Tag: Raymond Depardon

  • Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Voilà plusieurs années que Raymond Depardon tisse un lien fort avec Montpellier. En 2022, le Pavillon populaire, avait déjà accueilli l’exposition « Communes », dans laquelle le célèbre photographe rendait hommage, en noir et blanc et à la chambre, à ces villages oubliés de l’arrière-pays méditerranéen menacés par un projet d’extraction de gaz de schiste. L’année suivante, en 2023, Raymond Depardon et son épouse Claudine Nougaret faisaient don, au musée Fabre, de près de 200 tirages issus de l’œuvre du photographe, permettant de faire entrer la photographie au sein des collections du musée montpelliérain.

    L’exposition « Extrême Hôtel », à découvrir depuis le 3 décembre au Pavillon populaire -dont elle marque la réouverture après plusieurs mois de travaux- vient encore renforcer ce lien et l’empreinte artistique de Raymond Depardon sur la ville.

    Cette carte blanche au célèbre photographe s’écrit, cette fois, en couleur. Co-commissaires de l’exposition, Simon Depardon, son fils -également photographe- et Marie Perennès, historienne de l’art spécialiste de la photographie, ont eu envie de faire découvrir aux visiteurs les archives couleur de celui qu’on connaît surtout pour ses clichés en noir et blanc. « Raymond a fait, dès 1960, beaucoup de photographies en couleur, or on s’est rendu compte qu’elles étaient très peu montrées », explique Simon Depardon. « On le connaît surtout pour des photoreportages importants, politiques, dans une actualité forte, mais on connaît moins les photographies qu’il a faites pour son plaisir. Celles qu’on montre ici sont, pour beaucoup, des photos plus personnelles, intimes, qu’il faisait pour lui dans une forme de douceur », livre le commissaire d’exposition. Un grand nombre des 150 clichés présentés n’ont d’ailleurs jamais été vus auparavant. « On a pu accéder à ses planches contacts et à ses négatifs pour sortir des inédits », confie son fils.

    Explorations solitaires

    C’est notamment le cas dans la série principale, « Extrême Hôtel », qui donne son nom à l’exposition. Celui d’un hôtel sans chichi à Addis-Abeba, où Raymond Depardon aimait séjourner lors de ses voyages en Éthiopie. Cette série réunit des images, pour beaucoup inédites, donc, réalisées dans différents endroits du monde entre 2004 et 2019, pour le plaisir. Une photographie de l’errance, éloignée des contraintes du photojournalisme.

    Organisée en différentes séries, l’exposition s’ouvre sur « La terre des paysans », un hommage de Depardon à la ruralité française, lui qui est né dans une exploitation agricole de la vallée de la Saône. Celui qui n’a jamais osé photographier ses parents immortalise en couleur, dans les années 2000, ces paysans qui disparaissent, la fin d’un monde.

    La séquence « Press color », elle, retrace le parcours de photojournaliste de Raymond Depardon, de l’Algérie au Vietnam, des Jeux olympiques à l’affaire Claustre. « À l’époque Raymond avait deux appareils photos. Un chargé en noir et blanc pour les reportages que lui commandait son agence, et l’autre en couleur pour tenter d’accrocher la couverture, qui était en couleur et qui était le Graal du photoreporter », rapporte Marie Perennès.

    D’autres séries, plus solitaires, intitulées Datar, USA, Glasgow, Carthagène, Tokyo ou encore Méditerranée complètent cette plongée tout en douceur dans le regard de Depardon. Attentif aux couleurs et à la lumière, il y photographie des lieux où il ne se passe rien, des scènes de vie ordinaires… Une exploration intime et intense du monde qui l’entoure.

    * À découvrir jusqu’au 12 avril. Entrée libre et gratuite.

  • Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Une édition qui s’annonce haute en couleurs. Pour ses 47 bougies, le festival du cinéma méditerranéen de Montpellier Cinemed met la barre très haut. Il démarre sur les chapeaux de roues puisque dès la soirée d’ouverture, le 17 octobre, sera projeté L’Étranger, très attendu film de François Ozon (20h30, au Corum). « Je pense que les gens ne seront pas déçus car François Ozon réussit là où Luchino Visconti a échoué, c’est-à-dire adapter un monument de la littérature française en restant fidèle à Albert Camus mais en apportant une touche de modernité. C’est une réussite avec un formidable Benjamin Voisin dans le rôle de Meursault », sourit Christophe Leparc, directeur du Cinemed.

    Mais l’acmé du festival sera à n’en pas douter la présence de Raymond Depardon et de son épouse, la cinéaste Claudine Nougaret. Si le photographe est mondialement connu pour ses photographies, il l’est moins pour son œuvre cinématographique réalisée avec sa femme. Le Cinemed y remédie et programme une grande partie de sa filmographie (21 projections) avec notamment Journal de France, que le couple présentera au Corum (19/10, 14h). « Claudine Nougaret revient sur l’histoire du cinéma chez Depardon, elle retrouve des chutes de films non montés et brosse un portrait de lui absolument passionnant », précise Christophe Leparc. L’œuvre du photographe témoigne des bouleversements sociétaux depuis les années 70. « C’est un cinéaste à part entière qui a inventé son propre langage comme pour la photographie. C’est une œuvre assez foisonnante et éclectique. »

    Fidèle à son ADN, le Cinemed élargit sa focale sur le bassin méditerranéen et met à l’honneur l’Espagne, notamment, avec la venue du réalisateur Fernando León de Aranoa (rencontre le 24/10, 17h). « C’est un cinéaste plutôt intéressé par les petites gens, les conflits de classe. Son dernier film, El buen patrón, reflète la lutte sociale tout en étant caractérisé par l’humour et la tendresse des gens », souligne le directeur du Cinemed.

    Focus sur le cinéma syrien

    Mais le Cinemed ne s’emploie pas uniquement à mettre sur le devant de la scène des pointures de renommée nationale ou internationale. En ce sens, le festival met en lumière le jeune cinéma syrien, victime depuis dix ans de la guerre et aujourd’hui à un moment charnière de son histoire, depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. « On se demandait quel était l’état de la production cinématographique syrienne. On s’est aperçu qu’il y avait beaucoup de choses intéressantes, une créativité foisonnante que ce soit en Syrie ou de la part des cinéastes en exil », précise Christophe Leparc. Une sélection de courts et longs métrages sera proposée – coconstruite avec le collectif d’artistes syriens Al-Ayoun – ainsi que plusieurs tables rondes pour dresser un état des lieux du cinéma syrien (22/10). « Il est important de leur donner la parole, de la visibilité. On leur permet de se rencontrer, de montrer leurs projets à des producteurs. »

    En somme, pléthore de films présentés dont la diversité est représentée sous toutes ses formes. « On a une volonté d’être un festival populaire puisqu’on n’aime pas une seule forme de cinéma, mais toutes les formes, les cinémas. »

    *Programme complet à retrouver sur cinemed.tm.fr