Tag: référendum

  • Eurenco face à un conflit social durable

    Eurenco face à un conflit social durable

    Les revendications

    Depuis le début du conflit entre la CGT, FO et la direction d’Eurenco, les syndicats portent toujours les mêmes revendications. À savoir une augmentation générale de 130 euros pour tous, le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20% (1% par an avec effet immédiat), une prise en charge par l’employeur de 70% du coût de la mutuelle et de la prévoyance, ainsi que la transformation en CDI des travailleurs intérimaires. « Ce sont des bases. Comme pour tout, ce sont des demandes qui sont négociables. Encore faut-il avoir envie de le faire », confie Jérémy Caillé, délégué CGT d’Eurenco. Le tout alors que les syndicats pointent des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ».

    Impliquer l’État

    Une situation qui a toutefois évolué ces derniers jours. Mercredi 29 avril, une rencontre a été organisée entre une délégation de la Fédération nationale des travailleurs de l’État CGT, avec la présence de Jérémy Caillé, et le conseiller social du ministre des Armées, afin de lui détailler les causes du conflit en cours, le fabricant de poudre étant propriété de l’État.

    « On lui a réexpliqué la situation de notre point de vue. Il avait déjà celui de la direction », explique Jérémy Caillé qui attend désormais « une réunion tripartite entre Eurenco, nous et l’État. »

    Grève illimitée

    Depuis ce jeudi 30 avril à 20h, la décision a été prise par les syndicats d’appeler à une grève « illimitée ». C’est-à-dire « que c’est au libre choix des salariés. Ils peuvent se mettre en grève quand ils le veulent, de nuit comme de jour », explique Jérémy Caillé. Jusqu’ici rythmé par une grève de 24h chaque semaine, le mouvement prendra cette nouvelle forme tant que de nouvelles négociations ne s’ouvriront pas. « La détermination est toujours présente. Il y a eu des hauts et des bas comme dans tous les mouvements de grève, mais il est loin d’être enterré », poursuit le responsable syndical.

    Réponse de la direction

    Contactée par La Marseillaise, Eurenco offre une autre lecture de la situation. Elle assure notamment qu’elle a proposé « des augmentations salariales de 2,7 fois le niveau de l’inflation, positionnant ainsi Eurenco France parmi les entreprises industrielles ayant consenti les engagements les plus significatifs au titre des NAO 2026 ». De plus, elle assure avoir « clairement démontré, ces dernières années, sa capacité à investir massivement, à recruter (474 CDI en trois ans) en réinvestissant 100% de ses résultats dans l’outil industriel ». La direction rappelle enfin que le troisième syndicat, la CFDT, a demandé l’organisation d’un référendum dans l’entreprise concernant les dernières propositions formulées. Celles-ci se limiteraient, d’après la CGT et FO notamment, à 500 euros « de prime Macron », sans avancée sur la prime d’ancienneté ni sur les embauches. Le sujet de la mutuelle serait, quant à lui, renvoyé aux NAO 2027.

  • Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Parmi les 49 élus de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume, aucun représentant de gauche. Pourtant, Sylvie Vinceneux, à Saint-Cyr, et Jean-Pierre Meyer, à Sanary, tous deux candidats (PCF) aux élections municipales 2026, étaient présents dans l’audience pour ce premier conseil. Et ils assisteront aux prochains avec assiduité, conscients de l’importance que revêt l’échelon communautaire pour le quotidien des habitants.

    « Nous sommes en contact avec les progressistes d’autres villes », soutiennent les deux candidats aux municipales 2026, bien décidés à « porter ce débat » dans leurs communes respectives, reprochant notamment à leurs maires sortants d’avoir « très peu parlé de la communauté d’agglomération. »

    Leur cheval de bataille : réaliser un « travail pédagogique » auprès des citoyens sur le rôle de la collectivité, ce qu’« aucun des trois candidats n’a mentionné dans son discours, alors que les plus grandes décisions s’y prennent », pointe Jean-Pierre Meyer. Avec des dossiers chauds : « Le plan local d’habitat, la mobilité, l’eau, l’enclavement de la zone économique de Signes », énumère Sylvie Vinceneux, qui insiste sur « la question de la dette du Grand Prix du Castellet [pour laquelle une aide de 184 000 euros a été votée par le conseil en octobre, Ndlr] : est-ce normal que l’habitant paye des sommes astronomiques pour quelque chose qui ne lui apporte rien ? Qu’une petite agglomération ait financé un événement qui est un trou sans fond ? »

    Des sujets pour lesquels le référendum d’initiative locale, qu’ils ont tout deux porté durant les élections, « prendrait tout son sens. » « L’Agglo éloigne les citoyens de la décision. Certains n’avaient pas conscience qu’ils votaient aussi pour le conseil communautaire lors des municipales. Il y a un travail civique à mener, et on a l’intention de le faire », ajoute Jean-Pierre-Meyer.

  • Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    « Je ne serais pas un maire qui gouverne seul dans sa tour d’ivoire », lance Jean-Philippe Musso à l’assistance du chalet Mistral, bien rempli, vendredi soir, à l’occasion du lancement de sa campagne. L’ancien adjoint aux finances du maire (divers centre) Michel Amiel se présente aux élections municipales face au successeur désigné de l’édile et actuel premier adjoint, Jean-Marc Léonetti.

    « Le logement social

    est dans la loi »

    Devant 250 personnes, selon l’organisation, le candidat a longuement abordé le sujet du logement social. « Certains veulent geler l’urbanisme, d’autres se battent avec l’État, ou veulent un référendum sur le logement social. C’est une illusion et je me battrai avec les élus qui veulent la main sur l’attribution, alors que 50% des Pennois y sont éligibles », affirme Jean-Philippe Musso.

    D’autre part, l’ancien adjoint parle de « faire reculer les dépôts sauvages » par « la création d’une brigade verte », qui servira aussi à « entretenir nos forêts et prévenir les incendies, inondations et canicules ». Il annonce aussi, « une crèche à la Gavotte » et « un lycée sur la commune ».

  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    Seul représentant de la gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer repart pour un tour. L’élu communiste de 70 ans, tête de liste de « Renouveau pour Sanary », compte poursuivre son projet progressiste d’union, dans la continuité du précédent, avec des bases solides : « Nous avions une liste de citoyens pas forcément engagés, mais qui avaient le cœur à gauche, et l’engagement des Écologistes, du PS et du PCF. Nous avions la ferme volonté de ne pas partir masqués, car c’est un élément d’efficacité et de démocratie. Nous avons besoin des partis, de lieux où les gens peuvent réfléchir ensemble. Nous avons en partage un projet humaniste », soutient-il.

    Projet participatif

    Un projet dont chaque composante se veut marquée du même sceau : celui de la démocratie, qui a montré ses défaillances au niveau local, notamment sur la question de l’eau et la cession polémique de la compétence par la communauté de communes Sud-Sainte-Baume à deux Délégations de service public (DSP) tenues par Veolia et Suez : « Les gens ont découvert le passage en DSP à la lecture de leur facture. Il aurait été si simple de les prévenir. Il faut que les citoyens puissent s’exprimer à tout moment. C’est pour cela que nous sommes attachés au référendum d’initiative citoyenne », annonce Jean-Pierre Meyer.

    Cette question de l’eau sera l’un des enjeux centraux de la future mandature, alors que les DSP courent jusqu’en 2031 : « Les profits de ces entreprises leur permettent de donner des dividendes aux actionnaires. Et c’est vous qui payez des services qui sont plus chers », fustige-t-il, remettant en cause les raisons invoquées par les responsables politiques : « On a justifié cela par le manque de compétences et de moyens. 28% de l’eau est distribuée par des régies publiques en France. De nombreuses collectivités y reviennent. Avec ce format, il n’y a pas à payer d’actionnaires. En 2026, on va élire des conseillers communautaires qui auront à se prononcer sur l’avenir de la DSP. Veut-on continuer à payer des actionnaires ou prendre nos responsabilités d’élus, pour le meilleur au meilleur prix, sur un produit qui va devenir de plus en plus rare ? »

    La question du logement a également été abordée, dans une commune où « plus de la moitié de la population a 60 ans et plus. Le marché immobilier est très élevé, la jeunesse ne peut pas rester. Ça nous pousse à mettre l’accent sur le locatif et le logement social, où on n’est qu’à 7%. Il faut retrouver un équilibre générationnel », avance le communiste, mettant également en avant le concept « d’accession sociale à la propriété, sur des terrains qui appartiennent à la municipalité, ce qui permet de vendre des appartements 30 à 40% moins chers. Nous avons permis de faire voter cela en 2024, avec un élu sur 33. Il faut que cela soit mis en œuvre désormais. »

    Attirer la jeunesse

    Mais aussi, toujours dans l’optique d’attirer la jeunesse, « une offre de mobilité plus importante, en réfléchissant à la gratuité comme le fait Toulon en commun » et « une crèche municipale. On n’a que des crèches associatives tenues par des bénévoles, qui passent leur temps à courir après les subventions. »

    Enfin, l’écologie n’est pas en reste, « ne serait-ce que par rapport aux inondations. Il ne suffira pas de rehausser les quais. Et de lister : l’isolation, des dispositifs prenant en compte les changements de conditions climatiques, l’utilisation de certains matériaux, la création d’espaces pour produire de l’énergie renouvelable… Tout une somme de petites mesures mises bout à bout qui peuvent changer les choses », conclut Jean-Pierre Meyer. Et d’inviter les personnes partageant son projet à le rejoindre, il reste des places sur la liste !