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  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    La Marseillaise : Comment le PS se positionne-t-il dans la campagne municipale de Martigues ?

    Saoussen Boussahel : Nos instances nationales et départementales ont acté le soutien des listes de gauche sortantes ainsi que l’union de la gauche là où elle peut gagner les élections. À Martigues, cela nous conduit à soutenir la majorité de Gaby Charroux, on va travailler et constituer notre liste ensemble comme nous le faisons depuis 60 ans.

    Quel est le projet socialiste au sein de cette union de la gauche ?

    S.B. : Nous défendons la justice sociale, pour cela nous voulons perpétuer le modèle martégal. C’est-à-dire des services publics puissants qui répondent aux attentes de tous les Martégaux, peu importe l’âge, le quartier, ou la situation financière. Tout en préservant notre patrimoine historique, environnemental et culturel, c’est important dans la recherche de développement durable. Nous devons aussi veiller à la mixité sociale dans notre ville, pour que personne n’ait peur de l’autre. Nous misons également sur cette jeunesse qui nous dirigera plus tard. Il faut leur construire un avenir avec des perspectives, les accompagner dans leurs études et leur permettre de trouver du boulot après une formation qualitative.

    Quels « défis » dont parle Gaby Charroux vous préoccupent ?

    S.B. : Nous allons entrer dans la phase concrète du contournement autoroutier, attendu depuis 50 ans. C’est un axe important de nouvelles mobilités et un moyen de soutenir l’activité industrielle en pleine décarbonation du golfe de Fos. C’est un enjeu hyper important, avec en perspective de nombreux emplois nouveaux, amenant des familles que nous devrons accompagner et pour lesquelles il faudra adapter l’offre de service public. Cela inclut la modernisation et l’extension de l’hôpital qui est en difficulté. Il y a du travail qui nous attend pour assurer le droit fondamental à la santé pour tous.

    Quelle place à la lutte contre l’extrême droite ?

    S.B. : Une place prioritaire. Les idées fausses de l’extrême droite se basent sur la haine des gens. Le député en place a été élu, ça montre que la bataille est importante pour sauver l’idée républicaine. Ce que j’explique au quotidien, c’est que l’immigration n’est pas là pour nous mettre en difficulté, mais pour en sortir. Je rappelle aussi que les immigrés consomment, travaillent et deviennent des citoyens français. On ne peut pas laisser les racistes et les fascistes lutter contre ce modèle. Il faut le dire aux municipales et aux prochaines échéances.

  • [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous présentez-vous ?

    Judith Dossemont : J’ai voulu proposer ma candidature et offrir aux Roquevairois mon expérience. J’ai d’abord eu un engagement associatif à Roquevaire : j’étais membre fondatrice du grand trail du Garlaban. Mon engagement dans le monde associatif, en 2014, s’est poursuivi avec un engagement aux municipales en devenant colistière. Depuis 2020, je suis le leader de l’opposition à droite. Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit sur la commune. Je suis également conseillère départementale, j’ai été colistière aux régionales, colistière aux élections européennes et attachée parlementaire. Aujourd’hui, je ne peux plus être conseillère départementale et regarder ma ville dépérir sans pouvoir agir.

    Que voulez changer ?

    J.D. : Tout. Je veux tout changer. Le centre du village se paupérise, donc je veux prendre soin de Roquevaire en proposant un vrai projet d’aménagement du cours Négrel-Ferraud. C’est un endroit central qu’il faut vraiment rénover. Je suis en train d’y réfléchir avec des architectes reconnus internationalement, pour voir comment on peut à la fois produire du parking, un aménagement qui puisse permettre aux commerces de fonctionner, avoir des terrasses, avoir une petite place à la Provençale avec peut-être une petite fontaine. Quelque chose que l’on puisse se réapproprier. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a envie de venir se promener dans le centre ville.

    Quel est le reste de votre programme ?

    J.D. : Les trois axes qui vont alimenter ma campagne sont la sécurité et la tranquillité publique, l’attractivité et la relance économique du village et enfin le cadre de vie et l’urbanisme enfin maîtrisés. Au niveau de la sécurité, la société a changé et il y a des violences partout. L’insécurité progresse et les Roquevairois le voient, le ressentent. Il y a juste la municipalité qui ne veut pas le voir. Il y a 4,5 policiers pour une ville de 9 000 habitants, et il n’y a quasiment pas de caméras, ou elles ne fonctionnent pas. Je veux renforcer la présence policière, moderniser la police municipale et repenser à un élargissement des horaires des agents. Je souhaite également lancer un grand plan de vidéoprotection crédible, parce qu’il y a beaucoup d’incivilités, de nuisances et de dégradations. Il faut plus de fermeté. Et enfin je veux redonner du caractère au centre ville de Roquevaire, créer du parking, ramener des commerces de bouche, des artisans, des cafés, une vie de hameau.

    Comment comptez-vous financer cela ?

    J.D. : Sans cofinancement, la ville de Roquevaire ne pourra effectivement rien faire. La première chose que je voudrais entreprendre, c’est faire un contrat d’aide aux communes, dès que je suis élue, pour pouvoir m’appuyer sur les collectivités donc le Département, la Métropole et la Région. Car j’ai quand même des liens puisque j’ai été colistière de Renaud Muselier. Je suis en train de chiffrer tous les projets et je m’appuie évidemment sur ces aides pour renforcer l’attractivité de Roquevaire.