Tag: Romains

  • Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    À la fin du Ier siècle av. J.-C., Arles, devenue colonie romaine en 46 avant J.-C., est approvisionnée en eau par un aqueduc dont deux branches captent des sources dans les Alpilles. Elles se rejoignaient à Fontvieille, au Vallon des Arcs. L’eau traversait ce vallon sur un pont-aqueduc de 325m de long et continuait sa course vers Arles par le marais des Baux. C’est au début du IIe siècle après J.-C., que les Romains construisent à Barbegal un second pont-aqueduc parallèle au premier et exclusivement dédié à une meunerie hydraulique.

    Les visiteurs de ce site en accès libre découvrent comment l’aqueduc traversait le rocher de la Pène par une large entaille. L’eau descendait à travers deux canalisations étagées en 8 chutes qui mettaient en marche les roues à aube qui faisaient tourner de 16 à 32 meules de pierre en lave de basalte. Avec un débit estimé entre 240 et 1 000 litres par seconde, cette meunerie, la mieux conservée du monde romain, pouvait produire 4,5 tonnes de farine par jour. Pour l’archéologue Fernand Benoit qui a fouillé le site en 1937, ce complexe a pu être réalisé par l’ingénieur gallo-romain Quintus Candidius Benignus.

    Envahi par la végétation, le site inscrit en zone Natura 2000 manque de lisibilité, de médiation et d’accueil pour le public. La commune prépare sa restauration et sa mise en valeur dans le respect de son classement au titre des monuments historiques.

  • [C’est l’été] Suivez le nouveau parcours numérique des Arènes d’Arles

    [C’est l’été] Suivez le nouveau parcours numérique des Arènes d’Arles

    Les Arènes d’Arles sont parsemées de petites plaques contenant un flashcode depuis peu. D’un bout à l’autre de ce monument du premier siècle inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, l’application de visite Arles Monuments vers laquelle les visiteurs sont renvoyés livre de nouveaux récits sous la forme de vidéos, de capsules audio ou de diaporama d’images et d’archives commentées.

    En tout, ce sont pas moins de 25 minutes d’audio qui accompagnent un parcours étudié pour livrer les informations essentielles, en terme d’architecture, d’Histoire et de sociétés, au travers de 10 points d’intérêt répartis sur environs un tiers de l’emprise du monument. Tout le long de la visite, les explications sont ponctuées de mini-jeux donnant lieu à un bonus s’ils sont tous réussis. En outre, l’histoire est parfois racontée de manière scénarisée. À l’image de cette capsule à la mi-parcours mettant en scène un dialogue entre deux romains venus assister à un combat de gladiateurs.

    « C’est Thelonicus, le fameux rétiaire. Torse et tête nus, juste son filet et son trident. Tu te rends compte ? Il n’a que ce morceau de cuir sur l’épaule pour se protéger » explique le romain Gaius à son homologue dans cette scène. Ce dernier lui conseille de ne pas sous-estimer l’adversaire Sedulus, un secutor dont il est « impossible de deviner les intentions sous son casque » et dont « le bras armé est bien à l’abri sous ses écailles de métal ». Une forme de pronostic.

    « Le visiteur doit repartir avec la vérité historique »

    Cette scénarisation et la manière globale de rendre ludique la visite répondent à un objectif néanmoins sérieux. « Le touriste doit repartir avec une vérité historique sans inventions ou légendes » assure Claire de Causans, adjointe au patrimoine (Horizons) d’Arles. Cette application est « très suivie scientifiquement » selon l’élue, qui relève la mobilisation de l’équipe du service patrimoine.

    L’application est vouée à évoluer. Les langues anglaise, allemande, espagnole et italiennes seront déployées d’ici l’automne et d’autres monuments sont voués à accueillir la même application dans les prochains mois, d’après la Ville.

  • Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    L’ouvrage, porté par le conservateur en chef Nicolas de Larquier et son équipe scientifique, est le fruit de plusieurs années de travail. « Il était temps », dit-il simplement. Au total, cinquante œuvres emblématiques sont analysées et mises en contexte.

    Le guide parcourt vingt-cinq siècles d’histoire, de l’époque préromaine jusqu’au Moyen Âge. On y trouve les pièces emblématiques et les chefs-d’œuvre attendus : sculptures, mosaïques remarquables mais aussi des objets plus inattendus. Un brasero portatif, par exemple, « une sorte de foyer mobile utilisé pour cuisiner », qui permet, selon le conservateur, « d’incarner la vie antique ». Ou de la céramique sigillée, de la verrerie entre autres.

    « Un ouvrage vivant »

    Présentées à Nîmes depuis 1823, ces collections ont plus de deux siècles d’histoire. Bien avant l’ouverture du musée actuel, la ville exposait déjà ses vestiges antiques. Le guide rappelle ainsi que l’intérêt pour l’Antiquité ne date pas d’hier et que le patrimoine nîmois s’est constitué dans la durée.

    Nicolas de Larquier assume volontiers que publier un guide, c’est figer. Mais en archéologie, les connaissances bougent en permanence. « On imagine souvent qu’un musée est immuable. C’est rarement le cas.  » Entre la fouille et la présentation au public, il peut s’écouler une dizaine d’années. Les notices évolueront, de nouvelles découvertes viendront compléter le récit. « C’est un ouvrage vivant, appelé à évoluer. »