Tag: revendication

  • Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    C’est leur quatrième jour de grève. Ce mardi matin, les salariés d’Imerys, cimenterie à l’entrée de Fos-sur-Mer, sont sur le piquet de grève devant le portail de l’entreprise depuis lundi, après avoir reconduit à l’unanimité leur mouvement, suspendu le week-end pour négocier.

    « Nous discutons depuis un an avec la direction pour obtenir la même prime que tout le reste de l’entreprise au service fabrication », explique Ludovic Olive, délégué syndical CGT de l’usine, pour une somme équivalente à six euros par personne et par jour. « Aujourd’hui, les contremaîtres ont la possibilité de pointer les primes, et ce depuis le mois d’octobre. Mais ils ne le font pas », déplore-t-il. Une revendication pourtant « modérée » selon le syndicaliste, qui affirme que « sur 28 postes en fabrication, 26 sont grévistes, comme 80% des collègues à l’expédition » pour une « large participation » au global pour les ouvriers, dans une usine où l’encadrement et la maîtrise sont nombreux.

    Climat social dégradé

    Contactée, la direction d’Imerys ne « commente pas le mouvement social en cours », mais affirme pourtant en réponse à notre sollicitation « rester ouverte au dialogue social avec nos parties prenantes syndicales comme c’est le cas depuis le début du mouvement ».

    Mais après le dernier rendez-vous de vendredi, le dialogue social est au point mort depuis la reprise de la grève lundi, « la direction ne s’est même pas présentée », commente un élu CGT au Comité social et économique (CSE). La prime de pénibilité n’est pas le seul sujet de discorde. En cause, un climat social dégradé qui avait déjà fait l’objet d’un mouvement de grève à la mi-octobre. « Il y a une mauvaise ambiance, un management toxique », tance le secrétaire du CSE Gautier Moreno (CGT). « Il n’y a plus de lien entre les managers et les collègues sur le terrain. Sans parler des pressions sur les élus alors qu’on demande des réponses sur la présence de Chrome-6 dans les ateliers », un agent cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).

    La période tient d’un prélude à l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui doivent avoir lieu « d’ici deux-trois semaines » d’après Ludovic Olive, pour lesquelles il « n’y a pas encore de calendrier », mais qui doivent déboucher sur un accord « avant Noël ».

  • La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La pression monte sur le dossier ArcelorMittal. Une proposition de loi portée par le PCF est examiné, ce jeudi 30 octobre à l’Assemblée nationale, un autre sera présenté le 27 novembre par la France insoumise, sans compter le projet de mise sous tutelle du site de Dunkerque émanant du PS… Si la gauche saisit à bras le corps la question d’une nationalisation des actifs stratégiques du sidérurgiste, le débat ne se limite pas à la sphère politique. La CGT est en train de « monter un projet et de mener des études », affirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général du site de Fos-sur-Mer.

    « On porte la revendication de nationaliser les usines du territoire parce qu’il n’y a pas d’investissements à la hauteur des enjeux pour pérenniser les outils, les installations et assurer la santé et la sécurité des salariés au travail depuis des dizaines d’années », explique-t-il, faisant part d’une inquiétude particulière pour l’enjeu de décarbonation, condition indispensable pour se maintenir en Europe après 2030.

    À Dunkerque, le groupe a suspendu un projet d’investissement massif d’1,7 milliard d’euros, dont près de 850 millions d’aide promise par l’État, qui consistait à construire une unité de réduction directe de fer et deux fours électriques, justifiant cette décision par la non-compétitivité de l’acier produit en Europe. Finalement, ArcelorMittal a annoncé qu’il « avait l’intention » d’investir 1,2 milliard d’euros, à condition de la mise en place de mécanismes de protection de l’acier européen.

    Nécessaire décarbonation

    À Fos-sur-Mer, outre l’inauguration du four poche en septembre 2024 à l’occasion des cinquante ans du sidérurgiste, la CGT déplore « aucun projet de décarbonation ». La direction, elle, dit « travailler à un projet de four à arc électrique », mais des études complémentaires seront nécessaires avant d’arriver à une décision finale d’investissement. « La nationalisation permettrait d’engager les financements nécessaires, affirme le secrétaire général CGT du site. Selon les études de nos experts, si on décarbone et qu’on nationalise les actifs de l’entièreté des sites, il y en a pour 4,6 milliards d’euros. Si on ne le fait pas, en cas de désengagement d’ArcelorMittal, ça coûtera 7,7 milliards d’euros par an aux contribuables et à l’État, car il faut bien comprendre qu’on ne pourra pas continuer avec des hauts-fourneaux traditionnels vu les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’UE. Donc les instances vont être plus coercitives pour forcer les entreprises à réduire leur empreinte carbone en 2030 puis à atteindre la neutralité 2050. »

    Réduction de 10% des effectifs à Fos-sur-Mer

    Reprendre le contrôle public de ces unités permettrait également de sauvegarder l’emploi dans les usines, mises à mal ces derniers mois. Le site dunkerquois est sous le coup d’une restructuration dans le cadre d’un vaste plan de suppression de plus de 600 postes au niveau national. À Fos, en septembre 2024, la direction avait annoncé réduire ses effectifs de 10%, après avoir pérennisé le fonctionnement à un seul haut-fourneau en juillet, « ce qui correspond à une baisse d’activité du site d’environ 40% », précise-t-elle.

    Le 8 octobre, un incendie a contraint le site à arrêter le haut-fourneau et l’aciérie et à prolonger l’arrêt programmé de la chaîne d’agglomération. Les équipes ont été réorganisées. « On est passé de 2 jours de chômage partiel à 9 ou 10 par mois selon les salariés postés ou les journaliers », détaille Stéphane Martins de Araujo. La direction du site envisage le redémarrage de l’aciérie début décembre, dans un mode temporaire. Malgré ce calendrier, « les travailleurs sont dans un état de stress », assure le secrétaire général CGT.

    Pour sauver ArcelorMittal, la CGT et la gauche poussent pour une nationalisation. Ainsi, les sénateurs communistes présentent ce jeudi lors de leur niche parlementaire, une proposition de loi visant à la « nationalisation des actifs stratégiques d’ArcelorMittal situés sur le territoire national » (lire ci contre), cosignée par les socialistes et les écologistes. Si l’idée fait son chemin, le gouvernement s’y refuse. Lors d’un débat télévisé le 13 mai, interrogé par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le président Emmanuel Macron avait balayé cette revendication d’un revers de main : « Je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal, parce que ce serait dépenser des milliards d’euros. » Pourtant, le groupe, qui se goinfre d’argent public, a dégagé un bénéfice net de 805 millions de dollars au premier trimestre 2025, tout en prévoyant plus de 600 suppressions d’emplois sur sept sites français.

    REPÈRES

    600

    C’est le nombre d’emplois que la direction d’ArcelorMittal a annoncé, en avril dernier, vouloir supprimer sur sept sites français : Dunkerque et Mardyck (Nord), Florange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Mouzon (Ardennes), Desvres (Pas-de-Calais) et Montataire (Oise). Parmi lesquels 200 seront délocalisés.

    Les syndicats appelés à se prononcer le 7 novembreLes syndicats du groupe sont appelés à se prononcer sur le projet d’accord de plan social, le 7 novembre prochain, selon les informations de l’AFP. Pour être conclu, le texte devra être signé par des syndicats représentants au moins 50% du personnel. Avant ça, une dernière réunion de négociation est fixée le 4 novembre. La CGT ArcelorMittal, qui n’a pas l’intention de signer le document, pousse pour la nationalisation et soutient la proposition des sénateurs communistes soumise au vote ce jeudi dans le cadre de leur niche parlementaire.

    298

    millions d’euros. C’est le montant des aides publiques dont a bénéficié le groupe sur la seule année 2023, dont 195 millions à titre de taux réduits sur les factures d’énergie. Cette somme a été révélée par l’entreprise elle-même lors de l’audition de son président Alain Le Grix de la Salle par la commission d’enquête sénatoriale.

    Le plan protectionniste de l’UE pour « sauver » le secteur

    Le 7 octobre, la Commission européenne a présenté une batterie de mesures pour sauver le secteur de l’acier sur le continent qui compte plus de 2,5 millions d’emplois directs et indirects, en particulier en Allemagne, en Italie et en France. Sur l’année 2024 seulement, quelques 18 000 emplois directs ont été supprimés, une véritable saignée. Ainsi Bruxelles entend, entre autres, faire passer les droits de douane de 25% à 50% et diminuer de moitié les quotas d’acier étranger pouvant être importé sans surtaxe dans l’Union européenne.

  • Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    « En 21 ans d’existence, c’est la première fois qu’on manifeste devant le siège », confie Christine Tonarelli, secrétaire CGT du géant de la boulangerie Marie Blachère, ce mardi 21 octobre, aux environs de 13h, à Châteaurenard. Les NAO se tiennent l’après-midi même avec la direction du groupe.

    Le syndicat attend de nombreuses avancées lors de ces négociations, telles qu’une augmentation générale des salaires de 4%, une revalorisation de la prime d’ancienneté, une hausse de la prime salissure, une amélioration des conditions et de la charge de travail, des embauches pour compenser l’absentéisme ou encore le respect du droit à la déconnexion. Marie Blachère compte environ 800 boulangeries et plus de 12 000 employés à travers l’Hexagone.

    C’est devant le majestueux siège de la plus grande firme de boulangerie en France, aux immenses baies vitrées et construit pour plusieurs millions d’euros, que se sont rassemblés une quarantaine de militants de la CGT.

    « On est là pour montrer notre détermination. Il risque d’y avoir des actions plus importantes, à l’avenir, selon l’issue des négociations. Quand on voit les investissements, comme l’ouverture d’un magasin à New York, et de l’autre côté la grille de salaire des employés, ce n’est pas normal », confie Fabien Trujillo, animateur syndical de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) CGT.

    Une direction surprise

    À l’intérieur du siège, une quinzaine d’employés intrigués par la manifestation sont sortis. La direction ne peut que constater le rassemblement. « Nous sommes surpris de cette présence alors que la réunion a lieu cet après-midi (mardi NDLR) et que nous sommes en pleine négociation. Les désaccords avec les syndicats sont rares », assure ainsi Julie Poudret, directeur des relations sociales de l’entreprise, depuis le hall d’entrée du siège, pendant que les drapeaux rouges de la CGT flottent en arrière-plan. « Toute revendication est légitime. Cela dépend de la manière dont on les voit. Cela fait plusieurs années que l’on distribue des avantages sociaux lors des NAO », ajoute Marc Beridon, directeur du secteur boulangerie. Une prochaine réunion devrait se tenir en novembre.

  • « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    La Marseillaise : Après deux journées de mobilisations, les 10 et 18 septembre, quel est le sens de l’appel à l’action pour ce 2 octobre ?

    Sandrine Mourey : Le sens est le même que pour les deux précédentes journées. C’est-à-dire qu’après ces mobilisations, et la rencontre avec le Premier ministre, on voit que le budget qui se prépare est le même que celui de François Bayrou. Ses mesures sont toujours dans les cartons. L’objectif est donc d’obtenir un budget de justice sociale, que les travailleurs puissent vivre de leur travail et qu’enfin, le gouvernement entende les revendications des salariés pour que ce budget permette des investissements dans les services publics et enterre les différentes mesures prévues : le gel du point d’indice, la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires… Saluons, d’ailleurs, que l’ensemble des organisations syndicales poursuivent le mouvement. Lequel sera à la hauteur des précédents : on enregistre, à cette heure, plus de 250 rassemblements et manifestations prévus sur le territoire. C’est à la hauteur du 18 septembre : nous attendons une grande journée de mobilisation, avec des grèves dans les entreprises, des piquets… Avec également des revendications locales sur les conditions de travail, les salaires, qui sont la première revendication des salariés, pouvoir vivre correctement de son salaire. Le gouvernement leur dit : « Vous allez encore vous serrer la ceinture lors du prochain budget. » Alors que de l’autre côté, du côté des plus riches, on ne leur demande rien et ils ne veulent pas payer plus d’impôts, ils ne veulent pas participer à l’effort national. Et les entreprises du CAC 40 qui, elles aussi, bénéficient de réductions d’impôts, bénéficient des 211 milliards d’aides publiques, on ne leur demande rien non plus. La coupe est pleine et le taux de pauvreté augmente en France.

    Le Medef s’agite avec son grand meeting prévu le 13 octobre.
    Le jugez-vous fébrile
     ?

    S.M. : Je dirais qu’il est fébrile et qu’il est à court d’arguments. Les organisations syndicales, la CGT et les salariés, gagnent la bataille des idées. Le patronat se rend compte qu’il est à court d’arguments pour garder ses privilèges et ceux des grandes entreprises. Vous aurez remarqué que la CPME et l’U2P n’y sont pas. Donc un Medef fébrile. D’habitude, il travaillait en sous-main, en lobbying, et bien là, il n’y arrive plus face à la mobilisation. Ce qui le contraint à faire ce rassemblement… On va en rire. Mais pour les salariés et les retraités, je pense que c’est moins drôle. On voit là que le Medef est l’organisation patronale des grands groupes, des plus riches. Ça sera le meeting des donneurs d’ordres.

    Le Premier ministre a annoncé qu’il ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Comment analysez-vous cette posture-là
    au regard du rapport de force installé
     ?

    S.M. : On fait face à un gouvernement qui est sourd, qui ne veut pas écouter la population et les revendications. Il y a la réforme des retraites qui colle au président de la République et aux gouvernements successifs comme le pansement sur la chaussure du Capitaine Haddock dans Tintin [gag récurrent dans l’œuvre d’Hergé, le personnage se débattant avec des sparadraps, Ndlr]. Il ne veut pas entendre que les gens ne veulent pas se faire voler les deux plus belles années de leur retraite alors que parallèlement, les entreprises continuent à licencier les salariés de plus de 50 ans parce qu’ils sont ou cassés par le travail ou parce qu’ils sont présumés pas assez productifs. Donc cette réforme des retraites, elle colle au gouvernement et l’intersyndicale est ferme sur le sujet.

    Certains militants questionnent un retour des mobilisations dites « saute-mouton ». Qu’est-ce que vous leur répondez ?

    S.M. : La CGT seule mobilise moins qu’avec l’entièreté de l’intersyndicale, il y a peu de grèves reconductibles et pour cela, il faut déjà réussir une vraie journée de grève. Pour le moment, le seul secteur en reconductible est Mines-Énergie, d’EDF, de GDF, qui sont sur des piquets de grève depuis le 2 septembre, avec des revendications inhérentes à leur entreprise, notamment les grilles salariales et des revendications sur le 100% service public de l’énergie. Ils tiennent le cap. C’est à ces conditions, en discutant avec les salariés, que nous allons pouvoir tenir la grève, mais ce n’est pas la CGT ici à Montreuil qui décide, ce sont les salariés avec leur syndicat qui votent pour poursuivre la grève et pour partir en reconductible.

  • Climat social électrique pour la rentrée

    Climat social électrique pour la rentrée

    La banderole est visible depuis la rocade L2 à Marseille et donne le ton de la mobilisation : « Électricité et gaz augmentés, actionnaires gavés, salaires bloqués, personnel énervé ! ». Depuis ce mardi 2 septembre, des dizaines de milliers d’agents des industries électriques et gazières (IEG) sont en grève à l’appel de la CGT. Le premier mouvement de cette rentrée sociale trouve évidemment écho en Provence avec une myriade de piquets de grève de Fos à Avignon en passant par Marseille. C’est le cas sur le site d’Enedis situé dans le 13e arrondissement de la ville et tenu par une quinzaine d’agents. Ce mercredi, sur le piquet, les grévistes entretiennent une ambiance bon enfant, à grand renfort d’enceintes pour la musique et de provisions pour tenir la distance. De quoi contraster avec les sujets lourds portés dans leurs revendications. « Depuis une vingtaine d’années, nos employeurs n’ont pas indexé nos salaires sur l’inflation. Avant, on était 20% au-dessus du Smic à l’entrée de notre grille, aujourd’hui on est à 9% en dessous du Smic », campe Serge Casari, délégué syndical CGT à Enedis.

    Pour rappel, une grille des salaires est une classification qui régit les rémunérations par secteur. Et celle des IEG fait visiblement partie des 25 branches professionnelles qui ont leurs minima en dessous du Smic en France. Une situation intenable pour la CGT. « Nos entreprises respectives font des bénéfices indécents. Enedis a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfices nets l’année dernière, Engie c’est environ 800 millions de bénéfice net… Au lieu de réinvestir dans les entreprises, ils préfèrent les faire remonter aux actionnaires », analyse Serge Casari. Avant de tempêter : « C’est un argent qui n’est pas investi dans le réseau, qui ne profite pas aux usagers. Il ne bénéficie en rien aux citoyens ni aux salariés ». S’il mentionne les usagers, c’est parce que la deuxième revendication des grévistes concerne justement l’ensemble de la population française puisqu’ils demandent une baisse des factures. Et pour cause : La TVA sur l’abonnement d’électricité et de gaz, est passée de 5,5% à 20%, au 1er août dernier.

    « Dans un mouvement plus global »

    « Avec le contexte actuel, cette hausse n’est tout simplement pas justifiée », tonne Serge Casari, citant « un grand nombre d’artisans, de PME en difficulté » suite à l’explosion des tarifs. Un comble à l’heure où la précarité énergétique est au plus haut dans le pays. Et de quoi poser la question de la redistribution des richesses dans un secteur où l’argent ne manque pas. « Aujourd’hui, ce n’est pas la réponse aux besoins qui prime », déplore Michel Pruvost, militant CGT et salarié d’EDF. Avec plus de 35 ans de boîte, il est proche de la retraite et connaît bien l’historique qui a amené à cette situation : « Avant, avec EDF-GDF nationalisé, on avait l’électricité la moins chère d’Europe. On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé en fonction des coûts de production. Depuis la mise sur le marché de l’énergie, les factures augmentent. On est sur un marché avec de l’offre et de la demande ». Pendant que le militant fait son analyse, ses collègues reçoivent une visite de leurs homologues de la CGT du port de Marseille, qui vient à grand renfort de palettes de bois. Manière d’alimenter la solidarité interprofessionnelle. Et les énergéticiens en auront besoin : la grève est reconductible et ils espèrent tenir jusqu’au 10 septembre, voire le 18. Deux dates centrales pour la riposte sociale. « On s’inscrit dans un mouvement plus général contre les mesures austéritaires, celles de Bayrou ou de son successeur », conclut Michel Pruvost. Ils devraient d’ailleurs recevoir la visite du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, ce jeudi.

    « Avant, on avait l’électricité
    la moins chère d’Europe.
    On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé
    en fonction des coûts
    de production. »