Tag: répression syndicale

  • La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    « C’est la troisième convocation en 3 mois ! », s’insurge Stéphanie Escamez, déléguée syndicale de la CGT Monoprix du rond-point du Prado à Marseille, ce jeudi matin. Son organisation appelait à un rassemblement devant le magasin pour dénoncer « une tentative manifeste d’intimidation ». En cause ? Une série de convocations d’élus CGT du magasin par la direction. « Pour l’un, on lui reproche de ne pas avoir fait ce qui n’était pas dans son contrat, pour l’autre, on l’accuse à tort de vol… », explique la déléguée.

    Dans le fond, elle dénonce « une chasse aux sorcières et une politique de répression syndicale » alors que l’organisation est à l’origine de mouvements sociaux réguliers sur le magasin. « Au travers des représentants syndicaux, ce sont les salariés qu’ils attaquent », développe-t-elle. Avant de préciser : « On conteste et contestera toutes les sanctions ! C’est la CGT qui dérange mais on ne lâchera rien. » En tout cas, les militants d’organisations homologues ont répondu présents à l’appel au soutien : Union locale (UL) CGT des quartiers Sud de Marseille, UL Centre ou encore UL Saint-Lazare et de l’UD CGT 13.

    « Aujourd’hui, on est plutôt calme mais on montera d’un cran le rapport de force si cela se poursuit », prévient Guillaume Algrin, secrétaire général de l’UL CGT Marseille Sud. Il fait le lien entre « la forte activité syndicale de l’organisation » et cette « forme de représailles sur le site ».

  • Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Après une réunion prévue de longue date à Uzès, les territoriaux ont occupé le parvis de la mairie pour soutenir les trois élus syndicaux CGT qui dénoncent des atteintes à leur droit syndical. « Aux élections professionnelles de 2022, la CGT a remporté trois des quatre sièges de la mairie d’Uzès. Mais depuis plusieurs mois, on nous empêche d’aller aux réunions départementales des territoriaux pour motif de nécessité de service. Des journées de formation syndicale nous ont aussi été refusées », s’agace Jacques Martin, le délégué syndical CGT. « La nécessité de service n’est pas justifiée. Comme je suis resté, j’ai travaillé comme d’habitude, il n’y avait pas plus d’événements. Si ça avait été en juillet ou en août, où il y a beaucoup de festivités à Uzès, je ne serais pas allé aux réunions départementales parce que je sais que nous avons beaucoup de travail. Nous sommes responsables », précise l’électricien de la collectivité. La CGT a aussi interpellé le préfet sur ce sujet.

    Un local pour la CGT

    La CGT fustige également l’absence de local syndical au sein de la mairie pour recevoir les agents qui le souhaitent. « Ça fait plusieurs années qu’on le réclame mais on ne voit rien venir alors qu’ils sont tenus de nous donner un bureau. Parfois, ils nous laissent une salle quand on en fait la demande, mais ce n’est pas suffisant pour informer sur les droits des salariés. Je ne peux pas travailler dans ces conditions, j’ai besoin d’une pièce pour ranger nos papiers et accueillir les salariés », prévient Jacques Martin.

    Face à ces critiques, le maire Jean-Luc Chapon (DVC) n’a pas reçu les élus CGT de la mairie mais s’est entretenu avec Philippe Alby, secrétaire de l’Union locale CGT Pays d’Uzès, mercredi 5 novembre. Il lui a notamment promis un local pour l’UL et non pour la CGT de la mairie. « C’est vraiment un pied de nez qui nous est fait. La veille de notre mouvement, il lui a proposé d’aller visiter un local la semaine prochaine », fustige Jacques Martin qui espère être rapidement reçu par le maire.

  • À Toulon, le tractage syndical autorisé sur la plateforme courrier

    À Toulon, le tractage syndical autorisé sur la plateforme courrier

    La Cour administrative d’appel de Marseille a partiellement donné raison à Olivier Rosay, le secrétaire départemental SUD PTT 83, dans un contentieux qui l’oppose à la direction de La Poste. L’affaire remonte à janvier 2022, lorsque le directeur de la Plateforme industrielle courrier (PIC) de Toulon l’a mis en demeure de cesser la distribution de tracts syndicaux aux agents en poste de travail. Selon lui, cette activité syndicale ne pouvait se faire qu’aux tourniquets d’entrée et de sortie de la plateforme à la sortie du service… Le syndicaliste avait alors reçu en mars un avertissement pour avoir poursuivi sa distribution dans le hall de production.

    En appel, après un premier rejet par le tribunal administratif de Toulon en mai 2024, Olivier Rosay contestait à la fois la mise en demeure et la sanction. Il dénonçait une atteinte à la liberté syndicale, une mesure disproportionnée et une discrimination à son encontre.

    « On est plutôt satisfait puisque le jugement de première instance interdisait totalement les distributions de tracts dans l’enceinte, et que cet arrêté dit qu’on ne peut pas fixer un lieu unique », explique le délégué syndical. « Il nous convient moins dans la mesure où l’on pense qu’il n’y a aucun risque à distribuer dans la salle des machines de tri. On peut penser que le grief du risque a été mal examiné et qu’un magistrat de l’extérieur, aura du mal à préjuger de la perturbation. »

    Dans son arrêt du 20 octobre, la Cour administrative d’appel de Marseille reconnaît que la distribution de tracts dans le hall de production, où circulent engins et machines, peut justifier une restriction pour des raisons de sécurité mais elle estime que l’interdiction généralisée à toute la plateforme, y compris en dehors du hall donc, portait « une atteinte excessive à la liberté syndicale ».

    La cour en revanche a jugé fondé l’avertissement infligé à Olivier Rosay, la poursuite de la distribution de tracts constituant une faute disciplinaire selon le tribunal. Le syndicat ne poursuivra pas la procédure devant le Conseil d’État.

  • À Marseille, pour sauver l’emploi à Monoprix

    À Marseille, pour sauver l’emploi à Monoprix

    Sur le parking les drapeaux rouges des UL CGT Marseille Sud, Croix rouge, Fapt et Télécoms flottent autour du boucher. Employé depuis 27 ans dans l’enseigne du Prado, il était convoqué par sa direction à un entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. « Un de trop à faire les frais d’un management agressif, estime Stéphanie Escamez, élue CGT au CSE, depuis un an la nouvelle direction met le paquet contre la CGT ». Alors, « tous pour un et un pour tous ».

    Dans le rassemblement, Gérald ne saisit pas. « Ce qui m’échappe, c’est le motif profond » de cette convocation, déplore-t-il. « J’étais en train d’aider un apprenti au labo quand le responsable m’a ordonné d’aller à la pesée. J’ai refusé car ce n’est pas mon poste. Ce n’est pas tolérable d’être traité comme ça », explique-t-il avant d’entrer dans le bureau fortement soutenu par ses camarades. Dans le rassemblement Christophe, libraire, craint une nouvelle vague de licenciements. « Depuis 15 ans que je travaille ici, j’ai vu nos conditions de travail se détériorer. On est passé de 301 à 160, et récemment on a eu un document officiel de Monoprix où il était indiqué qu’un magasin de notre taille devait fonctionner à 130 salariés. »

    La lutte se poursuit le 18

    Une fonte des effectifs qui a entraîné « une surcharge de travail dans des conditions plus que douteuses », complète Stéphanie. La syndicaliste note : « En accidents de travail et maladie, on atteint un taux au-dessus de la moyenne nationale. En mai 2023 la Carsat s’était même intéressée à nous et avait relevé, selon ses barèmes, beaucoup de points dans le rouge. » Christophe, en arrêt pour accident de travail, en a fait les frais récemment. « Une chute dans les escaliers, à courir partout, avec des garde-corps très bas et des antidérapants tellement usés qu’ils sont inefficaces », précise-t-il. La librairie avait liquidé la presse dans ses rayons. Elle a été remise en place « il y a deux jours, la clientèle s’était plainte de ne plus trouver ses journaux », annonce la remplaçante.

    Gérald ressort de sa convocation un peu soulagé. « On a pu discuter. J’ai expliqué qu’on n’était pas reconnu à notre juste valeur, qu’on n’avait pas à pallier le manque d’effectifs, ça c’est leur politique. Ils se donnent un mois pour prendre leur décision », lâche-t-il, très ému par l’élan de solidarité. La direction n’a quant à elle « pas souhaité commenter ». Nadia Grine, déléguée syndicale CGT, appelle à « continuer la lutte… le 18 ».

  • Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Un nouveau coup de froid sur la police municipale à Marseille. Depuis vendredi, plusieurs policiers municipaux ayant participé à l’envahissement de la mairie centrale le 21 novembre dernier se sont vu remettre des courriers les informant qu’une procédure disciplinaire était envisagée contre eux. « Vous avez été formellement identifié parmi les agents s’étant introduit dans l’hôtel de ville, expliquent les missives signées par le directeur des ressources humaines et datées du 13 août. Ce comportement inapproprié constitue un manquement au devoir de réserve et à l’obligation d’exemplarité qui s’imposent à tout agent public. »

    Au total, vingt-trois d’entre eux sont menacés de sanctions selon nos informations, confirmées par la Ville. Ils ont quinze jours pour accéder à leur dossier et adresser leurs observations, avant que les procédures ne soient engagées. « Vous avez le droit de garder le silence pendant la procédure disciplinaire engagée à votre encontre car tout ce que vous pourriez dire pourra être retenu contre vous », se conclut maladroitement le courrier. Suscitant une vive émotion dans les rangs.

    Fin novembre, une partie des agents s’étaient mis en grève à l’appel de la CFE-CFTC et de la FSU, protestant contre des augmentations différenciées du régime indemnitaires entre ceux qui travaillent de jour ou de nuit. Jusqu’à envahir l’hôtel de ville, avec des intimidations contre l’agent de sécurité, qui a déposé plainte, les fils du standard téléphonique arrachés, pendant que les agents chantaient « on est chez nous ». La Ville avait déposé plainte contre X, trois premiers courriers étaient partis au mois de janvier, ciblant selon nos informations l’agent ayant usé de son badge pour faire entrer les manifestants, celui qui a intimidé la sécurité privée à l’entrée et un autre filmé alors qu’il ciblait la directrice de la police municipale avec des propos peu amènes. Seul problème : tous trois sont délégués syndicaux, l’un à la FSU, deux à la CFE-CFTC. Alors à la mi-juillet, la CFE-CFTC interpelle le directeur général des services. Et explique qu’ils accepteraient des sanctions si elles touchaient tous les agents concernés, et pas seulement les trois responsables syndicaux. Des rumeurs, proteste la secrétaire générale de la CFE-CGC, Pascale Longhi Nous avons seulement fait remarquer que ce n’était pas normal que ce soit les nôtres, et nous avons demandé qu’il y ait de sanctions pour personnes », réfute-t-elle. « Nous lui avons fait remarquer que nous pouvions les attaquer pour discrimination syndicale et entrave syndicale », précise Philippe Angelelli, le secrétaire général de la CFTC Marseille.

    Pas d’excuses

    Si les sanctions contre les trois responsables syndicaux ne sont pas encore tombées, ils ne sont plus les seuls à être concernés par les procédures en cours. Alors même que les relations s’étaient apaisées, surtout depuis que les agents, au début de l’année, ont constaté qu’ils étaient tous bien augmentés, loin de certains discours instrumentalisés. « Les agents nous appellent, on ne comprend pas cet acharnement », soupire Pascale Longhi. « On bafoue le droit de grève en sanctionnant des gens qui ont exprimé quelque chose dans ce cadre-là », reproche Philippe Angelelli. Tous deux refusent cependant de s’excuser pour l’envahissement de la mairie. Mais même au-delà de leurs rangs, ces procédures suscitent un tollé. « Certains avaient juste suivi le mouvement, d’autres qui ont fait des actes plus répréhensibles passent au travers des mailles », grince un militant syndical. Beaucoup regrettant une décision administrative plus que politique. Qui risque de remettre le feu aux poudres.