Tag: Réseau routier

  • À Marseille, les motards sur les routes pour traquer les nids-de-poule

    À Marseille, les motards sur les routes pour traquer les nids-de-poule

    C’est désormais coutume du lundi de Pâques. Pour la 6e année consécutive, les deux-roues de la Fédération française des motards en colère (FFMC) se sont levés tôt pour aller déposer, dans les nids-de-poule paille, œufs et poule en plastique. L’objectif : attirer l’attention des pouvoirs publics sur la dégradation du réseau routier français.

    À Marseille, la dizaine de personnes mobilisée s’est donné rendez-vous au pied de la mairie centrale (2e), avant de prendre la route, en groupe et à moto, vers le boulevard Oddo (15e), une « rue abandonnée et dangereuse », d’après Eric Grégori, coordinateur de la FFMC des Bouches-du-Rhône. « On est passé de la 1ère place au niveau mondial en 2012, à la 18e place en 2019 pour l’état des routes, se désole le coordinateur, surnommé « Gus ». 0,5% des accidents sont dus à un problème technique sur nos engins. 30% à l’état des infrastructures et des rues. Ce qu’on demande, c’est un contrôle technique des routes et des rues. »

    Car, d’après les motards mobilisés, les trous se rebouchent, mais « mal » ou, en tout cas, « pas de façon durable ». Il suggère donc la mise en place d’une instance de contrôle des réparations. En observateur sur le boulevard Oddo, un riverain confie son défaitisme : « Le problème, c’est que cette action ne marche pas, personne ne les écoute. » « Ça n’avance pas comme ça devrait, reconnaît Eric Grégori. À Aubagne, ça a mieux fonctionné, la mairie nous a écoutés. Ici, il faudrait qu’on soit plus nombreux à se mobiliser ».

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »