Tag: Régime de Vichy

  • Un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    Un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    Comme l’a révélé vendredi soir la radio Ici Vaucluse dans une vidéo, ce chant à la gloire du chef du régime collaborationniste de Vichy a retenti, vendredi en fin d’après-midi, en marge des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a été diffusé par des haut-parleurs installés dans le centre-ville, au milieu d’autres morceaux liés à la Libération.

    « Diffusion accidentelle »

    Le maire RN Hervé de Lépinau, élu en mars à la tête de cette ville de quelque 33 000 habitants, dénonce une « manipulation politique ». Sur X, l’élu d’extrême droite affirme que « la commune de Carpentras n’est pas à l’origine de cette diffusion » et que « son prestataire, radio RTV FM, a reconnu être seule responsable », annonçant qu’« une plainte sera déposée du fait de cette action malveillante destinée à nuire ».

    Le prestataire, la radio locale RTV FM, a présenté « ses plus sincères excuses » après une « erreur musicale ». Dans un communiqué, elle précise qu’« une séquence musicale préenregistrée intitulée le bal de la libération » contenait « malencontreusement le titre “Maréchal nous voilà !” ». Elle insiste sur « une diffusion accidentelle, aussi brève qu’inappropriée », qui « ne reflète en rien le profond respect » porté à la mémoire des combattants. La radio souligne que « le maire, ses élus et le service événementiel ne sont aucunement responsables » et annonce renforcer « les procédures de vérification ».

    L’événement a suscité des réactions. Julien De Benito, secrétaire du PCF 84, souligne sur X : « À Carpentras, ville nouvellement administrée par le RN, ils diffusent “Maréchal nous voilà” dans les rues le 8-Mai ! Erreur du prestataire, nous dit le maire. Il y a que dans les villes RN que ce genre d’erreur a lieu… »

    « Étonnement, réprobations, colère, émotion, nous avons été nombreuses et nombreux à nous interroger sur cette indécence à glorifier Pétain (…) », note la section PCF de Carpentras, qui ajoute : « Il est évident que la responsabilité initiale en incombe aux plateformes qui véhiculent ce type de contenu (…). Elles devraient être sanctionnées sévèrement. » Sur X, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, écrit : « “On a jamais essayé…” Le Vaucluse est infesté par l’extrême droite depuis des années. Voilà ce que ça donne quand ils se sentent bien installés. »

    L’UD CGT de Vaucluse dénonce « une insulte intolérable à la mémoire des combattants antifascistes » : « Une faute d’une gravité exceptionnelle, y compris si elle était “accidentelle” comme le prétend la mairie (…). La responsabilité politique est pleine et entière. »

    La Ligue des Droits de l’Homme d’Avignon-Orange-Carpentras exprime sa « stupeur » : « L’explication de la simple erreur interroge d’autant plus qu’une playlist de même nature aurait également été diffusée lors de la commémoration du 8-Mai à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Dès lors, la question n’est plus seulement celle d’un incident technique, mais bien de l’origine du contenu et de la validation de ces programmations musicales. »

  • À Carpentras, un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    À Carpentras, un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    Comme l’a révélé Ici Vaucluse dans une vidéo, ce chant à la gloire du chef du régime collaborationniste de Vichy (1940-1944) a retenti vendredi en fin d’après-midi, diffusé par des haut-parleurs installés dans le centre de cette ville, au milieu d’autres morceaux liés à la Libération.

    Le maire Rassemblement national Hervé de Lépinau, élu en mars 2026 à la tête de de cette ville de quelque 33 00 habitants, dénonce une « manipulation politique ». Sur le réseau social X, l’élu d’extrême droite affirme que « la commune de Carpentras n’est pas à l’origine de cette diffusion » et que « son prestataire, radio RTV FM, a reconnu être seule responsable », annonçant qu’« une plainte sera déposée du fait de cette action malveillante destinée à nuire ». « On salit un événement de mémoire important, la capitulation du régime nazi, et vous avez des enfoirés qui essayent de nous salir », a-t-il ajouté auprès de l’AFP, accusant le directeur de cabinet de l’ancienne majorité de gauche d’être à l’origine de cette polémique.

    ”Voilà ce que ça donne quand ils se sentent bien installés”

    Le prestataire, la radio locale RTV FM, a présenté « ses plus sincères excuses » après une « erreur musicale ». Dans un communiqué, elle précise qu’« une séquence musicale préenregistrée intitulée le bal de la libération » contenait « malencontreusement le titre “Maréchal nous voilà” ». Elle insiste sur « une diffusion accidentelle, aussi brève qu’inappropriée », qui « ne reflète en rien le profond respect » porté à la mémoire des combattants. La radio souligne également que « le maire, ses élus et le service événementiel ne sont aucunement responsables » et annonce renforcer « les procédures de vérification des supports audio ».

    Cet événement a suscité des réactions politiques. Julien De Benito, secrétaire du PCF 84, a souligné sur le réseau X : « A Carpentras, ville nouvellement administrée par le RN, ils diffusent “Maréchal nous voilà” dans les rues le 8-Mai ! Erreur du prestataire, nous dit le maire. Mais à Perpignan pareil. Il y a que dans les villes RN que ce genre d’erreur ont lieu…»

    Toujours sur X, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, Arlaut écrit : « ”On a jamais essayé…” Le Vaucluse est infesté par l’extrême droite depuis des années. Voilà ce que ça donne quand ils se sentent bien installés. »

  • Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Aujourd’hui il n’y a plus rien, qu’une façade de pierre livrée aux 4 vents, perdue en pleine garrigue entre Nîmes et Uzès sur le périmètre d’un vaste camp militaire. Difficile d’imaginer que fut créé ici, à l’été 1940, un camp d’internement qui accueillit, sous des tentes, environ 2000 Allemands et Autrichiens antinazis précédemment internés au Camp des Milles.

    Un pan d’histoire locale douloureux et méconnu dont la réalisatrice gardoise Mariette Gutherz a choisi de raviver la mémoire dans son documentaire Le Diable en garrigue (19 min), qui sera projeté* dimanche 1er février à 11h au cinéma Le Sémaphore de Nîmes, avant un débat avec la salle en présence de la réalisatrice. Le sujet a, pour cette Nîmoise d’origine, des résonances personnelles, son père ayant été « un Juif exilé chassé en 1938 par les nazis d’Europe centrale. Il s’est retrouvé à Montpellier pendant la guerre, où il a été caché par ma mère et est devenu résistant », confie-t-elle. Elle lui a d’ailleurs consacré un film.

    L’Histoire alerte le présent

    Pour Le Diable en garrigue, elle a choisi de faire du récit de l’écrivain allemand antifasciste Lion Feuchtwanger, Le Diable en France, le fil rouge de son documentaire. « J’ai découvert son livre quasiment en même temps que le site de l’ancien camp. »

    Réfugié dès 1933 en France, celui qui fut l’un des principaux représentants des intellectuels allemands en lutte contre la montée du nazisme y retrace son internement au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, puis au camp Saint-Nicolas, près de Nîmes. Avant son évasion réussie en août 1940 grâce à une Nîmoise qui l’a aidé, ainsi que beaucoup d’autres, à s’enfuir. Une certaine « madame L. » qui fut « une résistante avant l’heure », salue Mariette Gutherz.

    De juin à août 1940, environ 2000 personnes, dont de nombreux artistes – « Max Ernst, Golo Mann, un fils de Thomas Mann, le père de Stéphane Hessel… » – vécurent donc dans ce camp, qui n’existera que durant trois mois. « En juin 40, le gouvernement de Vichy s’était engagé à livrer tous les Allemands antinazis que le Reich leur demanderait. Fin août 1940, la commission Kundt est donc venue au camp de Saint-Nicolas chercher ces ressortissants. Le camp a fermé et les internés ont été rapatriés aux Milles », relate la réalisatrice. La collusion entre la patrie dite des Droits de l’Homme et le régime nazi ne s’arrêtera pas là. En août 1942, le Camp des Milles change devient un camp de déportation, d’où 2 000 hommes, femmes et enfants juifs seront envoyés à Auschwitz via Drancy.

    Ce documentaire, qui a reçu le Label citoyen de la Fondation du Camp des Milles « pour sa contribution à la lutte contre les extrémismes, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations », Mariette Gutherz a l’intention de le faire circuler dans les collèges et les lycées. « C’est une histoire de transmission. Une histoire de mémoire, mais qui doit être vivante », insiste-t-elle. Et interroger sur les dangers qui nous menacent aujourd’hui. « La France était à l’époque une démocratie fragilisée, avec des tensions internationales, une crise économique, une montée de la xénophobie… un contexte qui fait écho à ce que nous vivons actuellement. On est parti, en 1938, d’un décret-loi décidant d’un internement administratif des étrangers jugés indésirables pour des raisons d’ordre public ou de sécurité nationale. Finalement cette législation d’exception a été durcie, instrumentalisée par le régime
    autoritaire de Vichy et ça a abouti aux déportations
     », met-elle en garde. « Comprendre les mécanismes qui ont conduit au pire, avant même l’arrivée d’un pouvoir autoritaire, c’est se donner les moyens d’y résister. L’Histoire alerte le présent. »

    * Précédé de la projection du court-métrage documentaire « Résistance de la mémoire » (11 min), de Thierry Bourdy.