Fermé au public depuis plusieurs décennies, l’ancien champ de tir de Roques-Hautes, à Beaurecueil, pourrait faire l’objet d’opérations d’une dépollution pyrotechnique dans le cadre d’un projet d’extension de la Réserve naturelle nationale Sainte-Victoire. À cet effet, le Département vient de lancer une étude destinée à évaluer l’ampleur des risques et les interventions nécessaires sur ce site de 75 hectares. Utilisé par l’armée jusqu’à la fin des années 1980, le terrain conserve les traces de son passé militaire. Une analyse quantitative de risque, rédigée par le Service d’infrastructure de la Défense SID Sud-Est (ministère des Armées), évoque notamment la présence historique d’installations militaires sur le secteur.
Après l’incendie de 1989, le site a cessé d’être utilisé, son accès, interdit. S’il « n’a pas été possible de définir la localisation précise des réceptacles, à partir des anciens régimes de champs de tir (…). Il apparaît clairement que le site recèle une pollution par engins de guerre », indique ce même document. Le marché lancé par le Département ne prévoit donc pas encore de travaux, mais doit permettre d’identifier les secteurs concernés par une éventuelle pollution pyrotechnique, d’évaluer les techniques de traitement envisageables et d’en estimer les coûts. Selon l’analyse de risque, « le projet concerne un aménagement afin de permettre un accès du site au public ». Cependant, et toujours selon les éléments associés à la publication du marché, l’ouverture du site ne concerne pas l’ensemble de l’ancien champ de tir. Il est notamment question d’y faire un sentier pédagogique qui « sera déjà sur la partie accessible du site afin de mieux protéger les vestiges paléontologiques », répond le Département. En effet, étude devra aussi tenir compte de l’histoire naturelle du secteur. L’analyse quantitative de risque souligne la présence de « plus de 1 500 espèces recensées » ainsi qu’un « patrimoine paléontologique remarquable ». Mais « l’extension de la réserve que nous allons acquérir n’a pas par définition vocation à être accessible, afin de protéger et préserver le site », précise le Département. Sur ces zones propices à une dépollution, les documents distinguent plusieurs niveaux de risque : certaines zones, où la présence de reliquats militaires est suspectée ou avérée, nécessiteront des mesures de sécurisation préalables.


