La conjoncture se dégrade fortement dans les travaux publics en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lors d’un des petits-déjeuners du Medef Sud organisé par son président Stéphane Benhamou, le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), René Braja, constate un retournement brutal après une année 2025 restée dynamique. « Au deuxième trimestre 2026, notre activité a complètement décroché », affirme-t-il.
Sur un an, l’activité recule de 10,7% en valeur et de 17% en volume avec une baisse limitée à 3% au premier trimestre. « Le retournement s’accélère », résume-t-il. Une tendance à rebours de la conjoncture régionale globale présentée par le Medef qui dans un contexte macro « tendu et sévère » ne note qu’une hausse de 2,2% des défaillances d’entreprises et une progression de 1% de l’activité salariale tirée par les activités de la défense.
« Les routes, notre premier métier, reculent de 24% en volume », explique René Braja. Aucun département n’échappe à la tendance : Alpes-Maritimes (-22%), Alpes-de-Haute-Provence (-20%), Bouches-du-Rhône et Hautes-Alpes (-16%), Var (-15%)… et le Vaucluse (-13%) et celui qui s’en tire le mieux.
De quoi justifier les louanges dressées à la présidente (DVD) du département de Vaucluse, Dominique Santoni. Car pour le président de la FRTP, l’explication réside dans la baisse de la commande publique. L’investissement des collectivités recule, notamment celui du bloc communal (moins 1,1 milliard) qui représente la moitié de l’activité. Sur un an, les appels d’offres ont diminué de 15% sur le territoire. Le résultat de la cure d’austérité de l’état réclamé par le patronat, peut-être ?
Les conséquences sur l’emploi sont visibles. L’intérim chute de 32,5% et les effectifs salariés commencent à diminuer. « Ce qui est en jeu, c’est l’emploi et le maintien de notre outil de production », prévient-il, avant de réclamer l’écoute des collectivités. Les mots sont durs. « On a de grandes difficultés à mobiliser les élus de cette région, ils s’en foutent, on attend un sursaut », martèle le patron de la FRTP.
René Braja appelle donc les collectivités à relancer rapidement leurs investissements. Routes dégradées et réseaux d’eau vieillissants constituent ses urgences. « Un litre d’eau sur cinq n’arrive pas au robinet », rappelle-t-il, estimant que les collectivités disposent encore de marges de manœuvre pour agir avant d’atteindre le « point de bascule ».
