Tag: rentrée sociale

  • [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    La Marseillaise : La rentrée sociale va être dense. Quelles sont les dates à ne pas manquer ?

    D.B. : Il va y avoir pas mal de journées d’action : le 15 septembre dans la santé et l’énergie, puis le 29 septembre dans la fonction publique. Dans notre périmètre, on a l’industrie qui est menacée par la crise mais aussi par la financiarisation. Avec la Fédération de la Chimie et la Ville, on organise des assises de l’industrie à Martigues le 1er octobre, parce que Kem One est très menacé.

    Quelle est la problématique ?

    D.B. : C’est une entreprise qui est en difficultés financières seulement à cause de son montage financier. C’est une LBO, donc un système où l’entreprise qui reprend fait payer le crédit qu’elle a elle-même engendré par le site lui-même. Kem One a été rachetée en 2021 par le fonds de pension américain Apollo quasiment sans dette. Pourtant, on parle aujourd’hui de 700 millions d’euros de dette, et ce sont les salariés qui remboursent. Kem One fait plus de 60 millions de bénéfices mais a un budget de fonctionnement (hors salaire et maintenance) qui est au-delà de ce qu’elle gagne. C’est une gestion purement financière de l’économie. La LBO mise en place par Maastricht sert juste à engraisser la finance et à détruire notre industrie.

    Aujourd’hui on craint une revente de Monarch Alternative Capital, qui a pris le contrôle de l’entreprise en juin après qu’Apollo lui a cédé. Le groupe Apollo accepte de s’asseoir sur une partie de la dette, mais demande à l’État de compenser. Il y a une menace sur l’emploi, il y a quand même plus de 1 300 salariés concernés. C’est un groupe qui a un impact important sur la France et qui est primordial pour l’industrie. Il fait du PVC, du chlore et de la soude, qui est utilisée dans les centrales nucléaires et dont la production doit être locale parce qu’elle ne peut pas être transportée. Si Kem One tombe, aucun acteur en France ne sera capable de prendre le relais. C’est aussi un des premiers clients de Naphta Chimie, de LyondellBasel à Berre…

    Pour nous, il y a urgence de dénoncer ce genre de choses mais aussi proposer des solutions comme la nationalisation, ou un principe qui permet à l’État de devenir actionnaire quand il met de l’argent. Quand Kem One était en redressement, l’État a investi 300 millions d’euros. Aujourd’hui, il aurait pu être gestionnaire de cette boîte.

    Quel regard portez-vous sur
    la décarbonation après que
    le Carbon, qui était présenté comme l’une des locomotives,
    a finalement été abandonné ?

    D.B. : On met la lumière sur des projets qui n’arrivent jamais. Tout tombe à l’eau pour la simple et bonne raison que l’État français est créditeur et dépendant des banques. À l’époque, on empruntait à la banque de France avec un taux d’intérêt de 0, donc on ne payait pas de dette. Aujourd’hui, si on veut une vraie planification écologique ou industrielle, il faut sortir de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973.

    Comment va se poursuivre la lutte pour le redimensionnement de l’hôpital ?

    D.B. : On est très inquiets, avec toutes les maladies professionnelles et les expositions, de savoir l’état de l’hôpital de Martigues. On se dit qu’en cas d’incident majeur, il n’y aura pas de service de santé puisqu’on est même pas capables de gérer des épidémies saisonnières. Les soignants sont maltraités par l’État, par leur direction, qui leur demande de travailler plus pour compenser le manque de personnel, mais aussi par les patients, qui sont en colère. Et puis, on a un gros souci au niveau du respect du droit de grève, avec des soignants qui sont systématiquement assignés. On a déjà interpellé la direction, les salariés en ont marre, ils peuvent même plus s’exprimer. Jeudi prochain il y aura une assemblée générale pour coordonner des journées de grève, mais aussi pour interpeller la population, parce que c’est notre hôpital à tous en tant que citoyens. C’est un bien commun.

    La campagne pour l’élection présidentielle va aussi rythmer l’année. Comment préparez-vous cette échéance ?

    D.B. : On a une réflexion pour rentrer dans une campagne contre les idées d’extrême droite, que même les politiques libéraux récupèrent. Pour nous, le gros combat à mener c’est de faire comprendre que le RN ne s’attaque pas qu’aux étrangers mais aussi aux personnes handicapées, aux services publics, à l’écologie, aux salariés… Les premières lois que passe l’extrême droite au pouvoir c’est pour réformer le droit du travail pour asservir les travailleurs. Parce que l’extrême droite travaille pour le grand capital.

  • [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    La fête de la Cride se tiendra à l’espace Victorin Blanc, Pinède de la Cride, à Sanary avec une entrée gratuite et ouverte à toutes et tous.

    La Marseillaise : Quelle est la tonalité de cette 35e édition ?

    Jean-Pierre Meyer : C’est un événement qui symbolise la rentrée sociale et politique des communistes de l’ouest du Var. Et cette année, cela revêt une importance encore plus grande qu’à l’accoutumée : Après les élections municipales, le 40e congrès du PCF et avec devant nous de nouvelles échéances électorales, l’élection présidentielle et les législative. Forcément, il y a aussi le contexte où l’on mesure cruellement les effets dévastateurs de la politique libérale qui est conduite depuis des décennies dans le pays. On l’a vécu dans nos chairs, avec les incendies catastrophiques qui ont frappé le Var et qui ont mis en évidence le manque cruel de moyens. C’est un exemple, mais ce sont bien tous les services publics qui connaissent des difficultés inouïes de fonctionnement, indépendamment de la conscience professionnelle de ceux qui assurent le service public.

    C’est un moment de constats partagés mais aussi de réflexions pour l’avenir ?

    J.-P.M. : En tant que communiste, et ça s’est encore confirmé lors de notre dernière université d’été, nous voulons clairement nommer les responsabilités. Et c’est le système politique et économique, le capitalisme, dans lequel nous vivons qui est à l’origine de tous les problèmes que l’on rencontre. C’est à partir de cette position que nous déterminons ce qu’il nous appartient de faire dans la perspective de la présidentielle et des législatives. En clair, on se refuse d’entrer dans des dispositions de rassemblement comme cela a pu se faire dans le passé. Car malheureusement, quand la gauche a été au pouvoir, elle a été incapable de remettre en cause ce système, ce qui a eu comme conséquence le désaveu de la gauche tout entière. Ce sont ces sujets que nous allons aborder lors de cette fête, notamment avec le débat politique qui se déroule en fin de matinée. Nous souhaitons mettre la citoyenneté au cœur de notre démarche, au cœur de la fête de la Cride, car il faut construire une autre société.

    Il y a aussi des temps festifs
    et des stands divers…

    J.-P.M. : On va avoir un temps fort politique avec un débat à 11h. C’est un temps de rencontre et de débats avec les communistes. Si j’utilise le terme de « rencontre », c’est car cette fête est une fête ouverte, elle a la particularité de voir venir des citoyens qui ne sont pas au PCF. Peut-être même plus que des adhérents du PCF. Car notre objectif n’est pas de convaincre les convaincus. Mais justement de travailler à une dédiabolisation du PCF, de revenir aux questions de fond et de réhabiliter la politique. La question de la liberté de la presse est aussi au centre de la démarche, c’est pour cela qu’il y aura un stand de La Marseillaise, pour laquelle nous avons un attachement indéfectible.

  • La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    C’est le keffieh autour du cou et l’autocollant CGT collé sur sa chemise que Louis, étudiant à Avignon Université, s’est exprimé devant plus de 2 500 manifestants sur la place du Palais des Papes, ce jeudi 2 octobre, en fin de manifestation, pour réaffirmer « que la jeunesse lutte aux côtés des travailleurs et des travailleuses ». Une scène qui se répète après celle du 18 septembre dernier et qui témoigne de l’importance grandissante que prennent les jeunes générations dans la lutte.

    « L’avenir, c’est la jeunesse. Et elle ne sera pas spectatrice de notre état social. Ce énième gouvernement macroniste, fidèle serviteur du Medef, veut nous soumettre, nous écraser, briser les acquis sociaux et nos services publics. Nous ne laisserons pas le grand patronat l’emporter », poursuit l’étudiant sous les applaudissements. En effet, la rentrée sociale en cité des Papes est marquée par la présence en nombre d’étudiants et de lycéens qui se joignent au cortège de l’intersyndicale, comme on a pu le constater les 10 et 18 septembre derniers. Des journées pendant lesquelles le lycée Mistral avait notamment été bloqué. « On est là pour faire passer le message qu’on est dans une grande colère. On en a marre de l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de subir la politique économique et sociale de Macron. Si l’on ne se bat pas aujourd’hui pour nous-mêmes… Personnellement, j’essaie de motiver mes camarades de classe, mes amis et même mes parents à nous rejoindre », confie Nino Martinez, scolarisé au lycée Mistral à Avignon, pendant que le chant « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos » est repris en chœur par ses camarades.

    Quelques minutes auparavant, ce même groupe de plus de 250 jeunes avait bruyamment rejoint la place Jean-Jaurès, point de départ de la manifestation, avant que le cortège complet de l’intersyndicale ne s’élance, comme s’ils étaient attendus. « Il faut absolument que l’on continue ça. C’est avec ce genre d’actions que l’on crée des liens, ce qui permettra à tous de plus nous impliquer », confie Nathan Mahaud, étudiant en sciences politiques à l’Université d’Avignon. Tout en confiant être mobilisé « pour soutenir les actions en faveur de Gaza », mais aussi pour exprimer son « désaccord avec la négation de démocratie d’Emmanuel Macron et les coupes budgétaires ».

    Porteuse d’espoir

    Une présence massive qui réjouit aussi les syndicats, comme le confirme en fin de manifestation Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse qui, au nom de l’intersyndicale, quelques minutes auparavant, dénonçait « une politique de classe toujours plus antisociale qui pressure le salariat ». « L’important, c’est que cette jeunesse qui se mobilise aujourd’hui ait conscience des conditions d’études et des mesures d’austérité qu’elle subit depuis de nombreuses années. Et ce qui l’attend avec les prochains budgets du Premier ministre ne va qu’accentuer ces difficultés. Cette mobilisation d’étudiants est le révélateur d’une très grosse colère sociale. Elle porte beaucoup d’espoir, cette jeunesse », poursuit la responsable syndicale. Elle se réjouit également de la présence d’étudiants en alternance d’ores et déjà syndiqués, révélatrice pour elle d’une « conscience politique élevée, tant au niveau de leurs conditions de travail que des conditions de l’environnement ». « Mais il ne faut pas oublier les jeunes travailleurs. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de bloquer l’économie demain. Mais ils sont souvent loin du syndicalisme et de la gauche », tempère, tout en se réjouissant de la forte présence de jeunes, Pablo Biancarelli, secrétaire fédéral des Jeunes communistes de Vaucluse.

  • Vergèze : un rassemblement décisif

    Vergèze : un rassemblement décisif

    La mobilisation reprend de plus belle à la verrerie de Vergèze. Après une première démonstration de force le 3 juillet, qui avait réuni plusieurs milliers de personnes aux côtés de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, un nouveau rendez-vous est fixé au mardi 9 septembre à 10h. « On espère au moins 3 000 ou 4 000 personnes. C’est énorme, mais à la hauteur de l’enjeu », confie Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Depuis l’annonce, en avril, de la fermeture du site par le groupe américain Owens Illinois, l’inquiétude n’a cessé de grandir parmi les 164 salariés concernés. « On nous dit d’attendre octobre pour savoir si Perrier conserve son label eau minérale naturelle. Mais en attendant, c’est toute une usine qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », rappelle Yohan Goupille.

    « La rentrée sociale sera explosive »

    Pour le syndicaliste, la bataille dépasse largement le cas de Vergèze. « On assiste à une hémorragie de plans sociaux partout en France. Des usines viables ferment uniquement pour donner plus de profits aux actionnaires, avec la bénédiction de l’État. C’est un scandale », dénonce-t-il. Le 9 septembre, la CGT veut donc frapper fort. À Vergèze, mais aussi à Vayres, en Gironde, où une action parallèle est prévue le même jour avec la présence de Sophie Binet. Le but : élargir la mobilisation et mettre sous pression élus et gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est que les Français ouvrent les yeux : ça n’arrive pas qu’aux autres. Quand une usine ferme, ce sont des familles entières et tout un territoire qui trinquent », insiste Yohan Goupille.

  • L’Union locale CGT appelle à participer au 10 septembre

    L’Union locale CGT appelle à participer au 10 septembre

    La lutte est le seul moyen que le gouvernement écoute nos revendications aujourd’hui comme avant », martèle le secrétaire général de l’Union locale des syndicats CGT de Martigues, Daniel Bretonès, lors d’une conférence de presse organisée vendredi.

    Alors que la rentrée sociale a débuté depuis une semaine avec le mouvement de grève initié par la CGT de l’énergie, l’Union locale suit l’engagement confédéral de se raccrocher à la mobilisation du 10 septembre contre le budget proposé par le Premier ministre, François Bayrou. « On espère que ce mouvement s’inscrive dans la durée, à partir du 10 septembre, puis le 18 et bien après », avise le syndicaliste, qui souhaite « une grève reconductible d’ampleur qui bloque l’économie pour montrer notre désaccord avec le patronat ».

    Daniel Bretonès justifie le choix de rejoindre le mouvement du 10 septembre en affirmant que « nous, on est du côté des travailleurs qui expriment leur mécontentement car on comprend cette envie de changer les choses quand on voit qu’il n’y a plus d’argent pour le service public ou la santé, mais qu’il n’y a plus de limites pour financer l’armée ou la guerre », affirme le secrétaire. D’autant plus au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, « très tendue entre le manque de personnel, de moyens et face aux promesses non tenues », selon Daniel Bretonès, qui « ne rêve pas des gilets jaunes, mais d’une unité de tous les travailleurs pour qu’à la fin on gagne ».

    L’UL CGT propose un départ en bus pour Marseille mercredi 10 septembre à 9h depuis le parking de la Halle de Martigues.

  • L’intersyndicale en ordre de marche

    L’intersyndicale en ordre de marche

    Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, suppression de deux jours fériés, gel des salaires et des pensions, suppressions de postes… En réaction à des mesures « d’une brutalité sans précédent », le ton du communiqué de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) s’est révélé particulièrement grave le 29 août. « Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites, notre pays s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique », prévient-elle.

    Depuis, les organisations départementales se sont regroupées les unes après les autres ces derniers jours. En ligne de mire : se positionner en soutien pour le 10 septembre, et préparer la grève du 18. Avant la pause estivale, il était déjà question de poser une date en septembre, mais l’ambiance explosive du mouvement citoyen « Bloquons tout » et les annonces de Bayrou ont accéléré la cadence. « Cet été, l’intersyndicale a repris du poil de la bête, et c’est une très bonne nouvelle », constate Serge Ragazzacci, secrétaire général de la CGT de l’Hérault, qui partage sans détour l’humeur du texte collectif. « Le mot d’ordre, c’est le rejet des mesures de François Bayrou. Ce projet de budget vient confirmer les politiques de rigueur et d’austérité que nous subissons depuis longtemps et qui ont conduit à creuser les inégalités du pays. La fortune des plus riches a progressé trois fois plus vite que la richesse nationale », rappelle-t-il.

    Convaincue « qu’un autre budget est possible », Myriam Vermale abonde : « Les annonces du 15 juillet sont inadmissibles. Nous nous opposons à toutes ces propositions. Ça va être catastrophique », réagit encore la co-secrétaire de la FSU-Snuipp du Gard. « Surtout au regard de tous les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises… Comme les 211 milliards d’aides publiques proposées sans contrepartie. Il est injuste de demander aux plus petits salaires de payer la dette ! »

    Pour le 10 et le 18, des préavis de grève à dispo

    Très concrètement, l’intersyndicale n’appelle pas à la grève le mercredi 10 septembre, mais elle soutient l’initiative du blocage citoyen. « Notre mode d’action, c’est l’entreprise, explique Serge Ragazzacci, à la CGT. Il y aura des préavis à disposition pour ceux qui le souhaitent. Nous sommes en train de contacter les bases syndicales pour les encourager à se réunir et à prendre la température. Et puis on va utiliser cette mobilisation pour réussir la grande journée de grève en intersyndicale le 18 », détaille-t-il.

    Pas question de mettre les deux journées en concurrence en somme : dans leur esprit, la deuxième journée tentera de profiter de l’émulation populaire suscitée par la première. En réunion, Solidaires a également plaidé pour démarrer les tractages intersyndicaux sur le 18 juste après la mobilisation du 10. Histoire de ne pas semer la confusion…

    Secrétaire départemental de l’Unsa 34, Elian Bourgade s’avoue très optimiste. « Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Et ce n’est pas qu’un mot… Je pense qu’il y a un vrai terreau, j’ai le sentiment que nous allons réussir à organiser une belle mobilisation », confie-t-il.

    Dans l’optique d’une démission de François Bayrou au lendemain d’un « vote de confiance » qui devrait bel et bien le conduire à sa perte, pas question non plus de faire marche arrière. « On est engagé sur un processus qui porte sur la défense des salariés, pas sur un changement de casting », poursuit Serge Ragazzacci (CGT).

    Ensemble, les huit syndicats réclament des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services publics, des mesures pour lutter contre la précarité, des investissements au profit de la transition écologique, plus de justice fiscale, une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans… Des revendications à l’opposé des orientations gouvernementales actuelles. C’est dire l’enjeu et l’ampleur de la tâche.

    * À Montpellier, pour la manif
    du 18, l’intersyndicale appelle
    à se réunir dès 10h30 sur la place Albert-1
    er.

    à Nîmes, rendez-vous à 14h30 aux Jardins de la Fontaine.

    L’intersyndicale a également
    mis en ligne une pétition via le site «
     Stop budget Bayrou »
    et la plateforme Change.org.
    Elle a atteint plus de 370
     000 signatures.

  • Le PCF annonce des listes d’union dans 50% des villes

    Le PCF annonce des listes d’union dans 50% des villes

    Dans le climat électrique de la rentrée sociale et politique, le premier rendez-vous des communistes des Bouches-du-Rhône, ce jeudi soir à sa fédération, rue de Lyon (15e arr.), prenait un sens tout particulier. « Jamais autant au cours des décennies précédentes nous avons autant eu besoin de communisme », rappelait le secrétaire départemental Jérémy Bacchi, face aux nombreux militants présents, du PCF mais aussi des différentes forces de gauche, ainsi que les maires de Marseille, Benoît Payan, du Rove, Paul Sabatino, de Septèmes-les-Vallons, André Molino ainsi que des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin. Au moment où s’enflamment déjà les débats, parfois jusqu’à l’indigne, les municipales sont déjà dans les esprits. Période de réserve électorale oblige, le sénateur communiste ne s’attarde pas sur la campagne. Mais il n’en annonce pas moins, alors que la gauche n’avait présenté des candidats que dans un quart des communes en 2020 : « La gauche sera présente dans au moins 50% des communes de notre département, unie et à la conquête de nouveaux territoires. » En rappelant que « nous avons toujours fait la démonstration de notre qualité à bien gérer les communes, dans le sens du développement de nos services publics, de l’accès à la culture, aux sports, aux loisirs ».

    Record d’adhésions

    Plus que les municipales, c’est la date du 8 septembre, avec le vote de confiance réclamé par François Bayrou qui s’impose. « Nous ne sommes plus dans une crise politique, nous sommes dans une crise de régime », cingle le sénateur, appelant de ses vœux une VIe République. En appuyant aussi, dans le monde, sur les appels à la paix en Ukraine, à Gaza, et à soutenir Cuba. Mais c’est surtout la rentrée sociale qui occupe les esprits. Depuis mardi déjà, le secteur de l’énergie est en grève à l’appel de la CGT, et son secrétaire général à Marseille, Renaud Henry, est venu prendre la parole devant les militants rassemblés. « Nous avons fait le double constat de la dégradation des conditions de travail, du service public rendu, et de la précarisation des usagers », témoigne-t-il. Appelant à rejoindre les 150 piquets de grève, il relaye surtout les appels pour le 10 septembre : « Les colères sociales s’ajoutent les unes aux autres et ne se suppriment pas, d’où qu’elles viennent. »

    Cet appel, Jérémy Bacchi le reprend. « Il faut analyser positivement le besoin de rupture de nos concitoyens, appuie-t-il. Le climat nous impose à la fois d’être au plus près des mobilisations, mais aussi de les alimenter idéologiquement ». Réitérant le vieux mot d’ordre d’« aller aux masses ». Face à cette nécessité d’être plus présents sur le terrain, avec les dates du 10 et du 18 septembre en vue, il se réjouit de voir les rangs des communistes se renforcer, avec près de 200 nouvelles adhésions depuis le début de l’année, notamment chez les jeunes et parmi les syndicalistes, « ce qui fait déjà de cette année une année record ». En ce sens, une réunion se tiendra, le 25 septembre prochain, pour recréer une cellule du PCF sur le grand port maritime de Marseille. Et il invite les adhérents à poursuivre en ce sens : « Plus nombreux, nous serons plus forts. »

  • Climat social électrique pour la rentrée

    Climat social électrique pour la rentrée

    La banderole est visible depuis la rocade L2 à Marseille et donne le ton de la mobilisation : « Électricité et gaz augmentés, actionnaires gavés, salaires bloqués, personnel énervé ! ». Depuis ce mardi 2 septembre, des dizaines de milliers d’agents des industries électriques et gazières (IEG) sont en grève à l’appel de la CGT. Le premier mouvement de cette rentrée sociale trouve évidemment écho en Provence avec une myriade de piquets de grève de Fos à Avignon en passant par Marseille. C’est le cas sur le site d’Enedis situé dans le 13e arrondissement de la ville et tenu par une quinzaine d’agents. Ce mercredi, sur le piquet, les grévistes entretiennent une ambiance bon enfant, à grand renfort d’enceintes pour la musique et de provisions pour tenir la distance. De quoi contraster avec les sujets lourds portés dans leurs revendications. « Depuis une vingtaine d’années, nos employeurs n’ont pas indexé nos salaires sur l’inflation. Avant, on était 20% au-dessus du Smic à l’entrée de notre grille, aujourd’hui on est à 9% en dessous du Smic », campe Serge Casari, délégué syndical CGT à Enedis.

    Pour rappel, une grille des salaires est une classification qui régit les rémunérations par secteur. Et celle des IEG fait visiblement partie des 25 branches professionnelles qui ont leurs minima en dessous du Smic en France. Une situation intenable pour la CGT. « Nos entreprises respectives font des bénéfices indécents. Enedis a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfices nets l’année dernière, Engie c’est environ 800 millions de bénéfice net… Au lieu de réinvestir dans les entreprises, ils préfèrent les faire remonter aux actionnaires », analyse Serge Casari. Avant de tempêter : « C’est un argent qui n’est pas investi dans le réseau, qui ne profite pas aux usagers. Il ne bénéficie en rien aux citoyens ni aux salariés ». S’il mentionne les usagers, c’est parce que la deuxième revendication des grévistes concerne justement l’ensemble de la population française puisqu’ils demandent une baisse des factures. Et pour cause : La TVA sur l’abonnement d’électricité et de gaz, est passée de 5,5% à 20%, au 1er août dernier.

    « Dans un mouvement plus global »

    « Avec le contexte actuel, cette hausse n’est tout simplement pas justifiée », tonne Serge Casari, citant « un grand nombre d’artisans, de PME en difficulté » suite à l’explosion des tarifs. Un comble à l’heure où la précarité énergétique est au plus haut dans le pays. Et de quoi poser la question de la redistribution des richesses dans un secteur où l’argent ne manque pas. « Aujourd’hui, ce n’est pas la réponse aux besoins qui prime », déplore Michel Pruvost, militant CGT et salarié d’EDF. Avec plus de 35 ans de boîte, il est proche de la retraite et connaît bien l’historique qui a amené à cette situation : « Avant, avec EDF-GDF nationalisé, on avait l’électricité la moins chère d’Europe. On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé en fonction des coûts de production. Depuis la mise sur le marché de l’énergie, les factures augmentent. On est sur un marché avec de l’offre et de la demande ». Pendant que le militant fait son analyse, ses collègues reçoivent une visite de leurs homologues de la CGT du port de Marseille, qui vient à grand renfort de palettes de bois. Manière d’alimenter la solidarité interprofessionnelle. Et les énergéticiens en auront besoin : la grève est reconductible et ils espèrent tenir jusqu’au 10 septembre, voire le 18. Deux dates centrales pour la riposte sociale. « On s’inscrit dans un mouvement plus général contre les mesures austéritaires, celles de Bayrou ou de son successeur », conclut Michel Pruvost. Ils devraient d’ailleurs recevoir la visite du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, ce jeudi.

    « Avant, on avait l’électricité
    la moins chère d’Europe.
    On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé
    en fonction des coûts
    de production. »

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.

  • La grève reconductible démarre dans les entreprises électriques et gazières

    La grève reconductible démarre dans les entreprises électriques et gazières

    « Les électriciens gaziers défendent leurs salaires et emplois mais aussi le service public sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur 24 », résume Fabrice Coudour, secrétaire général de la fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME). À l’occasion d’une réunion d’information publique des personnels lundi, le syndicat explicite le mouvement de grève reconductible national entamé ce mardi. En question, la revalorisation de la grille des salaires ainsi que la baisse de TVA pour les usagers.

    De nombreux piquets de grève apparaissent sur la carte interactive de la fédération syndicale dans notre région, à l’instar d’Enedis de Tarascon à Fréjus, à la centrale EDF Martigues et GazelEnergie Gardanne, à GRDF et RTE Marseille, ou comme à Elengy Fos-sur-Mer. La FNME-CGT cherche à obtenir « la réévaluation des grilles de salaires à hauteur de 9% », indique son secrétaire général, comme pour l’indemnité d’astreinte, ainsi que des échelons d’ancienneté en plus « pour toutes les entreprises des industries électriques et gazières ».

    « Le marché libéral explose les factures »

    Au-delà des revendications internes à la vie d’entreprise, la Fédération des mines et énergie défend également une autre politique publique en la matière. « Année après année, le secteur a été libéralisé et les factures n’ont fait qu’exploser », affirme Fabrice Coudour, qui parle de « pansement » au sujet du chèque énergie entre autres dispositifs « pour masquer l’hémorragie du marché qui ne produit rien mais fait augmenter la note » de l’usager.

    La fédération CGT explique le lien entre salaires et factures, en partant du coût moyen du tarif bleu grand public, à 22,44 centimes d’euros du kilowatt par heure. « La part de production et d’acheminement, l’industrie, représente 65% du tarif », détaille le secrétaire général de la FNME, contre « 20%de TVA et 14% de masse salariale ». L’augmentation des salaires de 9% et la baisse du tarif pour les usagers se conjuguent dans « la baisse de la TVA à 5,5% » comme variable d’ajustement, la part technique n’évoluant pas d’après le syndicat.

    De quoi donner de l’énergie à la rentrée sociale.