Tag: reconstruction

  • La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    Avec le printemps, c’est un plaisir évident de boire un verre en terrasse au soleil. Pour autant certains commerçants poussent tables et chaises sans autorisation obstruant les trottoirs pour leur business. Un phénomène chronique que les collectivités qui se partagent les secteurs, peinent à juguler en dépit d’une « charte des terrasses » visant à harmoniser l’esthétique et garantir un cheminement piéton minimal. L’association nationale Sites et Monuments alerte depuis des mois les autorités sur ces violations frontales en site patrimonial remarquable (SPR) et sur le site classé du Vieux-Port.

    À l’angle de la Canebière et du quai des Belges où le flux touristique est particulièrement intense, l’établissement Cappuccino a ouvert il y a six mois dans les anciens locaux des Eaux de Marseille. « Il a progressivement colonisé les arcades du Club Pernod. On ne peut plus circuler », proteste Josiane une riveraine. « Et là regardez toutes ces tables et ces chaises qui débordent maintenant devant les arcades. Ils privatisent le trottoir. Ils en ont mis tout le long et depuis quelques jours, ils ont monté des palissades en bois pour leur crêperie. C’est parfaitement intolérable. Un automobiliste se prend 135 euros s’il monte sur un trottoir et ici c’est Marseille bébé ! » Contacté, l’exploitant n’a pas donné suite.

    La Ville de Marseille, déjà saisie de la reconstruction sans permis de la terrasse couverte de la Samaritaine, nous répond que « ce commerce est titulaire d’un arrêté uniquement côté Canebière » autorisant une terrasse de 30 m² (7,5mx4m) détachée du commerce et délimitée hermétiquement par des jardinières contre la piste cyclable. « Pour la partie sous les arches, nous n’avons pas autorité. Le pourtour du Vieux-Port est à ce jour sous l’égide de la Métropole. »

    « Une occupation illégale »

    La Métropole reconnaît la situation. « L’absence d’AOT pour cet établissement est parfaitement identifiée par nos services. Une facturation majorée pour occupation sans droit ni titre a d’ores et déjà été émise à l’encontre de l’exploitant. Cette mesure financière marque la détermination de la Métropole à ne tolérer aucune forme de régularisation tacite de cette situation », explique la collectivité décidée à aller au contentieux. « Face au maintien de l’occupation illégale, la Métropole prépare actuellement la saisine du tribunal administratif afin d’obtenir la libération de l’espace public. La Métropole réaffirme sa volonté absolue de faire respecter les règles d’occupation du domaine public dans ce secteur. »

    La Ville se borne souvent à des signalements au parquet, sans plus. Les contraventions de 5e classe à 1 500 euros sont indolores au regard des profits tirés. D’où cette culture ancrée à Marseille de privatiser la rue. C’est d’ailleurs le cas du portique à arcades du Club Pernod : il a été édifié en 1970 non seulement sans permis mais en empiétant sur le domaine public qui doit rester inaliénable et imprescriptible car à l’usage de tous.

  • Les filles de Montpellier sur un fil

    Les filles de Montpellier sur un fil

    Sur un fil, sur le qui-vive. Montpellier est toujours en vie. Toujours un club de première division, mais sûr de rien jusqu’au mercredi 6 mai et son voyage sur les terres de l’ogre lyonnais.

    L’un des pionniers du foot féminin français, vendu par la famille Nicollin l’automne dernier, menace de tomber en seconde division, et peut-être dans un abîme sans fond, mais résiste avec cœur depuis la nomination de Jean-Louis Saez à la tête de l’équipe.

    D’abord les faits. À la veille de l’ultime journée de la Ligue féminine, Montpellier occupe la 10e place, la première non relégable, aux dépens de Lens. Qui compte le même nombre de points, mais une différence de buts inférieure. Et, par ailleurs il possède trois points d’avance sur la lanterne rouge : Saint-Etienne.

    Montpellier s’apprête à se déplacer à Lyon, demi-finaliste de la Ligue des champions et leader incontesté du championnat, et Lens jouera pour sa part au Paris FC, dauphin des Lyonnaises. Enfin, Saint-Etienne recevra, pour sa part, Fleury, club de milieu de tableau. Tout reste possible et Jean-Louis Saez met en garde.

    « La victoire devant Saint-Etienne nous permet de rester en vie. De sortir de la zone de relégation. Lens va jouer à Paris FC lors de la dernière journée, nous à Lyon, St-Etienne reçoit Fleury. En espérant que tout le monde joue le jeu. Être aujourd’hui non relégable à la 21e journée, ça reste important, sinon on était mort. Les filles dans les matches à enjeu que ce soit face au PSG ou à Marseille ou aujourd’hui sur un match de maintien, elles sont au rendez-vous avec un super état d’esprit », affiche Jean-Louis Saez après la dernière victoire face aux Verts (1-0).

    Saez est l’homme providentiel. Depuis plusieurs saisons, il est l’homme fort du football féminin de Montpellier. L’ancien technicien d’Arles-Avignon a vécu la fin de l’âge d’or de l’équipe féminine. Avec un quart de finale de la Ligue des champions, six saisons (2013-19) à contester l’hégémonie de Lyon et du Paris SG, à recruter des joueuses étrangères notamment les Suédoises : Jakobson, Sembrant, Blackstenius

    Jean-Louis Saez est le fils de deux figures de Montpellier. Son père Louis, décédé à l’automne, était l’un des amis de la première heure de Louis Nicollin. Sa mère Jeanine s’est occupée du centre de formation à sa création. Ils avaient accompagné les premiers jeunes au centre de formation.

    L’ex-directeur sportif (59 ans) a été rappelé au chevet d’une équipe au bord du précipice début mars. Pour remplacer Yannick Chandioux, en panne de solutions à la tête d’une équipe reconstruite autour des premières joueuses issues du centre de formation. Une équipe sans expérience, privée de cadres partis à l’intersaison.

    Jean-Louis Saez, créateur du centre de formation de la section féminine, a redonné confiance à ses jeunes joueuses. Pour les encadrer, il a fait appel à Marion Torrent. Figure emblématique de Montpellier (34 ans), et ancienne internationale (48 sélections), elle avait mis sa carrière entre parenthèses pour accueillir son premier enfant.

    L’ancienne joueuse de l’équipe de France, proche de Corinne Diacre, a repris sa place dans l’équipe. Et ses responsabilités de capitaine et de cadre à un poste de milieu de terrain.

    Ces deux figures de la Paillade : Saez et Torrent ont mêlé leur destin pour sauver Montpellier. Ou plutôt pour le préserver au plus haut niveau et assumer la mission d’une vie. Selon une vieille recette de la Paillade qui vit ses derniers jours.

    À l’aube du siècle, Louis Nicollin avait créé la première section féminine d’un club professionnel. Deux titres de champion, trois victoires en Coupe de France : l’ancien président de Montpellier, décédé en juin 2017, avait très vite trouvé la recette du succès en recrutant les meilleures joueuses. Et en formant d’autres éléments prometteurs comme Karchaoui, Torrent…

    Récompense de son investissement et de son implication dans le foot féminin : Montpellier avait été l’une des villes hôtes de la Coupe du monde en 2019. Un vrai échec et vrai tournant pour le football féminin français.

    Prise dans la tourmente de la crise des droits télé et d’une profonde crise financière, au lendemain de la relégation de leur équipe en Ligue 2, la famille Nicollin avait vendu la section féminine à un à Crux Football, dirigé par l’ancienne internationale néo-zélandaise Bex Smith. le 1er octobre.

    Dépourvu d’expérience, le nouveau propriétaire n’a jamais réussi à imposer sa marque de fabrique. Débordé, il s’est résolu à rappeler Jean-Louis Saez comme on fait un pas vers le passé pour assurer l’essentiel et la survie. La reconstruction attendra. Pour le moins jusqu’au 6 mai.

  • Après le passage de la tempête Nils, l’ONF à l’œuvre pour sauver la forêt

    Après le passage de la tempête Nils, l’ONF à l’œuvre pour sauver la forêt

    Des rafales à 140 km/h, environ 1 800 hectares de forêts sinistrés… La tempête Nils, qui s’est abattue le 12 février au nord de l’Hérault, a fait beaucoup de dégâts – notamment sur le massif de l’Espinousse. Après son passage, les forêts endommagées avaient été fermées par arrêté préfectoral, le temps de les sécuriser.

    Depuis, les agents de l’Office national des forêts (ONF) se plient en quatre pour les réparer. Prospection de terrain par les forestiers, vol par drones et utilisation d’images satellites ont permis de localiser les zones les plus sinistrées. Selon les dernières estimations, près de 250 000 m3 de bois ont été balayés. « Nous avons réalisé une première vente de 30 000 m3 de bois renversé par la tempête le 3 avril. Une prochaine vente de 110 000 m3 aura lieu le 17 avril », précise Guylaine Archevêque, directrice des agences ONF du Gard et de l’Hérault. Plus ou moins 100 000 m3 restent encore à récupérer et seront vendus à des entreprises de première transformation, sous contrat avec l’ONF. « Sur ces premiers 140 000 m3, si on s’amusait à faire un tas de bois de 1 mètre de haut sur 1 mètre de large, on pourrait aller du centre-ville de Montpellier jusqu’à la frontière espagnole », illustre la directrice.

    Preuve du ravage de la tempête, ces premiers 140 000 m3 de bois équivalent à « la récolte annuelle des forêts domaniales des départements du Gard et de l’Hérault ». Selon les estimations de l’ONF, 750 ha de forêts sont touchés à plus de 50% et dans les zones les plus sinistrées, les dégâts peuvent représenter pas moins de six années de récolte. Au premier rang des accusés, le dérèglement climatique. « L’intensité des dégâts et la concentration sur une petite partie du territoire peuvent s’expliquer par la conjugaison de précipitations importantes entre la mi-décembre et la mi-février, avec les coups de vent qui ont poussé des arbres dont les systèmes racinaires n’étaient plus aussi bien maintenus parce que les sols étaient complètement gorgés d’eau », fait valoir Guylaine Archevêque. Des épisodes climatiques intenses qui sont appelés à se répéter sous l’effet du dérèglement climatique. Il n’y a pas que les arbres qui ont été impactés, la faune en a également pris un coup, les animaux ayant été contraints de déménager.

    Risque incendie

    Mais pour le moment, l’heure est à la récupération. Car, à l’aune de la saison estivale, de nouveaux ennuis pourraient pointer le bout de leur nez. « Nous espérons enlever tout ce bois très vite car les risques d’incendie vont commencer à se faire jour rapidement. Il y a également le risque de voir se développer des maladies à proximité des peuplements touchés par la tempête et des problèmes d’ordre sanitaire véhiculés par des insectes ravageurs. Nous ne sommes pas encore sortis de nos peines », développe Guylaine Archevêque.

    Viendra ensuite la question de la reconstruction de la forêt. L’occasion de changer des pratiques d’un autre temps. « Énormément de peuplements renversés étaient monospécifiques. C’est le genre de choses que nous évitons aujourd’hui, on travaille beaucoup sur la diversification d’essences. Il est probable que l’on travaille sur des essences à introduire dans les Hauts cantons que l’on n’avait pas l’habitude de voir : des espèces susceptibles de résister à de gros écarts de température, à des sécheresses à répétition. »

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    À un peu plus de 2 km du lieu où elle a dû affronter à nouveau l’horreur lors du procès, Gisèle Pelicot viendra présenter son ouvrage en Cité des Papes, le 1er juin prochain à 19h30, à la FabricA, du Festival d’Avignon.

    L’événement est gratuit, mais il n’y a déjà plus aucune place disponible, selon le site du Festival, alors que la billetterie n’avait ouvert que ce dimanche 22 février. L’organisation précise toutefois que « des places supplémentaires pourront être mises à disposition à la mi-mai ».

    « Reconstruction »

    Cette rencontre sera l’occasion d’entendre une femme qui a transformé une tragédie personnelle en acte politique et universel, indique le Festival d’Avignon sur ses réseaux sociaux. Elle permettra ainsi d’évoquer le contenu de cet ouvrage coécrit avec Judith Perrignon, journaliste, écrivaine et essayiste, publié par Flammarion.

    Ces 320 pages retracent les différentes étapes de sa reconstruction, notamment sa décision de rendre le procès public, alors que beaucoup s’attendaient à ce qu’elle demande le huis clos. Ce choix a fait d’elle un symbole, en affirmant sa volonté que « la honte change de camp ».

    « Je voudrais, par ce livre, mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre. Dire que je suis vivante », assure Gisèle Pelicot. « Son histoire, intime et universelle, raconte la sidération, la faille, la reconstruction et la reconquête d’une joie possible », ajoute le Festival d’Avignon dans sa présentation.

  • Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Le site des Rayettes de l’hôpital de Martigues ne sera pas le seul à évoluer. Après avoir présenté, fin janvier, le projet immobilier d’un nouveau bâtiment de 60 millions d’euros (notre édition du 22/01), le centre hospitalier de Martigues a détaillé l’ensemble des projets associés lors d’une conférence de presse, lundi matin.

    À commencer par l’Ehpad public (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) des Magnolias, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, totalement reconstruit, dont l’ouverture est prévue pour l’été prochain. La capacité d’accueil est presque doublée, passant de 46 à 80 résidents, et l’établissement désormais climatisé. « Ce projet titanesque a demandé beaucoup d’efforts », selon la directrice, Kadija Arab. Elle poursuit : « Cela va améliorer significativement le confort des résidents avec des chambres individuelles pour tous, avec vue sur le Rhône, ainsi qu’un espace arboré à l’intérieur. »

    Une nouvelle unité fermée pour les patients atteints d’Alzheimer est également prévue, ainsi que trois places d’hébergement temporaire « pour permettre aux aidants de souffler ou faire des travaux d’adaptation chez soi », précise la directrice.

    100 millions d’euros cumulés

    À Istres, l’Ehpad des Cardalines connaîtra lui aussi une reconstruction complète, avec un chantier démarrant avant l’été et une ouverture programmée début 2028. La capacité est maintenue avec 82 lits, de même que l’unité protégée. Nouveauté : l’ouverture d’un service d’accueil de jour « pour prendre en charge les troubles du comportement, proposer des activités à la journée et libérer du temps pour les aidants », indique la directrice Sophie Fabre.

    Au-delà du volet médico-technique, l’établissement bénéficiera de nombreux espaces dédiés au bien-être et au lien social : un tiers-lieu, un salon de coiffure, un espace de coworking, ainsi qu’une salle de spectacle polyvalente accessibles aux non-résidents. Un centre de consultation de médecins généralistes et de spécialistes de l’hôpital viendra compléter l’offre.

    Accolés à l’établissement, quinze logements sociaux sur deux niveaux, gérés par Ouest Provence Habitat, sont prévus « pour les proches de résidents ou pour de futurs patients », précise la directrice. Le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni, précise : « Si, dans un couple, l’un est résident et l’autre logé dans ces appartements, ils pourront tous deux profiter des installations. »

    Au total, près de 40 millions d’euros ont été mobilisés pour l’ensemble du programme immobilier hors les murs de l’hôpital des Rayettes, financés pour plus de moitié par l’État et les collectivités. Un programme « enthousiasmant » partagé entre le président de la communauté médicale, Stéphane Luigi, et le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni. « Les Ehpad sont souvent le dernier domicile des patients », rappelle ce dernier. « Le sentiment d’être chez-soi passe par l’hôtellerie, la qualité des repas, l’ergonomie de la chambre », mais aussi avec « des lieux de vie ouverts ». Un enjeu essentiel pour éviter « le syndrome de glissement » si l’établissement paraît trop « institutionnel », souligne Kadija Arab.

    Ces améliorations contribuent enfin à rendre le territoire plus attractif pour les médecins, dont l’arrivée est très attendue.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • Draguignan : l’ancien maire socialiste Christian Martin appelle à réélire Richard Strambio

    Draguignan : l’ancien maire socialiste Christian Martin appelle à réélire Richard Strambio

    Il est le dernier édile de gauche à avoir brigué la mairie, entre 1995 et 2001, avec l’étiquette socialiste. Aujourd’hui, c’est par pragmatisme que Christian Martin dit soutenir la candidature – pas encore officielle – de Richard Stambio (DVD), maire de Draguignan depuis 2014, à sa réélection. « Il est le seul à pouvoir battre l’extrême droite au second tour », justifie le désormais ex-socialiste, parti qu’il a quitté en 2010. « Il faut éviter de diviser le camp des adversaires de l’extrême droite. Et malheureusement, vue la configuration, une liste de gauche n’a aucune chance. »

    Une prise de position qu’il ne considère pas comme une attaque envers la liste « Uni.e.s pour Draguignan » : « Je respecte leur démarche, qui est intéressante. Mais il aurait fallu une tête de liste connue de la population. » Ni comme un reniement des idées de gauche, qu’il veut insuffler via le collectif « Voix de gauche », constitué à cet effet, « en intégrant au programme des propositions qui répondront aux attentes des électeurs de gauche, pour qu’ils ne soient pas les supplétifs de la droite face à l’extrême droite. J’ai confiance en M. Strambio sur le dialogue ».

    « Voix de gauche » poursuivra ses activités durant le mandat, « en relation avec les partis de gauche », espère Christian Martin, pour qui « il faut recréer un mouvement qui pèse sur le débat et faire émerger une personnalité ». Quant au soutien au maire sortant apporté par LR, « il n’est pas investi mais soutenu. Il a intérêt à marcher sur ses deux jambes », tranche-t-il, admettant que cela « pourrait [le] déranger en termes d’image ».

    « Un ancien de gauche, comme Manuel Valls »

    Du côté d’Uni.e.s pour Draguignan, on dit « se moquer » de cette décision : « Il fait partie du passé. Peu de gens le connaissent. Ce qui nous intéresse, c’est développer nos axes », réagit Christophe Terras, l’un des porte-parole de la liste. « Nous sommes l’une des rares villes où la gauche est unie, et c’est dommage que des gens qui se disent de gauche, mais ne le sont plus depuis longtemps, ne participent pas. M. Martin a un parcours banal, d’ancien de gauche qui se découvre une attirance pour la droite, comme Manuel Valls. »

    Pour Christophe Terras, « ce sont les élections et notre travail de terrain qui feront émerger quelqu’un. Sa façon de travailler, à lui, ce sont des apéros dînatoires avec la mairie. Il est dans le renoncement, nous sommes dans la reconstruction de la gauche. Et il risque de favoriser l’extrême droite en faisant perdre des voix ». De son côté, le maire en place annonce se garder de tout commentaire avant d’avoir déclaré sa candidature.

  • La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    Douleur et sidération devant le petit cimetière de Saint-Henri (16e) où Mehdi, 20 ans, a été inhumé ce mardi 18 novembre. Le jeune frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, 22 ans, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic après avoir perdu en 2020 son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture, a été assassiné froidement par un commando à moto jeudi à quelques pas du Dôme (4e), alors qu’il attendait sa mère, au volant de la voiture familiale.

    La piste d’un crime « d’avertissement » restant pour le moment privilégié indiquait lundi le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Une hypothèse devenue affirmation ce mardi, dans la bouche de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Un cran supplémentaire dans la violence et l’horreur qui a touché en plein cœur Amine, sa famille mais aussi ses amis, les associatifs, les militants politiques ou les élus mobilisés à ses côtés depuis des années. La peine est immense, la peur palpable. Où désormais, le simple retard d’un enfant après l’école donne des sueurs froides.

    En hommage, le petit parking où a eu lieu le drame a été couvert d’un tapis de fleurs dans la journée. Plus tard dans la soirée, ils sont nombreux à être venus partager un moment de recueillement le temps d’un repas, dans les locaux de l’association Conscience, dans le quartier de Château-Gombert (13e). Elle a été fondée par Amine Kessaci justement pour sensibiliser aux ravages du narcotrafic. Dans la rue comme dans la cour intérieure, le dispositif policier, avec six fourgons et des agents en nombre, est impressionnant. Lorsqu’un convoi de trois voitures déboule vers 19h15, ils font corps pour le laisser entrer. À bord, Amine Kessaci désormais protégé par les hommes du Raid, lourdement armés. Évidemment dévasté, il sortira du véhicule sous les applaudissements.

    Une marche blanche samedi

    « Amine, je l’ai connu il avait 17 ans, lors de la campagne où je me suis engagée aux côtés du Printemps marseillais, il combattait le narcotrafic, lui aux côtés des victimes par balles, des jeunes qui croyaient pouvoir s’en sortir en acceptant l’argent facile, moi en aidant les usagers de drogue, aussi des victimes » nous confie, émue, Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille. Pour elle, avec le meurtre de Mehdi, un « cap a été franchi, la société est en danger » et la seule politique sécuritaire ne saurait suffire. « Il faut aussi des politiques sociaux et de reconstruction de la ville » estime l’élue avec à ses côtés Didier Jau maire écologiste des 4e et 5e arrondissements, Marie Toussaint, députée européenne EELV ou encore Olivia Fortin (Mad mars) maire des 6-8.

    Marion Honde-Amiar, responsable du collectif quartiers populaires du PCF 13 et militante des 13-14, Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF et élue de Septèmes-les-Vallons, et Marie-José Cermolacce, conseillère municipale déléguée aux nouveaux arrivants et conseillère d’arrondissements déléguée au port et à la sécurité, sont là aussi. Cette dernière oscille entre tristesse et colère. « C’est chaque mois un point de bascule, combien de morts encore va-t-il falloir pour que l’État se mobilise ? » s’indigne l’élue qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme au fil des narchomicides, entre lettre au préfet et travail avec ses homologues d’autres villes. Comme beaucoup ce soir-là, elle compte bien qu’enfin les citoyens se fassent entendre, lors de la marche blanche organisée samedi après-midi, à laquelle elle participera.

  • Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Un an après la médiation réussie entre la Ville de Marseille et les promoteurs hôteliers de la Villa Valmer qui a relancé le projet enlisé de transformation de la bastide balnéaire en un ensemble hôtelier de luxe de 35 chambres, un 5e permis modificatif reste en suspens. Son « rejet tacite » purement technique qui vient d’intervenir, ne compromet pas l’avenir du projet, nous dit-on en mairie. Les pétitionnaires ont devant eux 4 mois pour le décrocher.

    Ce permis « M5 » est nécessaire pour valider les retouches convenues en juin 2024 au terme de la médiation des parties. Le projet reste basé sur le permis initial d’août 2019. Le modificatif en discussion redéfinit l’accès au futur hôtel qui ne se fera plus par le grand portail de la corniche Kennedy que la ville doit d’ailleurs refaire dans les règles, mais par la rue des Flots bleus.

    Pour rappel, la médiation initiée par le tribunal administratif de Marseille pour épargner un long contentieux risqué pour les finances des deux parties, s’est conclue en juin 2024 par un accord qui sauve le bail emphytéotique de 60 ans. Le loyer annuel reste de 330 000 euros pour la Ville de Marseille toujours propriétaire de ce bien immobilier. La Ville a par ailleurs récupéré dans cet accord 1 600 m² de surface d’espaces verts à usage du public. La SAS Valmer a aussi accepté de financer 75 000 euros de travaux sur le parc en souffrance.

    Repositionner la piscine

    Le nouvel accès exige de repositionner et réduire la piscine sur les plans. Le pétitionnaire doit encore offrir des garanties de respect du patrimoine légitimement exigées par l’architecte des bâtiments de France (ABF) dont l’accord express est requis non seulement aux abords du Marégraphe classé au titre des monuments historiques, mais pour les décors intérieurs inscrits aux monuments historiques. Pour rappel, les promoteurs sont tenus de s’entourer des conseils d’un architecte du patrimoine. « On est arrivé en fin d’instruction le 3 novembre 2025, mais on n’est pas en mesure de délivrer le permis modificatif d’où ce refus tacite qui peut encore être levé dans un délai de 4 mois. Le but, c’est bien d’arriver à un accord express de l’ABF », insiste-t-on en mairie. Aucune difficulté n’aurait par ailleurs été relevée dans les travaux en cours.

    Pour rappel, à l’issue de la médiation, un modificatif n°4 a été délivré en août 2024 à la SAS Villa Valmer (Pierre Mozziconacci et Didier Germain) pour permettre la régularisation des infractions commises qui passe par la reconstruction des annexes irrégulièrement démolies en avril 2021, fait majeur qui avait justifié un arrêté interruptif du chantier pendant 4 ans. La route est encore longue avant l’arrivée des premiers clients en 2027 dans l’hôtel-restaurant SPA.