Tag: Renaud Henry

  • Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    D’un côté, la communauté de l’enseignement supérieur et les étudiants devant la fac Saint-Charles. D’un autre, des soignants du public et du privé venus de toute la région à la Porte d’Aix. Enfin, des travailleurs de l’énergie, réunis en intersyndicale, qui donnent de la voix devant la préfecture… La première journée de grève et d’actions de cette « rentrée sociale » a tenu toutes ses promesses, ou presque.

    Si la manifestation régionale du secteur de la santé, qui s’est élancée de la Porte d’Aix, n’était pas massive, avec 5 000 manifestants selon l’UD CGT 13 contre 900 selon la préfecture de police, les participants avaient tout de même la fougue des grands jours.

    « On sent que la colère monte, beaucoup de professions ont rejoint l’appel à la mobilisation, qui venait de la santé à l’origine. Il y a quelque chose qui est en train de se passer : les salariés veulent qu’on parle de leurs conditions de travail, de leurs salaires », analyse Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors que le cortège bat le pavé en direction de la préfecture.

    Et quel cortège : rares sont les fois où les drapeaux de la CGT de l’hôpital d’Avignon peuvent s’agiter aux côtés de ceux de l’hôpital Sainte Musse de Toulon, des hôpitaux marseillais ou de leurs homologues alpins. Cortège qui a d’ailleurs été renforcé par une partie des étudiants et enseignants-chercheurs (lire page 5). De quoi contraster avec les conditions de travail dénoncées par les soignants. « Partout le constat est le même : nous sommes au bout du rouleau. La réalité de notre quotidien c’est la maltraitance institutionnelle, celle qu’on fait subir aux usagers et aux patients par manque de moyens, de temps, de personnel », résume Sylvie Berger, secrétaire générale de l’USD 13, organisation rassemble des syndicats d’une multitude de structures de la santé et du médico-social.

    Il fallait aussi compter sur des coupures de courant dans le centre-ville, qui rappelaient étrangement les actions des énergéticiens pendant la dernière réforme des retraites, bien qu’elles ne fussent pas revendiquées par la CGT Énergie cette fois. Les travailleurs des industries électriques et gazières ont d’ailleurs plus que bien répondu à l’appel à la grève. « On a des pourcentages records de grévistes : 100% à Enedis sur Marseille, 90% à 100% de grévistes au niveau national dans les centrales nucléaires. Même pendant la réforme des retraites, on n’avait pas vu ça », se félicite Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, à la sortie d’une rencontre en préfecture.

    En espérant que le gouvernement ait bien reçu ce premier avertissement. « Si le gouvernement et nos directeurs restent sourds à nos légitimes revendications, nous donnerons des suites. Le 29 septembre et au-delà, nous amplifierons les mobilisations en radicalisant nos modalités d’actions », tonne Lionel Zaouati pour la fédération CGT des organismes sociaux.

    Stéphanie Fuentes – Déléguée CGT GMR Provence-Alpes du Sud, Marseille

    « Le tarif agent est un élément fondamental de notre statut et de notre histoire, acquis à la création d’EDF-GDF en tant qu’entreprise nationalisée. Le gouvernement le présente comme un privilège, mais ce n’est pas un cadeau, c’est un acquis social déclaré et on paie des cotisations sociales dessus. Il rappelle que l’électricité n’est pas un bien de consommation, mais un bien de première nécessité que tous les citoyens paient au même prix. Lever le tarif agent ne fera pas baisser la facture des usagers. C’est important de le dire. On ne veut pas que modèle social IEG soit le trophée de Macron. »

    Ch. C.

    Sébastien Cresp – Élu CGT Storengy, Manosque

    « Ce tarif agent a été créé pour compenser le manque à gagner qu’il y avait par rapport au privé. Si ce point-là est attaqué, derrière c’est la porte ouverte à la possibilité de pouvoir modifier le statut, malgré le fait qu’il y a déjà de grosses attaques par rapport au régime des retraites, avec les nouveaux embauchés qui, depuis septembre 2023, ne cotisent plus à la même caisse. On est pour un vrai service public. On laisse des quartiers entiers sans électricité pendant des heures, voire des jours. Avant, ça n’existait pas. Il aurait fallu créer de l’emploi qu’on n’a pas créé. »

    L.D.

    Jems Condaminet – Secrétaire général de CGT Mines-Énergie 05, Gap

    « Perdre le tarif agent, c’est perdre un deal gagnant-gagnant pour les salariés, les entreprises et les usagers. C’est un secteur où, à l’heure de la transition énergétique, on a besoin des salariés, qui sont mis à disposition 24 heures sur 24. C’est un métier à risque, mais il n’y a pas de prime de risque. C’est le tarif agent qui compense. Il garantit aux salariés un certain pouvoir d’achat, et permet aux employeurs de ne pas augmenter leur masse salariale. Ce qui, au bout du compte, allège la facture énergétique des usagers. » A.D.L.

    Loïc Perez – Délégué du personnel IME Folke Bernadotte Croix-Rouge, La Seyne-sur-Mer

    « Ça fait des années qu’on n’est pas reconnu au niveau humain et salarial. La dernière fois que la Croix-Rouge a augmenté la valeur du point, elle est passée de 4,48 à 4,61. Des broutilles… On veut un salaire pour vivre décemment et à la hauteur de nos missions. On accueille des profils de plus en plus complexes, sans moyen supplémentaire : la prise en charge et les conditions de travail en pâtissent. On nous dit qu’on nous entend, mais sur notre dernier débrayage, notre directeur n’est même pas venu à nous. On le vit comme du mépris. » Ad.B.

    Didier Gori – Ingénieur, secrétaire régional du SNTRS CGT, Marseille

    « On se mobilise pour mettre en avant les problématiques budgétaires des établissements universitaires et les organismes pour le financement de la recherche. Au CNRS, on est sur une 3e année de budget déficitaire. C’est-à-dire que la subvention d’état ne couvre pas les dépenses, ce qui oblige le CNRS à utiliser les crédits de fonctionnement des labos et compromet son activité de recherche scientifique. Sur le budget 2027, on parle encore d’un déficit de 200 à 250 millions, qui va s’accompagner d’une réduction de postes d’ingénieurs et techniciens. »

    Ch. C.

    Nathalie Blasco – Co secrétaire de l’USD CGT 83, Var

    « Je travaille dans un Ehpad privé du Var et le problème, c’est qu’on n’arrive plus à respecter les patients et usagers, tant c’est dur. Le manque de moyens provoque une désertification de la profession et une perte de sens des métiers du soin. Ce qui provoque une colère en moi, c’est le mépris et l’absence de considération des politiques mises en œuvre. Le gouvernement avait promis une loi «grand âge» et elle est toujours dans les cartons… Alors qu’elle aurait un vrai impact si elle était faite correctement. »

    A.B.

    Sébastien Saint-Germain – Secrétaire CGT Mines- Énergie 83, Toulon

    « Le gouvernement nous impose un recul social via des recommandations injustifiées de la Cour des comptes. Le pouvoir d’achat diminue de plus en plus et la colère monte. En plus, ça n’impacte pas les usagers, seulement les agents. Il faut retrouver une vraie justice sociale dans ce pays. À la CGT, on reste convaincus que ça passe par la lutte, c’est grâce à ça qu’on a eu tous nos acquis sociaux. Même s’il y a de la négociation, ça reste de l’absurde négociation et ce n’est plus possible. On n’est plus écouté et il va falloir qu’on agisse tous ensemble. »

    Ad.B.

    Cathy Larsson – Secrétaire générale USD 84, Avignon

    « Manque de personnels, des conditions de travail pourries, une canicule intenable cet été, des fermetures de lits… C’est ça, notre quotidien ! Et avec le prochain budget qui s’annonce, on ne peut qu’être dans la rue, car on va encore devoir faire face à des restrictions budgétaires. Mais ce qui m’énerve le plus, c’est la condescendance du gouvernement envers les agents et les travailleurs de la santé et du médico-social. On nous dit qu’on est utiles, tout en nous regardant de haut, mais on ne nous donne pas les moyens pour qu’on travaille correctement. Regardez le point d’indice qui est gelé depuis des années ! Il y a un double discours et une grosse différence entre les paroles et les actes. »

    A.B.

    Anne-Laure Collado- Infirmière, secrétaire CGT à l’hôpital de Digne, Digne-les-Bains

    « On est là pour demander des moyens à travers le vote du budget de la Sécurité sociale. Le gouvernement ne donne aucun moyen aux services publics et, en ce qui me concerne, à l’hôpital public, avec tout ce que cela entraîne de difficultés d’accès aux soins pour les usagers et de conditions de travail très dégradées pour les soignants. On est dans une logique où la santé devrait rapporter de l’argent, sauf que le service public est un service rendu à la population, ce n’est pas une entreprise du CAC 40… On a moins de lits, moins de moyens, notre travail perd du sens, on nous parle de normes médico-économiques, on n’est plus du tout dans le «prendre soin» des gens. On perd le sens de notre métier. »

    Ch. C.

    Greg Fontaine – Infirmier, CGT AP-HM, Marseille

    « Les salariés de la santé et de l’action sociale sont épuisés. Épuisés par le manque de moyens et une politique libérale qui asphyxie nos établissements. Nos hôpitaux se transforment en entreprises et cela dégrade la qualité des soins. On est tellement étranglés par l’austérité que ça devient difficile de savoir ce qui nous met en colère. Je vais prendre un exemple : pendant les crises comme la canicule, on compte des milliers de morts qu’on qualifie, dans le jargon médical, de morts «évitables», c’est-à-dire qu’elles n’auraient pas eu lieu si notre système de santé fonctionnait normalement. C’est en lien avec nos revendications : il y a une urgence absolue à avoir un minimum de moyens pour soigner correctement ».

    A.B.

  • [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    Le 1er-Mai nous appartient. De l’argent pour nos salaires, pas pour la guerre. » Sur le Vieux-Port de Marseille, la banderole intersyndicale donne le ton de la manifestation de ce vendredi. Le soleil et l’air estival ambiant n’enlèvent en rien au côté revendicatif de la mobilisation : les fumigènes sont de sortie dès le départ du cortège et le traditionnel camion de la CGT du Port, qui ouvre le convoi, pousse les watts à fond.

    « S’attaquer au 1er-Mai, c’est une façon de voler l’histoire ouvrière, enlever les repères qui nous rassemblent », tonne Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Car si la journée est placée sous le signe des festivités propres au 1er-Mai, les manifestants ont toujours en travers de la gorge l’idée du gouvernement d’élargir les dérogations permettant de travailler pour ce jour férié et chômé.
    « C’est comme le travail le dimanche : au début ils disaient que ce n’était que pour faire vivre les petits commerces. Mais aujourd’hui, c’est l’ensemble des travailleurs du commerce qui travaillent ce jour-là. Si on laisse faire, à terme, le 1er-Mai ça sera la même chose », dénonce le syndicaliste énergéticien aux côtés de ses camarades de la CGT Cheminot. Pour lui comme moult manifestants, cette attaque n’a rien d’anodin : « Le 1er-Mai est le symbole de tous les conquis des travailleurs : il rappelle que les congés payés, la réduction du temps de travail, toutes les mesures positives viennent de la lutte. »

    Paix à l’internationale

    Preuve de l’unanimité syndicale sur le sujet, Guillaume Pascal, secrétaire général de la CFDT 13 reprend le même refrain : « Le gouvernement dit que c’est juste pour les fleuristes, puis juste pour les boulangers, puis juste pour ceux qui veulent et au final ça finit par juste pour tout le monde. » Et dénonce un paradoxe : « Dans la rue du local de la CFDT, le dimanche, les fleuristes sont fermés mais les grands centres commerciaux sont ouverts… Ce genre de propositions ne profite pas aux petits artisans comme on veut nous faire croire, mais bien aux grands groupes. » Pour l’occasion, son organisation a sorti une banderole maison avec un message qui parle aux supporters de l’Olympique de Marseille : « À jamais le 1er-Mai. » Et juste avant cette dernière, on retrouve l’immense ballon-montgolfière sur le camion de la FSU, encadré de manifestants avec des pancartes allant dans le même sens : « Manu, pas touche au 1er-Mai. »

    Plus loin, il y a aussi le cortège de la communauté kurde de Marseille, non loin de celui du PCF avec des militants qui agitent des drapeaux cubains, ou encore celui des organisations syndicales des jeunes et lycéens, drapeaux palestiniens à la main. De quoi mettre en avant l’autre versant revendicatif de cette journée : la paix à l’international. « Avec tous les conflits dans le monde, les travailleurs paient toujours un lourd tribut pour la guerre. On se doit d’être solidaire », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Ce dernier fait le lien entre montée des tensions dans le monde et l’attaque gouvernementale contre le 1er-Mai : « C’est dans le cadre de l’économie de guerre. Tout est lié : s’attaquer au 1er-Mai va dans le sens d’une casse de la solidarité. »

    Et alors que le cortège termine dans le calme au niveau de la Porte d’Aix, après avoir remonté le boulevard des Dames, Marc Pietrosino tonne : « Le
    1er-Mai a été acquis dans la sueur et le sang de la classe ouvrière. On n’acceptera aucune exception pour cette date, aucune concession. »

    « On défendra le 1er-Mai bec et ongles. C’est aussi un symbole de ce qu’il reste à conquérir »

    « L’attaque sur le 1er-Mai est symbolique d’un mépris des syndicats »

  • À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    On veut des augmentations de salaires, on veut des services publics, on veut que les écoles puissent accueillir nos enfants dans de bonnes conditions, on veut des moyens pour les hôpitaux. » Micro à la main et sur le toit du fameux camion bleu des énergéticiens qui écume les pavés marseillais à chaque manifestation, Renaud Henry, le secrétaire général de la CGT Énergie, donne le ton du « deuxième round » du mouvement social, qui se déroulait ce jeudi.

    Une deuxième journée de grève et d’action à l’appel de l’intersyndicale qui a rassemblé moins de monde dans les rues de la cité phocéenne, avec 80 000 manifestants contre 120 000 le 18 septembre, dénombrés par la CGT. Mais avec une détermination intacte à l’image des discours enflammés proclamés au niveau de la banderole des énergéticiens, en grève reconductible depuis le 2 septembre dernier, entre deux clappings et fumigènes : « On ne les laissera pas faire : La rue est rouge, l’ambiance est rouge ! » Devant le camion bleu, on retrouve des centaines de gilets fluos des dockers de Fos et de Marseille, venus en nombre et à grand renfort de pétards assez bruyants pour réveiller des morts. Et juste derrière la banderole unitaire qui ouvre le cortège marseillais, ce sont les travailleurs des services publics qui sont mis à l’honneur. Un ordre bien à propos au regard de ce que prépare le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour le budget à venir.

    Ce dernier ayant annoncé « une amélioration de la retraite des femmes » sans en dévoiler plus sur le reste de ses intentions pour le prochain budget. « Pour la retraite des femmes, c’est insuffisant. Et les récentes réunions entre nos organisations et le Premier ministre laissent entendre que les coupes budgétaires de François Bayrou sont reconduites », analyse Rendy Dichri, secrétaire général de l’Union départementale Unsa 13. Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, anticipe un autre mauvais coup en préparation du côté du gouvernement, qui entend mener une « réforme d’ampleur du financement de la protection sociale ». « La diminution de l’écart entre le salaire brut et net, c’est du vol pour l’ensemble des travailleurs. Cet écart, ce sont les cotisations sociales. Cela veut dire qu’ils vont s’en prendre à la sécurité sociale, un bien commun », développe-t-il. En clair, l’exact inverse des demandes de l’intersyndicale : « Au contraire, il faudrait étendre les services publics à l’énergie, l’eau, le numérique, les médicaments avec un pôle public. » Un avis partagé par la secrétaire de l’Union départementale CGT 13, Jessica Jadé : « Pour pouvoir poursuivre leur politique de casse sociale, tout est bon ! Quand ils disent “rapprocher le salaire brut du net“, c’est en réalité réduire la part de cotisations des patrons sur nos salaires, encore un cadeau au patronat ! »

    À l’instar des pancartes bien senties des manifestants, comme « Du pognon, pas des canons » ou encore « L’éducation et la culture ne sont pas des marchandises », la syndicaliste rappelle « qu’il y a d’autres choix à faire ». Et appelle surtout à « travailler à ancrer la grève pour monter le rapport de force ».

    Reste à savoir comment la suite du mouvement se dessinera. Au niveau des Bouches-du-Rhône, l’UD CGT 13 appelle à une journée de mobilisation, le 9 octobre prochain. Nul doute que d’ici là, les militants en sauront plus sur le budget et le gouvernement que prépare Sébastien Lecornu.

  • Le PCF annonce des listes d’union dans 50% des villes

    Le PCF annonce des listes d’union dans 50% des villes

    Dans le climat électrique de la rentrée sociale et politique, le premier rendez-vous des communistes des Bouches-du-Rhône, ce jeudi soir à sa fédération, rue de Lyon (15e arr.), prenait un sens tout particulier. « Jamais autant au cours des décennies précédentes nous avons autant eu besoin de communisme », rappelait le secrétaire départemental Jérémy Bacchi, face aux nombreux militants présents, du PCF mais aussi des différentes forces de gauche, ainsi que les maires de Marseille, Benoît Payan, du Rove, Paul Sabatino, de Septèmes-les-Vallons, André Molino ainsi que des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin. Au moment où s’enflamment déjà les débats, parfois jusqu’à l’indigne, les municipales sont déjà dans les esprits. Période de réserve électorale oblige, le sénateur communiste ne s’attarde pas sur la campagne. Mais il n’en annonce pas moins, alors que la gauche n’avait présenté des candidats que dans un quart des communes en 2020 : « La gauche sera présente dans au moins 50% des communes de notre département, unie et à la conquête de nouveaux territoires. » En rappelant que « nous avons toujours fait la démonstration de notre qualité à bien gérer les communes, dans le sens du développement de nos services publics, de l’accès à la culture, aux sports, aux loisirs ».

    Record d’adhésions

    Plus que les municipales, c’est la date du 8 septembre, avec le vote de confiance réclamé par François Bayrou qui s’impose. « Nous ne sommes plus dans une crise politique, nous sommes dans une crise de régime », cingle le sénateur, appelant de ses vœux une VIe République. En appuyant aussi, dans le monde, sur les appels à la paix en Ukraine, à Gaza, et à soutenir Cuba. Mais c’est surtout la rentrée sociale qui occupe les esprits. Depuis mardi déjà, le secteur de l’énergie est en grève à l’appel de la CGT, et son secrétaire général à Marseille, Renaud Henry, est venu prendre la parole devant les militants rassemblés. « Nous avons fait le double constat de la dégradation des conditions de travail, du service public rendu, et de la précarisation des usagers », témoigne-t-il. Appelant à rejoindre les 150 piquets de grève, il relaye surtout les appels pour le 10 septembre : « Les colères sociales s’ajoutent les unes aux autres et ne se suppriment pas, d’où qu’elles viennent. »

    Cet appel, Jérémy Bacchi le reprend. « Il faut analyser positivement le besoin de rupture de nos concitoyens, appuie-t-il. Le climat nous impose à la fois d’être au plus près des mobilisations, mais aussi de les alimenter idéologiquement ». Réitérant le vieux mot d’ordre d’« aller aux masses ». Face à cette nécessité d’être plus présents sur le terrain, avec les dates du 10 et du 18 septembre en vue, il se réjouit de voir les rangs des communistes se renforcer, avec près de 200 nouvelles adhésions depuis le début de l’année, notamment chez les jeunes et parmi les syndicalistes, « ce qui fait déjà de cette année une année record ». En ce sens, une réunion se tiendra, le 25 septembre prochain, pour recréer une cellule du PCF sur le grand port maritime de Marseille. Et il invite les adhérents à poursuivre en ce sens : « Plus nombreux, nous serons plus forts. »