Tag: risques

  • Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    « Nos vies plutôt que leurs incendies », martèlent les associations France Nature Environnement, Data For Good, le Mouvement national de lutte pour l’environnement, Le Nuage était sous nos pieds et les comités d’intérêts de quartiers des Sibylles et des Pallières, mardi, dans un communiqué.

    Ils dénoncent « un projet collé à une zone hautement inflammable, alors que 115 000 hectares de surface ont déjà brûlé depuis le début de l’année en France ». Les militants gardent en mémoire « l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares de la pinède en août 2016 ». Pinède située à « seulement 85 m » du projet, qui « va chauffer la colline toujours marquée des stigmates de l’incendie ».

    « Un mépris des personnes et des écosystèmes »

    « À l’heure où les incendies se multiplient et où de nombreuses personnes meurent à cause de la chaleur, la question du rôle des data centers dans le réchauffement climatique et de l’augmentation du risque d’incendie devrait être au cœur de nos préoccupations », s’insurge Annick Hordille, membre du Nuage était sous nos pieds. Les militants poursuivent : « Malgré cela, aucune étude d’impact de cette chaleur fatale sur le voisinage n’a été jointe au dossier environnemental, en violation du Code de l’environnement ». Lors du conseil municipal, le 6 juillet, le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant alors une étude lancée en ce sens.

    Les collectifs indiquent avoir déposé deux recours « contre l’Autorisation préfectorale d’exploiter » le site classé PPRIF, sensible aux risques d’incendie. Philippe Chabeaudy, du CIQ des Palières, espère être entendu : « J’en appelle à la responsabilité des élus et administrations ».

    Andréa Goyard-de Castro

  • Des feux fixés, mais l’inquiétude demeure avec la canicule

    Des feux fixés, mais l’inquiétude demeure avec la canicule

    Le feu fixé à Gros Bessillon après huit jours de lutte

    L’important incendie dans le département du Var qui a parcouru environ 4 500 hectares en huit jours, menaçant plusieurs villages, a été déclaré fixé mardi soir et un homme soupçonné d’une dizaine de départs de feu dans cette zone a été incarcéré, ont annoncé les autorités. « Le feu est fixé mais le travail se poursuit et la vigilance reste de mise », a indiqué la préfecture du Var dans un communiqué, rappelant que près de 5 000 personnes avaient dû être évacuées de plusieurs communes du centre du département depuis le début du sinistre mardi dernier.

    Déclenché mardi 21 juillet en milieu de journée dans un champ situé sur la commune de Pontevès, l’incendie a dévoré un flanc du massif du Gros Bessillon et cerné plusieurs villages emblématiques de la Provence verte – entre mer Méditerranée et gorges du Verdon – dont Cotignac, Correns ou Barjols. « Certains quartiers de Correns et de Barjols restent soumis aux mesures d’évacuation car ils se situent à proximité ou à l’intérieur du périmètre du feu », précise la préfecture.

    L’incendie qui a mobilisé quotidiennement plus de mille pompiers avec d’importants moyens aériens, assistés de nombreux bénévoles, ne progressait plus depuis plusieurs jours mais avait connu de nombreuses reprises.

    Feu fixé, mais pas encore éteint

    au Bois noir

    Les flammes, qui ont parcouru 510 hectares sur le secteur du Bois noir, sur les communes de L’Argentière-la-Bessée et de Freissinières, sont désormais fixées par les sapeurs-pompiers.

    Après une semaine de haute lutte, le périmètre de l’incendie n’a plus évolué depuis près de quatre jours. Cependant, 120 sapeurs-pompiers et militaires, appuyés par 30 engins restent présents sur place car l’incendie n’est pas encore éteint. Une réactivation d’un foyer a été observée ce lundi soir d’après la préfecture, sur le secteur de L’Argentière. La préfecture prévient que de nombreux points chauds persistent sur l’ensemble du massif et présentent un risque de réactivation, notamment avec la remontée des températures, la sécheresse et les vents attendus dans les prochains jours.

    La gestion de cet incendie provoqué par la foudre et découvert dès le 15 juillet, a suscité des interrogations et critiques sur les réseaux sociaux, le maire de Freissinières évoquant même la création d’une commission d’enquête sur la gestion du feu. De son côté, la préfecture des Hautes-Alpes a rappelé la difficulté d’intervenir sur ce terrain accidenté et annoncé qu’un bilan complet de l’opération sera fait en septembre, avec une réunion de retour d’expérience.

    « Cette évolution favorable permet au territoire de retrouver son rythme estival », se félicite l’office de tourisme du Pays des Écrins. Au hameau de Pallon, le camping des Allouviers a ainsi rouvert ses portes et accueille à nouveau les vacanciers. De même pour les Élixirs d’Isabelle, et ce, dès mercredi, avec les visites du jardin et du caveau.

    Le mégafeu stabilisé, mais

    des inquiétudes liées

    aux températures annoncées

    L’incendie est « stabilisé » et ne « progresse pas », a déclaré en fin de journée mardi la préfète du département, Sophie Brocas. Pour autant, les pompiers ont fait face à « 14 reprises de feu, c’est très important, sur des zones qui avaient déjà été parcourues par le feu ». Ces récidives sont « un témoignage de la précarité de la situation », a averti le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental de secours et d’incendie. Pour prévenir de nouvelles récidives, la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) a réalisé 121 km de pare-feu, selon son président Bruno Lafon. Passées à midi en vigilance jaune canicule, la Gironde et les Landes s’apprêtent à vivre selon Météo France un « fort pic de chaleur ». Après une première hausse des températures mardi jusqu’à 33 à 35 °C dans les terres, le thermomètre atteindrait des maximales « souvent comprises entre
    38 et 41
     °C » mercredi, avec des vents un peu moins forts mais plus secs, et avant une nette baisse attendue jeudi. Par précaution, mardi, environ 4 000 personnes ont été évacuées des hébergements touristiques de Lacanau, « dans le plus grand calme, puisqu’on avait un peu de temps », s’est satisfait le maire Laurent Peyrondet. Depuis le début du mégafeu, 222 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes. Les habitants de trois villes proches de Bordeaux évacuées dans le week-end, Le Haillan, Mérignac et Eysines, vont pouvoir rentrer chez eux « s’ils le souhaitent », a annoncé mardi la préfète de Gironde, mais à deux conditions. « Un, qu’ils laissent leur portable allumé et qu’ils suivent strictement les consignes de sécurité. S’ils reçoivent de nouveau un message FR-Alert, ils devront partir. Deux, avoir un sac prêt », a-t-elle précisé. Le feu n’étant pas « fixé », c’est-à-dire contenu, le retour du plus grand nombre dans leurs hébergements n’est à ce stade pas envisageable.

    Début de retour à la normale

    À Biscarrosse, l’incendie qui a détruit près de 200 bâtiments ayant été fixé, les habitants étaient de retour dans la ville mardi, oscillant entre désarroi et soulagement. Après « trois jours dignes de scènes de guerre », « tout le monde est content de rouvrir », assure derrière son comptoir une boulangère à l’entrée de la ville de 15 000 habitants hors saison, autour de laquelle jusqu’à 30 000 personnes ont été évacuées pour échapper aux flammes qui ont ravagé 3 700 hectares de pinède. Le brasier qui a sévi durant plusieurs jours, fixé dans la journée de lundi mais pas encore éteint, continue d’inquiéter. « Le feu peut reprendre. On peut avoir des mauvaises surprises », avait mis en garde la veille le préfet Gilles Clavreul, en maintenant bouclé une poignée de quartiers par précaution.

    Le pays entrevoit « le bout

    du tunnel »

    Si le vent menace de tourner au sud, la levée de l’ordre d’évacuation dans 13 communes donne un premier signal positif de la lutte contre les feux en Espagne. Le travail des pompiers et des militaires « dans des heures très difficiles, très critiques » a permis d’inverser « réellement la tendance et nous permet donc de commencer à entrevoir la lumière au bout du tunnel dans la lutte contre ces incendies, avec toutes les précautions nécessaires », a déclaré mardi le Premier ministre Pedro Sanchez.

    Mais le front le plus critique, au nord du lac artificiel de San Juan à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale, préoccupe encore les autorités. Une nouvelle vague de chaleur arrive en Espagne et doit durer jusqu’à au moins dimanche, selon l’Agence météorologique nationale (Aemet), qui a alerté sur des risques « extrêmes » d’incendies.

    Une femme grièvement brûlée dans l’incendie qui a touché l’Andalousie le 9 juillet est morte des suites de ses blessures, a annoncé jeudi l’hôpital où elle était soignée, portant le bilan à 14 morts, en majorité des étrangers. Cet incendie, qui s’était déclenché dans la région d’Almeria, était parti d’un câble d’alimentation électrique le long d’une route nationale dans la zone de Los Gallardos, où la végétation était desséchée à cause de la chaleur, d’après les autorités.

  • Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    « Un « impératif de sécurité » invoqué pour annuler le concert du chanteur franco-israélien, Amir. Prévu ce 26 juillet sur aux Terrasses du Port, cet événement gratuit n’aura finalement pas lieu. « Compte tenu de l’affluence attendue et des risques identifiés, les conditions n’étaient pas réunies pour assurer le maintien de cette animation destinée à un public familial », détaille Alice Moreau, directrice de l’agence organisatrice.

    Cette annulation survient à la suite d’appels au boycott de l’événement par plusieurs collectifs pro-palestiniens. En cause, selon eux, les positions politiques d’Amir. : « Cet artiste soutient activement l’armée et la politique israéliennes. Il a notamment participé à des événements dans des colonies en territoire palestinien occupé », dénonce l’Union pour la Palestine Marseille (UPM), dans un communiqué.

    À l’inverse, d’autres organisations s’opposent à cette annulation et se disent « inquiètes ». Parmi elles, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) « refuse que l’identité franco-israélienne d’un artiste puisse devenir un motif de mise à l’index. La culture ne doit jamais céder devant la volonté d’exclusion ».

    De son côté, l’UPM « se félicite » de l’annulation du concert et rappelle la démarche « exclusivement pacifique » de son action.

  • Le fort signal d’alarme des combattants du feu

    Le fort signal d’alarme des combattants du feu

    Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez était attendu mercredi en Gironde pour rendre hommage aux deux soldats du feu qui ont péri en exerçant leur mission. la profession sonne l’alarme. Mardi, ces deux professionnels de 34 ans ont été piégés dans leur camion-citerne par un feu de pins « très virulent » aux abords de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans des circonstances qui restent à préciser.

    Avant le drame, lundi sur France Inter, le ministre de l’Intérieur avait assuré que le pays avait « suffisamment de moyens » pour lutter contre les incendies. Mais pour les syndicats de la profession, « dire que tout va bien n’est pas une réalité ». Selon un document de la Sécurité civile consulté par l’AFP, 8 des 12 Canadairs de la flotte étaient disponibles mardi soir, tout comme 7 Dash sur 8, 2 Beechcraft sur 3 et 4 hélicoptères bombardiers d’eau sur 5. Au sol, au 1er juillet, 541 nouveaux moteurs de secours avaient été livrés dans les Service départementaux d’incendie et de secours (Sdis), dont 365 camions-citernes feux de forêt, dans le cadre du renouvellement de la flotte engagée depuis les brasiers de l’été 2022 dans le Sud-Ouest. Mais « la perte de 1 000 moteurs entre 2004 et 2020 n’est pas compensée par la commande de 2022 », estime Sébastien Delavoux (CGT).

    Pour Guillaume Millet (CFDT), ce sont surtout les moyens humains qui manquent. « Quand on envoie une colonne de renfort d’une cinquantaine d’hommes, il en faudrait 100 pour respecter les repos de sécurité. Mais aujourd’hui, on ne fait qu’avec 50, donc les gens sont épuisés. »

    Des agents « rincés »

    « La fatigue est un ennemi lors des feux de forêt, par l’intensité des missions et la durée des engagements », ajoute Sébastien Delavoux. Les agents, « rincés », peuvent connaître « des pertes de lucidité », avec des risques d’intoxication réels, insiste-t-il. David Saquet, président de l’Unsa Pompiers, explique aussi le « surengagement des personnels » par leur activité courante qui s’ajoute aux feux. Les récents épisodes caniculaires avaient déjà engendré une augmentation des interventions de secours. En France, le Secours et soins d’urgence aux personnes (Ssuap) représente 74 % à 80 % de l’activité opérationnelle totale des sapeurs-pompiers, soit plus de quatre millions de sorties dédiées aux détresses médicales et aux accidents de la vie quotidienne. « La ressource n’est pas intarissable et les corps sont mis à rude épreuve, il y a de la fatigue physique, mentale », souligne le syndicaliste. « On a des gardes de plusieurs jours, 24h sur 24, parce que les collègues sont en congés » et dans certains départements, des pompiers partis « en feu de forêt pendant plus d’une dizaine d’heures revenus pour être réinjectés dans ces gardes. C’est anormal », affirme-t-il. Même constat pour Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires, qui représentent 80 % des effectifs. Pour lui, « on arrive au bout d’un système qui va exploser ». « Certains sont lessivés, ils sont envoyés en renfort d’un département à l’autre, dormant sur des lits picots entre les camions dans un hangar. Voire, entre deux interventions, repartent travailler chez leur employeur », explique-t-il. Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis de la Vienne, déplore un « manque d’anticipation » face à l’impact du changement climatique, alors que le risque de feu s’accumule par l’état de sécheresse de la végétation, conséquence des canicules répétées. Lors de la première quinzaine de juillet, 300 hectares ont brûlé dans le département voisin de la Haute-Vienne, où les pompiers sont intervenus à 115 reprises pour des incendies, du jamais-vu. « Ce qu’on vit, c’est juste le début de ce qui nous a été annoncé », s’inquiète le syndicaliste.

    Le 8 juillet, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans avait déjà péri alors qu’il luttait contre un feu en Savoie. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, toutes interventions confondues, six pompiers sont morts en 2025 et huit, à ce jour, en 2026.

    Plus de 42 000 hectares ont brûlé en France entre janvier et mi-juillet, dépassant le précédent record de 2022, selon les données satellites du système européen Effis. Dans le Var, les sapeurs-pompiers luttaient mercredi contre un incendie qui a déjà parcouru plus de 2 500 hectares.

    Canicule : 5 764 morts en 16 jours

    La vague de chaleur qui a frappé la France du 17 juin au 2 juillet a entraîné une surmortalité record depuis 2003 selon un bilan provisoire. Ainsi, 5 764 décès excédentaires ont été enregistrés lors de cet épisode de chaleurs extrêmes, pour moitié en trois jours du 25 au 27 juin, a indiqué mercredi l’agence Santé publique France. Ce bond de la mortalité « toutes causes » – qu’on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur – a été constaté pour « toutes les classes d’âge à partir de 15 ans », avec une « augmentation marquée dès 45 ans », ce que les experts jugent « inédit ». Les bilans de mortalité alimentent une âpre bataille politique, le gouvernement est accusé d’impréparation aux conséquences du réchauffement climatique.

  • Le préfet de Bouches-du-Rhône appelle à la « prudence maximale » face au risque incendie

    Le préfet de Bouches-du-Rhône appelle à la « prudence maximale » face au risque incendie

    Ce mardi 21 juillet, Météo-France a placé plusieurs zones en risque « très sévère » ou « extrême », entraînant l’interdiction d’accès à la plupart des massifs forestiers. Alors que les sapeurs-pompiers font face à une « tension opérationnelle actuellement très forte » et qu’un « nombre significatif de départs de feux est enregistré ces derniers jours », le représentant de l’État met en garde contre un danger permanent. Évoquant les incendies survenus ce week-end dans les départements voisins, il appelle les habitants à « une prudence maximale » et demande à tous de « relayer ces consignes de prudence et de respect des prescriptions réglementaires ». À noter que le département des Bouches-du-Rhône reste en vigilance orange canicule, ce mardi.

    Pour consulter la carte du département, cliquez ici.

  • [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape dans le développement de l’humanité. Elle renforce notre capacité à comprendre et à transformer le monde, tout en devenant un moteur majeur du progrès scientifique, technologique et industriel.

    Mais l’IA présente aussi des risques, notamment en matière de sécurité, d’éthique et d’inégalités technologiques. La communauté internationale doit donc trouver un équilibre entre innovation, prévention des risques et partage équitable des bénéfices de l’IA. Dans ce contexte, la Chine défend une gouvernance mondiale de l’IA centrée sur l’être humain et fondée sur le principe d’une « IA au service du bien commun ». Elle soutient l’égalité entre les pays, la coopération, le développement inclusif et un meilleur équilibre entre développement et sécurité.

    La Chine accorde une grande importance au développement et à la gouvernance de l’IA. Elle soutient le multilatéralisme et appelle à une coordination internationale plus forte.

    Aujourd’hui, les pays ont encore des positions différentes sur la sécurité, l’éthique, les responsabilités, les règles de gouvernance et les normes techniques.

    Réduire les inégalités technologiques

    En 2023, la Chine a proposé l’Initiative mondiale pour la gouvernance de l’intelligence artificielle. Celle-ci défend une IA au service du bien commun, sûre, contrôlable, inclusive et équitable. Elle appelle aussi à la création de mécanismes de gouvernance ouverts, efficaces et applicables.

    Tous les pays doivent pouvoir développer et utiliser l’intelligence artificielle. Pourtant, de nombreux pays en développement, notamment dans le Sud global, manquent encore de technologies, de compétences et de capacités de gouvernance.

    La Chine place donc le renforcement des capacités et l’accès aux technologies au centre de son action. Elle a proposé plusieurs initiatives, dont un plan d’action pour une IA au service de tous et l’Initiative de coopération internationale « IA+ ». Elle a également contribué à l’adoption de la première résolution de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à la création d’un réseau mondial soutenu par l’ONU. À travers des échanges et des formations, la Chine aide les pays en développement à renforcer leurs compétences et à réduire la fracture numérique.

    Transformer les principes

    en actions

    La communauté internationale a déjà adopté de nombreux principes sur la gouvernance de l’IA, mais ceux-ci doivent encore être transformés en actions concrètes.

    La Chine souhaite renforcer la coopération dans les stratégies de développement, les règles de gouvernance et les normes techniques. Son objectif est de fournir davantage de biens publics dans le domaine de l’IA et de contribuer à un système mondial de gouvernance plus ouvert, plus inclusif et plus équitable.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Les opposants au data center durcissent le ton

    Les opposants au data center durcissent le ton

    « Les riverains n’ont plus confiance », résume Philippe Chabeaudy, membre du CIQ des Pallières. Depuis la signature du permis de construire par l’ancien maire Michel Amiel, le 18 février dernier, les CIQ des Pallières, des Sibylles et d’Amphoux ont multiplié les recours, avec l’aide du MNLE. Après une visite du terrain, son président, Christian Pellicani, est catégorique : « Le site n’est pas adapté, ils ont simplement contourné les difficultés de procédure. Pour l’heure, ni la justice ni la préfecture n’ont répondu au recours. » Philippe Chabeaudy veut toujours croire que le Data center, projet porté par la société Telehouse, ne verra pas le jour : « Nous pensons que nos recours ont de très bonnes chances d’aboutir ».

    À l’issue de la réunion de jeudi avec les membres des CIQ, le MNLE annonce « de nouveaux moyens pour aller plus loin », avec l’aide de son avocate. Une réunion publique est annoncée pour septembre.

    « Il y a une accumulation de raisons inadmissibles, aussi bien du point de vue humain que technique ou environnemental », juge Philippe Chabeaudy. Les opposants dénoncent la présence de produits chimiques, de fluides réfrigérants et d’une quantité importante de carburant pour faire fonctionner la structure. Ils évoquent un « contournement du PPRIF », Plan de prévention des risques d’incendie de forêt, qui interdit « en principe ce type d’installation classée sur ce terrain ». La chaleur produite par le data center, dite chaleur fatale, marque un autre point de crispation. Le site évacuerait 70 mégawatts, « l’équivalent de 70 000 radiateurs de 1 000 watts, selon Philippe Chabeaudy. À proximité immédiate de la pinède, produire une chaleur aussi importante est criminel ».

    « Redistribuer la chaleur »

    Lors du dernier conseil municipal, le 6 juillet, le maire des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant une étude lancée en ce sens. Initiative « utopique » selon Philippe Chabeaudy. Dans un communiqué, le 10 avril, Romain Amaro se disait par ailleurs « victime de la signature précipitée » de l’ancienne majorité, ajoutant avoir « signifié à Telehouse une intransigeance totale. Si le projet devait avancer, il devra impérativement se plier aux attentes légitimes de la population. »

    Le président du MNLE dénonce aussi le « mythe des data centers créateurs d’emplois ». Selon lui, ces infrastructures serviraient avant tout « aux géants des GAFAM à nourrir leurs actionnaires de bénéfices ». Une manifestation est prévue à la rentrée. Contactée, la société Telehouse n’a pas donné suite.

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • La stratégie d’attaque contre les feux naissants, un travail collectif

    La stratégie d’attaque contre les feux naissants, un travail collectif

    De la vigie d’Ensuès-la-Redonne, la Côte Bleue et l’étang de Berre sont à un mouvement oculaire. En se tournant vers la mer, les falaises calcaires des calanques sont visibles. Du côté des terres, les pistes de l’aéroport de Marignane sont nettes, et Rognac n’est plus qu’à un pas. En haut de sa tour, Anna scrute le paysage. Ça fait 7 ans que la Marseillaise y passe ses étés, 13 qu’elle est guetteuse volontaire pour le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13).

    « On est les premiers yeux, donc ça peut être anxiogène », confie celle qui reste confinée dans l’une des 27 vigies du territoire de 11h à 19h, « parfois jusqu’à 21h30 en cas de prolongation ». « Ce n’est pas pour rien que la devise des pompiers, c’est courage et dévouement », glisse-t-elle.

    L’intelligence artificielle expérimentée

    Alors que la situation est tendue sur le territoire, avec « une trentaine de départs de feu chaque jour en moyenne, et des pointes à 50 », la présidente du Département Martine Vassal (DVD) est allée à la rencontre des différents acteurs qui permettent d’identifier et de lutter contre les incendies. « C’est tout un système autour des sapeurs pompiers qui a été mis en place, salue-t-elle, avec des forestiers sapeurs (au nombre de 150) qui dépendent du département et qui s’occupent du débroussaillement, de l’entretien des pistes DFCI, avec des réserves communales, mais aussi les communes, l’Office national des forêts, avec la Direction départementale des territoires et de la mer… On est sur une mobilisation totale de toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, sont sur la gestion de l’espace public. »

    En complément des moyens humains, les pompiers mènent plusieurs expérimentations dans des secteurs accidentés, donc plus difficilement surveillables. Le commandant du groupement prospectif en charge de l’innovation au sein du Sdis 13 explique : « On a développé un système de détection précoce des feux de forêts lié à de l’intelligence artificielle (IA), avec un projet sur la Sainte-Victoire qui est d’appliquer de l’IA à des appareils photos avec des boîtiers autonomes en énergie qui ont été placés sur un pylône, et un autre projet avec une caméra de détection automatisée installée sur une vigie. »

    Toutes les informations de terrain sont remontées au poste de commandement (PC) forêt, situé au sein du Centre opérationnel du Sdis. Sur place, c’est une véritable fourmilière. Les téléphones sonnent, les yeux sont rivés sur les multiples écrans. Les forestiers sapeurs et les coordonateurs du Sdis y travaillent main dans la main tout l’été pour associer « la connaissance de terrain et des dispositifs », explique Richard Dietrich, chef du bureau vigie/DFCI au groupement risques naturels feux de forêts.

    « On recueille, traite et discrimine les alertes du réseau de surveillance terrestre, vigie et patrouille, mais aussi celles du 18 112 qui sont faites par les particuliers, poursuit-il. Ensuite on fait de la levée de doute, avec notre réseau, et on va envoyer les premiers moyens d’intervention pour traiter les départs. » Ce travail collectif au service de la stratégie dite d’attaque de feux naissants qui porte ses fruits : 80% des incendies sont repérés par les forestiers sapeurs.

  • Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Une catastrophe majeure a été évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins-pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, sur le Vieux-Port, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, a pris feu, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 m de long. Malgré l’intervention rapide des marins-pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, entraînant l’évacuation de plusieurs terrasses de cafés et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau-pompe, le bataillon est venu à bout du sinistre. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon, de nos policiers municipaux », a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). L’élu souligne le savoir-faire du BMPM, qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution.

    La scène expertisée

    La pollution peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu, dont la pollution est plus visuelle ».

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre, poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs : d’abord la sauvegarde de la vie humaine. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux. Et en troisième lieu, protéger la scène sur l’eau. » Interrogé justement sur la poursuite des festivités, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau en train de regarder la structure », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je parle au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver ».