Tag: recyclage

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.

  • 9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    « Par l’acte de ramasser bénévolement, on montre aux gens qu’on peut agir sans attendre que l’initiative ne vienne des institutions », raconte Naya, coprésidente de l’association Marseillaise 1 Déchet par jour. Ce dimanche, les équipes étaient au Vallon des Auffes, pour une matinée ramassage de déchets. Avec les autres associations présentes, AVA (Amis du Vallon des Auffes), et Boud’mer, un nettoyage de la zone est organisé une fois par mois, de mai à septembre. « L’idée c’est toujours de collaborer avec d’autres associations, car au plus on est, au plus on va loin », développe Anne Christelle, trésorière d’1 Déchet par jour.

    9 kg de textile en deux heures

    Dans l’eau, plongeurs, apnéistes et kayaks ramassent toutes sortes de déchets. Sur terre, les bénévoles arpentent les rochers. Tous sont sur les lieux depuis 9h30 du matin. « On trouve beaucoup trop de mégots, c’est ce qu’on ramasse le plus », se lamente Anne Christelle. Aux alentours de midi, les bénévoles font leur inventaire et trient les déchets selon le système de la Métropole en vue de leur recyclage. Certains chiffres sont particulièrement significatifs : ils ont ramassé, en 2 heures, 9 500 mégots et 9 kg de textile. « Notre objectif est de faire en sorte que les gros déchets restent le moins longtemps dans la mer, car une fois transformés en microdéchets, on ne peut plus rien faire. Chaque semaine on ingère 5 grammes de plastique », poursuit la trésorière de l’association.

    « On nettoie le vallon mais surtout on porte un message. Il y a toujours des gens qui sont curieux et qui posent des questions en passant », commente Augustin, bénévole depuis deux ans. La sensibilisation est un autre aspect central du travail de l’association, qui intervient en milieu scolaire, professionnel et associatif. « 80% des déchets terriens finissent dans la mer, la sensibilisation est un acte citoyen » conclut la coprésidente.

  • Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Joue à trier tes déchets », indique une bannière. Ce mardi, une quarantaine d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont troqué la baignade contre le tri sélectif, sur la plage de Corbières. Le mot d’ordre, « apprendre à protéger l’environnement de façon ludique », souligne Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille, délégué à la propreté. Le dispositif est mis en place par la Ville, en collaboration avec les centres d’animation municipaux des 2e-3e et 15e-16e arrondissements.

    « Je viens souvent à la plage, c’est la deuxième fois que je fais un atelier sur le tri des déchets », explique Malik, 10 ans, habitué aux animations proposées à Corbières. Une familiarité qui n’est pas un hasard. « L’idée, c’est de sensibiliser les Marseillaises et les Marseillais dès le plus jeune âge », insiste l’adjoint au maire, convaincu que le message se propage dans l’entourage de la jeunesse. L’élu précise : « Moi, j’ai commencé à trier quand mes enfants me l’ont dit. Lorsqu’ils sont sensibilisés, ils sensibilisent leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, peut-être même leurs grands-parents ! »

    Sensibiliser

    tout en s’amusant

    Au programme de cet après-midi, un escape game en plein air, dédié au tri et à la lutte contre l’abandon des déchets. Une mystérieuse poubelle est verrouillée, accompagnée d’un « guide du tri » qui liste les différents déchets du quotidien. « Emballage de yaourt, sac-poubelle, mégot… », lisent les enfants à la recherche d’indices pour résoudre les énigmes et ainsi ouvrir la poubelle. « Avez-vous vu des déchets quelque part sur la poubelle ? », demande l’animatrice Claudia, qui tente de les mettre sur la bonne piste. Les sept jeunes participants réfléchissent ensemble dans le but de retrouver le trajet des déchets jetés en mer, en reliant les continents par les océans. « On a appris plein de choses ! Trier, c’est bon pour la santé, parce que quand on pollue l’océan, le plastique se retrouve dans ce qu’on mange », racontent Mehdi et Adam, 11 et 10 ans.

    À l’ombre sous la tonnelle, un autre atelier consiste à placer des magnets à l’effigie des déchets du quotidien sur les poubelles correspondantes. « Les enfants vont avoir un moyen mnémotechnique de retenir dans quelle poubelle mettre leurs déchets », explique l’adjoint délégué à la propreté. « Dans la poubelle jaune, il y a les emballages et le carton, dans la verte, il y a le verre, et dans la noire, il y a le reste », se rappelle Saïda, 12 ans, après l’activité.

    En fin d’après-midi, une boîte à goûter à l’effigie de la Ville de Marseille est distribuée aux enfants pour encourager « les pratiques de goûter zéro déchets ». « Quand je vais revenir à la plage, je vais l’utiliser », s’enthousiasme Mehdi.

    « Il n’y a rien de mieux que de miser sur la jeunesse »

    Lancé le 2 mai, le dispositif s’appuie sur les services propreté de la Ville et sur l’entreprise Citeo, engagée dans le tri et le recyclage des déchets. Hedi Ramdane annonce « 95 opérations au cours de l’été, sur 17 sites ». « On souhaite s’adresser à toute la population marseillaise, dans toutes les plages et tous les parcs. Les 5 000 Marseillais sensibilisés, aujourd’hui, parleront peut-être à 5 000 autres », projette l’élu.

    Une fois les jeux terminés, les enfants se dépêchent de retourner dans l’eau. L’opération est réussie aux yeux de Malik, 10 ans, qui affirme vouloir « faire passer le message » à sa famille et ses amis. À ses côtés, Maïssa, 12 ans, résume avec sagesse : « Si tu aimes la nature, tu auras besoin de la nature ; trier, c’est quelque chose à faire pour tout le monde. »

    Andréa Goyard-de Castro

    TEMPS DE DÉCOMPOSITION

    De 3 mois à 1 an

    En ce qui concerne les déchets organiques, les mouchoirs, le papier toilette et les tickets de métro, s’ils ne sont pas recouverts de plastique.

    De 3 à 5 ans

    Pour les chewing-gums et les mégots. Un seul mégot pollue 500 litres d’eau, même décomposé : ses substances persistent dans l’océan.

    Plus de 100 ans

    Au sujet des canettes en aluminium, sacs en plastique, pneus en caoutchouc, serviettes hygiéniques, filets de pêche, piles au mercure…

    4 000 ans

    Pour une seule bouteille en verre, en raison de sa composition en polymères résistants à la décomposition sous-marine.

  • Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Le centre de tri de Suez, implanté au sein de l’éco-pôle Tubé Nord à Istres, a été touché par un incendie mercredi soir, peu avant 23 heures. Selon le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13), des déchets organiques stockés à l’air libre dans l’enceinte du site ont pris feu.

    L’action rapide et « conjointe des Pompiers 13 et des moyens du site a permis de contenir le sinistre à environ 600 mètres cubes », d’après le Sdis, soit un volume légèrement inférieur à celui cumulé d’une dizaine de conteneurs maritimes standards. Jointe jeudi soir, la préfecture parle quant à elle de 3 mètres cubes brûlés, équivalent à un petit véhicule utilitaire.

    Les services de l’État se sont rendus, jeudi après-midi, sur le site de Suez Istres suite à l’incendie. « Au regard des premières constations réalisées par les inspecteurs, il apparaît qu’il n’y a aucune trace de pollution des milieux », note la préfecture.

    Suez recyclage et valorisation Istres avait été mise en demeure en avril dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Sur les deux mises en demeure dont l’exploitant a fait l’objet, en avril 2026, pour des travaux sur l’enrobé et le forage, l’exploitant ayant répondu à la première mise en demeure, une visite de récolement est en cours pour la seconde. à ce jour, aucune non-conformité n’a été constaté », concluent les services de l’État.

    Du combustible CSR

    avait pris feu en 2020

    Ce site de Suez a connu un incendie il y a six ans. La zone de confection de Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchets s’était embrasée : 5 000 m² de déchets et de machineries avaient pris feu en juillet 2020. Un arrêté préfectoral en avait ordonné l’arrêt en raison de « l’accumulation de déchets métalliques ayant entraîné échauffement puis incendie » par les convoyeurs, avant une propagation du feu entre les ateliers.

    À noter que le CSR est le produit au centre du projet de « chaufferie » porté par Suez sur le même site, fortement contesté par la Ville d’Istres et des associations locales, qui le considèrent comme un incinérateur. Sollicité, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Installée dans ses nouveaux locaux de l’Îlot d’Aubagne, lieu de vie mixant tertiaire, restauration, activités à vocation sociale et espaces naturels au 1100 chemin de l’Avelanède, la ressourcerie le Dirigeable ouvre cet été ses portes et propose six créneaux d’upcycling entre le 21 juillet et le 27 août. Au programme : réparation et customisation de vêtements, création d’un oiseau suspendu en bois, découverte de la couture ou transformation de vaisselle en objet de décoration…

    « C’est l’occasion pour les habitants du territoire de découvrir l’espace création et de repartir avec un objet fabriqué de leurs propres mains », soulignent les organisateurs. Toujours planifiées l’après-midi, les séances durent entre 1h30 et 3h, coûtent entre 12 et 25 euros et sont à destination de petits et grands.

    Espace de progression sociale

    Fondé en 2016 au sein de l’association Evolio, le Dirigeable est, au-delà d’un lieu de collecte et de revente d’objets de seconde main, un espace de progression sociale. Tout en s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire en encourageant les pratiques de réemploi, de réparation et de recyclage, la ressourcerie travaille à l’insertion des personnes précaires et éloignées de l’emploi en faisant de leur passage dans la structure un tremplin vers un projet professionnel durable. Les salariés en insertion, qui bénéficient d’un accompagnement social personnalisé, ont pour rôle de « trier, réparer, restaurer, créer de nouvelles pièces à la vente » et de « reconditionner des vélos et des appareils électroniques ».

    L’occasion de « remettre un pied dans le monde du travail » mais aussi de « retrouver confiance en eux en acquérant de nouvelles compétences », précise le site web de l’association. En 2025, 81 personnes en insertion ont été accompagnées par la ressourcerie.

    Inscription sur le site www.ressourcerie-ledirigeable.fr

  • Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Depuis une demi-décennie, l’association Relais d’aides matérielles aux handicapés (Ramh) prend part au Mondial La Marseillaise pour mener à bien sa mission : récolter les déchets, les recycler et verser les bénéfices aux personnes en situation de handicap. « Il y a 22 ans, quand j’ai créé l’association, nous avons démarré par le recyclage de bouchons ou couvercles en plastique, retrace Jean-Philippe Jaen, président de la structure. Aujourd’hui, nous avons élargi à tous les types de bouchons : plastique, métal, liège, couvercles de pots de confiture… On recycle aussi les radiographies médicales, les cartouches d’encre, et même l’informatique, que l’on réadapte ». Le principe : revendre les objets récupérés et utiliser les gains pour aider « toute personne non valide, c’est-à-dire handicapée par sa santé dans son quotidien, qu’il s’agisse d’un handicap moteur, d’une maladie mentale ou autre », détaille le président. Et le format des aides proposées est très variable : certaines sont « spécifiques », comme celle fournie chaque année à l’Institut Paoli-Calmettes, centre de traitement du cancer à Marseille (9e), ou plus ponctuelles, proposées à des particuliers. « À titre d’exemple, nous avons récemment aidé un couple de jeunes parents en fauteuil roulant à financer un lit adapté pour qu’ils puissent s’occuper de leur nourrisson », détaille Jean-Philippe Jaen.

    L’occasion d’une grande récolte

    Au départ, seulement présente pour le Mondial des femmes, l’association a depuis deux à trois ans élargi son niveau d’implication pour devenir « presque sponso » de l’AJCM, structure à l’origine de l’organisation du Handi Mondial à Pétanque. « On finance une grande partie des tee-shirts », détaille le président.

    Les six jours d’événement sont aussi bien sûr l’occasion de récolter de quoi recycler. Lundi après-midi, Ramh en était à 120kg de bouchons.

  • Une unité mobile de production d’eau réutilisable testée dans la métropole

    Une unité mobile de production d’eau réutilisable testée dans la métropole

    Comment limiter les prélèvements d’eau douce naturelle grâce à l’utilisation d’eau recyclée multi-usage ? C’est la question à laquelle s’attelle le projet « Life Rewa », porté par la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier en partenariat avec l’Université de Montpellier-Institut européen des membranes et DV2E, un bureau d’étude spécialisé dans la réutilisation des eaux usées traitées.

    Financé par l’Europe suite à un appel à projets victorieux mais aussi par la Région Occitanie et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse, ce projet précurseur en France a pour objectif de mettre à disposition une nouvelle ressource : de l’eau recyclée produite à partir d’eaux usées traitées par les stations d’épuration. Avec ses treize stations, la métropole montpelliéraine rejette environ 32 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées chaque année dans la mer et les cours d’eau, dont seul 0,01% sont actuellement réutilisés…

    La collectivité a donc eu l’idée de construire une unité mobile produisant de l’eau recyclée de différentes qualités, adaptée à une grande diversité d’usages : nettoyage des espaces publics, hydrocurage des réseaux, lutte contre les incendies, arrosage des espaces verts ou encore irrigation agricole. « Dans un container transporté sur un camion, la société Chemdoc Water Technologies a conçu un dispositif de traitement qui permet de prendre les eaux usées en sortie de station d’épuration et de les traiter à un niveau plus poussé », explique Laurence Burgaud, directrice adjointe à la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier.

    Objectif : 110 000 m3 d’eau produits sur un an

    « Ce container contient un ensemble de technologies embarquées qui sont des technologies de membranes, d’osmose, de désinfection… complémentaires au traitement existant dans les stations d’épuration et qui permettent de faire plusieurs qualités d’eau », poursuit-elle. Cette eau est ensuite stockée dans des bâches afin d’être réutilisée pour des usages ciblés. « Une qualité A ou A+ pourra être utilisée pour le nettoyage des rues et la défense incendie. Une eau de qualité B, un peu moins bonne, pourra servir pour des espaces verts », illustre Laurence Burgaud. Les agriculteurs pourront eux aussi bénéficier de cette eau, dans le cadre d’une convention d’usage signée avec la collectivité.

    5 stations d’épuration de la métropole ont été choisies pour tester ce dispositif : Lattes, Fabrègues, Cournonterral, Villeneuve-lès-Maguelone et Saint-Georges-d’Orques. Des bornes spécifiques y ont été installées, permettant aux bénéficiaires (services communaux, pompiers, agriculteurs…) de se connecter avec un badge et de remplir leur camion-citerne. La collectivité s’est fixé l’objectif de produire 110 000 m³ sur un an. Mais pour l’heure, le dispositif est encore en phase de rodage. « On a eu énormément de mal -2 ans- à avoir les autorisations administratives de la préfecture nous autorisant à utiliser cette eau. On nous a imposés 6 mois d’essai sans distribution, afin de s’assurer que la qualité de l’eau sera au rendez-vous et ne générera aucun risque pour les utilisateurs. La distribution commencera donc à la fin de l’année », indique la directrice adjointe de la Régie des eaux.

    Au terme de l’expérimentation, prévue pour durer deux ans (jusqu’à fin 2028), le dispositif ne pourra être pérennisé que sur deux stations. En effet, « l’eau qui sort des stations d’épuration sert au soutien d’étiage des cours d’eau en été et aujourd’hui, la doctrine départementale est de dire que les rivières ont besoin de cette eau. L’objectif est donc de ne pas la détourner pour des usages quels qu’ils soient. Ce dispositif ne pourra donc être maintenu que sur des stations littorales, où l’eau est rejetée dans la mer, à savoir Villeneuve-lès-Maguelone et Maera », explique Laurence Burgaud. Ce projet « alimentera également des publications de la recherche et développement et permettra une amélioration de la connaissance sur les effets du stockage sur la qualité de l’eau réutilisable ».

  • Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Ls joueurs de golf qui évoluent sur le green de La Grande-Motte, dans l’Hérault, savent-ils que leur chère pelouse est arrosée par des eaux usées traitées ? C’est l’une des premières mise en œuvre, en France, d’une technique : la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Et pour cause : alors que la crise de la ressource en eau s’aggrave, gaspiller de l’eau potable sur les parcours du Golf international de la Grande Motte devenait insoutenable. Pour autant, cette réutilisation ne va pas de soi et la France est à la traîne.

    L’Observatoire national des services d’eau et assainissement explique que dans notre pays « la réutilisation des eaux usées traitées demeure très marginale, représentant moins de 1% du volume total des eaux traitées, selon une estimation du Cerema [organisme qui accompagne l’État et les collectivités en matière de défi climatique] dans son document “Réutilisation des Eaux Usées Traitées – Le panorama français” publié en 2020 ». À titre de comparaison, souligne l’observatoire, « certains pays ont développé cette pratique de manière bien plus significative : Israël atteint un taux de réutilisation de 86%, l’Espagne 14% et l’Italie environ 8%. » L’Espagne justement et la Catalogne en particulier ont investi face à une sécheresse endémique (lire notre reportage page 6) grâce au savoir-faire du numéro un mondial de la gestion de l’eau, le groupe privé Veolia.

    Pour revenir sur le green du golf de La Grande-Motte, l’observatoire national des services de l’eau et assainissement juge que « cet exemple illustre bien les défis que soulève la réutilisation des eaux usées, tant sur le plan technique qu’économique ». En effet, la mise en place de la réutilisation des eaux usées traitées doit « garantir une qualité d’eau conforme aux usages publics » et nécessite souvent « des traitements complémentaires, afin d’atteindre des concentrations très faibles en bactéries et en polluants ». Cela peut impliquer « l’installation d’unités de désinfection supplémentaires et exige un suivi sanitaire permanent ». De gros investissements sont donc nécessaires. À Montpellier, la régie publique de la Métropole expérimente un camion itinérant dans cinq communes, équipé d’un système de traitement des eaux usées. Un projet financé par des fonds européens (lire page 7).

    Dépasser le facteur « beurk »

    Pour l’observatoire, « les contraintes, à la fois techniques et économiques, expliquent en partie pourquoi la réutilisation des eaux usées traitées reste encore peu développée en France ».

    Le CNRS planche sur le sujet pour sauter ces obstacles : « Plusieurs équipes de scientifiques du CNRS travaillent sur des technologies innovantes pour s’assurer que cette eau soit propre et sans danger. En Vendée, un projet teste la réutilisation des eaux usées pour produire de l’eau potable. Dans le Gard, un autre programme explore la recharge des nappes phréatiques », précise le centre de recherche. Et de rappeler que d’« ici à 2030, l’ambition du gouvernement est d’atteindre 10% de réutilisation ». Mais prévient le CNRS, « il reste un gros défi : dépasser le “facteur beurk”, une réaction de dégoût à l’idée de réutiliser une eau considérée comme insalubre. L’acceptabilité sociétale de la réutilisation des eaux usées est en effet cruciale pour son succès. »

    Il y a aussi la réglementation. Selon Veolia, « la Commission européenne estime que l’eau traitée pourrait être réutilisée 6 fois plus qu’elle ne l’est actuellement. Le premier règlement a été publié en 2020, et les spécifications techniques en 2024, pour harmoniser les règles et encourager la Reut en Europe. » En attendant, des essais sont mis en œuvre : À Toulouse, le projet Val REU a été lancé en 2023 avec pour ambition de retraiter des eaux usées pour les recycler vers de nouvelles utilisations, comme le nettoyage des voiries, l’alimentation de sanitaires ou l’arrosage des terrains de sports. Un nouveau type de membrane filtrante et durable, Neophil, est mis en service lors de cette opération. Une expérience est également menée avec le Stade Toulousain, pour l’arrosage de ses terrains de rugby.

    De son côté, la commune d’Argelès-sur-Mer, utilise le procédé Reut pour l’agriculture de cette commune située dans les Pyrénées-Orientales, un département frappé par une sécheresse depuis plusieurs années.

    Coût élevé, acceptation sociale, entretien, contrôles sanitaires accrus. La réutilisation des eaux usées traitées rencontre des freins objectifs. Cette technique doit faire partie du panel de solutions pour protéger la ressource en eau mais sans accroître sa consommation. C’est l’alerte de Nassim Ait Mouheb, directeur de recherche à l’Inrae, au sein du laboratoire G-Eau à Montpellier (lire ci-contre son entretien). Pour lui « cette solution doit être pensée de manière systémique, avec la sobriété, les autres solutions d’adaptation et les besoins du territoire ».

  • Incinérateur : Suez peine à convaincre lors de la réunion

    Incinérateur : Suez peine à convaincre lors de la réunion

    Quelles seraient les conséquences d’un incinérateur pour la qualité de l’air ? Pour la nappe phréatique de la Crau ? Quel impact ce projet pourrait-il avoir sur le cadre de vie des Istréens, que ce soit au niveau du trafic routier ou des nuisances olfactives ?

    Les questions et inquiétudes qui entourent le projet « Istres recyclage et énergie » (IREN) de Suez sont nombreuses. Ce lundi soir, une deuxième réunion publique a été organisée au sein de l’auditorium de l’hôtel de ville pour que les habitants puissent obtenir des réponses du porteur de projet, installé sur le site de la Grande Groupède, dans la zone de l’Écopôle du Tubé Ouest, depuis 2013.

    Guillaume Le Goff, directeur territorial de la multinationale, rappelle : « On a une loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui nous contraint à réduire les capacités de stockage par enfouissement de 50% entre 2010 et 2025. » Dans la région, plusieurs installations vont fermer d’ici 2035, à l’instar de Septèmes-les-Vallons, les Pennes-Mirabeau ou Gardanne, supprimant environ 350 000 tonnes de capacité. « On va se retrouver face à un mur de valorisation des déchets de 362 000 tonnes, affirme Guillaume Le Goff. Si on ne fait pas émerger un projet comme celui d’Istres, on va être dans une situation compliquée. »

    Ce projet à 250 millions d’euros consisterait à ajouter une chaufferie pour combustibles solides de récupération, fabriqués à partir de déchets non dangereux et non recyclables, et une unité de méthanisation pour produire de l’électricité, du biométhane et des intrants agricoles. 80% des déchets admis en valorisation énergétique proviendraient de la région avec une distance moyenne de transport de 80km.

    « On est saturés »

    Dans la salle, l’enjeu est bien intégré. « C’est un bon projet pour éviter l’enfouissement, mais pas ici », pose Gilbert Dalcol, membre de plusieurs associations locales de défense de l’environnement. « Là où le bât blesse, c’est qu’on va avoir de nouveaux camions sur les routes sachant que le port va se développer d’ici quelques années, il parle de créer 10 000 nouveaux emplois. (…) Toute nouvelle industrie apporte une pollution. On est déjà saturés. »

    Concernant le trafic, Caroline Verdier, en charge des autorisations administratives du projet IREN précise : « Nos activités futures vont entraîner un trafic de 230 camions jour. Si on le compare au trafic journalier de la RN569, c’est moins de 2%. »

    Pour le volet émissions, sa collègue Sandrine Person, directrice du projet, présente les modélisations en matière de particules ultra-fines (PM10) : « Les études montrent qu’il n’y a pas d’impact significatif au niveau des poussières émises par nos installations. Idem pour l’ensemble des polluants. » Entre des filtres à manche, un contrôle de la température de la combustion, une neutralisation des acides, une captation des métaux et dioxines et des catalyseurs, Suez compte sur une batterie de technologies pour maîtriser ses rejets et opérer un suivi transparent auprès des pouvoirs publics.

    Malgré ce, dans la population, la pilule ne passe pas. La faute, peut-être, à la méthode ? « Tout a été fait dans le secret », déplore l’adjoint au maire délégué à l’environnement Luc Brezia, qui répète la position de la Ville : « Nous ferons tout pour l’incinérateur ne soit pas à Istres. »