Tag: Recensement

  • 12 444 observations lors du « City Nature Challenge »

    12 444 observations lors du « City Nature Challenge »

    « Pour la troisième année consécutive, les Marseillaises et les Marseillais ont relevé le défi en dépassant cette fois les objectifs fixés et en faisant de Marseille la première ville de France métropolitaine du City Nature Challenge », se félicite la mairie dans un communiqué. Avec 12 444 observations recensées, Marseille se classe deuxième après la Guyane et dépasse largement son objectif initial de 10 000 observations.

    Deux nouvelles espèces de Gobies

    « Cette performance permet à la Ville d’intégrer pour la première fois le Top 100 mondial sur 754 territoires participants, en se hissant à la 52e place, mais également de devenir la 1ère ville de France métropolitaine de ce défi pour la deuxième année », souligne la Ville. Parmi les surprises de cette édition, deux espèces de gobies ont été observées pour la première fois dans les eaux marseillaises : le Gobie de Lesueur (Lesueurigobius suerii) et le Gobie de Massutí (Buenia massutii).

    Les observations ont couvert une grande diversité de milieux, des rues urbaines jusqu’aux espaces naturels protégés, en passant par le littoral. « Cette approche globale permet une meilleure connaissance de notre biodiversité ordinaire et remarquable, au service de la recherche et de la préservation », souligne la mairie.

  • Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    La période de recensement de la population a démarré ce jeudi 15 janvier en Occitanie. Un rendez-vous discret mais essentiel pour la vie démocratique et l’action publique, qu’a tenue à rappeler l’Insee lors d’une conférence de presse. Car derrière les questionnaires et les passages de recenseurs, c’est toute la photographie sociale du territoire qui se dessine.

    « Notre objectif est d’abord de nous compter. Et ensuite de nous connaître », a résumé Alexandre Gautier, directeur de l’Insee Occitanie. Logement, niveau d’études, mobilité, structure des ménages : les données collectées servent directement à orienter les politiques publiques locales.

    Plus de 350 textes législatifs

    Le recensement est d’ailleurs « un acte civique obligatoire, qui profite à tous ». Concrètement, l’opération dure quatre semaines dans les communes de moins de 10 000 habitants, cinq semaines dans les plus grandes. En Occitanie, 600 000 logements répartis dans 949 communes sont concernés, avec la mobilisation de 2 653 agents recenseurs.

    Les conséquences sont très concrètes. « Il régit les dotations de l’État aux communes, le nombre d’élus locaux, le nombre de pharmacies », rappelle Nadine Jourdan, cheffe du service statistique régional. Le recensement permet aussi d’adapter les équipements publics : écoles, transports, logements, services de santé. Katia Le Goaziou souligne que ces données sont précieuses pour comprendre les évolutions de la population, des familles ou encore du vieillissement. La majorité des habitants répondent désormais en ligne – près des trois quarts – mais un formulaire papier reste disponible. Les agents recenseurs sont identifiables grâce à une carte officielle tricolore. Et l’Insee insiste : la démarche est gratuite, obligatoire, déclarative et strictement confidentielle.

  • Cette année, le recensement concerne 400 000 logements dans la région

    Cette année, le recensement concerne 400 000 logements dans la région

    Ce jeudi s’ouvre le recensement de la population en région Paca. Une démarche conjointe réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et les communes. Depuis 2004, le recensement est cyclique. Chaque année, seule une partie des communes est recensée : 1/5e des communes de moins de 10 000 habitants et 8% de celles de plus de 10 000 habitants. Les éléments clés de cette campagne ont été présentés, ce mardi, par les responsables de l’Insee.

    Les personnes concernées, en 2026, doivent suivre une procédure simple. « Un agent recenseur, mandaté par le maire et muni de sa carte officielle, vient remettre en main propre un code d’accès au questionnaire en ligne, au domicile des personnes ciblées par l’étude. Un questionnaire papier est toujours possible sur demande. Si les habitants sont absents, le recenseur dépose la fiche dans la boîte aux lettres. Le questionnaire se remplit en 15 minutes sur le site le-recensement-et-moi.fr », détaille Virginie Besson, responsable de la division recensement au sein de l’Insee Paca.

    L’étude se clôturera le 14 février pour les communes de moins de 10 000 habitants et le 21 février pour celles de plus de 10 000 habitants. En France, 5 millions de logements sont recensés, cette année, dont 400 000 en Paca et 38 400 à Marseille.

    à quoi sert le recensement ? « Les données relevées, c’est-à-dire le décompte de toutes les personnes qui habitent sur le territoire français, permettent notamment aux décideurs politiques de mieux connaître la population et répondre au mieux à ses besoins sur un territoire donné. Par ailleurs, elles sont le point de départ d’autres enquêtes statistiques », répond Virginie Besson.

    Logements chauffés

    au fioul en Paca

    Par exemple, une nouvelle étude de l’Insee est parue, ce mardi, sur les logements chauffés au fioul en Paca, sur la base des données du recensement 2023. L’enquête est majeure, notamment sur le plan environnemental, dans une région de 5 219 000 habitants dont le rythme de croissance accélère (+0,6% en moyenne entre 2017 et 2023). En effet, le fioul est le combustible de chauffage le plus polluant. Aujourd’hui, dans la région, 7,5% des résidences principales sont chauffées par ce combustible (182 000 logements).

    Ce mercredi, l’Insee organise une rencontre auprès de la population au World trade Center, à Marseille

  • Le Sud attire toujours plus d’habitants

    Le Sud attire toujours plus d’habitants

    La ruée vers le Sud se poursuit, s’accélère. Chaque année en moyenne depuis six ans, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur gagne quelque 31 345 habitants, « soit l’équivalent de la population d’une ville comme Carpentras », illustre l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a publié ce jeudi les chiffres du recensement en vigueur à compter du 1er janvier prochain. De quoi en faire la septième région la plus peuplée, avec désormais quelque 5,2 millions d’habitants.

    Cela représente une hausse de 0,6% par an sur la période, plus que la moyenne nationale (+0,4%). Une évolution uniquement due aux nouvelles installations plus nombreuses que les départs, le nombre de naissances et de décès s’équilibrant presque. Cette croissance démographique est d’autant plus importante que la région est la seule – avec dans une moindre mesure la Bretagne – à la voir s’accélérer par rapport à la période précédente 2012-2017. Même si elle reste moins attractive que ses voisines d’Occitanie (+0,8%) ou de Corse (+1,0%). À chaque fois, la mer, que ce soit la Méditerranée ou l’Atlantique, attire toujours plus.

    Le Var dans le top 10

    Cela vaut particulièrement pour le Var. Dixième département le plus dynamique de l’Hexagone, il compte désormais 1,1 million d’habitants, avec en moyenne chaque année plus de 10 000 personnes de plus (+0,9%). Des villes comme Toulon ou Fréjus ont ainsi vu leur population augmenter en moyenne de près de 1 200 résidents par an, tandis que le nombre d’habitants a augmenté de moitié en six ans au Castellet (+9,2% par an). Cette croissance démographique est uniquement liée aux nouveaux arrivants, bien souvent pour leur retraite. Sur fond de vieillissement de ses habitants, le nombre de décès est désormais plus important que le nombre de naissances, et ce solde naturel négatif fait baisser sa population de 2 200 personnes chaque année en moyenne.

    Marseille divisée

    Département relativement jeune, les Bouches-du-Rhône elles aussi gagnent des habitants à un rythme toujours plus important, à la vitesse de 10 600 personnes par an en moyenne (+0,5%), soit la population de Gignac-la-Nerthe qui vient s’ajouter chaque année pour atteindre 2,1 millions d’habitants. Signe de cette attractivité retrouvée, le nombre d’arrivées désormais est plus important que celui des départs, et la croissance démographique accélère y compris à Marseille ou Aix-en-Provence, même si Salon-de-Provence ou Arles continuent de perdre des habitants.

    Dans la cité phocéenne elle-même, dont la population s’élève désormais à 886 040 habitants et qui en gagne 0,4% de plus chaque année, le nombre de nouvelles installations ne suffit pas encore à compenser les déménagements. Mais ce constat à l’échelle de la ville dissimule des écarts toujours plus marqués entre les arrondissements. Car à lui seul, le troisième arrondissement représente la moitié de cette augmentation, avec près de 9 300 habitants en plus entre 2017 et 2023, autant en raison des naissances que des nouvelles installations. Sur la même période, le 6e arrondissement a perdu un dixième de sa population : le solde migratoire pèse chaque année de 2,4 points dans cette baisse, un chiffre comparable à certains arrondissements parisiens ou lyonnais.

    Moins vite en Vaucluse

    Quant au département de Vaucluse, avec ses 572 000 habitants, il est le seul dans la région à voir sa croissance marquer le pas (+0,4% par an, après +0,5%), avec un excédent naturel qui s’amenuise, entre baisse de la natalité et vieillissement. À Avignon, le nombre de naissances plus important que les décès à beau contribuer (+0,5 point) à la croissance démographique, la population stagne. Surtout, 62 communes du département ont perdu des habitants sur la période, soit quatre communes sur dix. La moitié d’entre elles ont moins de 900 habitants. Comme un reflet des difficultés des zones rurales.

  • Cent conseillers municipaux de plus en Provence

    Cent conseillers municipaux de plus en Provence

    Il va falloir prévoir des chaises supplémentaires dans les salles du conseil. À l’issue du scrutin du mois de mars prochain, cent conseillers municipaux de plus par rapport à la précédente mandature siégeront en effet dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse.

    Ce sont en effet les chiffres du dernier recensement de l’Insee publié ce jeudi qui font autorité pour déterminer le nombre d’élus pour ces prochaines municipales. Or depuis 2020, 79 communes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont changé de tranche de population, dont 50 passées à la strate supérieure. C’est le cas pour huit d’entre elles dans les Bouches-du-Rhône, dont Gignac-la-Nerthe, Cabriès et Lambesc qui ont passé le cap des 10 000 résidents, et qui devront élire chacune quatre élus de plus, quand le département en gagne 30 au total. Le Var est particulièrement concerné, avec dix-huit municipalités qui verront leur conseil s’étoffer, apportant 66 élus de plus au total, jusqu’à Draguignan qui a dépassé les 40 000 habitants. Et une autre, Régusse, qui avec 233 résidents de moins sur le mandat perd quatre conseillers à compter du mois de mars. En Vaucluse, la balance reste positive aussi. Mais si huit communes gagnent des conseillers, avec là aussi 30 sièges de plus, en particulier à Carpentras ou L’Isle-sur-la-Sorgue, elles sont six à en perdre (-22 sièges), y compris Pertuis qui est passée sous la barre des 20 000 habitants.

    Une autre évolution concerne les 499 communes de la région dont la population est inférieure à 1 000 personnes, soit plus de la moitié des municipalités en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au mois de mars pour la première fois, elles devront à leur tour présenter des listes paritaires, comme le reste des communes.

  • [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre
    à nos questions. Ce vendredi, Alexandre Gautier, nouveau directeur régional de l’Insee Occitanie. L’économiste de formation explique en quoi l’institut de la statistique éclaire les politiques publiques à l’heure de l’IA, du scepticisme et des fake news.

    PARCOURS

    LM : Vous êtes à l’Insee depuis 1997. C’est une vocation ?

    Alexandre Gautier : Je suis un pur produit de l’Insee, formé dans ses écoles. J’ai assez peu quitté l’Insee et jamais la statistique publique. Économiste de formation, j’ai travaillé à la direction générale en début de carrière. Puis mon parcours m’a fait passer par l’Outre-Mer à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie (directeur), en Corse (directeur adjoint). Puis récemment directeur adjoint en Paca. Dernièrement j’étais retourné aux affaires financières à la direction générale. Je connais bien la maison, ses envies, projets, problématiques… En Occitanie, ce sont 280 personnes. Je vais faire les trajets entre Montpellier et Toulouse. Il y a des convergences à trouver, des points à mutualiser avec de la solidarité.

    RÉGION OCCITANIE

    LM : Des créations d’emplois mais un taux de chômage élevé. D’où vient ce paradoxe régional ?

    A.G. : Ce paradoxe a une explication assez simple et contre laquelle on ne peut pas grand-chose. C’est que l’Occitanie est extrêmement attractive. La croissance démographique y est très rapide (+1,2% par an), la plus élevée en France continentale. Cela signifie qu’il faut créer beaucoup d’emplois pour absorber cette croissance. Il s’en crée plus de 30 000 en moyenne par an. C’est énorme, probablement suffisamment dans les phases ascendantes du cycle économique mais pas assez dans la phase descendante. Historiquement, les régions du Sud de la France qui sont moins industrielles, on a des taux de chômage plus élevés. Les salaires sont généralement liés au tissu productif. L’industrie est plutôt rémunératrice. On le voit vers Toulouse avec Airbus, un peu à Montpellier avec l’informatique.

    L’industrie du Gard va mal…

    A.G. : Je n’ai pas de données pour l’instant. Mais l’emploi industriel, facteur d’appréciation de la vitalité économique, est l’un des indicateurs que l’on regarde en premier. On va aussi finement regarder les saisonniers pour le tourisme, l’agriculture. Il y a plusieurs angles sur les saisonniers : le revenu, le logement, les transports.

    Vos prochaines études ?

    A.G. : Les grands axes restent la statistique démographique et sociale avec des projections, pas des prévisions. On sait de quels scénarios, hypothèses on parle. Que se passe-t-il si la fécondité diminue, se maintient, repart ? À 30 ans, les résultats diffèrent. On va travailler sur le numérique, l’aéronautique, la filière automobile. On s’intéresse aussi à la réindustrialisation.

    Fonctionnement

    L.M : Comment choisissez-vous vos sujets d’étude ?

    A.G. : Nous avons des travaux d’enquête réalisés partout comme le recensement, le calcul du taux de chômage… Et puis il y a les études que l’on produit localement. On choisit nos sujets en fonction des politiques publiques. De quoi ont besoin la Dreal, le rectorat, la Région, le conseil départemental… ? On a aussi des sujets plus généraux comme la démographie. La moitié de nos travaux reste du national pur. À Montpellier, on est spécialistes de la statistique d’entreprises liées au tourisme, des infographies numériques.

    Comment conserver votre objectivité quand une étude vous est commandée par un partenaire, une collectivité ?

    A.G. : Nous faisons des partenariats public/public. Il peut y avoir des contreparties financières mais pas systématiquement. L’idée c’est de mettre deux matières grises en commun pour éclairer un sujet. S’ils font appel à nous c’est pour la rigueur de notre expertise. Notre réputation s’appuie sur l’absence de biais de nos travaux. Nous conservons notre objectivité totale et nous publions systématiquement, y compris des résultats qui pourraient déplaire à nos partenaires. Tous nos travaux sont rendus publics sur notre site.

    Que change l’IA pour vous ?

    A.G. : Nous développons des modèles fondés sur l’intelligence artificielle (IA) depuis déjà plusieurs années. L’IA grand public est générative. Est développé à l’Insee le « machine learning », qui permet de coder automatiquement pour aller plus vite. Nos emplois se transforment. On a eu bien sûr une décroissance rapide de nos agents de l’Insee. La société se transforme, les outils sont différents d’il y a 20 ans. On a moins besoin de reprise manuelle. Notre structure a changé : on a plus de cadres, de data scientists, d’ingénieurs et moins d’agents de gestion. Nos travaux sont rédigés par des humains.

    INSEE

    LM : Qu’est-ce que l’Insee ? À quoi ça sert ?

    A.G. : Il y a souvent confusion, on pense que l’Insee est une agence, un établissement public. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est une direction du ministère de l’Économie et des Finances. La loi précise que l’Insee est indépendant. Il n’y a donc aucune collusion entre les données produites et par exemple l’administration fiscale ou autre. Il n’y a jamais de données nominatives permettant de recouper des informations. Nos études et analyses produites en région ont un objectif : éclairer les politiques publiques, donner un cadrage. Par exemple, on va travailler avec le rectorat et le conseil régional à projeter la population des lycées à l’horizon 20-30 ans.

    Rencontrez-vous du scepticisme vis-à-vis de l’Insee ?

    A.G. : La question est moins celle de l’appartenance à un ministère que de la transformation numérique de la société. Le rapport du citoyen à la donnée, à l’information, a complètement éclaté avec Internet. Il peut y avoir de la défiance dans nos enquêtes en face-à-face un peu plus difficiles qu’avant. Il faut prendre le mal à la racine. Essayons de réussir une certaine acculturation des jeunes publics à la statistique, à la donnée, qu’on sait distinguer de la fake news, du chiffre sorti de nulle part. Lire une statistique, ça s’apprend. On a des partenariats avec les Rectorats dans toutes les régions. On livre des kits aux enseignants de tous niveaux, on est en appui. Il faut réussir à donner le goût des vrais chiffres à ceux qui seront les citoyens de demain.

    Comment entre-t-on à l’Insee ? Un conseil à donner ?

    A.G. : L’Insee c’est la fonction publique, donc les concours toutes catégories, on a des écoles. L’Insee recrute aussi des contractuels. Nos annonces sont sur le site choisirleservicepublic.fr Je conseillerais à un lycéen de postuler à un stage d’observation chez nous.

    Comment marche le recensement ?

    A.G. : Depuis 2004, le recensement n’est plus exhaustif dans les villes de plus de 10 000 habitants. On interroge 8% de la population par an. Au bout de 5 ans on a environ 40% d’une ville ce qui donne une très bonne idée de la population. Il n’est donc pas anormal qu’en 5 ans on puisse ne pas avoir été interrogé. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, le recensement a lieu tous les 5 ans de manière exhaustive. La réponse est obligatoire, le recensement est encadré par la loi. La logistique est largement à la charge des communes qui recrutent et rémunèrent les agents recenseurs.

  • Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    « Le résultat n’est pas mauvais, il est même plutôt encourageant », se réjouit Hervé Menchon, adjoint à la mairie de Marseille chargé de la Biodiversité marine et de la Préservation des espaces littoraux. Pour l’élu, le grand recensement de gorgones rouges, organisé ce dimanche 24 août dans le parc national des Calanques et sur les îles du Frioul, est un succès. L’initiative conjointe de l’institut de recherche Septentrion et de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESM) pose un socle solide pour l’action municipale visant à protéger cette espèce animale peu connue, mais largement menacée par le réchauffement de la mer.

    Avec ses grands rameaux rouges chargés de milliers de tentacules, il est difficile de rater la gorgone pourpre quand on s’aventure à 20 mètres de profondeur dans la rade de Marseille. Ce dimanche au départ du Stade nautique Florence-Arthaud, ils étaient 80 plongeurs, issus d’associations bénévoles et de clubs professionnels, réunis pour en recenser la population dans les eaux marseillaises. À l’issue de deux séquences de plongée de deux heures, les participants ont rendu leur verdict en début de soirée : « 3 239 gorgones ont été observées, dont une large partie déjà brûlée par les fortes chaleurs. En termes de mortalité récente, c’est bien mieux que les chiffres des étés 2022 ou 2023 », rapporte Hervé Menchon.

    Selon les observations de l’institut Septentrion, 80% de la population de gorgones rouges vivant à 30 mètres de profondeur a été décimée, au cours de l’été 2022. Une hécatombe à relier directement aux épisodes de canicules marines de plus en plus fréquentes et qui font exploser le thermomètre sous-marin, parfois jusqu’à 4°C au-dessus de la norme. De plus, quand elle n’est pas étouffée par une mer en ébullition, la gorgone rouge doit aussi composer avec d’autres espèces prédatrices : « Les plongeurs se sont aperçus que la gorgone était rongée puis nécrosée par la présence d’une algue appelée Barbapapa. Cette algue profite du réchauffement de la mer pour proliférer », rapporte l’élu.

    Si le constat reste alarmant, le recensement de dimanche dernier impulse une dynamique positive et enjoint les acteurs de la protection sous-marine à nuancer le tableau. « Si on veut regarder le verre à moitié plein, on peut dire que le phénomène de disparition des gorgones ralentit fortement dans la rade de Marseille », explique Hervé Menchon. Surtout que le sujet mobilise un nombre toujours plus important d’acteurs, ce qui peut parfois surprendre : « Pour ce recensement, on avait peur qu’il y ait une très faible fréquentation. Et on a été très agréablement surpris », livre-t-il.

    Des bouées pour protéger les gorgones

    Concernant l’action municipale dont il est le porte-parole, Hervé Menchon a déjà des plans pour la suite. Selon l’élu, dix nouvelles bouées de mouillage écologiques devraient être déployées sur la rade dans les prochains mois. Ces bouées, dont une partie avait déjà été restaurée par les services de la municipalité au début de l’été, seront 43 pour l’été 2026 et devraient permettre aux bateaux de jeter l’ancre sans détruire les forêts de gorgones présentes sous l’eau.

    Pour la mairie de Marseille, ce recensement représente un jalon non négligeable dans la lutte pour la préservation des écosystèmes marins. Pour Hervé Menchon, l’initiative fait avancer les choses : « Cette opération nous a beaucoup aidés. Elle nous oriente vers les sites sur lesquels nous allons agir pour poser des points d’ancrage écologique ». Une fois le constat établi, l’heure est maintenant à la sensibilisation des plaisanciers. Là aussi, un plan a été mis sur pied : « Le contenu des observations effectuées va être transmis aux lieux de sensibilisation, comme le Hublot ou encore la Maison des îles et du littoral au Frioul », annonce l’élu.