Tag: ressourcerie

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.

  • Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Installée dans ses nouveaux locaux de l’Îlot d’Aubagne, lieu de vie mixant tertiaire, restauration, activités à vocation sociale et espaces naturels au 1100 chemin de l’Avelanède, la ressourcerie le Dirigeable ouvre cet été ses portes et propose six créneaux d’upcycling entre le 21 juillet et le 27 août. Au programme : réparation et customisation de vêtements, création d’un oiseau suspendu en bois, découverte de la couture ou transformation de vaisselle en objet de décoration…

    « C’est l’occasion pour les habitants du territoire de découvrir l’espace création et de repartir avec un objet fabriqué de leurs propres mains », soulignent les organisateurs. Toujours planifiées l’après-midi, les séances durent entre 1h30 et 3h, coûtent entre 12 et 25 euros et sont à destination de petits et grands.

    Espace de progression sociale

    Fondé en 2016 au sein de l’association Evolio, le Dirigeable est, au-delà d’un lieu de collecte et de revente d’objets de seconde main, un espace de progression sociale. Tout en s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire en encourageant les pratiques de réemploi, de réparation et de recyclage, la ressourcerie travaille à l’insertion des personnes précaires et éloignées de l’emploi en faisant de leur passage dans la structure un tremplin vers un projet professionnel durable. Les salariés en insertion, qui bénéficient d’un accompagnement social personnalisé, ont pour rôle de « trier, réparer, restaurer, créer de nouvelles pièces à la vente » et de « reconditionner des vélos et des appareils électroniques ».

    L’occasion de « remettre un pied dans le monde du travail » mais aussi de « retrouver confiance en eux en acquérant de nouvelles compétences », précise le site web de l’association. En 2025, 81 personnes en insertion ont été accompagnées par la ressourcerie.

    Inscription sur le site www.ressourcerie-ledirigeable.fr

  • La nouvelle ressourcerie d’Aubagne, petit poucet du réemploi

    La nouvelle ressourcerie d’Aubagne, petit poucet du réemploi

    Un choc de cultures ? On pourrait le penser. Au cœur de la zone commerciale de la Martelle, entre des grandes enseignes et l’hypermarché Auchan « qui est l’un des plus gros de France », selon Margot Girard, directrice de Evolio, l’association vient d’ouvrir une nouvelle boutique. Tout comme le site « historique » de la ressourcerie Le Dirigeable, que gère Evolio dans la zone industrielle des Paluds. « Tout ce qui est vendu ici, a déclaré un peu avant Cynthia, encadrante du futur atelier bois sur place, objets, meubles, habits, vaisselle, électroménager, livres (…) a été déposé par des particuliers. On y trouve aussi des objets, meubles, créés à partir de matériaux récupérés. » Tous ces objets ont été auparavant triés, nettoyés, réparés, façonnés parfois par « les salariés en parcours vers l’emploi que nous accompagnons », étaye Éric Naville, directeur du Dirigeable. « La boutique, située entre KFC et Auchan, fait 391 mètres carrés. Nous avons également des bureaux, et 120 mètres carrés d’ateliers dédiés à l’accueil du public », ajoute-t-il.

    Petit poucet et grandes enseignes

    Pour Margot Girard, l’ouverture de ce nouveau lieu « est une belle réussite. Un bel aboutissement. Le projet a été initié en 2021. Nhood* et Ceetrus, qui sont les propriétaires du site sont venus nous chercher car ils voulaient faire un lieu qui ait du sens social et solidaire. Cela nous permet de toucher un grand public que l’on ne touchait pas avant ». Elle relève : « Être au cœur de cette zone nous permet de faire des passerelles pour que nos salariés en insertion puissent trouver un débouché, un emploi, ce qui est notre vocation. Nous allons en effet pouvoir rencontrer les directeurs des grandes enseignes autour, et mettre en relation les compétences de nos salariés et les postes qui se libèrent. » Dès l’ouverture, hier, le lieu a été pris d’assaut. Pour faire de bonnes affaires, « le neuf étant hors de prix », pour se faire plaisir. Face à l’affluence, Eric Naville commente : « Le rôle citoyen de ce lieu, j’y crois à fond. »

    * Opérateur immobilier créé par l’association familiale Mulliez (Auchan, Décathlon…)

  • Bientôt un nouveau lieu dédié à la seconde main à Aubagne

    Bientôt un nouveau lieu dédié à la seconde main à Aubagne

    « Plus qu’un simple magasin, il s’agit d’un véritable lieu de vie où le réemploi, la seconde main et les ateliers créatifs sont à l’honneur », présente la ressourcerie le Dirigeable.

    Implantée depuis 2016 dans la zone industrielle des Paluds, la ressourcerie dévoilera, le 15 octobre prochain, son nouveau lieu. Situé « entre KFC et l’hypermarché Auchan », au 1100 chemin de l’Avelanède, l’endroit proposera une boutique, pour « acheter autrement ». Les clients y trouveront « une sélection d’objets de seconde main, soigneusement triés et valorisés », détaille l’association Evolio. Au-delà de l’acte d’achat, le public pourra y venir pour participer à des ateliers « bois, couture, vélos, objets électriques pour apprendre à transformer, réparer ou détourner des objets du quotidien ».

    L’objectif de l’endroit, dont la première pierre a été posée il y a près de deux ans, est également de « partager : un lieu convivial pour échanger des idées, des savoir-faire et des bonnes pratiques autour de l’économie circulaire ». L’ambition de l’association Evolio est de « créer un espace convivial et engagé, pensé pour prolonger la vie des objets tout en encourageant la créativité ». La localisation de ce nouveau lieu interroge. Certes, il est tout à fait bien placé pour toucher le maximum de gens, étant donné la fréquentation de l’hypermarché. Mais ceux qui vont faire leurs courses dans cet hypermarché sont-ils sensibles au réemploi, à la réduction des déchets, et à l’économie circulaire ? Ce sera tout l’enjeu, sans doute, de ce nouveau lieu. Amener le plus grand nombre à s’intéresser, voire à adopter, cette démarche écoresponsable et solidaire. Cette activité fait notamment travailler des salariés en insertion.

  • À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    Dans des tintements métalliques, des chariots que l’on pousse.

    Dans l’entrepôt de 900 mètres carrés*, ce mercredi matin, les salariés en insertion, reconnaissables à leur t-shirt orange vif, ne cessent de sillonner les allées avec des caddies qui débordent d’objets. Là où, éclaire Elodie Giraud, qui guide la visite, « on fabriquait il y a un siècle des dirigeables », l’association à but non lucratif Evolio a ouvert, en 2016, la Ressourcerie le Dirigeable. À partir de dons de particuliers** ou de professionnels, apportés sur place ou collectés, les hommes et femmes en orange « trient, réparent, transforment et revendent. On fait en sorte de revaloriser un maximum d’objets », souligne Elodie. Et le flux de ce qui est amené est juste colossal. « En moyenne, nous traitons ici 380 tonnes par an, et nous en revendons 92. Le reste est dirigé vers des éco-organismes… », explique Éric Naville, le directeur. « Notre plus gros problème, c’est le textile, notamment issu de la fast fashion. Son réemploi est impossible car la qualité est très mauvaise. Seul le quart du textile qui nous est apporté est vendable. » Sur place, la boutique, ouverte du lundi au vendredi de 9h à 15h30, vend à prix défiant toute concurrence.

    « Être ici m’a sauvé »

    Empaqueté dans de gros sacs de plastique bleu, ce textile forme une petite montagne dans le hangar. Aux abords de l’atelier équipements électriques, électroniques, où l’on trouve du petit électroménager, de l’informatique – « tout est nettoyé, testé et vérifié », insiste Elodie -, la jeune femme insiste sur la discipline du don. « Les gens doivent amener des objets propres, en bon état, ou que l’on puisse réparer, de manière à ce qu’ils soient revalorisés », observe-t-elle. Sinon, ce don se transformera en une charge, puisque la Ressourcerie devra, à ses frais, apporter ces déchets à la déchetterie. Mais lorsqu’aucun grain de sable de cette nature n’enraye l’économie circulaire, c’est une belle idée.

    Croisée mercredi, Clara, 28 ans, qui vit à Marseille, est venue faire quelques emplettes. Elle a acheté, pour 2 euros, une théière vintage. « Notre société surproduit, surconsomme, et plein de choses s’entassent. Je n’accepte pas cette logique. Ce n’est pas bon pour la planète. Ma philosophie de vie, c’est me suffire du nécessaire », dit-elle. Le Dirigeable emploie en ce moment environ 40 personnes en insertion, « sur des contrats de 26 heures sur six mois. On les aide à reprendre pied au niveau social et professionnel », renseigne Elodie. « Être ici m’a sauvé », confie Jonathan, 31 ans, embauché depuis bientôt cinq mois. Auparavant au chômage depuis deux ans, en difficulté car n’ayant pas le permis, « je touchais 600 euros de chômage, et mon loyer était de 600 euros… », relate-t-il. Même chose pour Mehrab, 41 ans. Menuisier de formation, cet Afghan est là depuis seize mois. Il a fui son pays « où les filles ne peuvent pas aller à l’école, et les femmes travailler ».

    * Au 80, avenue de la Fleuride.

    ** Dépôt sur place ouvert du lundi au vendredi, de 7h30 à 15h30.