Tag: recrutements

  • « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    Elle ne mâche pas ses mots.  
    « On meurt dans vos Universités. On meurt dans mon Université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence. » Ainsi débute la lettre ouverte à Emmanuel Macron adressée par la présidente de l’université de lettres et sciences humaines Paul-Valéry de Montpellier, publiée le 26 janvier par le journal Le Monde.

    Ce n’est pas la première fois qu’Anne Fraïsse tire la sonnette d’alarme sur la situation de son université, parmi les moins bien dotées de France. Mais cette fois, alors qu’ont commencé le 8 janvier les Assises du financement des universités, c’est le Président de la République lui-même qu’elle interpelle, dans un geste de colère et de désespoir.

    À l’automne dernier, au moment des débats budgétaires, le ministre de l’Éducation nationale avait voulu relativiser la crise budgétaire des universités lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat (alors que deux tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels) : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le président  », rétorque Anne Fraïsse dans ce courrier. « En 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. Cette année, dans notre communauté, 3 fonctionnaires en activité sont morts. Certes, ces décès ont des causes multiples mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables », dénonce la présidente de l’université montpelliéraine.

    « Nous venons de voter notre sixième budget en déficit ; notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France (11 départements à moins de 50%, voire 40% d’encadrement en enseignants titulaires) », assène-t-elle encore. « Depuis plus de 10 ans nous sommes en surchauffe, en travail forcé, en déséquilibre permanent, jamais sûrs d’arriver à remplir nos missions faute de bras. Nous l’avons dit, répété, crié : il est urgent de créer des postes, de revenir à des dotations pour charges de service public à la hauteur du nombre d’étudiants accueillis, de rétablir un modèle d’allocation des moyens qui répare les injustices, qui soit clair et transparent », insiste-t-elle, dénonçant l’opacité du système : « Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait, aucune justification aux plafonds d’emplois, à la dotation de l’État, aux demandes de fermeture de formations ».

    « Savoir et se taire c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », conclut Anne Fraïsse avant de saluer Emmanuel Macron « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” ».

    « Depuis plus de 10 ans, nous sommes en surchauffe. »

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Pas d’ouverture à l’heure pour le conservatoire Pierre Barbizet (situé au Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille), ce lundi. Cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) fait face à un mouvement de grève des agents d’accueil et de surveillance depuis ce lundi. La CGT a déposé un préavis de grève qui court jusqu’à la fin du mois, à coup de deux heures le matin puis l’après-midi.

    Les agents revendiquent pêle-mêle « une revalorisation financière et indemnitaire, une amélioration des conditions de travail avec l’aménagement d’un vrai espace de repos… ». Exemple concret : ils réclament une hausse de plusieurs centaines d’euros du CIA (complément indiciaire annuel, l’équivalent d’une prime, lire notre article du 29/12). « Il y a aussi une demande de recrutements de plusieurs agents », ajoute Richard Alzéal, secrétaire général CGT cadres des territoriaux de la Ville de Marseille.

    La direction juge les revendications légitimes

    Contacté, Raphaël Imbert le directeur général de l’Inseamm, explique ne pas voir d’un mauvais œil les revendications des agents qu’il juge « légitimes ». S’il se dit « ouvert » aux discussions et « à l’écoute », il nuance ses possibilités d’action au regard « du contexte budgétaire restreint » de l’institut. « On est dans une situation budgétaire complexe et soumis à des problématiques du fait du statut de l’institut », précise-t-il. Par exemple, sur la revendication d’une salle de repos dédiée, il renvoie « aux contraintes bâtimentaires ». Et sur le CIA : « On verse le montant maximum alloué par la Ville, on est dans le dialogue autant que faire se peut. » Reste à savoir si cela convainc les grévistes. « Sur le CIA, c’est le maximum oui, mais il est divisé par trois comparé à avant », répond un agent. Si une première discussion a eu lieu, les agents et la CGT poursuivent la grève.

  • Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Une vingtaine d’AESH étaient devant la direction académique de Vaucluse ce mardi 16 décembre pour réclamer de meilleures conditions de travail et un « vrai » statut de fonctionnaire catégorie B. Car actuellement, « ce n’est pas suffisant et ce sont les élèves qui en pâtissent », assure l’une d’entre elles.

    Car dans le département, d’après les chiffres communiqués à la rentrée de septembre aux syndicats, il y aurait 1 300 AESH sur le territoire, dont 893 à temps plein, pour 5 800 élèves qui ont besoin d’être accompagnés. 300 d’entre eux sont restés sur le carreau. Et ce, alors « que certaines sont obligées d’avoir un autre métier à côté car elles ne gagnent pas assez », regrette Magali Genin, cosecrétaire départementale Snes-FSU.

    Promesses de recrutements

    Une réunion est prévue avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) ce mercredi 17 décembre pour connaître les avancées sur les promesses de recrutement faites il y a quelques mois. Car la charge est de plus en plus lourde pour les AESH. « On doit désormais gérer des cas de handicap lourd et des enfants violents, ce qui n’est pas censé être le cas. Et on se retrouve souvent seuls avec les jeunes, ce qui n’est absolument pas légal », confie l’une d’entre elles, sans vouloir être nommée.

  • Une entreprise éphémère pour aider 40 demandeurs d’emploi à Brignoles

    Une entreprise éphémère pour aider 40 demandeurs d’emploi à Brignoles

    Une initiative pour encourager le retour à l’emploi des chômeurs longue durée et/ou qui ont des difficultés à s’engager par elles mêmes sur le marché du travail (bénéficiaires du RSA, travailleurs handicapés, peu ou pas diplômés, ou seniors). Du 3 novembre au 5 décembre, 40 demandeurs d’emploi du territoire brignolais participent à l’opération « Entreprise éphémère », pilotée par la société de mission éponyme créée à Arles en 2015, avec le soutien de France Travail. Depuis son lancement, une cinquantaine d’opérations similaires ont été menées à travers le territoire national, dont sept dans le Var. En 2024, 395 demandeurs d’emploi ont bénéficié de ce dispositif.

    Le principe : réunir ces derniers au sein d’une structure fictive éphémère, encadrée par des coachs, autour de secteurs d’activité définis en amont avec les entreprises partenaires sur le territoire, et en adéquation avec les besoins répertoriés. « On ne produit rien, mais on appelle ça une mini-entreprise car on organise des groupes de demandeurs d’emploi par intérêt au service. Par exemple, il peut y avoir le service RH. Quand on y appartient, on va faire des simulations d’entretien. C’est comme une entreprise, avec ses différents services. Ils intègrent un cadre de travail proche de celui qu’ils pourraient avoir, ce qui permet d’illustrer l’interdépendance entre chacun, dans une entreprise comme dans la recherche d’emploi », détaille Maxime Mery, directeur des opérations des Entreprises éphémères.

    Rééquilibrer le rapport

    de force avec l’employeur

    à Brignoles, les métiers concernés sont ceux de la préparation de commande, chauffeur de bus, commis de cuisine et employés à domicile. « L’idée est d’articuler les besoins de main d’œuvre du territoire et le projet professionnel des personnes accompagnées. On a donc fait un gros travail en amont pour contacter les entreprises du territoire », précise Maxime Mery. Pour autant, les projets personnels de chacun ne sont pas laissés en jachère : « En parallèle, il y a tout le travail qui est fait sur le projet professionnel. Nous priorisons donc certains secteurs, mais chacun reste libre de son orientation. Pour ceux qui voudraient rester dans la voie choisie, nous permettons de gagner en autonomie sur la recherche d’emploi. On peut aussi mettre en relation avec des employeurs potentiels. Notre objectif est le retour à l’emploi, quel que soit le projet professionnel de la personne. »

    à la fin des cinq semaines, l’objectif est que ces demandeurs d’emplois rejoignent une structure partenaire, continuent de se former au métier découvert pendant cette période, ou bien s’orientent vers le secteur dans lequel ils se projetaient au préalable. Avec, jusque lors, un taux satisfaisant de 63% de réussite.

    Mais, derrière cela, l’objectif est également de faire changer la dynamique du marché du travail, en effaçant les mécanismes d’offre et de demande, ainsi que le profilage, trop souvent discriminant.

    « Le rapport de force est en faveur de l’entreprise. Et, dans ce cadre là, certains demandeurs d’emplois approchent l’entretien avec fébrilité. Notre combat est de faire en sorte de rééquilibrer, en faisant venir des entreprises partenaires qui partagent nos valeurs et en devenant leur tiers de confiance, car nous voyons l’évolution de chaque personne durant ces semaines de formation. Nous créons une ambiance bienveillante qui fait que les entreprises viennent à nous et sont reçues par les demandeurs d’emploi et pas l’inverse. Tous nos recrutements se font sans CV. Nous recrutons des personnes motivées, qui ont envie de s’insérer, des personnalités, pas des diplômes. Et, quand elle se déplace, l’entreprise le voit, et c’est cela qui, je crois, inspire confiance », conclut le directeur des opérations.

  • La police municipale, un corps mais une variété de métiers

    La police municipale, un corps mais une variété de métiers

    La Police municipale de Marseille organisait samedi sa Journée porte ouverte. Un événement en réalité à ciel ouvert pour cette 3e édition qui se tenait sur l’esplanade Gisèle Halimi face au Mucem. Un site très pratique pour la brigade maritime qui a pu faire la démonstration de sauvetage et la brigade de la prévention qui a pu monter un circuit de sécurité routière.

    « La police municipale de Marseille s’est tellement agrandie et diversifiée. Elle compte des brigades équestre, cynophile, VTT, scooters, motos, une brigade de nuit, une brigade environnement. Elle est dotée d’un centre de supervision urbain (CSU), d’un PC radio, d’une formation armement avec nos propres moniteurs en maniement des armes, d’une brigade, d’une brigade spécialisée fourrière aussi », décrit Laurie Carrillo, responsable de la division communication et attractivité des métiers.

    Cette journée de présentation des différentes spécialités visait aussi à communiquer sur l’ouverture de 100 nouveaux recrutements au sein de cette police du maire qui compte actuellement 703 agents. Les policiers municipaux sont armés depuis 2016, et équipés du semi-automatique Glock 17 de calibre 9mm.

    « On aura doublé les effectifs. C’était l’objectif de monsieur le maire. La police municipale de Marseille séduit énormément les jeunes parce qu’on a plusieurs métiers dans le même métier », ajoute Mme Carrillo. « On postule pour être policier municipal à la brigade de nuit, à la maritime, à l’équestre. Pour la brigade équestre il faut un galop minimum 7. pour la maritime, il faut être muni d’un BNSSA. Pour la brigade de nuit, il faut avoir une appétence pour la nuit et certaines conditions physiques. Chacun va trouver ce qui lui plaît. Chacun peut trouver sa place. On recrute à partir de 18 ans avec un brevet de collège pour pouvoir passer le concours. Il y a ensuite une formation initiale d’application (FIA), puis des formations continues obligatoires. »

    Les chevaux Juno, Griotte, Jac et Kraken

    La brigade équestre de 8 agents écuyers, c’est une maréchalerie avec déjà 4 chevaux, Juno, Griotte, Jac et Kraken qui gîtent à Pastré et dont la fonction est principalement la dissuasion, la surveillance et le lien avec la population en particulier le long du littoral, des Goudes aux Catalans de mai à octobre, dans les parcs publics et les massifs forestiers des Calanques Marseilleveyre, Luminy et Samena. Les chevaux ont d’ailleurs participé aux recherches du retrouver le Patou égaré dans le massif de Marseilleveyre et retrouvé vendredi. La brigade assure aussi la sécurisation d’événements sportifs et culturels (Course Marseille-Cassis, Parc Chanot, stade Vélodrome).

    La police municipale est sectorisée depuis juin 2024 avec trois bases de police municipale pour les secteurs, nord, centre et sud. Deux antennes de proximité vont ouvrir très prochainement à la base nord : l’antenne 13-14 et l’antenne Loubon.

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    Procès lundi à Marseille d’un système patronal d’exploitation de la main-d’œuvre étrangère sans papier, accompagnée de fraudes sociales et fiscales, d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Le dirigeant du groupe « Nour d’Égypte », Tamer Shabana, 48 ans, et son beau-père, Jean Claude Amar, 89 ans, ont comparu toute la journée de lundi et jusqu’en soirée devant la 6e chambre correctionnelle pour un florilège d’infractions qu’ils nient dans la gestion de sociétés et établissements culinaires marseillais entre 2016 et le 17 mai 2022, date des interpellations.

    Il est reproché à ce ressortissant égyptien arrivé en France en 2009 et naturalisé français depuis, et à son beau-père d’avoir exploité, sans les déclarer ni parfois même les payer complètement, de nombreux travailleurs étrangers en situation irrégulière dont ils assuraient parfois l’hébergement, aidé en cela par un conseiller bancaire. L’ordonnance de renvoi dénombre 21 personnes non déclarées dans les 4 établissements. 12 se sont constitués partie civile. Aucun d’eux n’était présent à l’audience.

    Les avocats de la défense ont plaidé des nullités de procédure, dénonçant « la surdité totale des juges d’instruction ». « Les droits de la défense ont été piétinés », a déclaré Me Laurent Bartoloméi, avocat de Tamer Shabana, et qui n’a pas mâché ses mots sur l’absence de travail du dernier juge d’instruction à la section financière, Fabrice Karcenty, un magistrat condamné en juin dernier pour des faits d’escroquerie.

    Sitôt la présentation des faits par le président Fauchier-Delavigne, Tamer Shabana a protesté : « Ce n’est pas un résumé qui montre la vérité. Je conteste 99,9% des poursuites. Mon beau-père n’était pas gérant mais secrétaire. Il n’y a aucune mauvaise foi, ni mauvaise intention de ma part. J’ai toujours fait les choses dans les règles », assure-t-il.

    Opération Pharaons

    Au départ fin 2020, le dépôt de plainte d’un employé agressé qui décrivait les recrutements de sans papiers, les hérésies comptables, les recettes en espèces servant à dégager du black pour payer des salaires. Une enquête préliminaire était ouverte dans ce dossier baptisé « opération Pharaons » à la section d’investigation de la Police de l’air et des frontières (PAF) assisté du Groupe interministériel de recherches de Marseille (GIR). Elle creusait les flux financiers entre les entités contrôlées par Shabana : la SCI Tamer et Agnès, « La cantine de Nour d’Égypte » créée en 2013 au 10 rue Bernex dans le 1er, siège initial d’un centre culturel égyptien qu’il avait fondé, le snack « Le Petit Nour d’Égypte » créé en 2018 au 44, La Canebière, la boulangerie Balady créée en 2019 à l’angle des rues Bernex et Consolat puis « Le Souk de Nour d’Égypte » ouvert au 2 rue de Rome dans l’ancien magasin Tati et enfin une société de travaux « L’art de la rénovation ».

    Le 19 janvier 2022, un contrôle de l’Urssaf trouvait 11 personnes en action de travail au « Souk de Nour » dont 4 en situation irrégulière : un Sierraléonais, un Palestinien demandeur d’asile, un Algérien et un Égyptien. Le soir même, Shabana sur écoute donnait instruction de « dégager rapidement toutes les personnes qui n’ont pas de contrat ». En tout, sur les 4 établissements concernés sur la période des poursuites, ce sont 21 personnes selon l’Urssaf qui n’ont pas été déclarées, représentant un préjudice de 145 765 euros. Le motif de l’aide humanitaire ou de la solidarité familiale est exclu.

    La perquisition au domicile, avenue du Prado (8e), de Jean-Claude Amar, le beau-père et grand argentier, permettait la saisie de 227 520 euros en espèces et 4 lingots d’or dans des coffres en banques. « Qu’est ce qui permet à la Justice de me considérer comme gérant de fait ?! », a dénoncé l’octogénaire, un ancien dentiste qui nie être « le grand patron ». « Cet argent vient de mes 44 ans de travail. Rien ne vient des restaurants », lance-t-il contredisant ses déclarations en garde à vue. « Je faisais la comptabilité et faisais les paies car personne d’autre ne le faisait. » Le réquisitoire et les plaidoiries étaient attendus dans la soirée. La décision devait être mise en délibéré.