Tag: Réinsertion

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    C’est le troisième grand festin que l’on organise, mais le premier de cette ampleur » s’enthousiasme Florence Armitano, responsable nationale du réseau Des étoiles et des femmes. Après le Pays basque et Arles, c’est à Marseille qu’aura lieu, ce vendredi, le grand banquet pour l’anniversaire du programme de réinsertion féminine par la cuisine, Des étoiles et des femmes. Sur la place Bargemon, des chefs des 14 villes où le programme est développé prépareront le repas avec des femmes qui ont bénéficié de l’initiative.

    Un programme lancé par l’association Festin à Marseille et qui fête ses 10 ans. « L’idée est d’accompagner des femmes qui sont éloignées de l’emploi pour qu’elles passent des diplômes en cuisine et qu’elles retrouvent un emploi », explique la responsable du réseau. Le suivi de ces femmes passe par une aide pour trouver des solutions de garde d’enfants, une aide au logement ou un accompagnement contre la précarité alimentaire si elles en ont besoin. « On leur propose aussi des stages dans des restaurants étoilés ou bistronomiques pour briser le plafond de verre », ajoute Florence Armitano. Depuis sa création, plus de mille femmes ont suivi le programme et trois quarts auraient retrouvé un travail d’après la responsable.

    Ce vendredi, certaines seront présentes sur la place Bargemon, avec des chefs de toute la France, pour préparer des repas aux participants du banquet. Des personnalités locales, comme des danseurs de (La)Horde ou l’autrice de Marseille Trop Puissante Margaux Mazellier, prêteront main-forte et pourront échanger avec les participants. Une exposition photos et un dj set sont également prévus.

    35 euros, réservation sur helloasso.com

  • Une journée ensemble face à la délinquance

    Une journée ensemble face à la délinquance

    Devant le restaurant d’insertion la Graine de Piment, qui emploie des jeunes passés par la PJJ, ce jeudi 25 septembre en fin de matinée, des représentants d’entreprises se mêlent aux jeunes de la Mission locale pour une journée dédiée à la prévention de la délinquance.

    Une journée pour illustrer notamment « les liens étroits entre insertion sociale et insertion professionnelle », confie ainsi, dans un tract, la Mission locale jeunes Grand Avignon, en précisant que les échanges « seront autant d’occasions pour les jeunes des quartiers prioritaires de mettre en avant leurs atouts professionnels, de découvrir la transférabilité de leurs compétences et de bénéficier de conseils concrets pour leur future insertion dans l’emploi ».

    « Il faut absolument privilégier la prévention à la sanction. Et on ne le montre pas n’importe où, car on montre ici que l’insertion par le travail de jeunes, au passé parfois délinquant, ça marche. Ils apprennent un métier et montrent qu’on peut avoir confiance en eux », souligne ainsi Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale jeunes Grand Avignon.

    « Produire un déclic »

    Une journée qui a commencé par un débat sur la prévention de la récidive, de la réinsertion et de la citoyenneté, animé par Yazid Kherfi, ancien braqueur passé par la prison, devenu écrivain et médiateur dans les quartiers populaires. « Cette journée va permettre à chacun de réfléchir aux postures qu’il faut avoir. J’ai été délinquant de mes 15 à mes 30 ans. Et j’en suis sorti quand le maire de ma ville a témoigné en ma faveur et m’a fait comprendre que j’avais plus de qualités que de défauts », raconte l’intervenant.

    Un message qui a résonné chez les jeunes avignonnais, comme pour Lukman, habitant du quartier des Rocades et aujourd’hui étudiant, qui assure, avant de partir en cours, « que ce discours résonne quand c’est une personne issue, comme nous, des quartiers qui le raconte ». Mais aussi pour Kaïs, jeune habitant lui aussi de la Rocade, qui a longuement échangé avec l’intervenant, s’interrogeant sur le fait que « la prévention a des effets positifs », car « les gens ne changent que quand ils ont eu des galères », estime-t-il. « Il faut produire un déclic. Et ceux qui sont passés par là peuvent transmettre leur savoir », confie l’intervenant.