C’est pourquoi je suis allé en repérage, en février dernier. J’ai fait le tour des îles pour prendre mes marques. Cela peut être utile. Si je devais faire une comparaison, c’est comme passer du rugby à XV au rugby à VII. En fait, la Transat du Café, c’est une épreuve sportive, alors que la Route du Rhum, c’est une aventure humaine. Toutefois, pouvoir courir les deux, c’est chouette.

    Vous pouvez aller chercher la victoire ?

    M.M. : Je suis accompagné d’une petite équipe. Avec Mylène, mon épouse, Sophie Claudon et Richard Aubin, nous sommes un peu David contre Goliath. Mais j’ai envie de montrer que les Méditerranéens sont capables de relever le défi. De plus j’ai des partenaires qui m’ont renouvelé leur confiance, comme Hirsch et Centrakor. C’est une aide précieuse pour moi.

    En parlant de Méditerranée, vous êtes en première ligne pour constater les changements climatiques qui l’impactent ?

    M.M. : La canicule maritime est un fait. Je vois son évolution depuis quelques années. L’eau est plus chaude, ce qui a un impact fort sur la faune, mais également sur les conditions météorologiques. Les houles sont plus marquées, les orages plus violents, les changements de vent également. D’ailleurs, j’ai constaté la disparition du ponant. C’était un vent d’après-midi thermique qui soufflait alors que l’eau se réchauffait en début d’après-midi. Cela a changé la façon de naviguer. Il est désormais nécessaire d’être plus vigilant, car les vents médians ont quasiment disparu. Cela commence à se sentir en Atlantique, où l’on constate souvent un manque de vent d’ouest dominant et une recrudescence des algues vertes. Je suis allé naviguer là-bas en mai et juin. J’ai trouvé des conditions inhabituelles, avec du grand soleil et très peu de vent. Alors qu’avant, c’était une période où les conditions de mer étaient plus musclées.

    Outre la course au large, vous avez aussi un programme qui est à destination des enfants ?

    M.M. : J’ai choisi d’utiliser mon expérience de marin pour sensibiliser les enfants à la mer, leur montrer qu’elle était un véritable trésor à portée de main. En collaboration avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée, je propose des ateliers dans une quarantaine de classes. Je suis allé rencontrer les élèves en amont de la Route du Rhum. Cela a donné de belles discussions. Nous avons parlé des métiers qui étaient liés à la mer. Pendant la course, je vais faire un film, qui sera projeté à mon retour. Eux-mêmes pourront me lancer des défis, via la Virtual regatta. Près de 1 800 enfants se sont portés volontaires pour me suivre. La majorité de Toulon et sa région. Mais il y a aussi des classes d’autres départements qui ont rejoint le programme.

    Pourquoi cette ouverture vers
    les enfants
     ?

    M.M. : J’ai pris conscience que dans mon département, même lorsqu’ils en sont à proximité immédiate, peu d’enfants connaissent la mer. J’ai senti une certaine appréhension vis-à-vis de cet élément. En utilisant la voile et les métiers de la mer, c’est une manière de désacraliser l’élément et ramener chez eux une certaine curiosité.

    Vous êtes maintenant un habitué des courses transatlantique, n’êtes-vous pas attiré par un autre challenge après la Route du Rhum ?

    M.M. : Certains me demandent si l’idée d’aller sur le Vendée globe me trotte dans la tête. C’est vrai que pour la course au large, c’est le mythe absolu, l’Everest des marins. Mais y aller implique énormément de choses, et je ne veux pas me mettre de pression inutile. Pour moi, naviguer, c’est rêver. Si je devais me lancer dans une course autour du monde, je serais plus dans la philosophie d’une Whitbread.

    Qu’est-ce que cette Whitbread ?

    M.M. : Cette course existait quand j’étais gamin, et je rêvais en lisant les récits qui en étaient faits. Si elle n’existe plus, je pense qu’avec l’Ocean race, je pourrais trouver mon compte. C’est une épreuve qui est plus dans ma vision de la navigation et de la compétition. C’est un tour du monde, en équipage, avec escale. Il y a donc autant de départs et d’arrivées, avec cette adrénaline spécifique. Et puis, il y a surtout la possibilité de mettre pied à terre. Dans le Vendée globe, ce qui me frustrerait, c’est passer au large de sites et de ports magnifiques, sans pouvoir y accoster, et partager avec les locaux ma passion. Vivre, même quelques heures seulement, une expérience hors-norme. Le Vendée globe va trop vite pour moi. Je suis adepte du partage, des rencontres avec le grand public. Et puis, quand tu navigues en équipage, tu peux mieux profiter du bateau. Le pousser au maximum. Faire également d’autres choix stratégiques.

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • Un géant des mers de passage dans les eaux marseillaises

    Un géant des mers de passage dans les eaux marseillaises

    Impossible de le manquer. Il suffit de jeter un œil aux nombreux bateaux amarrés au Vieux-Port pour constater que l’un d’entre eux fait de l’ombre à ses voisins. L’Actual Ultim 4 est ancré depuis mardi, à Marseille, et cela pour près de 10 jours, jusqu’au lundi 5 mai. C’est un véritable géant des mers qui a pris place face à l’hôtel de ville. Un monstre de technologie avec ses 36 mètres de haut, 32 de long, 23 mètres de large et 16 tonnes sur la balance. Un voilier presque unique, faisant partie des 6 ou 7 machines de course les plus imposantes au monde. Sa visite sur les bords de la Méditerranée est donc une rareté. La cité phocéenne avait accueilli l’arrivée de The Race, en 2000, avec des multicoques plus ou moins similaires, mais rien depuis.

    Ce mercredi à l’aube, le skipper Anthony Marchand, natif de Saint-Brieuc, Lorientais d’adoption, permettait à La Marseillaise de monter à bord. Il décrit les spécificités de son trimaran hors-norme : « Ce bateau est doté de foils, ce sont les appendices de chaque côté, et ça nous permet de les enfoncer dans l’eau pour, justement, être au-dessus de l’eau. Les flotteurs ne touchent plus l’eau et ça nous permet de nous affranchir de ce frottement et d’aller encore plus vite. »

    « Aussi réactif qu’un catamaran de plage »

    « Plus vite », d’après le navigateur de 41 ans, cela équivaut à frôler les 100 km/h. La vitesse de pointe de cet Ultim a été mesurée à 93 km/h. Le terme « Formule 1 des mers » n’est pas galvaudé, tant l’appareil a été pensé pour fendre l’air. « Il y a un réel travail sur l’aérodynamique. Le bateau est fait pour surfer sur l’eau et la coque a été travaillée pour faire accélérer l’embarcation », poursuit Anthony Marchand. Comme dit précédemment, le navire pèse 16 tonnes. Un nombre impressionnant et, pourtant, la maniabilité n’a jamais affolé le skipper. « Étonnamment, c’est aussi réactif qu’un petit catamaran de plage. C’est très sensible à la barre, les 16 tonnes on ne les sent pas. Une fois que le bateau est lancé, il faut être très très fin au toucher de barre donc le poids, on l’oublie vite. » Derrière le navigateur breton, 20 personnes travaillent sur le projet Actual Ultim 4. Une grande écurie œuvrant d’arrache-pied pour être performant et remplir ses objectifs. Celui de cette année est clair : la Route du Rhum (départ le 1er novembre à Saint-Malo). Assis dans son habitacle de 6m2, Anthony Marchand décrit son amour pour l’épreuve, alors que des collaborateurs préparent les voiles au-dessus de sa tête. « C’est une course mythique, moi c’est un rêve de participer à la Route du Rhum et encore plus sur la catégorie Ultim. J’ai hâte de vivre ce départ, avec un peu d’appréhension pour le côté émotionnel. Un départ de Route du Rhum, sortie d’écluse, le compte à rebours qui commence, c’est forcément un moment qui est stressant, particulier. » En attendant, la Méditerranée va être le terrain de jeu de ce géant pour encore quelques jours.

  • Mikaël Mergui se prépare à un retour sur la Route du Rhum

    Mikaël Mergui se prépare à un retour sur la Route du Rhum

    Après une première tentative lors de la précédente édition, Mikaël Mergui se lance, à nouveau, dans une des transats les plus exigeantes : la Route du Rhum.

    « C’est pour moi la course mythique, celle que je regardais à la télévision en famille. J’ai déjà eu la chance d’être au départ… Mais c’est une épreuve à part. Avant même de s’élancer, il faut se qualifier, accumuler des milles, mériter sa place », explique-t-il. Mais, avant de prendre le départ, il a mis le cap de son Centrakor vers l’Atlantique, qui sera le champ de jeu des skippers au départ.

    « Gagner sa place à la Route du Rhum est déjà un défi en soi, j’ai tout mis en œuvre pour en être », précise-t-il. Avec le retour à la navigation en solitaire. « Le solo est encore une autre dimension. J’aime le double, j’aime la coopération, me dépasser avec mon co-skipper. Mais là, il faut aussi se battre contre soi-même : le mental, la fatigue, la gestion du sommeil, la nutrition. »

    Néanmoins, s’il sera seul à la barre lorsque l’épreuve se déroulera, c’est un travail d’équipe qui va permettre au Hyérois de décrocher son billet pour la Martinique.

    Un travail d’équipe

    Derrière le marin se cache une formation solide, fidèle et engagée. Son partenaire historique : Centrakor, l’enseigne de décoration, et Hirsch, spécialiste de la sécurité informatique, qui a rejoint l’aventure l’année dernière.

    Deux piliers qui accompagnent l’objectif sportif, humain et ambitieux de Mikaël : « C’est incroyable de voir l’émulation autour de ce projet. Chaque année, c’est une nouvelle histoire que nous tissons, avec toujours plus de personnes embarquées et de nouvelles rencontres. »

    Ce soutien pluriel est sa force lorsqu’il est à la barre : « J’ai toujours autant de plaisir à faire rayonner la course au large, à intervenir chez mes partenaires, faire découvrir ma passion et voir comment une entreprise peut se mobiliser autour d’un projet de cette envergure. »

    Après un hiver à terre, où la saison se joue souvent bien avant les départs. « L’hiver est toujours bien spécial. Tu t’enfermes dans le hangar avec ton bateau, en vase clos. Tu contrôles tout, tu vérifies tout. Tu cherches à gagner en confort, en vitesse, avec des modifications… Chaque détail devient stratégique : optimisation, fiabilité, performance. Rien n’est laissé au hasard. C’est un moment très introspectif », explique Mikaël Mergui.

    Après un mois de mars mis à profit pour remettre en route la machine, avec des premières sorties. « Chaque mille parcouru, chaque réglage, chaque choix technique construit l’objectif final : être prêt pour l’un des rendez-vous les plus mythiques de la course au large, la Route du Rhum. Faire briller les couleurs de la Team Centrakor-Hirsch, porter haut les valeurs du projet, et continuer à faire rayonner la Méditerranée sur toutes les mers. »

    Avec une hâte pour Mikaël Mergui : « Revoir le bateau à l’eau avec son nouveau visuel, ses pavois ajoutés sur les côtés, et deux portes d’entrée. »

    Programme 2026

    – Trin40 (première édition) – départ de La Trinité-sur-Mer

    – Armen Race

    – Normandy Channel Race

    – DREAHM Cup

    – Malouine 40

    Et bien sûr, en ligne de mire : la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, départ le 1er novembre

    depuis Saint-Malo.