Tag: Rodolphe Saadé

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    Le groupe CMA Media, qui détient BFMTV, RMC, La Tribune ou encore Brut, veut vendre les neuf chaînes de télévision locales de BFM pour faire des économies dans un contexte « difficile » pour le secteur, un projet qui provoque la colère des syndicats. Il s’inscrit dans un plan visant à générer 20 millions d’euros d’économies dans l’ensemble du groupe, soit 5% de ses coûts. CMA Media est détenu par l’armateur CMA CGM, dirigé par le milliardaire Rodolphe Saadé.

    « Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux, a déclaré à l’AFP la directrice générale de CMA Media, Claire Léost. Nous ne trouvons pas le modèle économique sur l’activité des chaînes locales. »

    Un appel à la grève a été lancé par les syndicats SNJ et CGT, mercredi. Plusieurs émissions n’ont pas été diffusées jusqu’à ce jeudi soir, sur les antennes de BFM Marseille Provence, Toulon Var ou Alpes du Sud. Pour les syndicats, les « annonces de la direction sont écœurantes, parce que la direction a clairement menti en assurant vouloir trouver des solutions pérennes pour les locales ». Ils ajoutent : « Désormais, c’est une fermeture qui se profile si aucun repreneur n’est trouvé. Et qui reprendra des chaînes locales dont la direction ne cesse de dire qu’elles ne sont pas viables économiquement ? »

  • Mathilde Lanté veut appuyer les luttes marseillaises

    Mathilde Lanté veut appuyer les luttes marseillaises

    Soulagée, la cheffe de file de Révolution permanente (RP) à Marseille, après la validation préfectorale du « matériel de propagande ». À deux semaines du 1er tour, Mathilde Lanté, avocate « au service de la lutte », peut se lancer dans la ligne droite des municipales à la tête de la liste « Reprendre Marseille aux riches ». Une liste « de travailleurs et de travailleuses qui font tourner la ville » qu’elle oppose aux « politiciens professionnels », et qui cible, dans une logique trotskiste, le grand patronat.

    « On est les seuls à pointer du doigt les responsables de la misère : les ultra-riches et les grandes entreprises qui achètent la ville », insiste-t-elle, se démarquant de la France insoumise, et dénonçant la main mise de la CMA CGM sur Marseille : « C’est Rodolphe Saadé, un ami de Macron, qui ouvre des entrepôts solidaires, rachète la presse, investit dans des institutions culturelles, à l’Université d’Aix-Marseille, à l’OM, au Mucem… »

    La candidate trotskiste, qui revendique un engagement militant forgé « depuis l’université », assure avoir « été de tous les combats », de la loi Travail aux Gilets jaunes en passant par les mouvements féministes, les mobilisations contre l’extrême droite et la réforme des retraites ou le soutien aux « révoltés des quartiers populaires après la mort de Nahel ».

    « Les yeux, les oreilles

    et la voix des travailleurs »

    Mathilde Lanté justifie par ancrage local cette candidature dans les 4-5, « un secteur qui lutte » et l’un des « plus mixtes » avec des travailleurs, des étudiants, des artistes engagés. « C’est le quartier où l’on vit et habite », plaide-t-elle aussi, évoquant ses colistiers, travailleurs du nettoyage et sociaux, ouvriers d’ID Logistics, profs, étudiants ou personnels d’université.

    Présente sur ce seul et unique secteur, RP « appellera clairement à voter pour la liste de nos camarades de Lutte ouvrière à la mairie centrale », poursuit Mathilde Lanté. « On ne va pas changer les choses juste en élisant un conseiller municipal, mais on veut être les yeux, les oreilles et la voix des travailleurs. Notre objectif est de démasquer ce qui s’y passe, de servir de vitrine à un autre projet politique et de soutenir matériellement les luttes qui seront menées ces prochaines années. »

    Active et percutante sur les réseaux sociaux, présente sur le terrain, la liste tient un meeting ce dimanche (15h au 24 rue Edmond-Dantes) en présence d’Anas Kazib, porte-parole national de Révolution permanente. Des colistiers y prendront la parole, dont Saphia Aït Ouarabi, doctorante et figure des luttes étudiantes et antiracistes.

  • L’UD CGT 13 dénonce la « Une » de La Provence

    L’UD CGT 13 dénonce la « Une » de La Provence

    La « Une » de nos confrères de La Provence d ece 14 janvier, à propos des « grands procès de 2026 » et des « affaires qui feront la Une de l’actualité judiciaire cette année », fait réagir l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Et il y a de quoi : le journal affiche Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (CGT GPMM) aux côtés de Félix Bingui, le « chef du clan Yoda jugé pour le trafic de la Paternelle » ou encore de l’affaire des « bars à filles de l’Opéra », à la Une comme dans les pages.

    « Une nouvelle fois, ce journal orchestre une mise en scène méthodique visant notre camarade », tempête l’organisation syndicale. Elle juge que « le placer sur la même ligne que des trafiquants, des tueurs d’enfants, des marchands de sommeil ou des proxénètes ne relève ni de l’information ni du hasard. Cela traduit un choix éditorial assumé, profondément partial et politiquement orienté ».

    L’UD CGT 13 revient aussi sur le passif entre la CGT du Port et le journal du milliardaire Rodolphe Saadé : « Deux plaintes ont été déposées en janvier 2025 visant “La Provence”. Elles sont actuellement en cours d’instruction : l’une pour violation du secret de l’enquête, l’autre pour diffamation. » Manière de rappeler que La Provence avait révélé le placement en garde à vue de Pascal Galéoté concernant des soupçons de détournement fonds du Comité social et économique du port avant même qu’il ne soit lui-même au courant. Lequel nie en bloc ces accusations. « Cette mise en parallèle scandaleuse vise à discréditer l’action syndicale et celles et ceux qui, chaque jour, défendent les droits des salariés », développe l’UD CGT 13. Avant de dénoncer une « tentative grossière de caricature ». Et de noter : « La stigmatisation et les amalgames ne feront jamais taire la contestation sociale ni les luttes portées par la CGT. »

    Précisons qu’au lendemain de la parution de cette Une et la diffusion du communiqué de presse de la CGT, le directeur de la rédaction de La Provence, Olivier Biscaye s’est justifié d’un mot « à nos lecteurs » apportant quelques éléments d’importance*. Ce dernier entame : « Une photo qui ne passe pas », avant de renvoyer à la communication de la CGT. Puis développe : « Cette Une peut en effet prêter à interprétation, nous entendons le point de vue de Pascal Galéoté, sa présence aux côtés des autres affaires peut se discuter ». Pour autant il précise ensuite : « Cependant, nous réfutons l’idée que nous ayons voulu porter à l’honneur du responsable CGT dont nous suivons l’actualité avec minutie et rigueur ». Les militants de l’organisation syndicale et le concerné apprécieront… Ou pas.

    *Article mis à jour le 15/01 dans la matinée