Tag: Reconquête

  • À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    Sarah Knafo (Reconquête), François Fillon, Natacha Polony, Valérie Boyer (LR), François-Xavier Bellamy (LR) ou encore Juan Branco : la liste des personnalités invitées aux universités d’été du mouvement Oser la France, fondé par le vice-président des Républicains Julien Aubert, oblige désormais les organisateurs à trouver un nouveau lieu d’accueil. Prévu initialement le 17 octobre au Rouge Gorge, à Avignon, l’événement ne s’y tiendra finalement pas.

    À la suite de la mobilisation d’un collectif d’associations vauclusiennes, qui s’interrogeait sur la neutralité de la salle de spectacle, la direction de l’établissement a annoncé, ce vendredi 9 octobre, mettre fin au contrat de location.

    Tout en rappelant que la réservation avait été conclue dès 2025 pour accueillir l’événement et qu’il s’agissait « d’une prestation de service privée et non d’une programmation portée par le Rouge Gorge », l’établissement justifie sa décision par la volonté de « préserver » son « indépendance ».

    « La dimension prise par cet évènement dépasse désormais le cadre de la prestation initialement convenue », poursuit le Rouge Gorge, qui souhaite « conserver la maîtrise » de son activité, de ses engagements et de l’identité du lieu, tout en assurant défendre « des valeurs de tolérance, de respect et d’inclusion ». Et d’ajouter que l’évènement était « susceptible de venir troubler l’ordre public ».

    « C’est une victoire », réagit auprès de La Marseillaise Muriel Trichet, membre du collectif féministe NousToutes 84 : « Le fait qu’ils aient fait machine arrière montre que la convergence des luttes a fonctionné. On mettait en avant le fait qu’un espace culturel ne devrait pas accueillir ce genre d’évènement ».

    Réaction ce samedi

    Contacté, Julien Aubert réserve sa réaction lors d’une conférence de presse prévue ce samedi 10 octobre. Il avait toutefois déjà répondu à la mobilisation des associations opposées à la tenue de l’événement au Rouge Gorge. « Le désaccord politique est légitime ; vouloir faire porter à un lieu culturel la responsabilité des opinions de ses locataires revient à installer une police idéologique des salles et des tribunes. C’est surtout une méthode propre aux fascistes : s’attaquer à la culture, pour asphyxier la démocratie », lançait-il dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux.

    Après avoir évoqué une « reductio ad Hitlerum », Julien Aubert poursuit en affirmant que la « démocratie ne consiste pas à décider qui mérite une salle, mais à répondre aux idées par des idées ». Avant de conclure qu’il « espère que les collectivités publiques qui financent ces associations » liront son message. Ce sur quoi il y a peu de doutes : certains membres du collectif monté par Julien Aubert pour les élections municipales sont aujourd’hui aux côtés du maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD).

  • [Sénatoriales] Dans le Var, gauche, droite et extrême droite partent dispersées

    [Sénatoriales] Dans le Var, gauche, droite et extrême droite partent dispersées

    Trois à gauche, autant à droite et à l’extrême droite, une au centre et une sans étiquette : avec onze listes candidates aux élections sénatoriales, pour quatre strapontins, le Var figure dans le top 5 des départements français qui comptent le plus de postulants à l’entrée au Palais du Luxembourg.

    Parmi les sortants, seule Françoise Dumont (LR) tentera de conserver son siège. Investie par son parti, suite au retrait (malheureusement) forcé de celui dont elle était deuxième de liste en 2020, Michel Bonnus, cette dernière a vécu une campagne mouvementée, durant laquelle elle s’est très peu exprimée publiquement. Déjà, car le candidat républicain aux dernières élections municipales à Toulon ne lui a pas apporté son soutien, se rangeant derrière la candidate UDI Véronique Maurel, présidente de l’Union patronale du Var (en sixième position, donc non-éligible). Un désaveu qui n’a rien de surprenant, les relations entre les deux ex-partenaires politiques étant particulièrement froides depuis les dernières élections législatives, durant lesquelles Michel Bonnus avait soutenu la liste de Yannick Chenevard (REN), ce pourquoi Françoise Dumont avait demandé son exclusion des Républicains.

    La multiplication des listes à droite a également eu de quoi l’irriter, entre celle de la candidate UDI, donc, et celle d’un dissident LR, en la personne de Marc Lauriol. Le conseiller départemental jouit d’une belle cote de popularité auprès de certains élus. Tous deux pourraient ainsi contrecarrer les plans des Républicains, qui avaient pris trois sièges en 2020.

    La gauche affaiblie, l’extrême droite divisée

    À gauche, il y aura également trois listes : celles du LFI Aurélien Lacour, de l’ancien maire de La Roquebrussanne Michel Gros (DVG), désormais conseiller municipal d’opposition, à laquelle se sont notamment joint Julia Peironet-Brémond (PS), Nicolas Plazanet (LE) et Elsa Nardini (PP), et de la secrétaire départementale du PCF Var Sylvie Vinceneux. Aucune liste d’union n’est donc parvenue à émerger, cette dernière refusant de s’allier à un candidat « se présentant comme centre gauche ». L’espoir de voir la gauche, affaiblie lors des dernières municipales, prendre sa part du gâteau, comme elle pensait l’avoir fait en 2020 avec le PS André Guiol, qui avait ensuite rejoint le camp présidentiel, semble mince.

    En revanche, l’extrême droite devrait, sauf grosse surprise, y avoir droit pour la première fois. Renforcée par des victoires dans plusieurs villes importantes en mars (La Seyne, Fréjus, La Valette, Six-Fours), son poids n’est plus le même qu’en 2020. Frank Giletti, député de la 6e circonscription du Var et délégué départemental du RN, devrait a priori rejoindre la chambre haute. Mais les deux listes concurrentes menées par l’ancien député LR Philippe Vitel (UDR) et Christian Bousquières (REC), pourraient limiter son emprise.

    Enfin, Jean-Pierre Colin (Hor), au centre, et Stéphane Michel (Div), ne semblent pas être les mieux armées au vu de la configuration électorale du département.

  • [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    L’entretien accordé au mensuel d’Objectif Sud (anciennement Objectif Gard) a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique gardois. Jean-Paul Fournier y affirme d’abord que « pas grand-chose » le sépare aujourd’hui du RN. Puis l’ancien maire de Nîmes pendant 25 ans assume : « Julien Sanchez fait des propositions intéressantes. Avec le recul, il aurait peut-être fallu regarder les choses autrement. (…) Il fallait trouver un accord rapidement. Il y avait des propositions. (…) Il fallait discuter et trouver un accord. »

    Ces propos ont fait l’effet d’un petit tremblement de terre. D’abord parce qu’ils proviennent de l’homme qui avait la main sur la droite dans le département depuis 25 ans. Mais surtout, parce que Jean-Paul Fournier avait, jusqu’ici, toujours tenu le RN à distance, défendant le barrage républicain en refusant la ligne du ni-ni pourtant prônée par son parti et s’était dit « révolté » par l’alliance conclue par Éric Ciotti avec le RN en 2024.

    « C’est un renoncement de plus à la République et à l’intérêt général de celui qui a déclaré, il y a peu, que Nîmes l’intéressait plus que les Nîmoises et les Nîmois. L’amertume et le repli personnel et politique évitent l’inconfort de l’examen de conscience. Nous verrons ce que l’histoire retiendra », a réagi Pierre Jaumain, premier fédéral du PS du Gard. Même indignation du côté de Christian Bastid, premier secrétaire du PCF 30 : « Je condamne ces propos qui montrent le glissement de la droite vers l’extrême droite. C’est très choquant, très inquiétant et ce sont des propos qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a toujours dit publiquement. »

    La digue a sauté

    Ces propos ont également indigné la droite gardoise et notamment Laurent Burgoa. La tête de liste (LR) aux élections sénatoriales, alliée pour cette élection avec le centre, a immédiatement rappelé qu’il était contre toute alliance avec le RN. Un sacré caillou dans la chaussure de celui qui est régulièrement la cible de l’extrême droite pour avoir justement refusé toute alliance aux élections municipales.

    Plus largement, la sortie de Jean-Paul Fournier marque surtout le basculement d’une droite dite « républicaine » vers l’extrême droite, qui s’opère du Parlement européen aux collectivités locales en passant par l’Assemblée nationale et le Sénat. Et chaque élection donne l’opportunité aux élus de droite de franchir le Rubicon. Le Gard n’échappe pas à la règle.

    Fournier avait déjà vu son ancien adjoint, Marc Taulelle, rejoindre Reconquête en 2022, puis le parti de Marion Maréchal avant d’intégrer la liste de Julien Sanchez (RN) aux dernières municipales. Il avait ainsi pu retrouver d’anciens collègues de la majorité Fournier. En effet, Monique Boissière (conseillère municipale élue depuis près de 20 ans au sein de la majorité LR), Christine Tournier-Barnier (adjointe déléguée à l’administration générale et élue à Nîmes depuis 2001) et Loumy Bourghol (militante historique de la droite locale) ont rejoint la liste de Julien Sanchez en mars. Tout comme Jean-François Durand-Coutelle, maire de Saint-Geniès-de-Malgoirès, vice-président de Nîmes Métropole et adhérent LR depuis 2020.

    Dernier défecteur en date : Régis Bourelly. Le maire de Saint-André-de-Valborgne, dans les Cévennes, élu sous l’étiquette LR, n’a pas hésité à rejoindre la liste de Sylvie Josserand (RN) pour ces élections sénatoriales. Une prise importante pour le RN qui a bien l’intention de récupérer la place de la droite dans le département. Il est peut-être là le grand remplacement…

  • Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.

    M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »

    « Un chef étoilé

    pour 40 couverts »

    Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.

    Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.

    « Tout projet est voué

    à l’échec »

    « Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    Jusqu’au bout, les équipes de campagne du député RN de Marignane, Franck Allisio, auront repoussé l’annonce de la composition de sa liste pour les municipales à Marseille « dans les jours qui viennent ». C’est finalement avec la publication des listes en lice par la préfecture de région que la presse a pu en prendre connaissance.

    En tête de liste, Franck Allisio est suivi par sa candidate RN dans les 9-10 Eléonore Bez, par le vice-président de l’UDR, le député ciottiste Olivier Fayssat, par la députée RN Gisèle Lelouis, ainsi que par l’ancien vice-président du Crif, l’avocat Samuel Benhamou.

    Les ralliés de la droite sont bien représentés, que ce soit ceux de la première heure comme Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal désormais délégué du RN pour Marseille (7e), ou l’ancien président du groupe majoritaire à la Métropole passé à l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (13e). Dans les éligibles, on trouve aussi la seconde vague des ralliements, Jessy Nakache (19e) ou Gérard Audibert (25e) issu de la majorité des 11-12, ou les plus tardifs comme l’ancien premier adjoint des 9-10 (ex-Hor.) Blaise Rosato (27e). Et également les troupes de Reconquête, comme Jean-Marc Graffeo (21e) et Antoine Baudino (25e).

    Quant aux « brebis galeuses » que le RN promettait d’expurger, on en retrouve toujours, comme la députée RN Monique Grisetti (8e), épinglée pendant les législatives pour des publications racistes et complotistes sur Facebook, le conseiller municipal Bernard Marandat (39e) qui disait en 2020 que « le fascisme c’est la fête », Antoine Baudino reconnu coupable en 2022 de violences volontaires… contre un militant RN. Les signes d’une normalisation encore à la peine.

    La liste complète

    1. ALLISIO Franck

    2. BEZ Eléonore

    3. FAYSSAT Olivier

    4. LELOUIS Gisèle

    5. BEN-HAMOU Samuel

    6. D’ANGIO Sandrine

    7. RIOULT Olivier

    8. GRISETI Monique

    9. DUDIEUZERE Cédric

    10. AGIUS Chantal

    11. CARTALLIER Hugo

    12. ARRIGHI Sophie

    13. RIVOALLAN Jean-Baptiste

    14. BERMEJO Marie

    15. CHARPENTIER Thibaut

    16. SALÉMEH Clara

    17. BATTESTI Thomas

    18. POSTEAU Marie-Laurence

    19. NAKACHE Jessy

    20. GREGORI Anne-Marie

    21. GRAFFEO Jean-Marc

    22. LEVIEUX Céline

    23. BAUDINO Antoine

    24. COLOMBO Flavie

    25. AUDIBERT Gérard

    26. BALLETTI Mireille

    27. ROSATO Blaise

    28. SICARD Caroline

    29. SALFATI Mickael

    30. QUINQUIS Aurélie

    31. KELLER Arnaud

    32. LICCIONI Margie

    33. LAMY Dany

    34. CREST Elisa

    35. COULET René

    36. SAADI Roza

    37. HEVENIN Patrick

    38. PARODI Clémence

    39. MARANDAT Bernard

    40. TRIAIRE Gisèle

    41. ESCAVI Hubert

    42. OCCULY Gabrielle

    43. GENSOLLEN Thomas

    44. SERRA Lucie

    45. VIDAL Vincent

    46. ZOUBIR Linda

    47. COUTURIER Romain

    48. PONZIO Lugdivine

    49. MONTI Didier

    50. LAVARESE Domenica

    51. BOZZI Emmanuel

    52. SAMPOL Jane

    53. EMONDIÈRE Florient

    54. BALTAYAN Anais

    55. FLEISCHMANN Antoine

    56. POVER Aude

    57. DARMAGNAC Jean

    58. FAUCHARD Karine

    59. RAYBAUD Paul

    60. BENICHOU Brigitte

    61. VENDREDI Vincent

    62. VIGIER Jeanne

    63. KESTELLIKIAN Cyril

    64. COSTA Monique

    65. OUTOUZIAN Michel

    66. GAUDIN TOUSSAINT Nicole

    67. BUTAVAND Jean-Bernard

    68. PIAZZA Martine

    69. DUBREUIL Richard

    70. AVOGADRO Sandra

    71. KUBICKI Lukas

    72. RAMOS Nathalie

    73. BEAINI Franck

    74. ALIAS Lugdivine

    75. COUVE Pierre

    76. LE ROY Marie-Claire

    77. GONZALEZ DE GASPARD Laurent

    78. PICHINOTY Nicole

    79. GERVAIS César

    80. MELINE Johanna

    81. LASSERRE Quentin

    82. ROUX Charlotte

    83. DE BENEDETTI Fabien

    84. GANAY Florence

    85. CHACHUAT Axel

    86. DRAYON Yannick

    87. DO ESTANQUE Thierry

    88. DI SILVESTRO Vanessa

    89. BRAHIM Jean-Louis

    90. TIRAMANI Caroline

    91. DEBIANE Rahym

    92. CLAUSTRE Marie-Hélène

    93. ROUXEAU DE L’ECOTAIS Martin

    94. MACHEREY Marie

    95. JACQUET Joris

    96. LADAME Ghislaine

    97. BELLON Régis

    98. BIENFAIT Yane

    99. MANNI Philippe

    100. PARTOUCHE Deborah

    101. COTI Stephan

    102. SYLVI Loane

    103. GUIGUI Albert

    104. LUCHEUX Marina

    105. BONNAND Thomas

    106. CASASSA Mireille

    107. BEAUVAL Yves

    108. SAFFY Christelle

    109. AMODRU Patrick

    110. YACOUB Marie-Jeanne

    111. POLETTI Hervé

  • Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN ex-Reconquête) et sa nièce Sandrine d’Angio, actuelle tête de liste RN dans les 13-14, qui lui avait succédé en septembre 2017 en mairie du 7e secteur, ont été déclarés coupables de favoritisme dans trois marchés publics passés entre 2016 et 2019 et artificiellement fractionnés pour échapper au seuil de mise en concurrence.

    La procédure découle d’un audit en 2019 de l’Agence française anticorruption qui découvre que des marchés ont été attribués sans publicité ni mise en concurrence : un marché de 24 000 euros à une société qui s’était déjà vu attribuer des marchés de 15 200 euros, 24 000 euros et 7 560 euros pour les mêmes prestations, ce qui aboutissait, compte tenu de l’homogénéité des services fournis, à un marché public global dépassant largement le seuil de 25 000 euros HT à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’impose. Ces contrats qui portaient sur la stratégie digitale, la communication sur les réseaux sociaux, le référencement et la mise à jour du site internet, présentaient en outre un coût élevé et non justifié.

    « Je signe mécaniquement »

    Alors qu’il vient de voir une condamnation confirmée en appel la semaine dernière pour prise illégale d’intérêt -le recrutement irrégulier de son fiston en mairie- Stéphane Ravier a écopé hier de 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Sa nièce Sandrine d’Angio, toujours conseillère régionale et départementale et tête de liste RN dans les 13-14, est condamnée à 5 000 euros d’amende dont 2 000 euros avec sursis. La même peine complémentaire obligatoire d’un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire au vu de l’ancienneté des faits, leur est infligée. Ils devront verser 1 500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Selon le jugement rendu mardi, « Stéphane Ravier a engagé un montant substantiel d’argent public en violation des règles de la commande publique, qui approche du double du seuil à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’imposait ». Ravier avait dit à l’audience s’en remettre à son administration « point barre » (sic). « Je signe mécaniquement parce qu’il faut ma signature pour payer », avait précisé M. Ravier au tribunal qui lui a répondu mardi que c’était précisément à lui de « déterminer de manière adéquate les besoins de la mairie de secteur et d’établir un cahier des charges ». Pour les juges, ces deux anciens maires de secteur « n’ont pas fait un usage adapté de l’argent public qui leur était confié en tant qu’élus » alors que les règles de la commande publique ont pour objectif aussi de « contribuer à l’effort de moralisation tant de la vie politique que de la vie économique ». « Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale. »

  • Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    « Les citoyens auront du mal à croire que celui qui fait la loi ne la connaît pas. » Alors que le sénateur Stéphane Ravier, ancien membre du Rassemblement national puis de Reconquête, et sa nièce Sandrine d’Angio sont sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi, le procureur de la République donne le ton de l’audience qui s’y est déroulée.

    Pendant plusieurs heures, le tribunal a débattu de leur rôle dans l’utilisation des deniers publics lorsqu’ils étaient maires du 7e secteur, les soupçonnant de faits de favoritisme. En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le note la présidente du tribunal, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Pour la mandature de Stéphane Ravier, les montants cumulés des différentes prestations s’élèvent à 46 760 euros hors taxe et 26 275 euros pour celle de Sandrine d’Angio. Donc au-dessus du seuil de 25 000 euros qui oblige les collectivités à des procédures de marchés publics avec les obligations légales qui vont avec. Les prestations étaient scindées en plusieurs devis et autres bons de commande entre les deux sociétés, avec un maximum de 24 000 euros et des brouettes. Et via des documents aux dénominations parfois bien similaires, des factures « création de site web » revenant à plusieurs reprises par exemple, à des dates très proches.

    Saucissonnage ou pas ?

    La question est de prouver un lien entre ces entreprises dans le service fourni. Et in fine, un partage des prestations afin d’éviter ce seuil des 25 000 euros. Le procureur y voit là « une tentative grossière de saucissonnage ». Pour lui, « les faits de favoritisme sont avérés » : « Le même jour, on a deux devis. Le devis de l’une des sociétés fait référence au devis de l’autre, les documents établissent eux-mêmes une homogénéité. Il y a le même actionnariat, aucune différence réelle de prestations […], une seule commande de l’autorité politique. »

    La défense assure de son côté que les prestations étaient bien différentes. « Les éléments qui lient les sociétés sont apparus pendant l’enquête, on ne peut pas leur reprocher de ne pas l’avoir su […]. Dire que 24 000 euros, c’est près de 25 000 et donc que c’est suspect relève de la divination », a plaidé le conseil de Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio.

    La défense de Stéphane Ravier consiste à cantonner son rôle à une action purement politique et renvoie la responsabilité à son directeur financier. « Je donne les consignes et l’administration administre. J’ai demandé à ma directrice de cabinet la création d’un nouveau site, point barre », explique-t-il. « Le directeur du service financier ne m’alerte pas, j’avais aucune raison de m’inquiéter. […] Sur les feuilles, au milieu de centaines d’autres factures, il y avait déjà des signatures », développe-t-il.

    Lui comme Sandrine d’Angio certifient n’avoir aucun lien avec les sociétés en question, leur direction ou les actionnaires. Même schéma de défense pour sa nièce qui a pris sa succession à la mairie de secteur en 2017, et donc signé d’autres factures dans la foulée. Sa signature sur un bon de commande ? « Oui, mais je ne sais pas à quoi ça correspond. »

    Le procureur a requis six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour les deux. La décision du tribunal est attendue mardi 17 février.

  • Appel à des « ratonnades » : le procès de F. Médina reporté

    Appel à des « ratonnades » : le procès de F. Médina reporté

    La demande de renvoi du dossier formulée par le nouvel avocat de Florence Médina ayant été acceptée, le procès en appel, qui devait se tenir ce 5 janvier devant la Cour d’appel de Montpellier, est reporté au 1er juin.

    L’Héraultaise, ex-candidate du parti d’extrême droite Reconquête d’Éric Zemmour aux législatives de 2022, a été condamnée en novembre 2024, par le tribunal correctionnel de Montpellier, à quatre mois de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et un stage de citoyenneté pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

    Au lendemain de la mort du jeune Thomas, lycéen poignardé lors d’un bal à Crépol, dans la Drôme, en novembre 2023, Florence Médina s’était exprimée en ces termes, sur son compte Facebook : « Si c’est la guerre que les racailles veulent ils vont l’avoir. Dans les années 80 il existait des ratonnades – au risque de choquer – on peut recommencer mais nous ne laisserons pas nos enfants se faire assassiner lâchement par des racailles en surnombre et armés. » Des propos sans équivoque dont la mise en cause s’entête toutefois à dénier le caractère raciste.

    « La mort du jeune Thomas a eu un retentissement national, qui a donné lieu à de nombreuses joutes politiques. Certaines personnalités ont jeté de l’huile sur le feu, dont madame Médina qui, c’est ce qui lui est reproché, a appelé une ratonnade, une vendetta, alors qu’une enquête était en cours et qu’on ignorait précisément qui avait fait quoi et pourquoi », dénonce Me Nicolas Gallon, avocat du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), partie civile dans ce dossier aux côtés de SOS racisme et de la Ligue des droits de l’Homme. « C’est d’autant plus grave que cet appel a été suivi d’effets, puisque des groupuscules d’extrême droite, notamment de la région montpelliéraine, se sont rendus sur place dans le quartier populaire d’où venaient les prétendus jeunes ayant commis l’assassinat, pour appeler à un tabassage », poursuit Me Gallon. Pour lui, « il est évident qu’en plus d’appeler à la vengeance privée et à la violence, ces propos sont dirigés contre les populations maghrébines. Chacun sait à quoi renvoie le terme de ratonnade. On a par ailleurs, dans ses propos, une opposition entre population française et population étrangère quand elle écrit, par exemple : “Qui va danser avec des couteaux dans les poches à part les racailles qui veulent planter du « Français » ” ? »

    « Les militants d’extrême droite expliquent toujours que ces procès sont des atteintes à leur liberté d’expression. En réalité c’est un discours qui permet de dire tout et n’importe quoi, de s’attaquer à quiconque et de tenir des propos racistes dans l’impunité la plus totale », dénonce l’avocat du Mrap, qui se dit confiant pour le procès en appel. Et rappelle au passage que « le parti Reconquête, auquel appartenait madame Médina, est le seul à avoir inscrit dans son programme la suppression du délit d’incitation à la haine raciale… » Zemmour ayant lui-même été condamné plusieurs fois pour provocation à la haine ou injure à caractère raciste.

  • Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Où est passé le Rassemblement national à Saint-Gilles ? Comme souvent lorsqu’il siège dans l’opposition, le RN est complètement absent des débats. Sa tête de liste en 2020, Christophe Lefèvre, qui a depuis cédé aux sirènes de Reconquête !, est absent de la commune et les deux autres élus de sa liste au conseil municipal font acte de présence lors des séances mais ne prennent jamais la parole. Aujourd’hui, rien ne garantit que le RN soit en capacité de former une liste. Un fait étonnant dans une ville qui a pourtant donné la majorité à Jordan Bardella aux Européennes (51%) et à Nicolas Meizonnet aux législatives (56%).

    Le maire sortant, Eddy Valadier (LR) semble donc avoir le terrain dégagé pour décrocher un troisième mandat dans la ville de 14 400 habitants. Il n’a pour l’heure pas encore annoncé sa candidature. Il devra tout de même affronter un ancien allié, à savoir Christophe Sévilla, ex-membre de l’UDI qui a reconnu avoir entamé des discussions avec le RN sans qu’elles aient abouti.

    La gauche veut progresser

    Inconnu en 2020, le socialiste Paul Gabriel avait à peine dépassé les 10%. Suffisant tout de même pour siéger au conseil municipal et se faire connaître de la population. S’il ne rejette pas tout le bilan d’Eddy Valadier, notamment dans « l’embellissement de la ville », l’élu d’opposition a déjà annoncé sa candidature pour apporter une vision différente sur la démocratie participative : « Nous voulons associer les habitants aux décisions qui peuvent être prises. Il faudrait créer des comités de quartier qui pourraient avoir un petit budget pour mettre en place une action qui leur tient à cœur. Nous voulons aussi créer une maison de la vie associative pour aider les associations dans les dépôts de subventions. Il y a aussi un problème de desserte, au niveau des transports en commun, avec une partie de la ville qui n’est pas desservie. »

    Paul Gabriel mènera ainsi une liste d’union de la gauche avec les communistes. « Nous voulons mener une démarche progressiste et écologiste. Le but c’est de faire mieux qu’en 2020 », confirme Alain Nunez, secrétaire de la section Camargue Vidourle du PCF qui sera présent sur cette liste.