Tag: ressource en eau

  • Montpellier lance le programme Adaptoneau

    Montpellier lance le programme Adaptoneau

    « Il s’agit de mener une action territoriale plus poussée sur des zones expérimentales dans lesquelles on va mener une politique coordonnée pour adapter l’usage de l’eau au changement climatique », explique René Revol, délégué à la gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau et président de la Régie publique des eaux de la Métropole.

    Retenu dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le projet Adaptoneau, porté par la Métropole de Montpellier, consiste à décliner un plan pour l’eau et l’adaptation au changement climatique sur un territoire regroupant les quartiers Mosson/Cévennes/
    CHRU/Bouisses. Situé à l’ouest de Montpellier, ce territoire regroupe des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers avec des habitats construits dans les années 50-70, des hôpitaux, des universités, lycées et collèges, des zones d’activités et des zones d’habitations plus récentes (ZAC). Ainsi que des espaces aquatiques naturels, puisque la Mosson et le Verdanson traversent la zone.

    Lancé officiellement le 13 novembre, ce programme d’actions d’un montant global de près de 4 millions d’euros financés pour moitié par l’Agence de l’eau s’étalera sur 3 ans, jusqu’en 2028. Il s’articule autour de cinq axes principaux.

    Lutte contre les inondations, les fuites…

    Tout d’abord « la lutte contre les inondations par la renaturation des cours d’eau », Mosson et Verdanson. « L’eau, quand elle abonde, déborde sur des zones urbanisées. Il faut au contraire lui permettre de s’étendre sur des zones naturelles. » Une démarche qui va de pair avec la désimperméabilisation des sols, « pour que l’eau ruisselle moins et pénètre davantage les sols », notamment en accompagnement du renouvellement urbain sur les secteurs Anru Mosson et Cévennes.

    Autre objectif contenu dans ce plan : la sécurisation de la distribution d’eau potable et la lutte contre les fuites. « La zone urbaine ciblée a des tuyaux qui datent des années 50-60, donc il faut les changer. Partout où le tram est passé ça a été fait mais pas ailleurs. Il y a donc tout un programme de lutte contre les fuites et de remplacement des réseaux », indique le président de la Régie.

    Le développement de l’agroécologie constitue également l’un des volets du projet, avec notamment les expérimentations de cultures économes en eau sur l’agriparc des Bouisses. Enfin, le programme comporte un axe pédagogique autour de la sobriété des usages de l’eau. « La stratégie de la Régie, avec les 15 premiers mètres cube gratuits puis une progressivité qui sanctionne ceux qui gaspillent trop d’eau, sera soutenue par l’Agence de l’eau dans le cadre de ce programme. On va également mener des actions de sensibilisation aux économies d’eau sur ces quartiers. On peut aussi offrir des mousseurs, qui font diminuer le débit d’eau », détaille René Revol.

  • Béziers étudie une usine de dessalement

    Béziers étudie une usine de dessalement

    C’est un des effets du dérèglement climatique : face à la sécheresse, la ressource en eau se raréfie en France. Pire, sur le bassin méditerranéen, les scientifiques s’accordent à dire que les effets du dérèglement sont deux fois plus rapides que dans le reste de l’Hexagone.

    Béziers ne déroge pas à la règle. Surtout que les prévisions ne sont guère reluisantes. « La majorité de la ressource en eau utilisée sur l’Agglo de Béziers provient des nappes souterraines d’accompagnement de l’Orb. Or, selon les prévisions, d’ici une vingtaine d’années, le débit de l’Orb pourrait chuter de 45% », précise Olivier Sarlat, directeur de Veolia Eau en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En ce sens, la multinationale
    – qui a conclu un contrat de gestion du service public d’eau potable avec l’Agglo de Béziers de 138 millions d’euros pour 12 ans à partir de 2027 – planche notamment sur l’étude d’un projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre. « On viendrait pomper l’eau dans l’estuaire de l’Orb pour pouvoir alimenter une partie des besoins supplémentaires auxquels la collectivité devra faire face », poursuit Olivier Sarlat. Le dessalement se ferait par traitement membranaire, permettant ainsi de séparer le sel de l’eau.

    Un projet vertueux ?

    Si le projet n’est pas certain d’arriver à terme – l’étude, au stade d’ébauche, s’inscrit dans une stratégie globale de sobriété menée par Veolia aux côtés de la réutilisation d’eaux usées ou encore la lutte contre les fuites dans les réseaux – ses porteurs mettent en avant son caractère novateur. L’usine serait en effet une première en France. « Cette eau pompée dans l’estuaire n’a pas la même concentration en sel que la Méditerranée, qui est de l’ordre de 30 à 35 g de sel/L. Ici, on serait entre 5 et 10 g/L, ce qui fait que les rejets en sel seront moindres que si l’on pompait directement dans la mer. Ce dessalement est vertueux, car moins énergivore et respectueux de l’environnement », détaille le directeur occitan de Veolia.

    Pour autant, certains semblent circonspects quant à l’utilité d’un tel projet. « Encore une fois, on essaye de trouver une solution technique sans changer notre façon de faire. Mais il va falloir s’adapter, on ne peut plus vivre comme avant. On est dans le déni du dérèglement climatique », soupire Thierry Antoine, élu Les Écologistes à Béziers. Et celui qui est aussi candidat du Printemps de Béziers à la mairie de s’inquiéter de la pollution : « Où iront les rejets de saumures, des produits chimiques ? On connaît les conséquences que cela a sur la biodiversité marine. » Sur ce point, Olivier Sarlat se veut rassurant : « l’étude va explorer l’endroit où les rejets auraient le moins d’impact sur l’environnement. Ce ne sera pas dans l’estuaire. Une fois que l’on aura exploré toutes les pistes, l’Agglo de Béziers prendra sa décision. »

    Or, connaissant l’opportunisme du président d’extrême droite de l’Agglo Robert Ménard, il se pourrait que ce dernier surfe sur cette vague (un peu) verte afin de choyer son électorat et de parfaire sa communication. « Ce n’est pas la première fois qu’on nous promet une solution miracle dont on ne voit jamais le début de la queue, où l’on serait la première usine en France, que c’est fantastique, etc. Il y a eu tellement d’effets d’annonce – on a eu le colosse, le cinéma – que je me demande qui peut encore y croire  », s’amuse Thierry Antoine.

  • [EQDD Vosges Matin] La vallée de la Bruche : du textile à l’agroécologie, une reconquête paysagère et agricole

    [EQDD Vosges Matin] La vallée de la Bruche : du textile à l’agroécologie, une reconquête paysagère et agricole

    L’objectif était de maintenir une activité agricole, perçue comme un service à la population et un atout pour la biodiversité. Grâce à des associations foncières pastorales, un système d’élevage en circuit court s’est développé, les agriculteurs pratiquant quasi exclusivement la vente directe. Des fermes publiques ont également été créées pour renforcer la dynamique. Aujourd’hui, 3 000 hectares (12% de la surface agricole) ont été reconquis, avec en moyenne deux activités agricoles par commune. Le territoire, devenu un laboratoire à ciel ouvert, doit aussi faire face au changement climatique. Une réflexion est en cours pour réutiliser les anciens canaux d’irrigation (« royes ») afin de mieux gérer la ressource en eau et de réduire les risques d’inondation. L’agropastoralisme durable a ainsi remplacé les anciennes cultures.

    Par Katrin Tluczykont-Vosges Matin

  • Forages illégaux : le roi des salades doit cette fois aligner l’oseille

    Forages illégaux : le roi des salades doit cette fois aligner l’oseille

    L’indulgence des services de l’État n’aura pas suffi. Onze mois après la régularisation par la préfecture des Bouches-du-Rhône d’une centaine de ses forages agricoles réalisés sans autorisation (notre édition du 10 décembre 2024), la société Reveny s’est vue infliger ce lundi une amende administrative de 24 000 euros, assortie de deux mises en demeure.

    Après avoir accédé aux demandes de la chambre d’agriculture en passant l’éponge sur l’irrigation illégale d’un des premiers producteurs français de salades, le bureau des installations et travaux réglementés pour la protection des milieux avait laissé six mois à l’exploitant, qui cultive plus de 2 000 hectares dans l’ouest du département, pour qu’il se mette en conformité avec ses obligations environnementales. Dans leur arrêté du 24 novembre 2024, les services de l’État demandaient ainsi que la société installe un compteur sur chaque point de captage, et surtout une margelle bétonnée « pour assurer l’étanchéité avec le milieu extérieur ». Faute de quoi la régularisation sauterait.

    Six mois après, les 6 et 10 juin dernier, des agents de contrôle de la direction départementale des territoires et de la mer étaient donc dépêchés sur les terres du maraîcher autour de son siège de Saint-Étienne-du-Grès. Résultat : les forages de l’exploitant inspectés ne comptaient ni compteur volumétrique pour mesurer la quantité d’eau pompée dans la nappe, ni margelle bétonnée pour éviter l’infiltration de polluants dans les eaux souterraines des alluvions de la basse Durance. Pis encore, lors de leurs visites les agents ont constaté que des bidons de produits phytosanitaires étaient posés à même le sol à proximité immédiate de la tête d’un forage, tout comme une cuve à carburant, sans le moindre dispositif de rétention en cas de fuite. « Ces constats mettent en évidence l’utilisation de pratiques pouvant générer des contaminations de la masse d’eau souterraine », s’alarment les fonctionnaires dans l’un des trois arrêtés pris lundi et publiés ce mercredi matin. Au total, seize forages inspectés ne respectent pas la réglementation, sans que les observations présentées au nom de la société par le cabinet Carbone avocats, le 23 juillet dernier, ne convainquent les services de l’État, faute de proposer « la cession de l’exploitation des ouvrages considérés ». Sollicités par La Marseillaise, ni le cabinet d’avocats, ni la direction de la société Reveny n’ont donné suite à nos demandes.

    Menaces d’autres sanctions

    Les services de l’État de leur côté, conformément au premier arrêté pris le 24 novembre 2024, ont fixé l’amende à 1 500 euros par forage illicite. Soit une addition de 24 000 euros au total. Désormais, ils laissent trois mois à la société pour protéger les points de captage avec une margelle bétonnée, une cimentation sur la partie supérieure du forage pour l’isoler du terrain, un capot de fermeture… De nouvelles demandes d’autorisations doivent aussi être déposées dans le même délai pour chacun des ouvrages, à moins que l’exploitant ne décide de les supprimer avec une remise en état des lieux. Les services de l’État avertissant que ce dépôt « n’implique pas la délivrance certaine de l’autorisation ». Faute de mise en conformité, la préfecture menace de nouvelles sanctions et jusqu’à 4 500 euros d’astreintes journalières.

  • Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    La gestion de l’eau à travers le passé, le présent et le futur sera au cœur de cette 3e édition des Rencontres interacadémiques méditerranéennes, de mercredi à vendredi, entre les murs de la bibliothèque marseillaise de l’Alcazar. Organisé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, le colloque réunira 35 conférenciers venus de France, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie.

    « Le but est d’avoir une approche pluridisciplinaire, explique Marc Sentis, secrétaire perpétuel de la classe des Sciences de l’Académie. Il y aura des écologues, paléoclimatologues, historiens, urbanistes, architectes, ainsi que des représentants d’institutions issus de divers pays du pourtour méditerranéen. »

    Durant trois jours, les participants tenteront de proposer une vision transversale des enjeux liés à la ressource en eau : de sa symbolique dans les différentes religions aux solutions face au réchauffement climatique, en passant par les questions de solidarité dans sa gestion.

    Un colloque pensé pour être accessible au plus grand nombre. Des classes de seconde avec leurs professeurs, assisteront à plusieurs conférences. « L’objectif de ce colloque est que tout le monde puisse venir, explique Marc Sentis. C’est sans inscription et gratuit pour que les visiteurs de l’Alcazar, venus pour autre chose, puissent suivre les conférences. »

    Les conférences et ateliers seront interactifs, avec un temps d’échange prévu entre les experts et le public.

    Programme complet sur le site academie-sla-marseille.fr