Tag: répression

  • Stupéfiants : réprimer est-ce la bonne solution ?

    Stupéfiants : réprimer est-ce la bonne solution ?

    Le parquet de Toulon a indiqué que désormais il informerait systématiquement « les personnes publiques » et « les personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public » des infractions à la législation sur les stupéfiants commises par leur personnel en application de l’article 11-2 du code de procédure pénale (CCP) dans le but de supprimer les consommateurs pour faire disparaître le trafic de stupéfiants. Et les usagers de stupéfiants doivent être informés par écrit des démarches faites auprès de leurs employeurs. Or seul un consommateur de stupéfiant sur 2 500 fait l’objet de poursuite pénale. En d’autres termes celui qui est poursuivi s’estime de ce fait victime d’une inégalité et d’une injustice. Certes ce chiffre s’explique par le manque de moyens financiers et humains de la justice mais aussi parce que les contrôles des forces de l’ordre ciblent uniquement les consommateurs se trouvant sur la voie publique.

    Inégalités de traitement

    Et ce texte du CPP ne permet pas d’informer tous les employeurs, mais seulement ceux ayant une mission de service public. Ainsi le chauffeur livreur d’une entreprise privée n’a aucun souci à se faire si durant son temps de repos il se fait verbaliser pour un usage de stupéfiant. Son employeur n’en saura rien alors pourtant que la conduite sous l’emprise de stupéfiant dont les effets peuvent perdurer dans le temps peut s’avérer constituer une mise en danger d’autrui bien plus grave que le bénévole d’une association distribuant des repas aux plus démunis, sanctionné pénalement pour consommation de stupéfiant un samedi soir. Cette diffusion va engendrer encore plus des inégalités de traitement pour les mêmes faits et une atteinte à la vie privée qui pourtant est protégée pour tous de la même façon. Cette pratique pourrait surtout avoir l’effet contraire que celui escompté en faisant perdre à certains leur emploi, les désocialisant et les faisant sombrer dans la consommation de stupéfiant permanente. La consommation d’alcool qui est aussi un toxique et dont la consommation engendre des troubles à l’ordre public tout aussi grave que celles des stupéfiants ne fait pas d’objet de poursuites en dessous d’un certain seuil, ce qui met en lumière des incohérences du système répressif, tolérant pour certaines substances dont la France est productrice.

    La consommation de stupéfiant concernerait au moins une personne sur dix, il s’agit d’une question sociétale qui est d’abord et avant tout une question de santé publique qui doit être traitée comme telle et cela ne relève pas de la compétence de la Justice d’autant que l’adoption de législations de plus en plus répressives a montré leur inefficacité avec des chiffres de la délinquante en constante augmentation.

    Par Maître Renversez

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  • On meurt moins sur les routes du département

    On meurt moins sur les routes du département

    Une fois n’est pas coutume, dans les Bouches-du-Rhône, les indicateurs sont meilleurs que ceux du territoire national note la préfecture dans son dernier bilan de la sécurité routière. Quand la France métropolitaine enregistre une augmentation de 2,1%, le département connait une baisse de 14% sur la même période, idem pour les blessés avec une hausse de 3,4% contre une baisse de 4% dans le département.

    Plus de piétons tués

    En 2025, dans les Bouches-du-Rhône on passe sous la barre des 100 morts (99). Une baisse « significative par rapport aux 115 vies perdues en 2024 », avec -14% d’accidents corporels, – 4% de blessés. Marseille totalisant 44% des accidents avec 896 sur un total de 2 036, 32 personnes ayant été tuées dans la ville, soit une sur 3. Une proportion quasi identique en 2024. La cause de ces drames reste la vitesse excessive ou inadaptée (30% des accidents mortels), la consommation d’alcool (18%) et de stupéfiants (10,5%). Et c’est entre 18 et 64 ans que l’on meurt le plus sur nos routes, le nombre de tués de moins de 18 ans ayant doublé par rapport à 2024, passant de 3 à 6. Si les motards sont moins concernés cette année, la préfecture note une hausse inédite de la mortalité piétonne. Impliqués dans 12% des accidents, ils représentent néanmoins 25% des tués, 8% des blessés.

    Pour la préfecture ce bilan résulte d’une action de répression mais aussi de prévention avec 4 668 contrôles routiers et 64 123 personnes sensibilisées par les services de la préfète de police déléguée et les associations subventionnées.

  • Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Visite au pas de charge, ce vendredi 13 février, pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la Ville, Vincent JeanBrun. « J’avais promis, en tant que chef de file du plan “Marseille en grand”, de faire venir le gouvernement très régulièrement à Marseille et là, tous les mois depuis trois mois, nous sommes au rendez-vous », explique ce dernier. Le but : « Montrer la détermination de l’État à faire en sorte que les Marseillais soient en sécurité », insiste-t-il.

    Avec, pour commencer, une séquence prévention, de bon matin sur la scène internationale du Zef, au Merlan (14e). La préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, joue les maîtres de cérémonies, présentant aux ministres les jeunes du centre social Saint-Barthélémy qui ont créé leur compagnie, Héritage, et monté une pièce, « Discrimination ».

    « En 2021, il y avait beaucoup de tension avec la police, des échanges musclés », raconte Saïd, coordinateur jeunesse, parti avec les jeunes sur l’idée d’un travail sur les « droits et les obligations ». Suivi d’audiences en comparution immédiate ou rencontre avec le défenseur des droits ont étayé le propos. « On s’est inspiré des témoignages des victimes pour écrire nos textes, raconte Doria. J’ai grandi en tant que citoyen alors que j’aurai pu divaguer, fréquenter des [mauvaises] personnes », témoigne Nassim, sous le regard admiratif des représentants de l’État.

    Sur le terrain, on demande des moyens

    Les acteurs de terrain racontent aussi les difficultés à mener des actions pourtant efficaces. « Pour maintenir ces équipements, il nous faut du soutien, pas forcément financier, mais des contrats aidés qui se raréfient. Nous avons besoin de moyens, nous les demandons », pose Valérie Samai, directrice du centre social Saint-Gabriel.

    Il faudra attendre la fin de la séquence « balade » dans le parc de la Porte d’Aix et son jardin partagé, animé par l’association « les minots de Saint Charles », pour tenter d’avoir une réponse ministérielle. Pas de précision sur un éventuel renforcement du budget alloué à la prévention, mais la certitude qu’il faut « un continuum » martèle Vincent Jeanbrun.

    Seule mesure évoquée ce jour-là pour « faire en sorte qu’on ne laisse pas la rue aux voyous », la mise en place de groupement interbailleur de sécurité, comme à Paris ou Montpellier. Concrètement ni des policiers, ni des médiateurs, ni des vigiles, mais des agents de sécurité privée qui, pour maintenir la tranquillité la nuit, font des rondes, nous apprennent sur son site internet l’Institut Paris Région, ex-Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne. « “Marseille en grand”, c’est un volet sécurité important, mais la lutte contre les trafics passe aussi par la prévention », plussoie Laurent Nuñez, qui veut « donner un signe fort » avant de repartir pour l’Évêché. Bref, en matière de moyens, on repassera…

    Renouer avec l’Algérie

    Laurent Nunez se rendra en Algérie, ce lundi, pour deux jours de réunions de travail avec son homologue. Après des « échanges techniques, on passe à la phase politique », a-t-il expliqué, « pour discuter les questions de sécurité. Cela concerne le trafic de stupéfiants, l’immigration illégale… »

    Une « autre approche », a estimé le ministre de l’Intérieur, dans un contexte diplomatique tendu.

  • Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Elle sait qu’elle prend un risque en parlant. Mais face à ce que subit son peuple, se taire n’est plus une option. Enseignante-chercheuse à Montpellier, où elle vit depuis 2022 avec son mari et ses jumeaux, Ensiyeh Raoufi a appris, par les rares contacts qu’elle arrive à avoir avec sa famille, le décès de son cousin Sourena, victime, comme des milliers d’Iraniens, de la répression féroce du régime pour étouffer le plus vaste soulèvement populaire depuis la révolution islamique de 1979.

    « Il a été abattu le 9 janvier par les Gardiens de la révolution islamique alors qu’il manifestait pacifiquement pour défendre les droits fondamentaux du peuple iranien, pour réclamer, tout simplement, la liberté. Il avait 18 ans », témoigne, entre peine et colère, Ensiyeh Raoufi. « Il a été touché par un tir à balles réelles dans le dos. Il est mort sur le coup », poursuit-elle. « Comme les lignes téléphoniques étaient coupées cette nuit-là, ses parents l’ont cherché partout dans les rues, avant de se rendre à l’hôpital, où ils l’ont trouvé mort. C’était leur seul enfant. » La famille étant bien connue dans sa ville de Shahasavar, au nord de l’Iran
    – «
     deux de mes oncles sont morts en martyrs pendant la guerre Iran-Irak » – les forces de sécurité n’ont pu empêcher les funérailles, qui ont rassemblé quelque 2 000 personnes, de se tenir. Mais « elles ont ensuite menacé notre famille. Elles ont ordonné de garder le silence sur ce qu’il s’était passé et de déclarer que Sourena avait été tué par des “terroristes” et non par le Corps des gardiens de la révolution. »

    Aujourd’hui encore, Ensiyeh peine à avoir des nouvelles régulières de ses proches en raison des coupures d’internet qui continuent d’isoler le pays, permettant au régime de « masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils », estime l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

    « Ce régime doit tomber »

    Il y a bien le téléphone, « mais les appels sont très chers, donc tout le monde ne peut pas se le permettre. Et les lignes téléphoniques sont sur écoute », souligne la jeune femme. « J’ai des amis, ici à Montpellier, qui jusqu’à présent n’ont eu aucune nouvelle de leur famille », livre-t-elle.

    Difficile, dans ces conditions, de connaître le nombre exact de victimes de la répression, tant la moindre image, le moindre témoignage font l’objet d’une surveillance accrue du régime. Mais le bilan est assurément le plus lourd en plus de quatre décennies d’histoire de la République islamique. « Il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes  », estimait ainsi Mai Sato, rapporteuse des Nations unies (ONU) sur l’Iran, dans un entretien accordé au Monde le 26 janvier. « Ce régime doit tomber  », martèle Ensiyeh, qui participe à toutes les manifestations organisées à Montpellier et était présente à Paris le 18 janvier pour le rassemblement commémoratif en hommage aux victimes de la répression. « Après avoir vu ce peuple manifester à mains nues contre un régime armé et violent, on sait qu’il a besoin d’aide pour rétablir la démocratie. Beaucoup de gens, dont ma famille et mes amis, disent préférer mourir plutôt que de continuer à vivre sous l’ombre d’un régime terroriste. Ils attendent de l’aide des pays du monde libre, notamment des États-Unis qui ont dit qu’ils soutiendraient les manifestants pour mettre fin au régime des mollahs. »

    Un régime qu’Ensiyeh a fui en 2022 avec sa famille pour terminer son doctorat en informatique à Montpellier, où elle est arrivée 15 jours après le début du mouvement Femme-vie-liberté. « Il n’y a pas de liberté en Iran, les vies sont sous surveillance en permanence. Notamment celles des femmes, considérées, dans la charia, comme propriété de leur père ou de leur mari. Elles ont besoin de leur autorisation pour tout : travailler, voyager à l’étranger, étudier… On ne peut pas non plus choisir nos vêtements, on doit porter le hijab. On ne peut pas chanter, ni danser, ni conduire une moto… Même le vélo était interdit aux femmes jusqu’à récemment. Quand je suis arrivée en France, c’était la première fois que je pouvais faire du vélo librement », confie-t-elle. Alors retourner en Iran un jour ? « Oui, pourquoi pas. On est fiers de notre pays, de l’histoire culturelle de l’Iran. Mais on attend un Iran libre. »

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le préfet de région Jacques Witkowski a indiqué mercredi lors d’un point presse vouloir relancer la lutte contre l’habitat indigne. « C’est une volonté collective, un engagement et une vraie préoccupation presque philosophique de ma part », a signifié le préfet fort d’une culture opérationnelle sur le sujet.

    Le diagnostic est sombre. « On voit bien quand on traverse la ville que nombre d’habitats ne sont plus aux normes du temps et dans ce lot, certains sont incompatibles avec de l’habitat digne. La catastrophe de la rue d’Aubagne a été l’exégèse et un détonateur pour tous. On a un taux d’indignité de logements considérable », observe le préfet pour qui « la réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements indignes identifiés dans les Bouches-du-Rhône ».

    D’où la « volonté politique interne » affichée d’avancer et de « travailler en synergie ». Si un regain notable est observé sur les arrêtés préfectoraux de traitement de l’insalubrité (70 nouveaux arrêtés lançant la procédure publiés en 2025 dont 39 à Marseille), le constat d’une dispersion des compétences entre les différents services (ARS, DDTM, etc.) pèse, « là où il faudrait au contraire les regrouper avec tous les moyens budgétaires comme je l’ai fait en Seine-Saint Denis », a lancé le préfet. À peine débarqué, il a créé à titre expérimental une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire.

    Le préfet veut mobiliser des services opérationnels comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents EDF-GRDF, les opérateurs de fibre pour remonter des alertes. « J’ai souhaité qu’on s’intéresse aux agences de location qui louent sciemment des locaux inhabitables en l‘état », dévoile le préfet qui « sans vouloir jeter l’anathème sur une profession » annonce une campagne de « contrôles au titre de la répression des fraudes car les agences sont responsables de ce qu’elles proposent à la location ».

    « Pas de cadeau, pas de quartier ! »

    Les services fiscaux sont mis dans la boucle. « Un propriétaire déviant, on va lui faire la totalité des urines comme on disait au XVIe siècle. Pas de cadeau, pas de quartier comme on disait au temps des corsaires. Le fisc doit s’intéresser à ces gens mais aussi la justice, la répression des fraudes, la préfecture bien sûr, les communes, les bailleurs sociaux », poursuit le représentant de l’État qui sait que « les outils ne sont pas encore totalement parfaits ». Le relogement des victimes d’habitat indigne reste problématique en cas de carence des propriétaires, les occupants n’étant pas prioritaires dans les dispositifs. « C’est un sujet ancien. On s’organise pour avancer collectivement. »

    À propos de la mise aux enchères par les Domaines sur la plateforme Agorastore d’une cave proposée à l’habitation (la Marseillaise du 29 janvier). « C’est complètement dingue, je ne peux pas le dire autrement, réagit le préfet. On ne cautionne absolument pas ce genre de choses. Ce n’est pas possible qu’en voulant bien faire, on se prenne les pieds dans le tapis. »

    S’agissant des projets de rénovation urbaine, le préfet sait combien ils suscitent « beaucoup d’attente assez frustrante », mais que « là les grues arrivent. 2026 sera une année importante ». Les Bouches-du-Rhône comptent 19 projets Anru dont 10 à Marseille pour un montant global de 850 millions d’euros. À ce jour, on est à 82% des engagements de crédit avec fin juin 2026 comme date butoir. « Les projets sont à peu près stabilisés. La métropole et les villes sont en train de caler les cahiers des charges et les calendriers pour le choix des maîtres d’œuvre », signale la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard. « Nous allons passer au premier trimestre à la démolition de la tour B de Campagne Lévèque. » Suivront la Bricarde et la Castellane. Pour anticiper des difficultés liées aux points de deal et aux vols sur les chantiers, un travail est en cours pour doper les marchés publics de clauses d’insertion sociale.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • 30 mois ferme pour apologie de crime visant la directrice des Baumettes

    30 mois ferme pour apologie de crime visant la directrice des Baumettes

    Une grande fermeté dans la répression. Si le tribunal les a relaxés du chef d’intimidation ou menace, deux détenus ont été reconnus coupable d’apologie publique de crime à l’encontre de l’ex-directrice des Baumettes. Ils ont été condamnés à la même peine de 30 mois d’emprisonnement ferme, trois ans d’interdiction d’entrer en contact avec la victime et de séjour dans les Bouches-du-Rhône.

    Sabrina M., 30 ans et 17 mentions au casier, et Othmane B., 30 ans et 11 mentions au casier, avaient relayé, en mars 2025, sur Snapchat depuis leur cellule, un contrat criminel émis par le groupe DZ Mafia sur l’ancienne directrice des Baumettes, exfiltrée ensuite de son poste et placée depuis sous protection policière. « Marseille. 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes. »

    « Depuis un an, je suis protégée. Je prends énormément de risques à être là. Je suis partie précipitamment pour un poste que je n’ai pas choisi. Je suis partie seule pour sauver ma vie. Un an que je suis à l’isolement. Vous avez brisé ma vie », leur avait dit l’ancienne directrice, venue à l’audience du 13 janvier en gilet pare-balles et sous escorte de plusieurs gardes du corps.

    à l’origine, un premier appel au meurtre avait été émis, en novembre 2024, visant un directeur adjoint des Baumettes. Quelques jours plus tard, deux jeunes de 17 et 21 ans étaient interpellés, début décembre 2024, rodant armés près des Baumettes. Ils sont depuis mis en examen pour tentative d’assassinat et écroués.

  • [Entretien] Kami Tavakoli : « En Iran, la peur a changé de camp »

    [Entretien] Kami Tavakoli : « En Iran, la peur a changé de camp »

    La Marseillaise : Ce mouvement de contestation est parti du bazar de Téhéran, contre la vie chère ?

    Kami Tavakoli : En effet, le point de départ était une dévaluation très importante de la monnaie iranienne, mais c’est une raison beaucoup plus profonde qui n’était pas seulement une contestation contre la vie chère. En réalité, depuis l’arrivée de ce régime, il y a 47 ans, à chaque fois la moindre contestation a été vraiment réprimée. C’est dû à une accumulation de beaucoup de choses et l’incapacité du régime d’offrir une vie normale pour les Iraniens. Le mouvement s’est propagé dans plus de 150 villes et localités. Le régime islamique ne s’attendait pas à un tel niveau de contestation vu la répression qu’il faisait régner. Les Iraniens sont descendus massivement dans les rues, mais très pacifiquement. Ils sont venus crier leur ras-le-bol, trois quarts des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté alors que l’Iran détient une richesse incroyable en termes de ressources.

    La répression est féroce, on parle de milliers de morts…

    K. T. : Selon le média Iran International, 12 000 Iraniens auraient été massacrés. Malheureusement, ce chiffre est sous-estimé, d’autres médias internationaux avancent des chiffres plus importants. C’est une tuerie de masse, un crime contre l’humanité. Il y a eu tellement de monde dans la rue que la République islamique a eu peur que les gens prennent les administrations, la télé. Donc comme ils ne pouvaient rien faire avec le gaz lacrymogène, ils ont mobilisé les gardiens de la révolution avec des armes de guerre pour tuer.

    Tous les mouvements antérieurs ont été écrasés et rien n’a changé…

    K. T. : On ne peut pas dire que rien n’a changé. La peur a changé de camp. Ce n’était pas du tout le cas avant la révolte « Femme, vie, liberté » de 2022. La preuve, c’est qu’il y a un slogan : « n’ayez pas peur, nous sommes ensemble ». Et après 47 ans de répression, cela a aussi amené une culture de laïcité, de liberté, de la démocratie.

    L’opposition pourra-t-elle se ranger derrière un leader ?

    K. T. : Il y a Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah d’Iran. Son nom est scandé dans les manifestations. Ce n’est pas sans raison parce qu’à la différence du mouvement « Femmes, vie, liberté », les Iraniens savent qu’il y a un programme après la République islamique. Reza Pahlavi a réussi à fédérer une opposition de la droite à la gauche autour de plusieurs axes. Un, l’unité de l’Iran, un et indivisible. Deux, la future constitution doit se baser sur la charte des droits de l’Homme. Troisièmement, la laïcité, un élément majeur. Enfin, le droit total et absolu des Iraniens à l’autodétermination dans les urnes. Les Iraniens font confiance à une personnalité qui représente vraiment une opposition plurielle pour faire tomber la République islamique.

  • Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    « C’est le cinquième entretien, il y a une forme très claire d’acharnement. » Devant l’Hôtel des Postes, rue Colbert à Marseille, le postier et syndicaliste Yann Quay-Bizet de SUD PTT, va droit au but. « Il y a une grande solidarité, on peut être serein et droit dans nos bottes. Si ça finit en conseil de discipline, on sera 3 milliards sur cette place ! », tonne-t-il avec humour, devant des militants de l’organisation venus le soutenir. Habitué des « entretiens préalables à sanction » comme celui pour lequel il est convoqué ce jour, le syndicaliste n’en démord pas et peut compter sur le soutien de son organisation syndicale. « La nouvelle direction nationale vient pour taper fort. Elle table sur 5 à 6 000 emplois qui vont être supprimés à la Poste. Cette attaque contre Yann est télécommandée, il y a la volonté de couper les têtes de ceux qui disent que cette politique est néfaste », juge Yann Remblé, représentant de SUD PTT.

    Si le motif exact de la convocation n’est pas communiqué, les militants ont bien une idée : « On se doute qu’ils vont encore lui dire qu’il désorganise le service. Mais qui désorganise réellement ? Aujourd’hui, on fait face à des bureaux qui ferment, un management toxique, une charge de travail qui s’accroît et de la précarité », poursuit Yann Remblé. Logiquement, l’organisation dénonce une « répression et une discrimination syndicale ». D’autant qu’elle se targue d’une victoire aux prud’hommes qui contredirait largement la position du service public postal à son encontre : « Le conseil des prud’hommes a annulé toutes les précédentes sanctions, le 30 juin dernier. La liberté d’informer et d’expression à la Poste existe depuis des années. » Le député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi était également présent en soutien.