Tag: retraite

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • Retraites : un bloc social qui refuse de plier

    Retraites : un bloc social qui refuse de plier

    La Sécurité sociale n’a pas seulement allongé la vie : elle l’a rendue vivable pour des générations de retraités. « Ce n’est pas une conquête arrachée un jour J, mais un système bâti par étapes et consacré après-guerre », rappelle Jean-Yves Barbier, ancien responsable du Snes-FSU à Montpellier. Des pensions de la fonction publique au régime général, de 1790 à 1945, s’est imposée l’idée simple : à cotisations définies, droits garantis. Une bascule culturelle autant que sociale.

    Huit décennies plus tard, les témoignages disent un autre basculement : inquiétude sur l’accès aux soins, franchises en hausse, statut des affections de longue durée remis en cause, et ces « années blanches » qui grignotent le pouvoir d’achat. « Cinq années de gel en dix ans, c’est presque 20% perdus au total », souffle Jean-Yves Barbier. Dans le même temps, les retraités tiennent la société : bénévolat massif, mairies, associations, coups de pouce financiers aux enfants et petits-enfants. Un rôle d’amortisseur social rarement chiffré, jamais secondaire.

    « Ne pas baisser la garde »

    Sur les retraites, deux lignes s’affrontent. D’un côté, la répartition et ses garanties collectives ; de l’autre, la capitalisation et la retraite par points, « où l’on sait ce que coûte le point, jamais ce qu’il vaudra ». L’exemple du régime additionnel de la fonction publique (RAFP) illustre les risques d’une logique financière exposée aux marchés. Pour Jean-Yves Barbier, l’offensive est globale : sous-indexation des pensions jusqu’en 2030, gel de barèmes, doublement des franchises, fragilisation des cures thermales et pression sur les ALD. À la clé, des renoncements aux soins – quand 700 000 retraités n’ont déjà pas de mutuelle. Face à cela, l’intersyndicale des retraités (CGT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC, FGR-FP, Ensemble & Solidaires, LSR) organise une mobilisation jeudi 6 novembre : pour la dignité, la santé, l’idée même d’une retraite qui protège, et contre le projet de budget de la Sécurité sociale 2026, perçu comme une nouvelle offensive contre leurs droits. Les revendications sont claires : une revalorisation immédiate de 10% de toutes les pensions, des mesures pour les plus modestes, l’indexation des retraites sur les salaires, la défense du droit à la santé et à l’accès aux soins, le retour de la retraite à 60 ans pour tous avec départ anticipé en cas de pénibilité, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%.

    Les manifestations du 6 novembre partiront dans le Gard à 10h sur la place des Arènes à Nîmes, à 10h30 devant
    la sous-préfecture d’Alès et à la poste
    de Bagnols-sur-Cèze. Dans l’Hérault,
    les rassemblements débuteront à 10h30 place de la Comédie à Montpellier et devant l’hôpital de Lunel, à 11h30
    devant la sous-préfecture Béziers.

  • Les têtes de cochon d’Isabelle Alary

    Les têtes de cochon d’Isabelle Alary

    Là, ils sont à fond », lance l’éleveuse devant une demi-douzaine de cochons enchevêtrés qui se dorent la panse au soleil. Nul besoin de passer des heures aux côtés des « cochons des garrigues » pour s’apercevoir qu’Isabelle Alary chouchoute ses bêtes. Entre les clôtures, « Roussette » qui a « un caractère de cochon », « Copain  », « la maigre » ou encore « Guimauve » qui est « obligé d’envoyer ses grandes oreilles en arrière pour y voir » sont qualifiés « d’usine à bêtises ». Tous n’ont pas de nom mais tous ont droit à des caresses et à l’attention de leur propriétaire. « Tous les jours, je me prends au moins deux ou trois fous en les observant. Ils sont aussi très câlins. Je ne saurais pas comment l’expliquer mais il y en a que je ne pourrais jamais tuer », précise l’agricultrice qui ajoute : « quitte à élever les bêtes pour qu’elles soient tuées, autant qu’elles soient heureuses ».

    De sa première activité, Isabelle Alary a hérité l’attention pour le bien-être animal. La Pompignacaise a en effet proposé pendant 28 ans la découverte des sentiers du territoire à dos de chevaux. Mais en 2017, elle abandonne cette activité pour se tourner vers l’élevage de porcs. « Il y avait moins de boulot et j’avais perdu la niaque pour les balades. Je voulais aussi faire de l’élevage nourricier  », se remémore-t-elle. Il y a huit ans, il a donc fallu repenser l’exploitation, changer les clôtures et construire des mares dans chaque enclos… 150 cochons ont alors été accueillis sur les 10 hectares de la ferme. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 80, répartis par vingtaines dans des enclos de près de deux hectares. Les cochons ont donc tout l’espace nécessaire pour s’épanouir. « Dans l’industrie, il y a 0,75 m2 par porc », s’insurge l’éleveuse. Car s’il y a bien quelque chose qu’Isabelle Alary aime encore moins que les végans, ce sont les industriels du secteur : « Seulement 1% des porcs sont élevés en plein air en France. Quand on achète 250 grammes de lardons au supermarché, on achète 250g de misère ».

    En coopérative à l’abattoir du Vigan

    Au milieu de la visite, son téléphone sonne. « Il ne me reste que des côtes et de l’échine », lance-t-elle dans le combiné. Le vendredi après-midi et le samedi matin, Isabelle Alary tient en effet une petite échoppe où elle réalise de la vente directe qui l’oblige à prendre des commandes toutes les semaines. Si elle peut s’adapter aux clients, c’est qu’elle s’occupe également de l’abattage. En effet, depuis 2017, l’abattoir du Vigan, l’un des plus petits de France, est géré par les éleveurs du territoire soucieux de préserver un outil indispensable.

    Isabelle Alary rejoint donc les éleveurs réunis en coopérative tous les mardis (seul jour de la semaine où l’abattoir fonctionne) au Vigan, où elle est en charge de la pesée : « Je ne pouvais pas m’occuper de tuer les bêtes, c’était impossible pour moi. La pesée, c’est très physique car il faut porter les carcasses. Mais c’est intéressant parce que nous, les agriculteurs, sommes seuls dans un coin et là on se retrouve en équipe, responsables d’une structure. Il y a une éthique et il n’y a pas de cadence à respecter. On prend le temps pour que tout se passe au mieux  ». Surtout, cette diversification dans son activité lui a permis de se perfectionner comme éleveuse : « J’ai appris énormément de choses. Malheureusement, on voit aussi les mauvaises pratiques de certains de nos collègues avec des bêtes qui ne sont pas en bon état ».

    800 euros de retraite ?

    Tous les jours, Isabelle Alary doit faire face à des galères. Quand ce n’est pas la menace d’incendie, des clôtures coupées ou les retards de paiement, l’éleveuse doit affronter chaque été la sécheresse. « S’il n’y a pas de mare, les cochons meurent parce qu’ils ne transpirent pas ». Sauf que dans son coin de garrigues, elle ne dispose que d’eau de la ville, bien plus chère que l’eau agricole.

    Un coût non négligeable qu’il faut ajouter aux nombreuses normes à respecter. « Les normes, ça nous tue », confirme-t-elle. Isabelle Alary a en effet reçu la visite de vétérinaires pour contrôler l’exploitation. « J’ai passé la visite mais on m’a fait la remarque qu’il faudrait que j’aie une place quand un petit est malade. Mais quand ça arrive, le petit est dans la maison avec moi, nourri au biberon », raconte-t-elle. Si les exploitations de porcs ne sont pas soumises aux aides de la Pac (Politique agricole commune), Isabelle Alary avait de toute façon arrêté depuis longtemps de réclamer ces aides européennes. « À l’époque, avec les chevaux, j’avais payé quelqu’un de la chambre d’agriculture 180 euros de l’heure pour me remplir le dossier. Et un mois après, j’ai eu un contrôle. Un point avait été mal rempli dans le dossier donc j’ai dû payer une amende de 1 000 euros ».

    Elle est également remontée face au manque de soutien et de considération de l’État pour la profession. « Ce n’est pas pour rien s’il y a des manifestations et que les agriculteurs montent jusqu’à Paris. J’ai eu trois enfants, j’ai travaillé jusqu’à dix jours avant l’accouchement. Je travaille tous les jours. Et je ne sais pas si je vais toucher 800 euros de retraite par mois », s’inquiète l’éleveuse. Une maigre récompense donc pour une vie de labeur qui ne poussera pas la jeune génération à rejoindre une agriculture humaine et responsable pourtant si essentielle aux terroirs français.

    « Quand on achète 250 grammes de lardons au supermarché, on achète 250 grammes de misère »

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »

  • Brigitte Cheinet, secrétaire générale USR-CGT du Var : « Aller au bout de sa vie dans de bonnes conditions »

    Brigitte Cheinet, secrétaire générale USR-CGT du Var : « Aller au bout de sa vie dans de bonnes conditions »

    La Marseillaise : Pourquoi ce congrès a-t-il lieu maintenant ? Hasard du calendrier ou opportunité contextuelle ?

    Brigitte Cheinet : On se réunit tous les trois ans pour le renouvellement des membres du bureau. Et aujourd’hui plus que jamais, c’est important, puisqu’on est attaqué par le gouvernement et le patronat. Il est donc important d’avoir un congrès pour se renforcer et combattre les idées capitalistes et fascistes qui sont en train de prendre la place de la démocratie.

    Parmi ces attaques, il y a la désindexation des retraites sur l’inflation. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

    B.C. : Il faut rappeler que la retraite est un salaire socialisé. On est toujours des salariés, car on l’a payée. C’est facile de toujours demander aux mêmes de faire des efforts, surtout avec une population de plus en plus pauvre du fait que les salaires n’augmentent pas. Les salariés ont donc des retraites de plus en plus basses, et deviennent des retraités pauvres. Ce n’est pas à nous de payer l’inflation. Il faut cesser de donner de l’argent aux plus riches et arriver à vivre pleinement notre retraite. Pour ma part, j’ai perdu deux mois de revenus en trois ans avec l’inflation.

    La grande majorité des Français se positionne contre l’augmentation de l’âge du départ à la retraite. Vous vous tenez également à leurs côtés ?

    B.C. : On est une seule CGT. Il n’y a pas les retraités et les actifs. Évidemment, on se fait du souci. Quand les salaires n’augmentent pas, c’est une petite retraite qui arrive. Les gens vont au travail avec la boule au ventre, car ils travaillent dans des conditions épouvantables. Il faut défendre les salariés, les salaires, arrêter le système de primes et permettre aux gens de partir à 60 ans, car c’est possible. Mais il faut que les cotisations patronales reviennent dans la sécurité sociale, car elles représentent 90 milliards d’euros. La sécu, c’est non seulement la maladie, mais aussi la retraite. Ça ne peut pas être que les salariés qui payent. Il faut aussi que les patrons payent la force de travail.

    L’argument souvent rétorqué est celui de l’augmentation de l’espérance de vie. Vous l’entendez ?

    B.C. : Absolument pas. Contrairement à ce qui se dit, de plus en plus de salariés partent en retraite en étant malade. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de vivre bien et plus longtemps ? Ce qu’on nous explique, c’est qu’on devrait mourir plus vite. C’est impensable. Les mêmes qui ont des yachts se posent des questions sur notre droit à vivre. Ce n’est pas reporter le départ à la retraite qui solutionnera les problèmes. Travaillons 32h par exemple, mais que tout le monde ait du travail. Il faut pouvoir aller au bout de sa vie dans de bonnes conditions.

    Quelles sont les questions abordées pendant ces deux jours de congrès ?

    B.C. : C’est le 100% sécurité sociale, avec la volonté de l’État et du patronat de briser notre acquis social. C’est la santé, puisque le gouvernement veut augmenter les tarifications, ce qui implique que les personnes qui n’ont pas de mutuelle n’ont pas de remboursement total, et que les tarifs des mutuelles augmentent. Ce qu’on voit, c’est que ce sont les mêmes qui vont payer. Pour nous, ce qui est primordial, c’est d’avoir un système de santé dans lequel tout le monde peut se soigner. Et de véritables augmentations des retraites et des salaires, car si les seconds n’augmentent pas, les retraites faiblissent.

  • Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Dans la capitale des Cévennes comme ailleurs dans la ruralité, les services publics se font de plus en plus rares. Malgré une mobilisation, la Poste de Tamaris a par exemple fermé. Le nombre de médecins diminue. L’attente aux urgences reste insupportable. Les écoles manquent toujours cruellement d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH). Les fonctionnaires continuent donc de dénoncer une baisse des moyens. Ils étaient d’ailleurs nombreux à descendre dans la rue ce 2 octobre pour crier leur ras-le-bol et s’opposer aux premières lignes du budget annoncées.

    « Il est toujours prévu une baisse des financements à hauteur de 5 milliards d’euros pour l’ensemble du système de santé, dont 850 millions d’euros rien que pour l’hôpital public. L’absentéisme commence à remonter parce que les gens n’en peuvent plus et ne sont pas remplacés. C’est dans ce contexte qu’on nous annonce une nouvelle coupe. C’est insensé », s’agace Romain Sabran, de la CGT de l’hôpital d’Alès, qui réclame « l’embauche massive de soignants avec la fin de la taxe sur les salaires  », « l’ouverture de maisons de santé publique » et « l’augmentation des salaires ».

    Reçue en début de matinée par le sous-préfet d’Alès, Martine Sagit, la secrétaire CGT de la section locale, a également fait remonter un certain nombre de revendications au représentant de l’État : « Nous demandons que la sécurité sociale soit à 100% et d’arrêter avec toutes ces mutuelles. L’éducation manque de professeurs, tout comme il manque du monde chez les territoriaux. Il faut aussi arrêter les cadeaux fiscaux au grand patronat. » En effet, dans le cortège alésien, de nombreuses pancartes fustigent les 211 milliards d’aide aux entreprises sans contrepartie. La taxe Zucman ou la taxation des plus hauts revenus sont également souvent évoquées.

    « L’école publique est particulièrement malmenée depuis Blanquer », ajoute Myriam Vermale de la FSU. « Un tas de propositions ministérielles sont complètement à côté du terrain. Il y a un parlementaire qui a enquêté sur les financements de l’Éducation nationale et en réalité, il y a énormément d’argent reversé aux écoles privées. »

    Dans la sous-préfecture gardoise, de nombreux retraités sont également venus battre le pavé. S’ils ont des revendications propres, ils se mobilisent aussi pour le service public et notamment celui de la santé. « Nous demandons une revalorisation immédiate de 300 euros pour les petites pensions et de 10% en général. Sauf que là, nous sommes très inquiets parce qu’ils annoncent dans le prochain budget un gel des pensions. Nous défendons aussi le service public, qui est très attaqué. Je suis ancien postier et je vois que la privatisation arrive au bout. En ce moment, nous faisons signer une pétition pour protéger la sécurité sociale », explique Gilbert Pucheral, de la CGT des retraités.

    Qu’ils soient fonctionnaires ou non, les manifestants alésiens placent la défense du service public au centre de leurs revendications.

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.